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Profil d'opérations 2013 - Colombie

Environnement opérationnel

Contexte

En Colombie, la détérioration de la sécurité est un défi majeur pour le HCR. Le conflit interne dans le pays a touché durement les communautés autochtones, avec beaucoup de pertes en vies humaines, alors que les activités d'un nombre croissant de groupes armés illégaux forcent des milliers de personnes à fuir leur foyer. La plupart des déplacements sont concentrés dans les zones bordant l'Equateur et la République bolivarienne du Venezuela, ainsi que dans des régions de la côte du Pacifique. Les dégâts environnementaux de l'exploitation des mines d'or et l'extraction d'autres ressources naturelles, aggravés par l'influence que les groupes armés exercent sur ces activités, ont eu des conséquences désastreuses pour les civils.

En juin 2011, la Colombie a adopté la loi sur les victimes et la restitution des terres afin d'aider les personnes déplacées, mais son application prendra du temps et ses effets ne commenceront à se faire sentir que fin 2012.

En novembre 2011, le nombre de déplacés internes officiellement enregistrés dans le pays s'établissait à plus de 3,8 millions. D'après des estimations du Gouvernement et d'autres sources, 101 déplacements de groupes de grande envergure ont eu lieu, entre janvier et septembre 2012, touchant 6 650 familles. Ces mouvements de population ont été particulièrement importants dans 11 régions du pays : Antioquia, Cauca, Choco, Cordoba, Nariño, Norte de Santander et Putumayo. Le HCR et le BCAH ont identifié d'autres déplacements collectifs que les autorités n'ont pas pris en compte. En revanche, le Gouvernement accomplit des progrès pour créer un système intégré de réparations.

En juillet 2012, le HCR en Colombie avait enregistré 119 réfugiés et 87 demandeurs d'asile, principalement dans les zones urbaines. Des 38 dossiers de demande d'asile présentés pendant cette période, 24 émanaient de citoyens cubains.

Une réunion entre la Colombie et l'Equateur, organisée à Bogota le 7 septembre, a examiné l'intégration locale des réfugiés colombiens en Equateur et le potentiel de rapatriement librement consenti en Colombie. Si la loi sur les victimes et la restitution des terres peut susciter un intérêt pour le rapatriement librement consenti en Colombie, l'insécurité qui règne dans de nombreuses régions d'origine risque de faire hésiter beaucoup de réfugiés en Equateur à envisager un retour.

Besoins

En dépit des efforts du Gouvernement pour améliorer sa réponse aux victimes du déplacement et pour mettre en œuvre de nouvelles mesures, comme la loi sur les victimes et la restitution des terres, beaucoup de régions du pays continuent d'être exposées aux risques sécuritaires et aux violences généralisées avec le recrutement forcé d'enfants et de jeunes, la violence sexuelle et sexiste contre les femmes et les filles, les menaces, les disparitions et les meurtres. La montée de la violence urbaine et la multiplication des déplacements, ainsi que la fermeture de l'espace humanitaire dans les zones rurales isolées, mettent en lumière la nécessité de poursuivre les programmes de prévention et de protection aux niveaux national et local.

Le HCR collabore avec les communautés locales et les autorités gouvernementales pour promouvoir des solutions durables, en particulier l'intégration sur place. En effet, plus de la moitié des déplacés internes enregistrés résident dans des villes et ne souhaitent pas regagner leur communauté d'origine ou ne sont pas en mesure d'y parvenir. Le programme sous l'égide de l'initiative HCR-PNUD pour des solutions transitoires, lancé en 2012, vise sept communautés. Il sera élargi en 2013 pour bénéficier à 12 communautés, sous réserve d'un financement adéquat.

2013 Chiffres HCR prévisionnels pour la Colombie
TYPE DE POPULATION ORIGINE JAN 2013 DEC 2013
TOTAL DANS LE PAYS NB PERS. ASSISTEES
PAR LE HCR
TOTAL DANS LE PAYS NB PERS. ASSISTEES
PAR LE HCR
Total 4 088 770 420 310 4 288 750 400 290
Réfugiés Pays divers 240 90 240 90
Demandeurs d'asile Pays divers 120 120 100 100
Réfugiés rapatriés Colombie 100 100 100 100
Déplacés internes Colombie 4 088 310 420 000 4 288 310 400 000

Objectifs et cibles prioritaires en 2013

Sécurité face à la violence et à l'exploitation

Renforcer la protection contre les conséquences du conflit armé.

  • Des missions de suivi réalisées pendant l'année augmentent la protection par la présence dans les municipalités les plus touchées par le conflit armé.

