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Profil d'opérations 2012 - Colombie

Environnement opérationnel

Contexte

Les déplacements internes continuent de causer de graves préoccupations humanitaires en Colombie. Ces dernières années, le conflit dans le pays et les dynamiques de la violence ont changé par suite de la démobilisation des groupes paramilitaires, du renforcement des capacités militaires des forces armées et de la police, ainsi que de la prolifération d'acteurs armés irréguliers, dont beaucoup sont étroitement liés au trafic de drogue et au crime organisé.

Si le rythme des nouveaux déplacements a ralenti, on estime que 100 000 personnes étaient déplacées à l'intérieur du pays en 2010, ce qui représente d'après le Gouvernement une augmentation de 35 pour cent par rapport à 2009. A la fin de l'année, le nombre total des déplacés internes officiellement enregistrés s'élevait à 3,6 millions (cumulé depuis 1997). Les populations les plus touchées, en particulier les groupes autochtones et afro-colombiens, vivent dans des zones rurales isolées, comme la côte du Pacifique, la Colombie centrale, Antioquia et les régions limitrophes de l'Equateur et de la République bolivarienne du Venezuela.

Les zones urbaines, où résident plus de 1,7 million de déplacés internes, connaissent une recrudescence de la violence et des déplacements intra-urbains, car la guerre que se livrent les gangs entraîne des violences sexuelles et sexistes, des recrutements forcés, des actes d'extorsion ainsi que l'imposition de couvre-feux dans certains quartiers. Des cas d'"épuration sociale" ont aussi été signalés.

En vertu de la loi adoptée en août 2010, des mesures judiciaires et administratives ont été introduites pour permettre aux victimes des déplacements forcés de demander des réparations et la restitution de leurs terres. Néanmoins, l'application de cette loi demeure encore un défi majeur.

La Colombie s'est jointe à l'Equateur pour former une commission binationale sur les besoins des réfugiés colombiens et leur éventuel rapatriement. Le HCR y a participé en qualité d'observateur et lui a apporté son soutien technique. Il a souligné combien il était important de prendre des décisions en connaissance de cause et a mis l'accent sur le caractère volontaire du rapatriement, qui doit se dérouler dans la sécurité et la dignité, ainsi que sur la viabilité de cette solution.

Le nombre de demandes d'asile en Colombie, principalement présentées par des personnes originaires d'Afrique qui se dirigeraient vers l'Amérique du Nord, a diminué par rapport à 2009. Etant donné que beaucoup d'entre elles pénétraient en Colombie par l'Equateur, cette baisse est probablement due à la décision prise par l'Equateur en septembre de rétablir l'obligation de visa d'entrée pour les ressortissants de neuf pays.

Besoins

En dépit des efforts du Gouvernement pour réviser sa manière d'envisager le déplacement interne et améliorer la réponse donnée aux victimes du conflit, la mise en œuvre des nouvelles mesures, y compris la loi sur la restitution des terres et les réparations aux victimes, est encore entravée par la présence de groupes armés clandestins, les risques de sécurité pour la population civile et l'insuffisance des capacités institutionnelles et financières, en particulier au niveau local.

Compte tenu de la vulnérabilité des personnes relevant de la compétence du HCR, la priorité reste de prévenir les déplacements et de prodiguer une protection. En même temps, il convient de redoubler d'efforts pour trouver des solutions durables, spécialement au vu des différentes situations de déplacement et de la diversité des besoins.

HCR 2012-2013 chiffres prévisionnels pour la Colombie
TYPE DE POPULATION ORIGINE JAN 2012 DEC 2012 - JAN 2013 DEC 2013
Total dans
le pays
Nb pers. assistées
par le HCR
Total dans
le pays
Nb pers. assistées
par le HCR
Total dans
le pays
Nb pers. assistées
par le HCR
Total 3 664 360 585 270 3 854 460 590 340 4 044 480 600 340
Réfugiés Pays divers 220 110 240 90 250 90
Demandeurs d'asile Pays divers 130 130 150 150 150 150
Réfugiés rapatriés Colombie 30 30 100 100 100 100
Déplacés internes Colombie 3 663 980 585 000 3 853 980 590 000 4 043 980 600 000

Objectifs et cibles prioritaires en 2012

Environnement de protection favorable

Des lois et des politiques sont adoptées ou renforcées.

  • Les lois et les politiques sur le déplacement forcé sont harmonisées avec les normes internationales par l'utilisation de mécanismes plus nombreux de coordination et d'approches globales de l'assistance aux déplacés internes.

