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Profil d'opérations 2013 - Myanmar
Environnement opérationnel
Contexte
En 2011, l'environnement politique du Myanmar a été marqué par la transition du régime militaire à un gouvernement civil. Le changement a été soutenu par un dialogue historique entre le Président Thein Sein et Aung San Suu Kyi, dont la Ligue nationale pour la démocratie a obtenu 43 des 45 sièges aux élections partielles d'avril 2012. Les Etats-Unis d'Amérique et l'Union européenne ont répondu en levant ou suspendant la plupart de leurs sanctions économiques.
Le nouveau parlement a accepté d'étudier la possibilité de rédiger une nouvelle loi sur la nationalité et d'abroger la loi actuelle sur la citoyenneté du Myanmar, ce qui pourrait améliorer le sort d'un groupe important de résidents dans l'Etat de Rakhine et d'autres personnes privées de citoyenneté dans le pays. En revanche, le Gouvernement a répondu en réitérant les politiques actuelles. Le HCR prévoit qu'il demeurera nécessaire de venir en aide à près de 800 000 résidents de l'Etat de Rakhine dépourvus de citoyenneté. Les membres de ce groupe ont pu voter aux élections de novembre 2010, avec des cartes d'enregistrement temporaire délivrées par le Gouvernement. Néanmoins, des discussions sur le remplacement des documents temporaires par des cartes indiquant un statut résidentiel plus permanent, à défaut d'une pleine citoyenneté, n'ont pas abouti à des résultats. Aucune avancée n'a été enregistrée dans la situation juridique ni dans les conditions de vie de ce groupe particulier dans l'Etat de Rakhine.
La violence intercommunautaire qui a éclaté dans l'Etat de Rakhine en juin 2012 a forcé près de 75 000 personnes à s'enfuir de chez elles. Pour y répondre, le HCR a dirigé les interventions humanitaires dans quatre secteurs : protection, abris, coordination des camps et gestion des camps, et articles non alimentaires.
Le Haut Commissariat portera également assistance aux personnes sans citoyenneté dans d'autres régions du Myanmar. A cet égard, le premier recensement national à être organisé depuis 31 ans (qui sera mis en œuvre en 2014) constituera une précieuse source d'information. Le HCR envisage aussi de réaliser une enquête sur l'apatridie dans le pays.
Au sud-est du Myanmar, le HCR assiste quelque 239 000 personnes touchées par le déplacement avec une surveillance de la protection et des activités de plaidoyer auprès du Gouvernement pour améliorer l'accès de ces personnes aux services essentiels. En 2012, l'Organisation a pu étendre la portée de ses opérations dans cette région, ce qui lui a permis d'avoir accès à plus de 100 000 individus nécessitant une aide et quelque 2 000 rapatriés spontanés depuis la Thaïlande.
Le cessez-le-feu entre le Gouvernement et les forces de l'Armée d'indépendance de Kachin a été violé en 2011, et les hostilités continuent. En conséquence, plus de 75 000 personnes, en majorité des femmes et des enfants, ont fui leurs maisons et leurs villages. Depuis septembre 2011, le HCR dirige les interventions d'urgence à Kachin dans les secteurs de la protection, des abris, de la coordination des camps et de la gestion des camps, et des articles non alimentaires.
Besoins
L'absence de citoyenneté et l'impossibilité de jouir de leurs droits fondamentaux, ainsi que les politiques restrictives et les pratiques discriminatoires adoptées par les autorités, constituent les principaux problèmes auxquels sont confrontés les résidents musulmans de l'Etat de Rakhine en termes et de protection et de moyens de subsistance. Les services essentiels, tels que les soins de santé, l'alimentation en eau, l'assainissement et l'éducation, sont malheureusement insuffisants, voire même inexistants dans la plupart des cas.
Encourager la coexistence pacifique entre les communautés et accroître la participation des femmes et des jeunes filles aux décisions communautaires sont des priorités pour le HCR dans l'Etat de Rakhine. L'Organisation devra distribuer des articles non alimentaires et des abris rudimentaires aux ménages les plus vulnérables. Les activités de plaidoyer et de sensibilisation seront destinées à réduire l'apatridie dans un vaste segment de la population.