  • Des mesures sont mises en œuvre pour réduire le plus possible les recrutements forcés.

Diminuer le risque de violence sexuelle et sexiste, et améliorer la qualité de la réponse donnée.

  • Près de 70 pour cent des victimes connues de violences sexuelles et sexistes reçoivent un soutien.

  • La participation communautaire affermit la lutte contre la violence sexuelle et sexiste.

  • Un système sûr et confidentiel est mis en place pour notifier les incidents.

Environnement de protection favorable

Définir ou renforcer des lois et des politiques sur la protection.

  • Les lois et les politiques nationales sur le déplacement forcé sont harmonisées avec les normes internationales.

  • Une assistance technique et spécialisée étaye les capacités de protection du HCR et de ses partenaires.

Solutions durables

Mettre au point, étayer ou actualiser une stratégie globale de solutions.

  • Tous les partenaires conviennent d'une stratégie de solutions globale.

Réaliser tout le potentiel d'intégration locale.

  • Le nombre de personnes relevant de la compétence du HCR qui optent pour l'intégration locale ou qui se sont intégrées sur place augmente.

Stratégie et activités en 2013

La prévention des déplacements, la protection des personnes déplacées et la recherche de solutions demeurent les principales priorités stratégiques des opérations en faveur des déplacés internes. Elles seront mises en œuvre au moyen de projets transversaux couvrant l'enregistrement, les questions foncières, l'intégration des considérations d'âge, de genre et de diversité dans les programmes, une priorité à la protection des communautés afro-colombiennes et autochtones, et la participation communautaire.

Le HCR prodiguera des conseils techniques au niveau institutionnel et encouragera les projets d'autosuffisance parmi les communautés. Il veillera à mettre en évidence les services requis par les communautés ou groupes particuliers qui présentent des besoins de protection spéciaux. L'approche de protection par la présence, mise en œuvre par dix bureaux extérieurs situés dans quatre régions du pays, constitue une partie intégrante de la stratégie.

Le HCR s'efforcera de réaliser sa stratégie pour prévenir de nouveaux déplacements :

  • en garantissant une protection par la présence dans les zones isolées où se déroule le conflit ;

  • en élargissant l'espace humanitaire avec la coopération des communautés et la mise en œuvre de projets de protection pratique ;

  • en renforçant les systèmes d'alerte précoce et en menant des analyses des risques pour la protection, notamment dans les régions frontalières, et en échangeant des informations avec les bureaux extérieurs du HCR dans les pays voisins ;

  • en entretenant des liens étroits avec les autorités locales, les médiateurs communautaires, les partenaires locaux et les équipes du Comité permanent interorganisations (IASC) pour garantir des activités coordonnées et une place pour les questions relatives au déplacement dans le discours public.

Pour améliorer la protection des personnes déplacées, le HCR :

  • aidera à consolider les politiques publiques, notamment sur la restitution des terres, et prodiguera un soutien technique aux institutions chargées d'appliquer la loi sur les victimes et la restitution des terres ;

  • renforcera l'enregistrement, les conseils juridiques et le suivi en cas de situations de déplacement de vastes groupes ;

  • encouragera l'action locale sur la planification en cas d'imprévus et les interventions dans les situations d'urgence ;

  • diffusera des informations aux communautés locales ainsi qu'aux institutions sur les filières d'accès à l'assistance, ainsi que sur les responsabilités et les droits prévus par la loi sur les victimes et la restitution des terres.

Pour trouver des solutions durables, le HCR fera particulièrement en sorte :

  • de jouer un rôle de catalyseur à l'appui du retour, du relogement et de l'intégration locale des communautés quand les conditions le permettent ;

  • d'inciter les autorités nationales et locales et les acteurs du développement à prendre des mesures pour faciliter le passage d'une assistance humanitaire à un soutien au développement durable ;

  • de favoriser la transition du « déplacement » à la « citoyenneté ».

S'agissant des réfugiés et des demandeurs d'asile, l'objectif global du HCR est d'aider la Colombie à rendre ses lois et politiques conformes au régime international de l'asile et de promouvoir l'accès des personnes relevant de la compétence de l'Organisation à des solutions durables basées sur leurs besoins propres.

Contraintes

L'évolution constante du conflit, la participation d'éléments criminels et la prolifération de groupes armés continuent de susciter des préoccupations quant à la protection des personnes déplacées et au maintien de l'espace humanitaire. De même, la violence sexuelle et sexiste et le recrutement forcé d'enfants et d'adolescents demeurent des motifs de grave inquiétude dans plusieurs régions de la Colombie.

