Bangladesh flag

Bangladesh Bangladesh Flux RSS

Profil d'opérations 2012 - Bangladesh

Environnement opérationnel

Contexte

Le Bangladesh abrite plus de 29 000 réfugiés originaires du nord de l'Etat de Rakhine, au Myanmar, dont la situation est l'une des plus prolongées au monde. Ces réfugiés, issus d'une minorité ethnique, linguistique et religieuse, résident dans les deux camps de Kutupalong et de Nayapara, situés dans le district de Cox's Bazar, au sud-est du pays. Cette population est le résidu des quelque 250 000 réfugiés arrivés en 1991, et dont la plupart ont regagné leur pays.

Cependant, les autorités estiment que 200 000 autres personnes originaires du Myanmar et relevant de la compétence du HCR vivent au Bangladesh sans statut légal, généralement dans les villages situés à l'extérieur des camps. Beaucoup d'entre eux sont installés aux abords des camps de Kutupalong et de Nayapara, formant deux sites d'installation, le camp de fortune de Kutupalong et le site de Leda, dont la population pourrait atteindre 40 000 personnes.

Le Bangladesh n'est pas signataire de la Convention de 1951 relative aux réfugiés ni de son Protocole de 1967. En l'absence de législation nationale relative aux réfugiés, le HCR se charge de déterminer le statut des demandeurs d'asile urbains résidant à Dacca. Environ 230 réfugiés urbains, pour la plupart des ressortissants non musulmans de l'Etat de Rakhine, au Myanmar, bénéficient actuellement de l'aide du HCR.

Bien que le Bangladesh soit l'un des pays les moins développés au monde, avec une densité de population de plus de 900 personnes au kilomètre carré, les mesures adoptées par le Gouvernement au cours des dernières années ont quelque peu amélioré les conditions de vie des réfugiés enregistrés. Cependant, la qualité de vie de la plupart des réfugiés demeure extrêmement médiocre. De plus, le haut niveau de pauvreté et d'analphabétisme qui règne dans le district de Cox's Bazar entraîne des attitudes négatives à l'égard des réfugiés, et en particulier de la population non enregistrée. Cela a conduit 30 000 à 40 000 personnes non enregistrées à s'installer spontanément à l'extérieur du camp de Kutupalong, dans des sites où les conditions sanitaires sont déplorables et le taux de malnutrition encore plus élevé qu'à l'intérieur des camps.

Entre 2006 et 2010, plus de 900 réfugiés ont été réinstallés dans des pays tiers. Mais en novembre 2010, les autorités bangladaises ont suspendu les réinstallations en attendant l'élaboration d'une politique relative aux réfugiés. Le HCR a exhorté le Gouvernement à revenir sur sa décision de suspendre le programme de réinstallation.

Besoins

Le HCR poursuivra ses programmes de protection et d'assistance en faveur des réfugiés originaires du nord de l'Etat de Rakhine (Myanmar), ainsi que d'un petit nombre de réfugiés et de demandeurs d'asile vivant en milieu urbain.

En dépit des améliorations sensibles obtenues ces dernières années, les conditions de vie des réfugiés ne sont toujours pas conformes aux normes minimales internationales. L'enquête nutritionnelle réalisée en 2011 dans les deux camps a révélé que 17 pour cent des enfants âgés de 6 à 59 mois souffraient de malnutrition aiguë, chiffre supérieur au seuil d'urgence. Des taux similaires ont été relevés chez les femmes enceintes et allaitantes (15 et 14 pour cent respectivement).

Dans l'attente de solutions durables, le HCR contribuera à répondre aux besoins élémentaires dans le domaine de l'éducation, de la santé, de la nutrition, de l'assainissement, des abris et de l'autosuffisance. L'autonomisation et l'autosuffisance communautaires, moyennant la mobilisation et l'autogestion, demeureront un autre grand volet de son programme en 2012.

HCR 2012-2013 chiffres prévisionnels pour le Bangladesh
TYPE DE POPULATION ORIGINE JAN 2012 DEC 2012 - JAN 2013 DEC 2013
Total dans
le pays
Nb pers. assistées
par le HCR
Total dans
le pays
Nb pers. assistées
par le HCR
Total dans
le pays
Nb pers. assistées
par le HCR
Total 229 900 29 900 230 820 30 820 231 730 31 730
Réfugiés Myanmar 29 870 29 870 30 780 30 780 31 690 31 690
Pays divers 30 30 40 40 40 40
Assimilés réfugiés Pays divers 200 000 -- 200 000 -- 200 000 --

Objectifs et cibles prioritaires en 2012

Environnement de protection favorable

Améliorer l'accès aux recours juridiques et la qualité de l'enregistrement.

  • Des services et des bureaux d'aide juridique sont créés et gérés.
  • Dans les camps, environ 5 000 réfugiés enregistrés par le HCR sont dûment enregistrés par les autorités et reçoivent des rations alimentaires.

