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Profil d'opérations 2013 - Mauritanie
Environnement opérationnel
Contexte
Le conflit qui a éclaté au nord du Mali en janvier 2012 a entraîné le déplacement de centaines de milliers de Maliens à l'intérieur du pays et au-delà des frontières. A la fin août 2012, plus de 100 000 Maliens, pour la plupart des Touaregs, avaient cherché refuge en Mauritanie, tandis que l'afflux se poursuivait au rythme de plusieurs centaines d'arrivées par jour. En coordination avec le Gouvernement mauritanien, le HCR a installé un camp de réfugiés à Mbera, à 60 kilomètres de la frontière, et a établi une présence dans le village de Bassikounou.
La Mauritanie, qui est partie à la Convention de 1951 relative aux réfugiés et à son Protocole de 1967, a entrepris d'élaborer un régime national d'asile avec l'aide du HCR. Dans le cadre de ce processus, un projet de loi sur l'asile a été finalisé en 2011 et présenté au Parlement en vue de son adoption en 2012. A la fin août 2012, le HCR avait enregistré 432 réfugiés et 428 demandeurs d'asile installés en milieu urbain, pour la plupart originaires d'Afrique subsaharienne. De plus, 26 000 Sahraouis se trouvent dans une situation apparentée à celle des réfugiés. Ils ne prennent toutefois pas contact avec le HCR, car ils sont bien intégrés en Mauritanie.
Lorsque le rapatriement librement consenti des Mauritaniens réfugiés au Sénégal s'est achevé en mars 2012, plus de 24 000 personnes avaient regagné leur pays depuis le début de l'opération en janvier 2008. Dans les régions de retour, les rapatriés bénéficieront des activités de réintégration du HCR jusqu'en décembre 2012. On dénombre par ailleurs plus de 12 000 réfugiés mauritaniens enregistrés au Mali, parmi lesquels environ 8 000 personnes ont exprimé le souhait de rentrer dans leur pays.
Besoins
Le HCR et ses partenaires s'efforcent tant bien que mal de maintenir des conditions conformes aux normes minimales dans le camp de réfugiés de Mbera. Les besoins demeurent pressants dans le domaine des abris, de l'eau, de l'assainissement, de la santé, de la nutrition et de l'éducation. En effet, plus de la moitié de la population du camp ne dispose pas d'un abri convenable. Les réfugiés reçoivent moins de 10 litres d'eau par personne et par jour (la norme minimale étant de 20 litres), tandis que le manque de latrines engendre des risques de maladies. De plus, les forts taux de malnutrition sévère et modérée qui règnent dans le camp mettent en péril la santé des réfugiés les plus vulnérables, tels que les femmes enceintes et les jeunes enfants. Enfin, plus de 80 pour cent des enfants d'âge scolaire n'ont pas accès à l'éducation primaire, en raison du manque de salles de classe.
En l'absence d'un régime national d'asile, le HCR continue à plaider pour la délivrance de documents d'identité aux réfugiés urbains et de certificats de naissance aux enfants réfugiés, qui demeure problématique. En raison des faibles possibilités d'emploi offertes, les réfugiés urbains les plus vulnérables éprouvent des difficultés à devenir autosuffisants. Par conséquent, le HCR doit continuer à soutenir les activités génératrices de revenus et à offrir une assistance en matière de logement, de soins médicaux et d'éducation.
| 2013 Chiffres HCR prévisionnels pour la Mauritanie | |||||
|---|---|---|---|---|---|
| TYPE DE POPULATION | ORIGINE | JAN 2013 | DEC 2013 | ||
| TOTAL DANS LE PAYS | NB PERS. ASSISTEES PAR LE HCR |
TOTAL DANS LE PAYS | NB PERS. ASSISTEES PAR LE HCR |
||
| Total | 121 340 | 97 070 | 115 050 | 115 050 | |
| Réfugiés | RDC | 80 | 80 | 90 | 90 |
| Côte d'Ivoire | 310 | 310 | 330 | 330 | |
| Mali | 70 000 | 70 000 | 80 000 | 80 000 | |
| Pays divers | 120 | 120 | 130 | 130 | |
| Assimilés réfugiés | Western Sahara | 26 000 | 26 000 | 26 000 | 26 000 |
| Demandeurs d'asile | RDC | 100 | 100 | 150 | 150 |
| Côte d'Ivoire | 400 | 400 | 300 | 300 | |
| Sénégal | 10 | 10 | 10 | 10 | |
| Pays divers | 50 | 50 | 40 | 40 | |
| Réfugiés rapatriés | Mauritanie | 24 270 | - | 8 000 | 8 000 |
Objectifs et cibles prioritaires en 2013
Environnement de protection favorable
Une législation et une politique sont élaborées ou maintenues.
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Une loi nationale sur l'asile conforme aux normes internationales est adoptée.
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Sept réunions, ateliers et séminaires sont organisés.
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Environ 90 pour cent des ménages vivant en milieu urbain disposent de logements satisfaisants.
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Toutes les familles de rapatriés mauritaniens ayant une femme à leur tête vivent dans des logements convenant.
L'état de santé de la population est amélioré.
Processus de protection et documents adéquats
La qualité de l'enregistrement et du profilage est améliorée ou maintenue.
