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Aperçu opérationnel sous-régional 2013 - Afrique du Nord

Environnement opérationnel

Les événements dramatiques qui se sont succédé en 2011 et qui ont provoqué de profonds bouleversements politiques, économiques et sociaux en Afrique du Nord ont placé le HCR face à de nouveaux et nombreux défis. Si tous les pays de la région, hormis la Libye, sont signataires de la Convention de 1951 et de son Protocole de 1967, aucun ne s'est doté d'un régime d'asile national. La Mauritanie est le seul pays où un projet de loi sur l'asile ait été finalisé, mais le texte n'a pas encore été adopté officiellement. Par conséquent, le HCR est la seule entité qui assure l'enregistrement, la délivrance de papiers et la détermination du statut des demandeurs d'asile à travers l'Afrique du Nord.

Bien que le Haut Commissariat ait conclu des accords lui permettant de travailler dans plusieurs pays, les pouvoirs publics ne reconnaissent pas systématiquement le statut accordé aux réfugiés et les documents distribués aux personnes qui relèvent de sa compétence, ce qui les rend passibles d'arrestation et de détention. Seul un nombre limité de réfugiés enregistrés auprès du HCR sont parvenus à obtenir des permis de séjour.

En août 2011, les autorités tunisiennes ont officiellement sollicité l'aide du HCR pour élaborer une loi nationale sur l'asile. De même, les Gouvernements de l'Algérie et du Maroc ont renouvelé leurs requêtes, priant le HCR d'appuyer l'élaboration et la mise en place de régimes d'asile nationaux. A la demande de l'Algérie, le HCR a désigné un expert, chargé d'aider les autorités à réviser le projet de loi sur l'asile afin de le rendre conforme aux normes internationales.

Les pays de la région sont toujours des lieux de transit ou de destination pour les personnes qui participent à des mouvements migratoires mixtes de grande ampleur, provenant pour la plupart d'Afrique subsaharienne. L'an dernier, le nombre de demandeurs d'asile prenant contact avec les bureaux HCR a augmenté en Algérie, en Egypte, en Libye et au Maroc. Les troubles persistants dont a souffert la région ont eu des effets néfastes sur le climat de protection, exposant les réfugiés et les demandeurs d'asile, en particulier ceux qui sont originaires d'Afrique subsaharienne, à des arrestations et des détentions. Les déplacements irréguliers en direction d'Israël se poursuivent, bon nombre de personnes tombant aux mains des réseaux de trafiquants et de passeurs qui opèrent dans le Sinaï.

En Mauritanie, la situation a radicalement changé. L'opération de rapatriement à partir du Sénégal, qui a ramené quelque 24 000 réfugiés mauritaniens dans leur pays d'origine, s'est achevée avec succès en mars 2012. Cependant, la flambée de violence qui sévit au Mali depuis janvier 2012 a contraint plus de 100 000 Maliens à chercher refuge en Mauritanie et actuellement, l'afflux se poursuit, au rythme de plusieurs centaines d'arrivées par jour.

Stratégie en 2013

Le principal défi auquel le HCR est confronté en Afrique du Nord est l'afflux de demandeurs d'asile originaires de pays limitrophes, qui ne donne aucun signe de ralentissement en dépit de l'instabilité qui persiste dans la région. L'Organisation se concentre donc sur deux domaines : la mise en place de régimes d'asile nationaux réceptifs et la promotion d'un mode de gestion des mouvements migratoires mixtes qui tienne compte des besoins de protection. Dans cette optique, le HCR poursuivra ses efforts pour développer ses partenariats avec les Etats, les entités gouvernementales, les organisations non gouvernementales (ONG) et la société civile.

En 2013, les priorités stratégiques du HCR consisteront à offrir une assistance nécessaire à la survie, à assurer la protection de toutes les personnes de sa compétence, à se préparer à de nouvelles situations d'urgence et à utiliser la réinstallation comme un instrument de protection. La solution de l'intégration sur place ne peut généralement pas être envisagée dans la région et les perspectives de rapatriement librement consenti demeurent limitées pour la plupart des réfugiés. Des projets de microfinance et des programmes de formation professionnelle ont été mis en place, quoique à une échelle limitée, en Egypte, au Maroc et en Mauritanie. La réinstallation reste la principale solution durable et continuera d'être utilisée de manière sélective comme moyen pour protéger les plus vulnérables.