Protection contre la violence et l'exploitation

Consolider les structures communautaires de maintien de l'ordre.

  • Environ 75 pour cent des conflits sont résolus grâce aux mécanismes communautaires.
  • Le nombre et la gravité des incidents liés aux tensions entre les réfugiés et les communautés d'accueil sont réduits.

Besoins et services essentiels

Assurer une éducation primaire de qualité.

  • Environ 90 pour cent des enfants d'âge scolaire vont à l'école.
  • L'éducation primaire est prolongée d'une année.

Améliorer les abris et les infrastructures.

  • Toutes les familles relevant de la compétence du HCR vivent dans des logements convenables.
  • La construction et l'installation de toutes les infrastructures liées à l'eau et à l'assainissement sont achevées.

Améliorer ou préserver l'état sanitaire et nutritionnel de la population.

  • Les services hospitaliers sont transférés dans des complexes médicaux au niveau des sous-districts, afin que les réfugiés et les communautés d'accueil puissent en bénéficier.
  • Le taux d'anémie chez les femmes en âge de procréer est ramené à 25 pour cent.

Autonomisation et autosuffisance communautaires

Renforcer l'autogestion communautaire et la participation des femmes dans les structures concernées.

  • Environ 40 pour cent des membres des structures de gestion des camps sont des femmes.

Améliorer les moyens de subsistance et le niveau d'autosuffisance.

  • Environ 25 pour cent des réfugiés adultes âgés de 18 à 60 ans ont un revenu.

Stratégie et activités en 2012

En ce qui concerne la minorité musulmane du nord de l'Etat de Rakhine (Myanmar), la stratégie régionale du HCR vise à stabiliser les communautés dans les pays où elles résident actuellement, tout en s'attaquant aux causes premières de leur déplacement. Au Bangladesh, le HCR et ses partenaires s'efforceront non seulement d'améliorer les conditions de vie dans les camps, mais aussi de veiller à ce que toute la population du district de Cox's Bazar, sans discrimination, bénéficie de services essentiels tels que les soins de santé, l'éducation et l'accès à la justice.

En raison de la concurrence qu'ils se livrent pour accéder à des ressources naturelles et à des emplois déjà rares, les habitants de Cox's Bazar se sentent menacés par la présence d'un grand nombre de réfugiés dans le district. Au fil des ans, les tensions se sont exacerbées entre les villageois et les réfugiés. Les programmes en faveur des communautés d'accueil sont donc indispensables pour faciliter la coexistence entre les deux groupes. Par conséquent, le HCR collabore avec les autorités et d'autres partenaires pour améliorer à la fois la situation de la population locale et des réfugiés non enregistrés originaires du Myanmar, principalement par le biais d'un appui communautaire et de formations dispensées aux ONG.

Contraintes

Le Gouvernement du Bangladesh a souvent manifesté son inquiétude concernant « l'effet d'attraction » que l'assistance offerte aux personnes relevant de la compétence du HCR pouvait engendrer. C'est pourquoi il a instauré des mesures restrictives qui limitent l'espace de protection pour les 29 000 réfugiés du Myanmar enregistrés dans les deux camps officiels et réduisent considérablement l'accès aux personnes non enregistrées qui vivent à l'extérieur des camps.

La stratégie du HCR au Bangladesh vise à garantir que le Gouvernement et les communautés d'accueil conservent une attitude tolérante à l'égard de la population non enregistrée originaire du Myanmar. Les réfugiés subissent des restrictions à leur liberté de mouvement et ne sont pas officiellement autorisés à travailler, ce qui entrave les efforts destinés à promouvoir leur autosuffisance et à les préparer à des solutions durables telles que le rapatriement librement consenti.

Organisation et mise en œuvre

Coordination

Le Haut Commissariat travaille en étroite collaboration avec le Gouvernement du Bangladesh, et en particulier avec le ministère de l'Alimentation et de la Gestion des catastrophes. L'Organisation soutient le Plan-cadre des Nations Unies pour l'aide au développement au Bangladesh, afin de lutter contre la pauvreté dans les districts accueillant des réfugiés. Les mesures prises pour inciter davantage d'ONG nationales à travailler dans ce domaine sont également cruciales pour ses opérations. Le HCR coopère en outre avec d'autres institutions des Nations Unies, telles que le PAM, l'UNICEF et le FNUAP, ainsi qu'avec l'OIM. Enfin, il incite les ONG nationales et internationales et la société civile à promouvoir la protection des réfugiés et la coexistence entre les réfugiés et les communautés d'accueil.

A la fin 2011, l'UNICEF cessera progressivement de prendre en charge l'éducation des réfugiés dans les 23 écoles primaires des camps de Kutupalong et de Nayapara. Le HCR cherche d'autres partenaires pour financer et gérer ce programme.

