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Aperçu opérationnel sous-régional 2012 - Moyen-Orient

Environnement opérationnel

Les événements récemment survenus au Moyen-Orient ont rendu la tâche de protection et d'assistance en faveur des réfugiés et des autres personnes relevant de la compétence du HCR beaucoup plus ardue. L'instabilité observée dans la région a entraîné des contraintes sécuritaires, des déplacements incessants de population et une augmentation de la vulnérabilité de certains groupes de réfugiés. La situation est également compliquée par le long exil dont sont victimes plusieurs populations réfugiées et par le nombre croissant de mouvements migratoires mixtes.

Dans la région, l'Egypte, Israël et le Yémen sont les seuls pays signataires de la Convention de 1951. Les questions d'asile continuent d'être régies par les lois nationales sur le séjour des étrangers. Les préoccupations des Etats en matière de sécurité nationale sont au premier plan des priorités et ont parfois une incidence sur les politiques adoptées en matière d'asile. En dépit de ces contraintes, la plupart des Etats de la région offrent protection et assistance à un grand nombre de réfugiés et d'autres personnes relevant de la compétence du HCR, cette attitude étant fondée sur un sentiment de solidarité religieuse, une longue tradition d'hospitalité et des liens ethniques.

La situation humanitaire des déplacés iraquiens représente un lourd fardeau pour les pays qui les accueillent et un défi pour la communauté internationale. La Jordanie, le Liban et la République arabe syrienne, qui sont pourtant aux prises avec des difficultés économiques et sociales, continuent d'offrir l'hospitalité à des centaines de milliers de réfugiés iraquiens, ainsi qu'à un grand nombre de réfugiés palestiniens présent sur leur sol depuis fort longtemps, ce qui fait peser une lourde charge sur leur économie.

La communauté internationale a un rôle important à jouer en atténuant les effets de cette charge, ce qui aurait en retour un effet stabilisateur sur la région. Bien que le nombre de réfugiés iraquiens accueillis en Syrie ait diminué en raison des retours en Iraq et des déplacements en direction d'autres pays, le HCR devra continuer à mettre en œuvre son programme d'assistance financière pour venir en aide à une population réfugiée de plus en plus vulnérable. D'autre part, le nombre d'Iraquiens arrivant en Jordanie est en hausse.

Si la violence a très sensiblement diminué au cours des trois dernières années en Iraq, les explosions de violence sporadiques, la pénurie de services essentiels et la rareté des emplois ont non seulement restreint le nombre de rapatriements librement consentis mais entraîné des exodes incessants en direction d'Etats voisins.

En partenariat avec les autorités, le HCR continuera de soutenir les rapatriés iraquiens dans le cadre de son projet d'aide au rapatriement et de prêter assistance aux personnes déplacées en Iraq. Cependant, l'Organisation réorientera son aide dans le secteur des abris, précédemment axée sur la construction de logements permanents ; elle entend à présent appuyer plus vigoureusement les efforts déployés par les pouvoirs publics pour apporter des solutions aux centaines de milliers de personnes de retour qui se sont installées dans des campements illégaux à travers le pays, où elles vivent dans des conditions déplorables. La plupart des réfugiés iraquiens qui regagnent leur pays le font sans recourir à l'aide du HCR, préférant conserver un lien avec leur pays d'asile tout en évaluant les conditions en Iraq.

Le HCR a renforcé ses plans d'intervention en cas d'urgence et ses plans d'opérations afin d'être en mesure de répondre à d'éventuels déplacements supplémentaires.

Au Yémen, l'Organisation a enregistré quelque 200 000 réfugiés, originaires en grande majorité de Somalie. Confronté à des défis sécuritaires et économiques, le Yémen n'en continue pas moins d'accueillir avec générosité les Somaliens, les Erythréens et les Ethiopiens qui entreprennent la périlleuse traversée du golfe d'Aden dans l'espoir d'obtenir protection et assistance. Faute d'un solide appui international aux programmes en cours et à ceux qui sont prévus, le pays aura des difficultés à préserver son remarquable bilan, concernant le respect de ses engagements en matière de protection internationale. Le Yémen est aux prises avec des conflits qui se déroulent au nord, au centre et au sud de son territoire, où des centaines de milliers de déplacés internes ont besoin de protection et d'assistance.