Protection contre la violence et l'exploitation

La protection contre les conséquences du conflit armé est renforcée.

  • Près de 1 600 missions de suivi sont réalisées pendant l'année pour augmenter la présence de la protection dans les municipalités les plus touchées par le conflit.

Autonomie et autosuffisance communautaires

La mobilisation communautaire est consolidée et élargie.

  • Une trentaine de communautés sont épaulées grâce à des initiatives de renforcement des capacités favorisant l'intégration locale, le retour et le relogement, par une participation accrue, une organisation autonome et une meilleure identification des risques et des solutions.

Solutions durables

Une stratégie globale de solutions est mise au point, étayée ou actualisée.

  • Au moins 30 communautés bénéficient d'une stratégie globale de solutions améliorant les conditions de vie et la pérennité des solutions durables.

Leadership, coordination et partenariats

La coordination et les partenariats sont affermis.

  • La coordination de la protection est resserrée entre les groupes de travail nationaux et régionaux sur la protection à l'échelon national et dans sept sites sur le terrain.

Stratégie et activités en 2012

Le but d'ensemble est de fortifier le régime de protection internationale et de promouvoir des solutions durables pour les personnes qui en ont besoin. Le HCR continue de conseiller le Gouvernement sur l'application de la législation nationale relative aux réfugiés et sur la détermination du statut de réfugié. De plus, des activités sont entreprises pour consolider l'intégration locale et apporter une assistance financière à court terme. La coordination et le dialogue se poursuivent régulièrement avec la Commission d'éligibilité, le Ministère des affaires étrangères et le Département administratif de la sécurité.

Les priorités stratégiques du HCR en Colombie sont les suivantes :

Elargir et conserver l'espace humanitaire pour aider à prévenir de nouveaux déplacements, en favorisant l'acceptation au sein des communautés et en réalisant des projets pratiques de protection, tout en prodiguant une protection par la présence dans les zones isolées où se déroule le conflit. Le HCR prônera également des systèmes d'alerte précoce et des analyses des risques pour la protection (y compris dans les régions frontalières) conjointement avec les autorités locales, l'Ombudsman et la société civile. Il favorisera aussi la mise en commun des informations transfrontalières avec ses bureaux extérieurs dans les pays voisins. Une autre priorité est de garantir la visibilité de la situation humanitaire des communautés exposées au déplacement.

Améliorer la situation de protection : i) en relevant l'efficacité des politiques publiques, particulièrement pour la restitution des terres (en coordination avec le Ministère de l'agriculture) ; ii) en renforçant les systèmes de protection des individus menacés et des communautés à risque ; iii) en soutenant le processus élargi d'enregistrement (réponses de protection/d'assistance, conseils juridiques) ; et iv) en mettant au point des plans d'action locaux pour les interventions dans les situations d'urgence.

Trouver des solutions durables : i) en assumant une fonction de catalyseur afin d'obtenir un appui pour le retour, le relogement et l'intégration locale dans des communautés présélectionnées ; ii) en soutenant des plans d'action dirigés par les autorités locales sur la base des évaluations participatives ; iii) en encourageant l'engagement des acteurs du développement et du Gouvernement pour faciliter le passage d'une assistance humanitaire à un développement durable, comme dans l'initiative HCR-PNUD pour des solutions transitoires.

En ce qui concerne les priorités transversales, l'accent est mis sur les évaluations participatives, le renforcement des capacités des autorités locales en matière de questions liées à l'âge et l'appartenance sexuelle. La priorité porte également sur l'application de stratégies centrées sur les groupes afro-colombiens et autochtones. Il est tout aussi important de soutenir l'action pour contrer la violence sexuelle et sexiste, protéger les enfants et les jeunes et promouvoir les initiatives de restitution/protection des terres.

Contraintes

Alors que la nouvelle orientation du Gouvernement en faveur de la défense des droits des déplacés internes et l'initiative de restitution des terres offrent de nouvelles chances et laissent espérer une approche plus axée sur les solutions, les défis à relever restent importants. Pour que ces politiques soient couronnées de succès, il faut adopter une démarche holistique, associant la protection et la fin de l'impunité.

Ainsi que le confirment des données sur l'intention des déplacés internes de revenir chez eux, beaucoup d'autorités locales doivent adopter une nouvelle perspective qui considérera les déplacés comme des citoyens permanents et établira des politiques claires d'intégration faisant appel aux communautés hôtes.