Si l'on excepte les populations accueillies dans des camps en Algérie (Tindouf ), en Egypte (Saloum), en Mauritanie (Mbera) et en Tunisie (Choucha), la plupart des réfugiés et des demandeurs d'asile en Afrique du Nord résident dans des zones urbaines, où leurs conditions de vie sont difficiles en raison du manque de statut juridique et de permis de séjour. Le HCR les aidera à accéder au logement et aux services sociaux essentiels et s'emploiera à renforcer leur autosuffisance.

Contraintes

Les principales contraintes dans la région sont toujours dues à l'absence de stratégies nationales et régionales pour gérer les mouvements migratoires mixtes, au manque de régimes d'asile nationaux conformes aux normes internationales et aux espoirs bien ténus de trouver une solution politique au problème du Sahara occidental.

L'insécurité entrave l'accès des organisations humanitaires d'un bout à l'autre de la région. De nouvelles mesures de sécurité ont été mises en place à Tindouf, tandis qu'en Libye, des attaques répétées contre la communauté internationale ont contraint le HCR et d'autres organisations à réduire leur présence dans l'est du pays.

Opérations

Les opérations du HCR en Algérie, en Egypte, en Libye et en Mauritanie sont présentées dans des chapitres séparés.

En Tunisie, le Gouvernement demeure déterminé à élaborer une loi sur l'asile. En attendant, le HCR et ses partenaires s'emploient à renforcer la capacité du personnel frontalier à assurer une gestion des frontières sensible aux besoins de protection. Depuis le lancement de l'Initiative mondiale de réinstallation solidaire, survenu l'an dernier, plus de 3 600 réfugiés hébergés au camp de transit de Choucha ont fait l'objet d'une demande de réinstallation. Quelque 2 100 candidats ont vu leur demande acceptée et environ 1 500 sont partis dans leur nouveau pays.

Le camp de Choucha accueille encore plus de 2 400 personnes, à savoir des réfugiés reconnus comme tels et des demandeurs d'asile, dont quelque 300 demandeurs déboutés. C'est ce dernier groupe qui pose le problème le plus important au regard de la fermeture du camp, prévue l'an prochain. En coopération avec ses partenaires et le Gouvernement, le HCR s'efforce de trouver des solutions pour ce groupe, ainsi que pour les réfugiés reconnus qui ne peuvent être réinstallés.

En janvier 2012, le Maroc et le Front Polisario ont participé à une réunion consacrée aux mesures de rétablissement de la confiance, à laquelle l'Algérie et la Mauritanie ont assisté en qualité d'observateurs. A l'occasion de cette réunion, il a été convenu d'élargir le programme de visites familiales moyennant l'utilisation d'un avion de plus grande capacité. La première de ces visites familiales élargies, réunissant les réfugiés sahraouis accueillis dans les camps de Tindouf et les membres de leur famille demeurés au Sahara occidental, a eu lieu en avril, 15 visites étant prévues au total en 2012. Quelque 4 500 personnes devraient bénéficier de ces visites cette année et par la suite, jusqu'à 6 000 personnes devraient y participer chaque année. A la fin du mois de juin 2012, quelque 14 300 Sahraouis, sur les plus de 43 200 candidats inscrits, avaient bénéficié de ce programme depuis son lancement en 2004. En 2013, le HCR prévoit d'organiser 34 vols aller-retour au titre des visites familiales.

Comme il a également été convenu lors de la réunion tenue en janvier à Genève, un séminaire sur le rôle des femmes dans la culture sahraouie a été organisé aux Açores (Portugal) en juillet 2012 et a réuni au total 34 participants appartenant aux deux communautés sahraouies. A l'occasion d'une réunion sur les mesures de rétablissement de la confiance qui a eu lieu à Genève en septembre, les participants ont décidé d'organiser deux autres séminaires en 2013 et de réaliser une évaluation de ces mesures. Il a également été convenu que le HCR déploierait une équipe sur le terrain pour étudier la possibilité d'utiliser les nouvelles technologies informatiques en vue de faciliter les communications entre les réfugiés vivant dans les camps et leurs familles.

