Accueil > Où nous travaillons > Afrique > Afrique centrale et Grands Lacs > Burundi
Profil d'opérations 2013 - Burundi
Environnement opérationnel
Contexte
Deux ans après les élections présidentielles, la situation sociopolitique demeure précaire au Burundi. Les organisations de défense des droits de l'homme et les médias ont signalé des arrestations arbitraires, des tortures et des exécutions extrajudiciaires. En outre, le pays continue à souffrir d'un taux d'inflation élevé qui entraîne une dégradation des conditions de vie. Telle est la situation qui attend les quelque 40 000 ressortissants burundais dont le retour est prévu d'ici à la fin de l'année 2012 ; ceux-ci devraient dans leur grande majorité (35 000) rentrer suite à la fermeture du camp de Mtabila en République-Unie de Tanzanie, les autres provenant pour la plupart de la République démocratique du Congo (RDC).
Selon un rapport de profilage conjointement établi par les autorités, les organismes des Nations Unies et des ONG, 78 900 personnes déplacées à l'intérieur du territoire burundais ont besoin de solutions durables. Depuis juin 2012, le pays connaît un afflux croissant de réfugiés et de demandeurs d'asile, provenant en particulier de la RDC. Bien que l'opération de rapatriement des réfugiés congolais ait repris, le nombre de retours est resté faible.
Le Burundi est signataire de la Convention de 1951 sur les réfugiés et de son Protocole de 1967 (avec des réserves dont le HCR continue de prôner la suppression), ainsi que de la Convention de 1969 de l'OUA régissant les aspects propres aux problèmes des réfugiés en Afrique. Le pays a également signé la Convention sur la protection et l'assistance aux personnes déplacées en Afrique, adoptée par l'Union africaine en 2009, également connue sous le nom de Convention de Kampala.
En mai 2012, quelque 1 500 personnes originaires d'Oman, qui risquaient de devenir apatrides, ont été enregistrées par les autorités, qui leur ont délivré des permis de séjour temporaires.
Besoins
Environ 38 000 réfugiés et demandeurs d'asile auront besoin d'une protection et d'une aide matérielle au Burundi en 2013.
Il faudra également offrir une aide aux quelque 40 000 Burundais réfugiés en République-Unie de Tanzanie et en RDC qui devraient regagner leur pays. Ces mouvements de retour massifs au Burundi auront une incidence sur l'ampleur des activités de réintégration prévues en 2013. Les besoins suscités par les litiges en rapport avec l'accès à la terre et la propriété seront pris en charge en collaboration avec la Commission nationale des terres et autres biens (CNTB).
| 2013 Chiffres HCR prévisionnels pour le Burundi | |||||
|---|---|---|---|---|---|
| TYPE DE POPULATION | ORIGINE | JAN 2013 | DEC 2013 | ||
| TOTAL DANS LE PAYS | NB PERS. ASSISTEES PAR LE HCR |
TOTAL DANS LE PAYS | NB PERS. ASSISTEES PAR LE HCR |
||
| Total | 144 930 | 144 930 | 74 450 | 74 450 | |
| Réfugiés | RDC | 37 750 | 37 750 | 35 400 | 35 400 |
| Rwanda | 360 | 360 | 220 | 220 | |
| Demandeurs d'asile | RDC | 5 230 | 5 230 | 1 630 | 1 630 |
| Rwanda | 590 | 590 | - | - | |
| Réfugiés rapatriés | Burundi | 40 000 | 40 000 | 7 000 | 7 000 |
| Déplacés internes | Burundi | 60 000 | 60 000 | 30 000 | 30 000 |
| Apatrides | Apatrides | 1 000 | 1 000 | 200 | 200 |
Objectifs et cibles prioritaires en 2013
Processus de protection et documents adéquats
La qualité de l'enregistrement et du profilage est améliorée ou maintenue.
-
Toutes les demandes de détermination du statut de réfugié sont traitées par la structure nationale chargée des réfugiés et des demandeurs d'asile.
-
L'accès aux documents est garanti pour les rapatriés âgés de plus de 16 ans et les réfugiés âgés de plus de 14 ans.
-
Le HCR et l'Etat élaborent ensemble un solide cadre juridique qui permettra de définir des solutions durables pour 1 500 Omanais risquant de devenir apatrides.
Sécurité face à la violence et à l'exploitation
Le risque de violence sexuelle et sexiste est réduit et la qualité de la réponse améliorée.
-
Quelque 38 000 réfugiés et 45 000 rapatriés sont protégés et ont accès à des programmes de prévention et de traitement de la violence sexuelle et sexiste.
Besoins de base et services essentiels
Des abris et des infrastructures sont construits, améliorés et entretenus.
-
Tous les ménages réfugiés vivent dans des logements convenables.
-
Environ 2 000 abris sont construits pour quelque 10 000 bénéficiaires.
L'état de santé de la population est amélioré.
-
Le taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans n'excède par six pour mille par mois.