Enfin, la nature changeante du conflit, ses liens avec les activités criminelles et la prolifération de groupes armés continuent de soulever des préoccupations quant à la protection des personnes déplacées et le maintien de l'espace humanitaire dans certaines régions du pays.

Organisation et mise en œuvre

En 2012, le HCR sera présent dans dix bureaux extérieurs et une délégation à Bogotá couvrant le nord-ouest, le nord-est, le sud-ouest et le sud-est ainsi que les trois régions frontalières avec l'Equateur, le Panama et la République bolivarienne du Venezuela.

Coordination

Le HCR entretient des liens de travail étroits avec le Ministère des affaires étrangères et l'Agence présidentielle pour l'action sociale et la coopération internationale (Acción Social). Des partenariats ont également été noués avec différents ministères et administrations régionales et locales ainsi que des groupes communautaires et des associations de déplacés internes. En 2011, le HCR a participé à plusieurs programmes interinstitutions comme le Mécanisme central de réponse aux situations d'urgence, le Fonds de réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement et le Fonds d'affectation spéciale pour la sécurité humaine. Des alliances ont aussi été établies avec le PNUD (sur les solutions), avec le FNUAP et l'UNIFEM (sur la violence sexuelle et sexiste) et avec le PAM (sur l'intervention humanitaire au niveau du terrain).

Le HCR continue de participer au système des groupes thématiques : il préside ainsi le groupe thématique de la protection conjointement avec le Conseil norvégien pour les réfugiés. Il facilite la coordination entre les acteurs humanitaires sur les questions relatives aux déplacés internes et assure des réponses communes aux situations humanitaires critiques. Il maintient également des relations étroites avec la communauté des donateurs et les ONG nationales et internationales.

Informations financières

Ces cinq dernières années, les opérations du HCR en Colombie ont reçu un soutien croissant de la communauté internationale. Cependant, la crise financière qui frappe le monde entier a amenuisé le volume de fonds reçus en 2011. En 2012, le HCR redoublera d'efforts pour mobiliser les ressources destinées à consolider les réseaux de protection et intensifier la recherche de solutions. En 2012, les besoins budgétaires du HCR s'élèvent à 34,9 millions de dollars E.-U. et à 32 millions de dollars E.-U. en 2013.

Source : HCR Appel Global 2012-2013

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Contributions des gouvernements au HCR
Contributions depuis 2000
Annéedollars E.-U.
2011
More info 10 000
Au 10 novembre 2011
2010 25 000
2009 0
2008 25 000
2007
More info 525 000
Contributions totales (dollars E.-U.) : 525 000 (rang : 31)
Contributions non affectées (dollars E.-U.) : 25 000 (rang : 42)
Rang du donateur par PIB : 34
Rang du donateur par habitant : 39
2006 28 429
2005 25 000
2004 25 000
2003 22 523
2002 25 000
2001 25 000
2000 19 000

Colombie UNHCR Rapports sur la collecte de fonds Flux RSSRapports sur la collecte de fonds

autres documents
2011 Partenaires du HCR - Colombie
Partenaires d'exécution
Organismes gouvernementaux : Bureau du Contrôleur général ; Consejería Presidencial para la Equidad de la Mujer ; Cour constitutionnelle ; Instituto Colombiano de Bienestar Familiar ; Instituto Colombiano de Desarrollo Rural ; Ministères de la protection sociale ; de l'agriculture ; de l'intérieur et de la justice ; de l'éducation ; et des affaires étrangères ; Forces armées nationales ; Bureau national de l'état civil ; Bureau de l'Ombudsman ; Agence présidentielle pour l'action sociale et la coopération internationale (Acción Social) ; Bureau du Procureur général ; Programa Presidencial Colombia Joven ; Autorités régionales et municipalités
ONG : Action contre la faim ; Associación Tierra y Esperanza ; Casa de la Mujer ; Centro de Estudios Regionales del Pacifico ; Consultoría para los Derechos Humanos y el Desplazamiento ; Corporación Desarrollo y Paz del Magdalena Medio ; Corporación Infancia y Desarrollo ; Corporación Opción Legal ; Corporación para la Investigación y el Desarrollo de la Democracia ; Corporación Retoños ; Corporación Siempre Viva ; Diakonie Katastrophenhilfe ; Fundación compartir ; Instituto Latinoamericano de Servicios Legales Alternativos ; Mujer y Futuro ; Organización indígena de Antioquia ; Organización Nacional de Indígenas de Colombia ; Secretariado Nacional de Pastoral Social ; Solidaridad Internacional
Autres : Universidad de los Andes ; Universidad Javeriana ; Universidad Nacional
Partenaires opérationnels
ONG : Conseil norvégien pour les réfugiés
Autres : CICR ; OIM ; FAO ; OCHA ; HCDH ; OPS ; PNUD ; ONUSIDA ; FNUAP ; UNICEF ; UNIFEM ; PAM