Alors que la réorientation des institutions en faveur de la défense des droits des déplacés internes et les possibilités de restitution des terres laissent espérer une approche plus axée sur les solutions, de grandes difficultés persistent, aussi bien du point de vue de la sécurité que pour garantir une protection et des réparations concrètes. De nouvelles menaces apparaissent avec le renforcement des groupes post-démobilisation aux capacités d'organisation croissantes.

Organisation et mise en œuvre

Coordination

La responsabilité du Gouvernement dans la prévention et le traitement du déplacement est ancrée fermement dans un cadre juridique. Le HCR entretient des liens de travail étroits avec le Ministère des affaires étrangères, l'Agence de coopération internationale et le Département présidentiel pour la prospérité sociale par le truchement du Service administratif spécial pour l'assistance et la réparation aux victimes. Au début de 2012, un plan de travail triennal a été signé avec le Gouvernement. Il a mis en exergue les priorités et les interventions principales en matière de prévention, de protection et de solutions, ainsi que des points transversaux, comme l'enregistrement, les considérations en rapport avec l'intégration des questions d'âge, de genre et de diversité, les politiques publiques et les problèmes fonciers pour 2012-2014.

Le HCR a noué des partenariats avec plusieurs ministères compétents, en particulier les Ministères de l'agriculture et de l'intérieur, l'Institut colombien du bien-être familial, le bureau du Vice-Président et des administrations régionales et locales, ainsi que des groupes à assise communautaire. Un mécanisme d'obligation de rendre des comptes sur la réponse aux déplacés internes a été promu avec l'aide du Bureau du Contrôleur national.

Le groupe de travail sur la protection en Colombie demeure placé sous la direction du HCR et du Conseil norvégien pour les réfugiés. Ce groupe de travail a établi un partenariat avec le FNUAP pour exploiter un système de gestion des informations sur la violence sexiste en vue d'améliorer la priorité accordée à la prévention et au traitement des violences sexuelles et sexistes.

Le HCR participe à l'Equipe des Nations Unies dans le pays ainsi qu'à des projets et des interventions interinstitutions comme le Fonds central d'intervention d'urgence (CERF) et le Fonds pour les objectifs du millénaire des Nations Unies pour le développement (MDGF). Le Département de planification nationale de la Colombie, le PNUD et le HCR collaborent sur le projet de l'initiative pour des solutions transitoires.

Informations financières

Ces cinq dernières années, les opérations du HCR en Colombie ont reçu un soutien constant de la communauté internationale. Cependant, la crise financière mondiale a eu des répercussions sur le financement en 2011 et 2012.

Le HCR continue de requérir un soutien au financement pour renforcer la prévention et la protection ainsi que les programmes dans le cadre de l'Initiative pour des solutions transitoires. Des engagements financiers supplémentaires en faveur de l'Initiative, obtenus de sources d'appui au développement, se poursuivront en 2013. Cette même année, les besoins budgétaires du HCR devraient s'élever à 29,63 millions de dollars E.-U.

Source: HCR Appel global 2013 - Actualisation

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Contributions des gouvernements au HCR
Contributions depuis 2000
Annéedollars E.-U.
2012
More info 1 000 000
Au 31 décembre 2012
2011 10 000
2010 25 000
2009 0
2008 25 000
2007
More info 525 000
Contributions totales (dollars E.-U.) : 525 000 (rang : 31)
Contributions non affectées (dollars E.-U.) : 25 000 (rang : 42)
Rang du donateur par PIB : 34
Rang du donateur par habitant : 39
2006 28 429
2005 25 000
2004 25 000
2003 22 523
2002 25 000
2001 25 000
2000 19 000

Colombie UNHCR Rapports sur la collecte de fonds Flux RSSRapports sur la collecte de fonds

autres documents
2013 Partenaires du HCR - Colombie
Partenaires d'exécution
Organismes gouvernementaux : Agence pour la coopération internationale ; Autorités régionales et municipalités ; Bureau de l'Ombudsman ; Bureau du Conseiller présidentiel ; Bureau du Contrôleur ; Bureau du Président ; Bureau du Procureur général ; Cour constitutionnelle ; Département pour la prospérité sociale ; Institut colombien du bien-être familial ; Institut colombien de développement rural ; Ministère de l'Agriculture ; Ministère de l'Intérieur ; Ministère des Affaires étrangères ; Ministre de la Justice ; Service administratif spécial pour l'assistance et la réparation aux victimes ; Service administratif spécial pour la restitution des terres
ONG : Action contre la faim ; Consultoría para los Derechos Humanos y el Desplazamiento ; Corporación Infancia y Desarrollo ; Corporación Opción Legal ; Corporación para la Investigación y el Desarrollo de la Democracia (CIDEMOS) ; Corporación Retoños ; Fundación Compartir ; Jesuit Refugee Service ; Organización Nacional Indígena de Colombia ; Secretariado Nacional de Pastoral Social
Autres : Universidad de Los Andes ; Universidad Javeriana
Partenaires opérationnels
ONG : Conseil norvégien pour les réfugiés
Autres : BCAH ; Brigades de paix internationales (PBI) ; CICR ; Département des Nations Unies de la sûreté et de la sécurité ; FAO ; FNUAP ; HCDH ; International Relief & Development (IRD) ; Mission d'appui au processus de paix en Colombie (MAPP/OEA) ; MSF ; OIM ; ONU Femmes ; ONUDC ; Organisation panaméricaine de la santé (OPS) / OMS ; Oxfam ; PAM ; Plan International ; PNUD ; Save the Children Fund ; UNICEF