Dans l'Etat de Kachin, l'octroi d'un soutien de base à la population déplacée, par le biais des quatre secteurs d'intervention, reste hautement prioritaire pour le HCR. Alors que le nombre global de personnes déplacées devrait demeurer stable, le Haut Commissariat continuera de surveiller de près le potentiel d'appui au retour des populations déplacées dans l'Etat de Kachin, si l'opportunité se présente.
Dans le sud-est du pays, le HCR s'efforce de renforcer les mécanismes de survie des communautés touchées par les déplacements. Elles ont besoin de services essentiels tels que les soins de santé, l'eau et l'assainissement, ainsi que des articles non alimentaires et des abris. Des années de conflit ont affaibli les structures traditionnelles d'autogestion des communautés, et celles-ci doivent être renforcées. Par une présence élargie et de nouveaux partenariats avec les ONG locales, le Haut Commissariat surveillera la situation de cette population et signalera les problèmes de protection aux autorités. De plus, il offrira si nécessaire une assistance juridique, grâce à l'amélioration du système de collecte et de gestion des données.
| 2013 Chiffres HCR prévisionnels pour le Myanmar | |||||
|---|---|---|---|---|---|
| TYPE DE POPULATION | ORIGINE | JAN 2013 | DEC 2013 | ||
| TOTAL DANS LE PAYS | NB PERS. ASSISTEES PAR LE HCR |
TOTAL DANS LE PAYS | NB PERS. ASSISTEES PAR LE HCR |
||
| Total | 1 616 840 | 417 000 | 1 768 640 | 500 000 | |
| Réfugiés rapatriés | Myanmar | 2 000 | 2 000 | 50 000 | 50 000 |
| Déplacés internes | Myanmar | 429 200 | 165 000 | 450 000 | 200 000 |
| Apatrides | Apatrides | 1 185 640 | 250 000 | 1 268 640 | 250 000 |
Objectifs et cibles prioritaires en 2013
Environnement de protection favorable
Elaborer ou renforcer la législation relative aux personnes dépourvues de citoyenneté.
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L'apatridie est réduite ou prévenue grâce à des activités de plaidoyer, de suivi et de formation des autorités.
Processus de protection et documents adéquats
Améliorer la qualité du profilage.
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Dans les zones où il opère, le HCR assure le suivi des besoins et des problèmes de protection d'environ 50 pour cent des populations déplacées.
Sécurité face à la violence et à l'exploitation
Réduire le risque de violence sexuelle et sexiste et améliorer la qualité des interventions.
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Environ 80 pour cent des victimes connues de violences sexuelles et sexistes reçoivent une assistance.
Besoins de base et services essentiels
Maintenir ou accroître l'approvisionnement en eau potable.
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Au moins 20 litres d'eau potable sont fournis par personne et par jour aux communautés d'accueil et aux populations déplacées accessibles au HCR
Offrir à la population un accès optimal à l'éducation.
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Le taux de scolarisation dans le primaire atteint 95 pour cent.
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Le taux d'alphabétisme atteint 30 pour cent.
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Jusqu'à 60 pour cent des enfants âgés de 3 à 5 ans fréquentent des classes de développement de la petite enfance.
Créer, améliorer et entretenir des abris et des infrastructures.
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Les abris d'urgence sont conformes aux normes Sphère.
Renforcer les services pour les personnes ayant des besoins spécifiques.
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Une assistance est prodiguée aux individus les plus vulnérables.
Garantir un approvisionnement suffisant d'articles ménagers et de base.
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Les individus et les familles reçoivent des secours dans toutes les régions où le HCR mène des interventions d'urgence.
Assurer un assainissement satisfaisant et de bonnes conditions d'hygiène à la population.
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Les femmes reçoivent des articles sanitaires dans toutes les régions où le HCR mène des interventions d'urgence.
Autonomisation et autogestion communautaires
Renforcer la mobilisation communautaire.
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Au moins 50 pour cent des structures dirigeantes des communautés sont composées de femmes, tandis que les chefs et les membres des communautés sont formés aux fonctions dirigeantes et aux compétences essentielles.
Permettre la coexistence pacifique entre les communautés locales.
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Les tensions entre les différentes communautés diminuent.