Informations financières

Plus de 90 pour cent du budget du HCR pour le Bangladesh sont alloués au programme en faveur des réfugiés du Myanmar. En 2006 et 2007, les secteurs de la santé et de la nutrition ont accaparé la majeure partie des ressources. En 2008, 2009 et 2011, la priorité a été accordée au remplacement des anciens abris et à la remise en état des infrastructures élémentaires des camps. Depuis 2006, l'Organisation a également investi dans la distribution d'articles domestiques essentiels, tout en impliquant les réfugiés dans la production de savon, de vêtements et de produits ménagers pour favoriser leur autosuffisance. Au fil des ans, le HCR a en outre canalisé des fonds vers un programme de compléments alimentaires destiné à réduire les taux élevés de malnutrition et d'anémie observés chez les enfants et les femmes enceintes et allaitantes dans les camps.

L'évaluation des besoins globaux du Bangladesh pour 2012 a conduit à une proposition de budget de 14,5 millions de dollars E. U. Les contributions affectées reçues par le HCR en 2011 (à la date de rédaction du présent Appel) ont couvert environ 30 pour cent du budget global, ce qui a eu un impact négatif sur les conditions de vie déjà difficiles des réfugiés du Myanmar installés aux Bangladesh.

Source : HCR Appel Global 2012-2013

• DONATE NOW • • COMMENT NOUS AIDER • • RESTEZ INFORMÉS •

 

Bangladesh UNHCR Rapports sur la collecte de fonds Flux RSSRapports sur la collecte de fonds

autres documents
2011 Partenaires du HCR - Bangladesh
Partenaires d'exécution
Organismes gouvernementaux : Ministère de l'Alimentation et de la Gestion des catastrophes ; Ministère de la Santé
ONG : Action Contre La Faim ; Research Training and Management Institute ; Technical Assistance Incorporated ; Société bangladaise du Croissant-Rouge
Partenaires opérationnels
ONG : Concern Worldwide ; Handicap International ; Solidarités
Autres : FNUAP ; OIM ; PNUD ; UNICEF

Les réfugiés rohingyas au Bangladesh

En 1991, quelque 250 000 réfugiés du nord de l'État de Rakhine au Myanmar ont fui leur pays en bateau ou à pied, pour rejoindre la région de Cox's Bazar au Bangladesh voisin, où ils ont été accueillis dans une vingtaine de camps. Alors que la majorité est depuis rentrée chez elle, environ 20 500 personnes - pour la plupart des Rohingyas, une minorité ethnique musulmane - se trouvent encore dans deux des camps d'origine.

Les conditions de vie dans ces camps sont en-dessous des standards, de nombreux réfugiés vivant dans des abris surpeuplés ayant besoin d'importantes réparations. De fréquentes pluies diluviennes inondent la zone, endommageant davantage l'hébergement et propageant des maladies. Le harcèlement et les discriminations aggravent encore le sort des réfugiés rohingyas, mais la majorité d'entre eux disent ne pas vouloir rentrer au Myanmar avant l'instauration de la paix et de la démocratie.

L'UNHCR a étendu ses activités de suivi de protection à Cox's Bazar pour répondre également aux problèmes de violences sexuelles et à l'encontre des femmes, ainsi qu'au trafic de femmes et d'enfants. En coordination étroite avec d'autres agences des Nations Unies, des organisations non gouvernementales et les gouvernements, l'agence des Nations Unies pour les réfugiés travaille pour trouver une solution durable pour les réfugiés rohingyas.

Les réfugiés rohingyas au Bangladesh

L'apatridie au Bangladesh : Les Biharis

Le sort des Biharis, dont les ancêtres ont rejoint le Bangladesh depuis l'Inde suite à l'indépendance et à la partition du sous-continent indien en 1947, est lié à la séparation du Bangladesh et du Pakistan. L'est du Pakistan est devenu l'Etat indépendant du Bangladesh en 1971. Alors que de nombreux Biharis ourdouphones ont été transférés au Pakistan, près de 300 000 autres sont restés au Bangladesh. Pendant de nombreuses années, leurs droits en tant que citoyens n'ont pas été reconnus. Un grand nombre d'entre eux vivaient dans des camps et des zones d'installation spontanées et, de ce fait, ils n'avaient qu'un accès limité à l'éducation et ils éprouvaient des difficultés à trouver du travail.

En 2008, une décision de principe de la Haute Cour bangladaise a accordé la citoyenneté bangladaise aux ourdouphones. Le gouvernement a accordé le droit de vote aux adultes juste à temps avant les élections générales de décembre 2008 et leur a délivré des cartes d'identité nationale. Aujourd'hui cette population demeure une minorité linguistique ayant besoin de logements décents et d'un meilleur accès à l'emploi.

On compte environ 12 millions d'apatrides à travers le monde. Ces individus sont pris au piège d'un vide juridique et bénéficient d'un accès limité aux droits fondamentaux.

L'apatridie au Bangladesh : Les Biharis