Un grand nombre de personnes, essentiellement originaires de pays d'Afrique subsaharienne, continuent de franchir la frontière égypto-israélienne après avoir traversé le désert du Sinaï avec l'aide de passeurs.

Stratégie en 2012

Le HCR a réajusté sa stratégie dans la région pour répondre au déplacement prolongé des Iraquiens, ainsi qu'aux nouveaux défis engendrés par les événements récemment survenus au Moyen-Orient. Il cherchera à combler les lacunes dans la protection et l'assistance, mises en évidence lors des évaluations des besoins globaux, en renforçant ses partenariats avec les gouvernements des pays d'accueil, ainsi qu'avec les organisations régionales et nationales compétentes. La non-satisfaction des besoins est dans la plupart des cas due à un manque de fonds et à l'absence de cadres juridiques de protection. Par ailleurs, l'Organisation entend déployer progressivement un système biométrique de vérification de l'identité au stade de l'enregistrement dans toute la région, afin de renforcer la responsabilité relative à ses programmes de protection et d'assistance.

Tout en cherchant, dans la mesure du possible, à apporter des solutions durables, le HCR plaide auprès des governements d'accueil pour que les réfugiés et les autres personnes relevant de sa compétence dans l'ensemble de la sous-région aient accès à des moyens d'existence. Le Haut Commissariat consolide également ses partenariat avec le Conseil de coopération du Golfe (CCG), l'Organisation de la Conférence islamique (OCI) et la Ligue des Etats arabes (LEA) afin de s'attaquer aux problèmes existants. En coopération avec des organisations nationales et régionales, il entreprendra des campagnes de sensibilisation au problème de l'apatridie, ainsi que des activités de renforcement des capacités et de recherche. Enfin, dans le cadre des activités liées au 60e anniversaire, le HCR redoublera d'efforts pour pour convaincre davantage d'Etats de signer la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés et d'élaborer des régimes d'asile nationaux.

Contraintes

Les politiques et les pratiques relatives à l'asile sont dominées par les préoccupations des Etats en matière de sécurité. L'absence de cadres juridiques régionaux et nationaux pour traiter les déplacements de population est un obstacle majeur à l'institutionnalisation de la protection dans la région. Plusieurs pays sont en proie à des troubles qui entravent gravement l'acheminement de l'aide humanitaire. Les départs aux fins de la réinstallation ont, de même, souffert des contrôles de sécurité plus stricts exercés par les Etats et des restrictions limitant l'accès aux sites qui accueillent des réfugiés. En conséquence, le nombre de dossiers en souffrance a augmenté et le nombre de réfugiés demeurant dans leur pays d'asile a été plus élevé que prévu.

Opérations

Les opérations du HCR en Iraq, en Jordanie, en République arabe syrienne et au Yémen sont décrites en détail dans des chapitres séparés.

Outre les déplacés iraquiens, le HCR aide plusieurs milliers de réfugiés d'autres nationalités dans la région. La majorité de ces refugiés sont originaires d'Erythrée, de République islamique d'Iran, de Somalie, du Soudan et de Turquie. Les plus vulnérables d'entre eux reçoivent une aide humanitaire essentielle du Haut Commissariat, qui assure également l'enregistrement et la détermination du statut de réfugié, tout en recherchant des solutions durables, notamment sous forme de réinstallation.

Le Haut Commissariat est présent depuis longtemps dans la région du Golfe, où il dispose d'un bureau régional en Arabie saoudite, d'un bureau de liaison au Koweït et d'un centre de relations extérieures aux Emirats arabes unis. La mise en place de partenariats solides, la sensibilisation de l'opinion publique, la collecte de fonds, la détermination du statut de réfugié et la recherche de solutions durables -- essentiellement sous forme de réinstallation -- sont les principales composantes du programme mené dans la région du Golfe ; dans ce cadre, la gestion des opérations de réinstallation est facilitée par le centre régional de réinstallation situé au Liban. Les activités liées à la collecte de fonds et aux médias ont été renforcées grâce à la création récente du Centre de relations extérieures dans les Emirats arabes unis.

Le HCR entend dans le même temps consolider les partenariats stratégiques forgés avec des organisations nationales et régionales et intensifier les efforts de réduction des cas d'apatridie au moyen de campagnes de sensibilisation, d'activités de renforcement des capacités et de projets de recherche.

