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Asile et migration

Nos Activités
© HCR/A.Di Loreto

Tous dans le même bateau : les défis de la migration mixte

Franchir des murs couverts de fils de fer barbelés, prendre la mer dans des embarcations impropres à la navigation ou voyager clandestinement dans des conteneurs sans air. Chaque jour, des réfugiés et des migrants risquent leur vie dans le monde entier, chaque jour, dans une quête désespérée pour trouver la sécurité ou des conditions de vie meilleures.

Pour étudier les défis de la protection des réfugiés dans le contexte des flux migratoires mixtes, le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés a organisé en 2008 une conférence régionale sur la Protection des réfugiés et la Migration internationale à Dakar, au Sénégal. Cette conférence a fait suite au Dialogue du Haut Commissaire sur les défis de la protection instauré à Genève en décembre 2007.

Derrière les titres dramatiques et les images choquantes de migrations humaines qui sont diffusés dans les médias, se cachent des histoires individuelles de courage, des tragédies et de la compassion. Même si les réfugiés et les migrants utilisent les mêmes itinéraires et les mêmes modes de transport, ils ont des besoins de protection différents.

Les facteurs ayant contribué à l'intensification de la migration internationale incluent la mondialisation et les disparités croissantes des conditions de vie, à la fois dans et entre les pays. Parmi les personnes en mouvement aujourd'hui, nombreuses sont celles qui recherchent de nouvelles opportunités en termes d'emploi ou d'éducation. Certaines veulent rejoindre des membres de leur famille et d'autres fuient la persécution, le conflit ou les violences aveugles survenant dans leurs pays.

Alors que les réfugiés et les demandeurs d'asile ne représentent qu'une petite partie de ces mouvements globaux de personnes, ils voyagent fréquemment au côté de migrants. Ces mouvements sont qualifiés d'« irréguliers », car les personnes qui se déplacent ne disposent généralement pas des documents d'identité nécessaires et elles utilisent des points de passage frontière interdits. Par ailleurs, des passeurs sont souvent impliqués.

Il arrive fréquemment que les gens entreprennent ces déplacements au péril de leur vie et soient contraints de voyager dans des conditions inhumaines. Ils sont aussi exposés aux risques d'exploitation et d'abus. Les Etats considèrent ces mouvements comme une menace à leur souveraineté et à leur sécurité. Et pourtant, pour certains, c'est parfois la seule façon pour échapper à la guerre et aux persécutions.

Tout en reconnaissant que les contrôles aux frontières sont essentiels pour combattre la criminalité internationale, y compris la traite d'êtres humains, le HCR souligne la nécessité de mesures de sauvegarde pratiques en terme de protection, afin que ces contrôles ne soient pas appliqués de manière aveugle ou disproportionnée et qu'ils n'amènent pas à l'expulsion de réfugiés vers leur pays d'origine, où leur vie ou leur liberté pourraient être mises en danger.

Le HCR travaille avec les gouvernements du monde entier pour les aider à répondre à certains de ces défis de manière cohérente et concrète. Par exemple, le plan en 10 points établi par le HCR détermine les secteurs principaux dans lesquels une action est requise pour répondre aux problèmes des flux migratoires mixtes et irréguliers dans les pays d'origine, de transit et de destination.

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Faits & chiffres clés
Grèce (territoire péninsulaire et îles)
Arrivées irrégulières par la mer depuis la Turquie :

3 610 (2012)**

1 030 (2011)*

1 765 (2010)

10 165 (2009)

15 300 (2008)

19 900 (2007)

9 050 (2006)

*55 000 personnes ont traversé la frontière à la rivière Evros entre la Turquie et la Grèce

**47 088 personnes ont traversé la frontière à la rivière Evros entre la Turquie et la Grèce

Personnes mortes ou portées disparues en 2012 : N/A

Personnes mortes ou portées disparues en 2011 : 7 + 44

Personnes mortes ou portées disparues en 2010 : 36 + 5

Personnes mortes ou portées disparues en 2009 : 24 + 59

Personnes mortes ou portées disparues en 2008 : N/A

Personnes mortes ou portées disparues en 2007 : 159

Italie (territoire péninsulaire et îles)

Arrivées irrégulières par la mer depuis l'Afrique du Nord, la Grèce et la Turquie :

13 200 (2012)*

61 000 (2011)*

4 348 (2010)

9 573 (2009)

36 000 (2008)

19 900 (2007)

22 000 (2006)

*56 000 personnes sont arrivées depuis la Libye et la Tunisie et 5000 autres depuis la Grèce et la Turquie

Personnes mortes ou portées disparues en 2012 : N/A

Personnes mortes ou portées disparues en 2011 : **

Personnes mortes ou portées disparues en 2010 : 4 + 4

Personnes mortes ou portées disparues en 2009 : 101 + 228

Personnes mortes ou portées disparues en 2008 : 525

Personnes mortes ou portées disparues en 2007 :471

** Selon le HCR, 1 500 personnes ont péri durant leur tentative de traversée depuis la Libye vers l’Europe, sur la base d’appels téléphoniques depuis des bateaux en détresse ou d’ informations transmises par des survivants ou des proches.

Malte

Arrivées irrégulières par la mer depuis l'Afrique du Nord :

1 890 (2012)

1 574 (2011)

28 (2010)

1 470 (2009)

2 700 (2008)

1 800 (2007)

1 800 (2006)

Personnes mortes ou portées disparue en 2011 : ***

Personnes mortes ou portées disparue en 2010 : 0

*** Selon le HCR, 1 500 personnes ont péri durant leur tentative de traversée depuis la Libye vers l’Europe, sur la base d’appels téléphoniques depuis des bateaux en détresse ou d’ informations transmises par des survivants ou des proches.