Au Maroc, le HCR a assisté à une augmentation du nombre de demandeurs d'asile, en particulier originaires de la Côte d'Ivoire et de la République arabe syrienne, demandant à être enregistrés par ses services. Le Haut Commissariat a prié les autorités d'accorder une protection temporaire à ces demandeurs d'asile. Par ailleurs, les discussions entamées avec le Gouvernement au sujet de l'élaboration et de la mise en place d'un régime d'asile national se poursuivent. Bien qu'aucun progrès tangible n'ait été observé à ce jour, le HCR continuera d'aider au renforcement des capacités des institutions publiques et de la société civile dans ce domaine.

Informations financières

Le montant total des besoins financiers pour l'Afrique du Nord a diminué, passant de 170,5 millions de dollars E.-U. en 2012 à 139,7 millions en 2013. Les réductions les plus importantes ont eu lieu en Libye et en Tunisie, où les budgets globaux ont été réduits de moitié par rapport à 2012. Cette baisse est due au champ d'activité limité du HCR en Libye, où le Haut Commissariat n'a pas encore conclu d'accord de siège avec le nouveau Gouvernement, et à la réduction progressive des opérations d'urgence en Tunisie, en vue d'un désengagement.

Budget 2013 du HCR pour l'Afrique du Nord (dollars E.-U.)
Opération 2012
Budget révisé
(au 30 juin 2012)
2013
Programme
pour les
réfugiés
PILIER 1
Programme
pour les
apatrides
PILIER 2
Projets pour
les déplacés
internes
PILIER 4
TOTAL
Total 170 459 163 134 095 098 2 774 988 2 790 418 139 660 504
Algérie 25 620 357 28 168 656 0 0 28 168 656
Egypte - Bureau régional 24 702 982 23 311 538 102 472 0 23 414 010
Libye 31 361 609 11 602 177 2 162 516 2 790 418 16 555 111
Mauritanie 38 145 437 27 985 862 0 0 27 985 862
Maroc 2 763 868 2 968 225 0 0 2 968 225
Tunisie 34 642 592 14 578 648 0 0 14 578 648
Sahara occidental - Mesures de rétablissement de la confiance 13 222 319 10 381 831 0 0 10 381 831
Activités régionales 0 15 098 160 510 000 0 15 608 160

Source: HCR Appel global 2013 - Actualisation

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2010 0
2009 0
2008 0
2007 0
2006 0
2005 4 129
2004 8 297
2003 5 000
2002 4 702
2001 8 253
2000 0

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Rentrer chez soi

Depuis deux semaines, le HCR travaille avec le Gouvernement tunisien, le Croissant-Rouge tunisien et l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) pour répondre aux conséquences de l'afflux massif de plus de 90 000 personnes qui ont fui les violences en Libye. La plupart sont des travailleurs migrants originaires de l'Égypte, de la Tunisie, du Bangladesh, de la Chine, de la Thaïlande et du Viet Nam. Des dizaines de milliers de ces personnes sont rentrées chez elles par avion, à la suite d'un appel du HCR et de l'OIM aux gouvernements pour mettre en oeuvre un pont aérien et les rapatrier.

Rentrer chez soi

Une foule dense à la frontière tunisienne

À la frontière entre la Libye et la Tunisie, une foule dense de plusieurs milliers de personnes attendant avec angoisse de quitter l'insécurité de la Libye s'est rassemblée dans un no man's land, du côté libyen de la frontière, le 2 mars 2011. Il s'agissait pour la plupart de jeunes hommes et principalement de travailleurs migrants originaires de Tunisie et d'Égypte. Ils cherchaient désespérément à rentrer dans leur pays d'origine ou à trouver un refuge et la sécurité en Tunisie. Après plusieurs nuits passées à la belle étoile, beaucoup étaient épuisés et affamés. Alors que la foule se pressait en direction du poste frontière, plusieurs individus ont été blessés. Le Croissant-Rouge tunisien a dispensé des soins médicaux à ceux qui en avaient besoin. Des employés du HCR se trouvaient également du côté tunisien de la frontière, en appui aux autorités tunisiennes et aux organisations humanitaires.

