Le programme de rapatriement des réfugiés de RDC s'accélère depuis le Congo

Agir pour faire la différence, 8 août 2012

© HCR/D.Martin
Des réfugiés congolais rentrent chez eux. Ils traversent la rivière qui sépare leur pays natal, la République démocratique du Congo, avec le Congo où ils avaient fui en quête de sécurité.

KINSHASA, République démocratique du Congo (HCR) Plus de 11 000 réfugiés congolais sont rentrés dans leur province natale en RDC, depuis que le programme de rapatriement volontaire du HCR s'est accéléré.

Depuis le début de l'opération, le 5 mai dernier, 10 596 réfugiés sont retournés chez eux en provenance du Congo voisin. Au total, ce sont quelque 49 000 réfugiés de la RDC qui rentreront dans la province de l'Equateur cette année et 32 000 autres l'année prochaine au plus tard le 30 juin 2013.

« Le rapatriement, qui avait commencé timidement, atteint petit à petit sa vitesse de croisière », a indiqué Geert Van de Casteele, qui gère le bureau du HCR à Dongo.

« Si nous arrivons à conserver une moyenne de 300 personnes par convoi, nous espérons, pour le mois d'août, avoir rapatrié entre 8 000 et 9 000 personnes c'est-à-dire en un mois presque ce que nous avons réalisé durant les trois mois précédents », a-t-il ajouté.

Environ 143 000 Congolais avaient fui leurs villages pour se réfugier dans les pays voisins (123 000 au Congo et 20 000 en République centrafricaine) à la suite des affrontements interethniques provoqués par un conflit sur les conditions d'exercice du droit de pêche et d'agriculture traditionnels entre les communautés Munzaya et Enyele à la fin 2009.

Environ 100 000 Congolais avaient trouvé refuge par ailleurs dans d'autres parties de la province de l'Equateur, mais la plupart sont rentrées dans leurs villages dès que la situation s'est améliorée. Quelques milliers de réfugiés sont également rentrés par leurs propres moyens depuis le Congo.

Au Congo voisin, les réfugiés vivent sur plusieurs sites éparpillés sur plus de 500 kilomètres le long de la rivière Oubangui dans le département de la Likouala. Après la saison sèche, le niveau des eaux reste bas, ce qui représente un défi majeur pour le HCR qui doit acheminer du matériel pour l'opération de rapatriement volontaire.

Au 1er août, le HCR avait organisé 42 convois, qui ont transporté 10 596 réfugiés vers leur pays natal. Le 4 août, le total s'élevait à 11 199 personnes. Durant le mois d'août, le HCR espère faire partir 15 convois « organisés », pour lesquels le HCR affrète des bateaux, et 17 convois « semi-organisés », pour lesquels les réfugiés réservent leur traversée en bateau mais passent tout de même par le centre de réception du HCR dans la province de l'Equateur.

Avant le départ de la République du Congo, les réfugiés sont rassemblés dans un centre de départ. A ce niveau, les femmes en âge de procréer reçoivent des kits hygiéniques.

« Nous devons nous assurer que les candidats au retour sont aptes pour le voyage sur la rivière, que les personnes vivant avec des maladies chroniques et les autres personnes vulnérables soient connues afin de recevoir trois mois de médicaments pour leur permettre de continuer à se soigner », a précisé Daniel Martin, chef du bureau du HCR à Impfondo (Congo).

A l'arrivée au centre de transit en RDC, le HCR, ses partenaires et les autorités fournissent une assistance aux rapatriés, y compris un contrôle médical et l'enregistrement. Les rapatriés restent au maximum trois jours dans ce centre où ils sont nourris et où chaque famille reçoit des articles non alimentaires et une allocation financière pour le transport jusqu'à la destination finale. De plus, les enfants en âge de scolarité reçoivent un kit contenant du matériel scolaire.

Le HCR aide aussi à la réintégration des rapatriés dans une région qui manque de nombreuses infrastructures. Des abris ont été construits pour les réfugiés rapatriés les plus vulnérables. Deux bureaux supplémentaires, à Buburu et à Mbandaka en Equateur, vont être ouverts pour renforcer l'opération de rapatriement qui couvrira également le retour des réfugiés ayant fui vers la République centrafricaine.

Par Simon Englebert Lubuku à Kinshasa