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Histoire du HCR

En bref
© HCR 3/UN 51983

Une organisation humanitaire mondiale aux origines modestes

L'agence des Nations Unies pour les réfugiés a été établie au lendemain de la Seconde Guerre mondiale pour venir en aide aux Européens déplacés par le conflit. L'Office du Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés a été créé le 14 décembre 1950 par l'Assemblée générale des Nations Unies, avec un mandat de trois ans pour accomplir son travail, et devait ensuite disparaître. La Convention des Nations Unies relative au statut des réfugiés, fondement juridique de l'aide aux réfugiés et principal statut régissant le travail du HCR, a été adoptée l'année suivante, le 28 juillet.

En 1956, le HCR a été confronté à sa première situation d'urgence majeure, à savoir l'exode des réfugiés lors de l'écrasement de la révolution hongroise par les forces soviétiques. Dès lors, l'utilité du HCR n'a plus jamais été remise en question. Dans les années 6O, la décolonisation de l'Afrique a produit la première crise de réfugiés de ce continent nécessitant l'intervention du HCR et suivie d'une multitude d'autres crises. Les deux décennies suivantes, l'organisation a dû intervenir dans des situations de déplacement en Asie et en Amérique latine. A la fin du siècle, de nouveaux problèmes de réfugiés se posaient en Afrique et, bouclant la boucle, de nouvelles vagues de réfugiés arrivaient en Europe à la suite d'une série de guerres dans les Balkans.

Au début du XXIe siècle, le HCR est intervenu dans des crises de réfugiés majeures en Afrique, comme en République démocratique du Congo et en Somalie, et en Asie, notamment lors du problème des réfugiés afghans, vieux de 30 ans. Dans le même temps, le HCR a également été sollicité pour aider de nombreuses personnes déplacées à l'intérieur de leur pays en raison d'un conflit. Plus discrètement, l'organisation a étendu son rôle en assistant les apatrides, un groupe largement oublié comptant des millions de personnes risquant de se voir refuser les droits fondamentaux au motif qu'elles n'ont pas de nationalité. Dans certaines régions du monde, comme en Afrique et en Amérique latine, le mandat d'origine de 1951 a été renforcé par des accords relatifs à des instruments juridiques régionaux.

En 1954, la nouvelle organisation a reçu le prix Nobel de la paix pour son travail novateur d'aide aux réfugiés d'Europe. Son mandat venait d'être prolongé jusqu'à la fin de la décennie. Plus d'un quart de siècle plus tard, le HCR s'est vu de nouveau décerner cette récompense en 1981, pour ce qui était devenu l'assistance fournie aux réfugiés dans le monde entier et dont le discours de remise a souligné les obstacles politiques rencontrés par l'organisation. Le HCR comptait à sa création 34 collaborateurs. Son personnel dénombre à présent plus de 8 600 fonctionnaires nationaux et internationaux, dont 960 au Siège à Genève et au Centre de services globaux à Budapest. L'agence travaille dans 126 pays, ses collaborateurs étant basés dans 119 sites principaux comme des bureaux régionaux et des délégations, et 299 sous-délégations et bureaux extérieurs souvent isolés.

Son budget est passé de 300 000 dollars la première année à plus de 3,59 milliards de dollars en 2012. On compte plus de 43 millions de personnes déracinées à travers le monde. Le HCR s'occupe actuellement de 33,9 millions de personnes relevant de sa compétence : 14,7 millions de déplacés internes, 10,5 millions de réfugiés, 3,1 millions de rapatriés, 3,5 millions d'apatrides, plus de 837 000 demandeurs d'asile et plus de 1,3 million d'autres bénéficiaires. En tant qu'organisation disposant à l'origine d'un mandat de trois ans pour résoudre le problème des réfugiés, le HCR a célébré son 60e anniversaire le 14 décembre 2010 et est conscient que les besoins humanitaires ne sont pas près de disparaître.

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L'histoire en images

En images, le monde des réfugiés depuis 50 ans.

La Convention de 1951 sur les réfugiés

La Convention de Genève sur le statut des réfugiés a près de 60 ans. Cet instrument clé a aidé plus de 50 millions de personnes à reprendre le cours de leur existence.

Archives et dossiers

Les archives ont en leur possession des dizaines d'années de données relatives à nos opérations, y compris des documents électroniques.

Hongrie 50e anniversaire : l'insurrection hongroise de 1956

L'insurrection hongroise spontanée a commencé le 23 octobre 1956. Deux semaines plus tard, elle fut réprimée par une intervention militaire soviétique, qui provoqua une vague de réfugiés en Autriche et en Yougoslavie. Début 1957, ils étaient au nombre de 200 000, dont 180 000 en Autriche et 20 000 en Yougoslavie.

Des centaines de bénévoles travaillèrent au sein d'organisations humanitaires locales et internationales pour nourrir et héberger les réfugiés, tandis que les Autrichiens et la communauté internationale mettaient en place une opération de secours sans précédant.

L'UNHCR se retrouva coordinateur général, et en collaboration avec la Croix-Rouge et le Comité intergouvernemental pour les migrations européennes (CIME), a aidé à coordonner les opérations de secours et de protection, ainsi qu'un programme de réinstallation sans précédent.

En deux ans, plus de 180 000 Hongrois avaient été réinstallés dans 37 pays, à travers cinq continents. Les États-Unis, le Canada, la Grande-Bretagne, l'Allemagne de l'Ouest, l'Australie, la Suisse, la France, la Suède et la Belgique accueillirent chacun plus de 5 000 réfugiés. L'Italie, les Pays-Bas, Israël, le Brésil, la Norvège, le Danemark, l'Afrique du Sud, la Nouvelle-Zélande et l'Argentine en acceptèrent tous plus de 1 000. Le restant fut envoyé dans 19 pays, allant de la République dominicaine à la Turquie. Certains Hongrois se sont intégrés en Autriche (8 000) et en Yougoslavie (700), tandis que 11 000 rentrèrent chez eux de manière spontanée.

Hongrie 50e anniversaire : l'insurrection hongroise de 1956

Hongrie 50e anniversaire : la vie des réfugiés hongrois

Les 200 000 Hongrois ayant fui leur pays après la répression de l'insurrection de 1956 ont formé le plus grand groupe de réfugiés en Europe depuis la Deuxième Guerre mondiale. Dans le monde entier, des dizaines de pays leur ont offert la réinstallation et une nouvelle maison. Cependant, quelque 8 000 d'entre eux sont restés en Autriche et s'y sont intégrés.

Une petite proportion de réfugiés a pu être hébergée dans des hôtels ou des appartements privés, cependant la grande majorité a d'abord été accueillie dans des camps. Ceux-ci étaient constitués en majorité d'anciens baraquements en bois. La vie dans certains de ces camps était difficile, notamment l'hiver, avec une mauvaise isolation contre le froid et des équipements sanitaires situés en plein air.

Peu à peu, les réfugiés qui n'ont pas été réinstallés ont commencé à mener une vie plus « normale ». Les enfants ont été scolarisés et ont rapidement appris l'allemand, alors que les adultes ont trouvé assez vite du travail grâce au développement économique autrichien.

Avec l'aide d'un financement important de l'UNHCR, les autorités autrichiennes ont mené pour les réfugiés un programme de fermeture des camps, de construction d'appartements et même de lotissements entiers de nouvelles maisons. Pendant un temps, l'UNHCR a été le second plus grand constructeur en Autriche.

Hongrie 50e anniversaire : la vie des réfugiés hongrois

Les réfugiés dans le monde 2000

Edition du jubilé sur cinquante années d'action humanitaire.