Colombie : Vivre dans les «barrios»

Après plus de quarante ans de guerre civile, la Colombie recense l'une des plus grandes populations de personnes déplacées au monde. Plus de deux millions de personnes ont été contraintes de fuir leurs maisons ; beaucoup d'entre elles ont quitté des régions rurales éloignées pour aller chercher une sécurité relative dans les villes.

Les familles de personnes déplacées échouent la plupart du temps dans des taudis à la périphérie des grandes villes, où elles vivent dans un grand dénuement. Juste à la sortie de Bogota, des dizaines de milliers de personnes déplacées vivent dans les bidonvilles de Los Altos de Cazuca et de Los Altos de Florida. Les déplacé internes n'ont pratiquement pas accès aux services de santé, d'éducation ou de logement décent. La sécurité est également un problème, des gangs et des groupes armés contrôlant les bidonvilles et prenant souvent pour cible les jeunes.

L'UNHCR travaille en collaboration avec les autorités dans une dizaine de communes à travers la Colombie afin de s'assurer que les droits des personnes déplacées soient respectés, y compris leur accès aux services de base : la santé, l'éducation et la sécurité.

Colombie : Vivre dans les «barrios»

Les populations indigènes en Colombie

Forcés de fuir la violence sévissant sur leurs territoires, les peuples indigènes en Colombie luttent pour éviter une rupture de leurs liens communautaires et culturels. On compte environ un million de personnes indigènes en Colombie. Elles appartiennent à 80 groupes différents et composent l'un des héritages autochtones les plus riches et les plus variés au monde. Mais le conflit armé interne frappe particulièrement sévèrement ces populations indigènes.

Comme de nombreux Colombiens, les peuples indigènes n'ont souvent pas d'autre choix que celui de fuir leurs terres pour échapper à la violence. Le déplacement forcé est tout spécialement tragique pour eux car ils sont attachés à leurs terres ancestrales par des liens très forts. Souvent leur survie économique, sociale et culturelle dépend de la préservation de ces liens. Selon l'Association nationale indigène colombienne (ONIC), quelque 18 groupes ethniques minoritaires se trouvent en danger réel d'extinction. L'UNHCR travaille avec eux pour les aider dans leur lutte à rester sur leurs terres ou pour reconstruire leur vie quand ils ont été forcés à fuir.

L'UNHCR aide aussi des réfugiés indigènes accueillis dans des pays voisins comme le Panama, l'Equateur, le Vénézuela et le Brésil. L'UNHCR développe une stratégie régionale pour mieux répondre aux besoins spécifiques des populations indigènes durant l'exil.

Les populations indigènes en Colombie

Réfugiés invisibles au Panama

La guerre civile en Colombie a forcé des millions de personnes à fuir de chez elles, dont des centaines de milliers qui ont cherché refuge dans d'autres pays de la région.

Au Panama, le long de la frontière avec la Colombie, la région de Darien est recouverte d'une épaisse jungle inhospitalière et accessible uniquement par bateau. Néanmoins, de nombreux Colombiens sont venus jusque-là pour trouver refuge, après avoir fui les groupes armés irréguliers qui contrôlent de vastes territoires de jungle de l'autre côté de la frontière.

De nombreuses familles réfugiées au Darien font partie de minorités éthniques de Colombie - indigènes ou afro-colombiennes - qui ont été particulièrement affectées par le conflit et déplacées en grand nombre. Ces dernières années, un nombre croissant de réfugiés colombiens ont également rejoint la capitale, Panama City.

Environ 12 500 Colombiens relevant du mandat de l'UNHCR se trouvent au Panama, mais beaucoup préfèrent ne pas se faire connaître des autorités et rester cachés. Venir en aide à cette population « invisible » est l'un des plus grands défis que rencontre l'UNHCR non seulement au Panama, mais aussi en Equateur et au Vénézuela.