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Quelque 80 000 réfugiés maliens font l'objet d'un enregistrement individuel avec un minimum de données requises.
L'enregistrement et l'accès aux documents d'état civil sont améliorés.
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Environ 20 pour cent des enfants réfugiés urbains de moins d'un an reçoivent un certificat de naissance délivré par les autorités.
Sécurité face à la violence et à l'exploitation
Le risque de violence sexuelle et sexiste est réduit et la qualité de la réponse est améliorée.
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Des procédures opérationnelles standard et un plan d'action sont mis en place au camp de Mbera pour lutter contre la violence sexuelle et sexiste.
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Toutes les victimes connues de violences sexuelles bénéficient d'un soutien.
Besoins de base et services essentiels
Des abris et des infrastructures sont construits, améliorés et entretenus.
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Tous les ménages du camp vivent dans des logements convenables.
Le taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans est réduit à 1 pour 1 000 par mois dans le camp.
L'approvisionnement en eau potable est accru ou maintenu.
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La quantité d'eau potable disponible dans le camp passe à 20 litres par personne et par jour.
Les réfugiés ont accès à l'éducation.
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Tous les enfants réfugiés maliens âgés de 6 à 13 ans sont scolarisés dans le primaire.
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Tous les enfants réfugiés de 6 à 13 ans vivant en milieu urbain sont scolarisés dans le primaire.
Solutions durables
Tout le potentiel en matière d'intégration est réalisé.
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Toutes les personnes relevant de la compétence du HCR en milieu urbain et optant pour l'intégration sur place bénéficient d'une assistance à cet effet.
Tout le potentiel en matière de réinstallation est réalisé.
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11 personnes, parmi lesquelles des femmes et des jeunes filles en situation de risque, sont identifiées et réinstallées.
Tout le potentiel en matière de rapatriement librement consenti est réalisé.
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Toutes les personnes relevant de la compétence du HCR milieu urbain bénéficient d'une aide pour regagner leur pays d'origine si elles le souhaitent.
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Quelque 8 000 réfugiés mauritaniens rentrent du Mali de leur plein gré dans la sécurité et la dignité.
Stratégie et activités en 2013
En 2013, le HCR continuera à gérer le camp de Mbera et à offrir aux réfugiés maliens une protection (notamment l'enregistrement et l'identification des personnes ayant des besoins spécifiques), ainsi qu'une assistance de base dans le domaine des abris, de l'eau, de l'assainissement, de la santé, de la nutrition et de l'éducation. Les communautés d'accueil continueront à bénéficier également de cette assistance, en particulier dans le domaine de l'eau.
Une opération d'enregistrement individuel, menée entre septembre et octobre 2012, aidera le HCR à vérifier le nombre de réfugiés enregistrés et à recueillir des informations plus détaillées sur les différents membres des ménages.
Dans le cadre des efforts déployés pour aider le Gouvernement à instaurer un régime national d'asile, le HCR s'emploiera à renforcer les capacités institutionnelles et procédurales des autorités en leur dispensant formations, conseils et compétences techniques nécessaires. En attendant l'adoption de la loi sur l'asile, l'Organisation se chargera de l'enregistrement et de la détermination du statut de réfugié et offrira une protection et des services d'accompagnement aux demandeurs d'asile et aux réfugiés urbains. Le HCR appuiera également des programmes d'assistance permettant aux personnes qui relèvent de sa compétence d'avoir accès aux services sociaux essentiels et de parvenir à l'autosuffisance.
Le rapatriement librement consenti des Mauritaniens réfugiés au Mali sera envisagé lorsque les conditions le permettront. Si un accord tripartite est signé en 2013 entre le HCR et les Gouvernements mauritanien et malien, l'Organisation aidera ces réfugiés à regagner leur pays.
Contraintes
L'organisation de l'aide humanitaire demeure extrêmement difficile dans la région désertique du Hodh el Charghi, où est situé le camp de Mbera. Il s'agit en effet d'une région reculée où les infrastructures et les services essentiels sont limités. En outre, le banditisme et les menaces d'enlèvement restreignent encore les possibilités d'accès du personnel humanitaire. Enfin, les réfugiés et les communautés d'accueil souffrent de la pénurie de ressources naturelles couplée à l'insécurité alimentaire.
Organisation et mise en œuvre
Coordination
Le HCR entretient d'étroites relations de travail avec le ministère de l'Intérieur et de la Décentralisation (MIDEC). Il participe également à l'Equipe des Nations Unies dans le pays et coopère avec un éventail de partenaires d'exécution et de partenaires opérationnels. A la demande du Gouvernement mauritanien, le HCR coordonne l'intervention en faveur des réfugiés maliens, en étroite collaboration avec un homologue national et un comité de suivi nommé par les autorités. Des réunions de coordination avec les autorités, les institutions des Nations Unies, les ONG et les partenaires issus de la société civile se tiennent régulièrement à Nouakchott et à Bassikounou.
Informations financières
Au cours de l'année 2012, les besoins financiers du HCR en Mauritanie, initialement estimés à 7,8 millions de dollars E.-U., ont augmenté suite à l'établissement d'un budget supplémentaire pour la situation au Mali. Pour 2013, les besoins liés aux réfugiés maliens sont inclus dans le budget global, qui s'élève à 28 millions de dollars E.-U.