Une foule dense à la frontière tunisienne

Crise en Libye

Le HCR travaille avec les autorités tunisiennes et égyptiennes et les organisations humanitaires pour faire face à l'afflux massif de dizaines de milliers de personnes qui fuient la Libye. Début mars, deux semaines après le déclenchement des violences en Libye, plus de 140 000 personnes avaient fui vers les pays voisins, alors que des milliers d'autres attendaient de traverser la frontière. Il s'agit pour la plupart de citoyens égyptiens et tunisiens, même si un petit nombre de Libyens et de ressortissants d'autres pays sont parvenus à s'échapper. Le HCR s'inquiète particulièrement du sort de milliers de réfugiés et d'autres étrangers pris au piège à l'intérieur de la Libye, en particulier des personnes originaires de l'Afrique sub-saharienne. Ce reportage photographique donne un aperçu de la situation aux frontières.

Crise en Libye

Réinstallation pour les réfugiés du camp tunisien de Choucha

De février à octobre 2011, plus d'un million de personnes ayant fui le conflit libyen sont arrivées en Tunisie. Il s'agissait en général de travailleurs migrants ayant regagné leur pays d'origine par leurs propres moyens ou ayant été rapatriés. Parmi les arrivants se trouvaient néanmoins des réfugiés ou des demandeurs d'asile ne pouvant ni retourner chez eux ni vivre librement en Tunisie.

Le HCR fait son possible pour trouver des solutions pour les demandeurs d'asile et les réfugiés qui, pour la plupart, ont abouti au camp de transit de Choucha, près de la frontière libyenne. La réinstallation est la formule la plus appropriée pour ceux qui ont été enregistrés à Choucha en tant que réfugiés avant la date butoir du 1er décembre 2011.

À la fin avril, 14 pays avaient accepté d'accueillir 2349 réfugiés pour une réinstallation, dont 1331 ont d'ores et déjà quitté la Tunisie, les autres devant le faire dans le courant de l'année. Pour une majorité d'entre eux, les pays d'accueil seront l'Australie, la Norvège ou les États-Unis d'Amérique. Cependant il reste au camp de Choucha plus de 2600 réfugiés et près de 140 demandeurs d'asile. Le HCR continue de solliciter les pays pour une réinstallation des réfugiés.

Réinstallation pour les réfugiés du camp tunisien de Choucha

Tunisie : Tensions à la frontièrePlay video

Tunisie : Tensions à la frontière

Les toutes dernières images de la frontière entre la Libye et la Tunisie où des dizaines de milliers de migrants cherchent à quitter la Libye suite à l'insurrection contre Kaddafi.
Tunisie : Un formidable élan de solidaritéPlay video

Tunisie : Un formidable élan de solidarité

Alors que des dizaines de milliers de personnes ont fui depuis la Tunisie vers la Libye, la population locale a ouvert ses portes aux nouveaux arrivants. L'accueil des Tunisiens est un exemple de solidarité.
Tunisie : un vol du HCR apporte des secoursPlay video

Tunisie : un vol du HCR apporte des secours

Des dizaines de milliers de personnes ont traversé la frontière depuis la Libye vers la Tunisie. Et beaucoup d'autres devraient encore arriver. L'avion-cargo affrété par le HCR et transportant du matériel de secours arrive.
Tunisie : arrivées à la frontièrePlay video

Tunisie : arrivées à la frontière

La Tunisie a ouvert ses frontières à des ressortissants de tous les pays qui fuient la Libye. Les arrivants sont enregistrés dans un camp militaire.
Tunisie : Des tentes pour des milliers de personnes à la frontièrePlay video

Tunisie : Des tentes pour des milliers de personnes à la frontière

Le HCR procède au montage de centaines de tentes pour des personnes bloquées à la frontière tunisienne après avoir fui la Libye.
Tunisie : Angelina Jolie à la frontière libyennePlay video

Tunisie : Angelina Jolie à la frontière libyenne

L'Ambassadrice de bonne volonté Angelina Jolie se rend dans un camp en Tunisie, auprès des réfugiés ayant fui le conflit en Libye.
Tunisie : Sans retour possible dans leur pays d'originePlay video

Tunisie : Sans retour possible dans leur pays d'origine

Parmi les dizaines de milliers de personnes qui fuient la violence en Libye, il y a un groupe de personnes particulièrement vulnérables, car elles sont originaires de pays déchirés par le conflit et n'ont nulle part où rentrer.
Tunisie : réfugiés libyensPlay video

Tunisie : réfugiés libyens

Le mois dernier, plus de 50 000 personnes, des Berbères pour la plupart, ont traversé la frontière à Dehiba depuis la Libye vers la Tunisie. Certaines d'entre elles expliquent pourquoi elles ont fui la Libye.