-
Environ 38 000 réfugiés et 40 000 rapatriés reçoivent des soins de santé primaires (avec une assistance pour les personnes qui vivent avec le VIH et le sida).
La population a un accès optimal à l'éducation.
-
Quelque 22 000 enfants réfugiés et 11 600 enfants rapatriés fréquentent des écoles primaires et secondaires.
L'approvisionnement en eau potable est accru ou maintenu.
-
Dans les camps, environ 26 000 réfugiés voient leur accès à l'eau s'améliorer et la cible de 20 litres par personne et par jour est atteinte dans les camps de Bwagiriza, Musasa et Garsorwe.
Solutions durables
Tout le potentiel en matière de rapatriement librement consenti est réalisé.
-
Quelque 7 000 Burundais réfugiés en RDC, en Ouganda et en République-Unie de Tanzanie regagnent leur pays de leur plein gré.
-
Quelque 6 000 Congolais réfugiés au Burundi rentrent de leur plein gré en RDC.
Tout le potentiel en matière de réinstallation est réalisé.
-
Quelque 2 000 réfugiés sont réinstallés dans des pays tiers en 2013.
Stratégie et activités en 2013
Le HCR continuera d'offrir protection et assistance aux quelque 38 000 réfugiés et demandeurs d'asile vivant dans des camps et des zones urbaines, tout en aidant les autorités à améliorer les procédures de détermination du statut et d'enregistrement. Afin de loger le nombre croissant de réfugiés, l'Organisation agrandira le camp de Bwagiriza en coopération avec les pouvoirs publics. Si nécessaire, le HCR demandera au Gouvernement l'autorisation d'ouvrir un nouveau camp. Par ailleurs, il prendra des mesures pour prévenir la violence sexuelle et sexiste, en collaboration avec les autorités, le FNUAP et ses partenaires non gouvernementaux.
La réintégration d'environ 38 500 rapatriés, y compris des rapatriés de 2011 et 2012 qui n'ont pas encore reçu d'aide, bénéficiera d'un appui vigoureux. Une aide juridique sera accordée aux rapatriés confrontés à des litiges liés au recouvrement des biens. La question de l'accès à la terre demeure la question la plus sensible au regard de la réintégration des rapatriés et le HCR continuera de soutenir la résolution pacifique des conflits fonciers.
En 2013, l'Organisation prévoit de faciliter le rapatriement librement consenti de quelque 7 000 Burundais réfugiés dans des pays de la région par une aide au transport et une formule d'assistance standard. Elle aidera également quelque 6 000 réfugiés congolais à regagner leur pays de leur plein gré au cours de l'année. Le HCR cherchera en outre à faciliter d'autres solutions durables, notamment la réinstallation de 2 000 réfugiés congolais sur la base de critères précis, fixés d'un commun accord pour la région.
En s'appuyant sur la campagne de profilage de la population déplacée à l'intérieur du pays, entreprise en 2011, le HCR prêtera son concours au Gouvernement burundais lors de la mise en œuvre d'un plan destiné à trouver des solutions durables pour quelque 79 000 déplacés internes. Le HCR et le Gouvernement continuent de coopérer pour mettre en place un cadre juridique sur l'apatridie, afin de faciliter un exercice de profilage et de définir des solutions durables pour les apatrides.
Contraintes
Le Burundi est dans une situation de sortie de conflit, caractérisée par un taux élevé de pauvreté (plus de 80 pour cent de la population vit avec moins d'1,25 dollar E.-U. par jour). Du fait de sa capacité d'absorption très limitée, le pays ne peut offrir de possibilités d'intégration sur place ou de réintégration durables aux réfugiés. De surcroît, le Gouvernement réoriente ses priorités et se détourne de l'action humanitaire pour mettre l'accent sur le développement, de sorte qu'il est plus difficile de mobiliser des fonds pour les activités humanitaires.
Enfin, les homologues gouvernementaux du HCR ne sont pas en mesure de travailler sans un solide appui direct.
Organisation et mise en œuvre
Coordination
En 2013, le HCR continuera à exercer son mandat à l'égard des réfugiés, des déplacés internes et des rapatriés en étroite collaboration avec le Gouvernement, les autres institutions des Nations Unies et les organismes d'aide au développement local. L'objectif est d'appuyer la réintégration durable dans le cadre du plan de développement national.
Informations financières
Le budget global du HCR pour le Burundi en 2013 s'élève à 25 millions de dollars E.-U., ce qui représente une réduction d'environ 19 pour cent par rapport au budget 2012, qui s'élevait à 30,8 millions de dollars. Cette baisse s'explique en premier lieu par la diminution du nombre de rapatriés assistés. Le budget inclut néanmoins certains besoins financiers, qui pourraient résulter de la fermeture du camp de Mtabila en République-Unie de Tanzanie, où sont accueillis quelque 38 000 réfugiés burundais. Il inclut également de nouveaux rapatriements en direction et en provenance de la RDC et d'autres pays, ainsi que des activités destinées à faciliter la réintégration des rapatriés.