Réfugiés invisibles au Panama

L'éducation pour les déplacés en Colombie

Deux millions de personnes déplacées sont enregistrées dans le Registre national des déplacés internes en Colombie. Près de la moitié des déplacés sont âgés de moins de 18 ans et, selon le Ministère de l'éducation, seule la moitié d'entre eux sont inscrits à l'école.

Avant même d'être déplacés, les enfants colombiens scolarisés dans des régions à risque sont exposés au danger des mines anti-personnelles, aux attaques de groupes armés et au recrutement forcé mené aux alentours des écoles. Une fois qu'ils sont déplacés, ces enfants perdent souvent une année scolaire entière. De plus, le traumatisme provoqué par le déracinement et le fait d'avoir été témoin de violences extrêmes sont souvent négligés, affectant ainsi leur faculté d'apprentissage. La pauvreté accrue par le déplacement oblige les enfants à travailler pour subvenir aux besoins de la famille. Ils ne peuvent plus aller l'école.

L'UNHCR soutient les efforts du gouvernement pour répondre à la crise de l'éducation qui touche les enfants déplacés, notamment les interventions locales dans des régions à haut risque, la reconstruction d'écoles endommagées, la fourniture de matériel scolaire et le soutien d'associations locales d'enseignants. L'UNHCR travaille avec le Ministère de l'éducation, afin d'assurer que les besoins des enfants déplacés soient identifiés et pris en compte - sans oublier les minorités ethniques comme les Afro-Colombiens et les indigènes.

L'éducation pour les déplacés en Colombie

Colombie : lutter pour les droits

Des décennies de conflits internes violents, ignorées du reste du monde, ont contraint plus de 3,5 millions de Colombiens à quitter leur foyer alors que d'autres continuent à fuir presque quotidiennement. Certains recherchent un abri à l'étranger, mais environ 80% se dirigent vers des centres urbains situés à l'intérieur de leur propre pays.

Pour la plupart d'entre eux, les villes représentent la sécurité tant appréciée, après que des êtres chers aient tués devant leurs yeux ou qu'ils aient délivré leurs enfants de la menace du recrutement forcé par des groupes armés. Toutefois les endroits où ils ont les moyens de vivre sont généralement les barrios les plus pauvres - situés sur une falaise manacée de glissements de terrain ou sur un front de mer inondable.

Les populations rurales et les agriculteurs ont souvent des difficultés à gagner leur vie dans une ville. Plutôt que de cultiver du plantain et de pêcher du poisson, ils doivent trouver les moyens de gagner suffisamment d'argent pour nourrir quotidiennement leurs familles.

Les Colombiens déplacés souffrent également de traumatismes. Des femmes jusqu'alors indépendantes, habituées à travailler ou à rester seules, vivent constamment entourées d'autres personnes.

Le HCR coopère avec le Gouvernement colombien pour que les services soient accessibles aux personnes déplacées de force. Première étape importante, une collaboration de longue date a conduit à la délivrance de cartes d'identité à plus de trois millions de déplacés colombiens.

Colombie : lutter pour les droits

Lutte contre la menace d'extinction

Parmi les populations indigènes menacées d'extinction en Colombie, certaines se trouvent dans une situation plus risquée encore, comme la tribu Tulé par exemple. Cette population compte seulement 1 200 membres vivant dans trois localités des départements limitrophes de Choco et d'Antiquoia au nord-ouest de la Colombie.

Quelque 500 d'entre eux vivent dans la commune d'Unguia à Choco, une zone stratégiquement importante située à la frontière avec le Panama, où abondent le bois de construction, les minéraux et d'autres ressources naturelles. Malheureusement, ces richesses ont attiré la convoitise des groupes armés illégaux et criminels durant cette dernière décennie.

De nombreux membres de cette tribu avaient alors trouvé refuge au Panama ou ailleurs dans la province de Choco. Toutefois un groupe déterminé d'entre eux a décidé de rester, craignant que la tribu ne survivrait jamais si ses membres quittaient leurs terres ancestrales et s'ils abandonnaient leurs traditions.

Le HCR travaille déjà de longue date sur ces problèmes, et appuie le développement d'une stratégie visant à prévenir le déplacement, ou au moins à assurer que les Tulés ne devront jamais quitter définitivement leur territoire.

Lutte contre la menace d'extinction

Colombie : Menace sur la population indigènePlay video

Colombie : Menace sur la population indigène

La violence sévissant dans plusieurs régions de la Colombie menace l'existence des populations indigènes dans le pays. Voici le témoignage de l'un de ces groupes, les indigènes Tulé.