Colombie : Vivre dans les «barrios»

Après plus de quarante ans de guerre civile, la Colombie recense l'une des plus grandes populations de personnes déplacées au monde. Plus de deux millions de personnes ont été contraintes de fuir leurs maisons ; beaucoup d'entre elles ont quitté des régions rurales éloignées pour aller chercher une sécurité relative dans les villes.

Les familles de personnes déplacées échouent la plupart du temps dans des taudis à la périphérie des grandes villes, où elles vivent dans un grand dénuement. Juste à la sortie de Bogota, des dizaines de milliers de personnes déplacées vivent dans les bidonvilles de Los Altos de Cazuca et de Los Altos de Florida. Les déplacé internes n'ont pratiquement pas accès aux services de santé, d'éducation ou de logement décent. La sécurité est également un problème, des gangs et des groupes armés contrôlant les bidonvilles et prenant souvent pour cible les jeunes.

L'UNHCR travaille en collaboration avec les autorités dans une dizaine de communes à travers la Colombie afin de s'assurer que les droits des personnes déplacées soient respectés, y compris leur accès aux services de base : la santé, l'éducation et la sécurité.

Colombie : Vivre dans les «barrios»

Les populations indigènes en Colombie

Forcés de fuir la violence sévissant sur leurs territoires, les peuples indigènes en Colombie luttent pour éviter une rupture de leurs liens communautaires et culturels. On compte environ un million de personnes indigènes en Colombie. Elles appartiennent à 80 groupes différents et composent l'un des héritages autochtones les plus riches et les plus variés au monde. Mais le conflit armé interne frappe particulièrement sévèrement ces populations indigènes.

Comme de nombreux Colombiens, les peuples indigènes n'ont souvent pas d'autre choix que celui de fuir leurs terres pour échapper à la violence. Le déplacement forcé est tout spécialement tragique pour eux car ils sont attachés à leurs terres ancestrales par des liens très forts. Souvent leur survie économique, sociale et culturelle dépend de la préservation de ces liens. Selon l'Association nationale indigène colombienne (ONIC), quelque 18 groupes ethniques minoritaires se trouvent en danger réel d'extinction. L'UNHCR travaille avec eux pour les aider dans leur lutte à rester sur leurs terres ou pour reconstruire leur vie quand ils ont été forcés à fuir.

L'UNHCR aide aussi des réfugiés indigènes accueillis dans des pays voisins comme le Panama, l'Equateur, le Vénézuela et le Brésil. L'UNHCR développe une stratégie régionale pour mieux répondre aux besoins spécifiques des populations indigènes durant l'exil.

Les populations indigènes en Colombie

Réfugiés invisibles au Panama

La guerre civile en Colombie a forcé des millions de personnes à fuir de chez elles, dont des centaines de milliers qui ont cherché refuge dans d'autres pays de la région.

Au Panama, le long de la frontière avec la Colombie, la région de Darien est recouverte d'une épaisse jungle inhospitalière et accessible uniquement par bateau. Néanmoins, de nombreux Colombiens sont venus jusque-là pour trouver refuge, après avoir fui les groupes armés irréguliers qui contrôlent de vastes territoires de jungle de l'autre côté de la frontière.

De nombreuses familles réfugiées au Darien font partie de minorités éthniques de Colombie - indigènes ou afro-colombiennes - qui ont été particulièrement affectées par le conflit et déplacées en grand nombre. Ces dernières années, un nombre croissant de réfugiés colombiens ont également rejoint la capitale, Panama City.

Environ 12 500 Colombiens relevant du mandat de l'UNHCR se trouvent au Panama, mais beaucoup préfèrent ne pas se faire connaître des autorités et rester cachés. Venir en aide à cette population « invisible » est l'un des plus grands défis que rencontre l'UNHCR non seulement au Panama, mais aussi en Equateur et au Vénézuela.