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La participation des femmes et des jeunes filles aux prises de décisions s'accroît grâce aux centres communautaires interethniques, qui proposent des formations au leadership communautaire, des cours d'alphabétisation et d'informatique.
Stratégie et activités en 2013
Conformément à la mise en œuvre du cadre stratégique des Nations Unies pour le Myanmar (2012-2015) et à sa direction du groupe de travail national sur la protection, le HCR traitera un grand nombre de problèmes relatifs à l'apatridie et aux déplacements. Il plaidera auprès du Gouvernement pour l'encourager à accorder la citoyenneté aux populations apatrides, à reconnaître ses responsabilités envers les communautés touchées par les déplacements et à mettre fin aux pratiques juridiques et administratives restrictives.
En 2013, le Haut Commissariat poursuivra ses efforts pour intensifier et approfondir le dialogue avec le nouveau Gouvernement, tout en resserrant ses partenariats avec les organisations issues de la société civile, les institutions universitaires et les ONG locales et internationales. Il coopérera avec elles pour améliorer les conditions de vie des communautés touchées par les déplacements, des rapatriés et des populations apatrides.
Le suivi de la protection, le plaidoyer et le renforcement des capacités seront complétés par une amélioration des services essentiels tels que l'eau, l'assainissement, la santé et l'éducation. L'accent sera mis sur le renforcement des structures dirigeantes des communautés, la coexistence pacifique entre les groupes ethniques et la participation des femmes et des jeunes filles aux prises de décision.
Contraintes
Les activités que le HCR prévoit de réaliser au Myanmar reposent sur l'espoir qu'un dialogue constructif avec les autorités et des programmes de développement et d'infrastructures ciblés élargiront l'espace humanitaire.
Au sud-est du Myanmar, l'absence de statistiques fiables pose divers problèmes au HCR, de même que l'éloignement des zones touchées par les déplacements. La faible présence des institutions humanitaires dans la région rend également difficile l'accès aux personnes ayant besoin d'une assistance. A Kachin, l'accès limité à toutes les zones entrave la mise en œuvre des activités ainsi que l'accès aux personnes relevant de la compétence du Haut Commissariat.
Dans l'Etat de Rakhine, la poursuite des tensions intercommunautaires et de l'instabilité contrarie gravement l'accès et limite la mise en œuvre efficace d'activités d'assistance pour les déplacés internes, de même que la reprise du programme de 2012 dans le nord de cet Etat.
Organisation et mise en œuvre
Coordination
Compte tenu de ses responsabilités de direction sectorielle dans trois domaines opérationnels, le HCR entretient des relations étroites avec les institutions des Nations Unies, les ONG et les autorités centrales et régionales. Il accueille régulièrement des réunions interinstitutions sur le terrain et dans la capitale, et il a créé en 2011 un groupe de travail sur la protection au nord de l'Etat de Rakhine.
L'Organisation fournit également un cadre opérationnel à plusieurs agences d'exécution avec lesquelles elle a souscrit des accords formels au Myanmar. Elle participe au mécanisme de suivi et de notification au titre de la résolution 1612 du Conseil de sécurité de l'ONU sur les enfants dans les conflits armés. Dans la réponse interinstitutions aux urgences à Kachin et Rakhine, elle joue le rôle de chef de file pour les secteurs de la protection, des abris, de la coordination des camps et de la gestion des camps, et des articles non alimentaires.
Informations financières
Ces dernières années, le budget du HCR pour le Myanmar a connu une hausse régulière. Depuis 2009, le HCR a alloué des ressources supplémentaires pour aider la population privée de citoyenneté au nord de l'Etat de Rakhine dans cinq secteurs prioritaires qui sont aussi financés par le Gouvernement. Cette tendance a continué en 2011, avec l'attribution des fonds additionnels à l'assistance des victimes de deux catastrophes naturelles dans l'Etat de Rakhine.
Les budgets ont aussi augmenté en 2011 et 2012 en raison des besoins accrus des personnes déplacées dans les Etats de Kachin et Rakhine et au sud-est du Myanmar. Du fait des nouvelles urgences de déplacés internes et de l'expansion de la zone de couverture au sud-est en 2012, le budget 2013 sera révisé pour répondre aux besoins supplémentaires.