Espagne (territoire péninsulaire et îles)
Arrivées irrégulières par la mer depuis l'Afrique de l'Ouest et du Nord :

3 804 (2012)

5 443 (2011)

3 632 (2010)

7 285 (2009)

13 400 (2008)

18 000 (2007)

39 180 (2006)*

Personnes mortes ou portées disparues en 2012 : N/A

Personnes mortes ou portées disparues en 2011 : N/A

Personnes mortes ou portées disparues en 2010 : 74

Personnes mortes ou portées disparues en 2009 : 127

Personnes mortes ou portées disparues en 2008 : 120

Personnes mortes ou portées disparues en 2007 : 360

* Principalement vers les îles Canaries

Yémen

Arrivées irrégulières par la mer depuis la Somalie :

107 500 (2012)

103 000 (2011)

53 382 (2010)

77 310 (2009)

50 000 (2008)

29 500 (2007)

29 000 (2006)

Nombre de morts en 2012 : 100

Nombre de morts en 2011 : 130

Nombre de morts en 2009 : 309

Personnes mortes ou portées disparues en 2008 : 949

Personnes mortes ou portées disparues en 2007 : 1 400

Questions/Réponses : Le HCR et la migration mixte

Questions/Réponses : Le HCR et la migration mixte

Erika Feller, Haut Commissaire assistante en charge de la protection, évoque les défis auxquels le HCR doit faire face afin d'assurer la protection des réfugiés qui se déplacent dans le cadre de flux migratoires mixtes.

Magazine Réfugiés N° 148

Magazine Réfugiés N° 148

Réfugié ou migrant ? Pourquoi cette question compte

Repérés au large des îles Canaries

Malgré des dangers considérables, des migrants en quête d'un avenir meilleur, et des réfugiés fuyant la guerre et les persécutions, continuent à embarquer dans des bateaux de fortune pour des traversées en haute mer. L'un des principaux itinéraires vers l'Europe part de l'ouest de l'Afrique vers l'archipel des Canaries, un territoire espagnol.

Avant 2006, la plupart des migrants irréguliers, empruntant cet itinéraire sur l'océan Atlantique, embarquaient sur des pateras, des bateaux pouvant transporter jusqu'à 20 personnes. Les pateras partaient en majorité depuis le Maroc et le Territoire du Sahara occidental, pour une traversée d'une demi-journée. Les pateras ont été remplacés par des bateaux plus importants appelés des cayucos, qui peuvent transporter jusqu'à 150 personnes. Les cayucos partent depuis des ports situés dans des pays d'Afrique de l'Ouest comme la Gambie, le Ghana, la Guinée, le Sénégal ou la Sierra Leone. Ils prennent plus de trois semaines pour atteindre les Canaries.

Parmi les 32 000 personnes arrivées dans les îles Canaries, seule une petite proportion d'entre elles (359 personnes) ont demandé l'asile en 2006. En 2007, plus de 500 demandes d'asile ont été déposées aux îles Canaries. Ce chiffre est particulièrement significatif, étant donnée la diminution de 75 pour cent de nombre global des arrivées par la mer en 2007.

Repérés au large des îles Canaries

A la dérive vers l'Italie

Chaque année, la mer Méditerranée - une destination estivale parmi les plus prisées en Europe - se transforme en cimetière. Des centaines d'hommes, de femmes et d'enfants s'y noient, au cours de leur tentative désespérée pour atteindre des pays de l'Union européenne (UE).

La distance entre l'île italienne de Lampedusa et la côte libyenne est tout juste de 290 kilomètres. En 2006, quelque 18 000 personnes ont traversé ce bras de mer - la plupart dans des embarcations gonflables équipées de moteurs hors-bord. Certains cherchaient du travail, d'autres voulaient retrouver des membres de leur famille ou d'autres encore fuyaient la persécution, le conflit ou les violences. Ils n'avaient pas d'autre choix que celui de fuir, en quête de sécurité, via des itinéraires clandestins.

Parmi ceux qui ont réussi à atteindre Lampedusa, quelque 6 000 d'entre eux ont demandé l'asile. Et près de la moitié ont été reconnus comme réfugiés ou ont obtenu la protection des autorités italiennes.

En août 2007, les autorités à Lampedusa ont ouvert un nouveau centre de réception pour assurer que les personnes arrivant par bateau ou secourues en mer soient accueillies dans la dignité, et hébergées de façon appropriée, et qu'elles puissent recevoir des soins de santé.

A la dérive vers l'Italie

Golfe d'Aden : Péril en mer

Chaque année, des milliers de personnes venues de toute la région de la Corne de l'Afrique - principalement des Somaliens et des Ethiopiens - quittent leurs maisons, poussées par la peur ou par pur désespoir, en quête de sécurité ou d'une vie meilleure. Ces populations empruntent des routes dangereuses en Somalie pour se rendre à Bossasso, une ville de la région semi-autonome du Puntland.

Dans cette zone de non-droit où des réseaux de passeurs règnent en maîtres, des civils innocents et désespérés payent jusqu'à 150 dollars pour effectuer la traversée périlleuse du golfe d'Aden.

Certains restent des semaines dans des maisons ou des abris temporaires à Bossasso avant de pouvoir partir, soudainement au milieu d'une nuit, entassés dans de petites embarcations de fortune. En mer, tout peut se passer, ils sont à la merci des passeurs. Certains sont battus, poignardés, tués ou jetés par-dessus bord. D'autres se noient avant d'arriver sur les plages du Yémen, qui sont devenues des cimetières de fortune pour certains de ceux qui sont morts en route.

Golfe d'Aden : Péril en mer