Réfugiés invisibles au Panama

L'éducation pour les déplacés en Colombie

Deux millions de personnes déplacées sont enregistrées dans le Registre national des déplacés internes en Colombie. Près de la moitié des déplacés sont âgés de moins de 18 ans et, selon le Ministère de l'éducation, seule la moitié d'entre eux sont inscrits à l'école.

Avant même d'être déplacés, les enfants colombiens scolarisés dans des régions à risque sont exposés au danger des mines anti-personnelles, aux attaques de groupes armés et au recrutement forcé mené aux alentours des écoles. Une fois qu'ils sont déplacés, ces enfants perdent souvent une année scolaire entière. De plus, le traumatisme provoqué par le déracinement et le fait d'avoir été témoin de violences extrêmes sont souvent négligés, affectant ainsi leur faculté d'apprentissage. La pauvreté accrue par le déplacement oblige les enfants à travailler pour subvenir aux besoins de la famille. Ils ne peuvent plus aller l'école.

L'UNHCR soutient les efforts du gouvernement pour répondre à la crise de l'éducation qui touche les enfants déplacés, notamment les interventions locales dans des régions à haut risque, la reconstruction d'écoles endommagées, la fourniture de matériel scolaire et le soutien d'associations locales d'enseignants. L'UNHCR travaille avec le Ministère de l'éducation, afin d'assurer que les besoins des enfants déplacés soient identifiés et pris en compte - sans oublier les minorités ethniques comme les Afro-Colombiens et les indigènes.

L'éducation pour les déplacés en Colombie

Colombie : lutter pour les droits

Des décennies de conflits internes violents, ignorées du reste du monde, ont contraint plus de 3,5 millions de Colombiens à quitter leur foyer alors que d'autres continuent à fuir presque quotidiennement. Certains recherchent un abri à l'étranger, mais environ 80% se dirigent vers des centres urbains situés à l'intérieur de leur propre pays.

Pour la plupart d'entre eux, les villes représentent la sécurité tant appréciée, après que des êtres chers aient tués devant leurs yeux ou qu'ils aient délivré leurs enfants de la menace du recrutement forcé par des groupes armés. Toutefois les endroits où ils ont les moyens de vivre sont généralement les barrios les plus pauvres - situés sur une falaise manacée de glissements de terrain ou sur un front de mer inondable.

Les populations rurales et les agriculteurs ont souvent des difficultés à gagner leur vie dans une ville. Plutôt que de cultiver du plantain et de pêcher du poisson, ils doivent trouver les moyens de gagner suffisamment d'argent pour nourrir quotidiennement leurs familles.

Les Colombiens déplacés souffrent également de traumatismes. Des femmes jusqu'alors indépendantes, habituées à travailler ou à rester seules, vivent constamment entourées d'autres personnes.

Le HCR coopère avec le Gouvernement colombien pour que les services soient accessibles aux personnes déplacées de force. Première étape importante, une collaboration de longue date a conduit à la délivrance de cartes d'identité à plus de trois millions de déplacés colombiens.

Colombie : lutter pour les droits

Lutte contre la menace d'extinction

Parmi les populations indigènes menacées d'extinction en Colombie, certaines se trouvent dans une situation plus risquée encore, comme la tribu Tulé par exemple. Cette population compte seulement 1 200 membres vivant dans trois localités des départements limitrophes de Choco et d'Antiquoia au nord-ouest de la Colombie.

Quelque 500 d'entre eux vivent dans la commune d'Unguia à Choco, une zone stratégiquement importante située à la frontière avec le Panama, où abondent le bois de construction, les minéraux et d'autres ressources naturelles. Malheureusement, ces richesses ont attiré la convoitise des groupes armés illégaux et criminels durant cette dernière décennie.

De nombreux membres de cette tribu avaient alors trouvé refuge au Panama ou ailleurs dans la province de Choco. Toutefois un groupe déterminé d'entre eux a décidé de rester, craignant que la tribu ne survivrait jamais si ses membres quittaient leurs terres ancestrales et s'ils abandonnaient leurs traditions.

Le HCR travaille déjà de longue date sur ces problèmes, et appuie le développement d'une stratégie visant à prévenir le déplacement, ou au moins à assurer que les Tulés ne devront jamais quitter définitivement leur territoire.

Lutte contre la menace d'extinction

Colombie : Menace sur la population indigènePlay video

Colombie : Menace sur la population indigène

La violence sévissant dans plusieurs régions de la Colombie menace l'existence des populations indigènes dans le pays. Voici le témoignage de l'un de ces groupes, les indigènes Tulé.