Israël continue à accueillir et à accepter des demandeurs d'asile, originaires en majorité de l'Afrique sub-saharienne. Chaque mois, environ un millier de personnes en situation irrégulière franchissent la frontière israélo-égyptienne en passant par le Sinaï. Ces arrivées ont montré la nécessité, pour le Gouvernement israélien, de renforcer sa capacité de gestion des flux migratoires mixtes, et de mettre en place un cadre législatif et procédural adéquat.

Informations financières

Le budget pour 2012 s'élève à 430,8 millions de dollars E.-U. (339,9 millions pour la situation iraquienne et 70,8 millions pour les autres opérations au Moyen-Orient). Ceci représente une diminution nette de 15 pour cent par rapport à 2011, essentiellement due à la réduction des activités en Iraq et dans les pays avoisinants, et partiellement composée par une augmentation des activités au Yémen (situation des déplacés internes), en Egypte et dans le Golfe. Plus de la moitié du budget (54 pour cent) est consacrée aux opérations en faveur des réfugiés, suivies par les situations de déplacement interne (38 pour cent), la réintégration (7 pour cent) et l'apatridie (1 pour cent).

Budget du HCR au Moyen-Orient (dollars E.-U.)
Opérations 2011
Budget
révisé
2012 2013
Programme pour les réfugiés

PILIER 1
Programme pour les apatrides

PILIER 2
Projets
pour la
réintégration

PILIER 3
Projets pour les déplacés internes
PILIER 4
Total
Total 499 984 242 242 880 717 3 120 566 29 914 264 154 880 150 430 795 697 370 856 833
Arabie saoudite - Bureau régional 4 063 149 4 087 894 182 801 0 0 4 270 695 3 500 000
Emirats arabes unis 3 055 460 3 634 944 126 418 0 0 3 761 362 3 606 284
Iraq 210 598 239 29 959 528 1 102 037 29 914 264 129 524 172 190 500 000 143 500 000
Israël 2 782 934 3 127 545 0 0 0 3 127 545 2 796 607
Jordanie 43 620 558 42 522 390 0 0 0 42 522 390 38 000 000
Liban 14 399 303 12 076 970 314 011 0 0 12 390 982 12 356 500
République arabe syrienne 118 179 121 94 029 983 495 299 0 0 94 525 282 87 400 000
Yémen 60 067 394 34 341 463 0 0 25 355 979 59 697 441 59 697 441
Activités régionales 43 218 085 19 100 000 900 000 0 0 20 000 000 20 000 001

Source : HCR Appel Global 2012-2013

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Contributions des gouvernements au HCR
Ventilation des contributions pour 2010
Contributions totales (dollars E.-U.) : 4 265 207 (rang : 22)
Contributions totales en devises : 4 265 207 dollars E.-U.
Contributions non affectées (dollars E.-U.) : 346 000 (rang : 24)
Rang du donateur par PIB : 21
Rang du donateur par habitant : 17
Contributions depuis 2000
Annéedollars E.-U.
2011
More info 500 000
Au 10 novembre 2011
2010
More info 4 265 207
Contributions totales (dollars E.-U.) : 4 265 207 (rang : 22)
Contributions totales en devises : 4 265 207 dollars E.-U.
Contributions non affectées (dollars E.-U.) : 346 000 (rang : 24)
Rang du donateur par PIB : 21
Rang du donateur par habitant : 17
2009
More info30 054 000
Contributions totales (dollars E.-U.) : 30 054 000 (rang : 13)
Contributions non affectées (dollars E.-U.) : 54 000 (rang : 34)
Rang du donateur par PIB : 5
Rang du donateur par habitant : 6
2008 54 000
2007
More info10 053 263
Contributions totales (dollars E.-U.) : 10 053 263 (rang : 20)
Contributions totales en devises : 10 000 000 dollars E.-U. ; 63 916 (CHF)
Contributions non affectées (dollars E.-U.) : 53 263 (rang : 35)
Rang du donateur par PIB : 11
Rang du donateur par habitant : 11
2006 54 000
2005 54 000
2004
More info 108 000
108 000 dollars E.-U., dont 100% non affectés.
2003 0
2002 54 000
2001 54 000
2000
More info 108 000
108 000 dollars E.-U., dont 100% non affectés.