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Profil d'opérations 2013 - République démocratique du Congo

Environnement opérationnel

Contexte

Les tensions ethniques et l'accès inéquitable aux terres ont entraîné un regain de violence dans l'est et le nord-est de la République démocratique du Congo depuis le début de l'année 2012, provoquant le déplacement de plus de 2,2 millions de personnes à l'intérieur du pays. Qui plus est, près de 70 000 personnes ont franchi la frontière pour se réfugier dans des pays voisins, à savoir l'Ouganda et le Rwanda.

Dans le même temps, au premier semestre 2012, quelque 15 000 réfugiés originaires de la RDC sont rentrés dans leur pays, principalement dans la province de l'Equateur. Le HCR appuiera leur réintégration par des projets axés sur la collectivité et une assistance ciblée sur certains individus afin de renforcer les moyens de subsistance. Plus de 400 000 réfugiés congolais vivent toujours en exil.

Fin 2011, le HCR aidait quelque 101 300 réfugiés accueillis en RDC, essentiellement originaires de l'Angola, du Burundi et du Rwanda.

Les clauses de cessation ayant été invoquées pour les réfugiés angolais le 30 juin 2012, quelque 16 000 Angolais vivant en RDC sont rentrés dans leur pays ; par ailleurs, 2 000 individus bénéficieront d'une procédure d'exemption. Sur les 71 000 anciens réfugiés angolais demeurés en RDC, quelque 23 000 ont exprimé le souhait de regagner leur pays et quelque 48 000 aimeraient s'intégrer sur place. Dans le cadre de sa stratégie globale de solutions, le HCR soutiendra les deux options en coopération avec les Gouvernements de l'Angola et de la

RDC. Avant la fin de l'année, 10 000 personnes devraient regagner leur pays d'origine, suivies par 13 000 autres d'ici à la fin de l'année 2013. Pour les personnes qui souhaitent rester en RDC, environ 1 500 permis de séjour seront émis d'ici à la fin de l'année 2012, de sorte qu'il en restera 46 500 à délivrer en 2013.

En prévision de l'application des clauses de cessation aux réfugiés rwandais en 2013, l'Organisation a aidé quelque 8 000 Rwandais à regagner leur pays depuis le début de l'année 2012. Cette opération de rapatriement se poursuivra en 2013. Malheureusement, l'insécurité qui régnait dans certains secteurs de l'est de la RDC a obligé le HCR à suspendre son aide auprès d'environ 47 500 Rwandais (estimation).

Du fait d'une dégradation générale des conditions de sécurité en République centrafricaine (RCA), quelque 5 000 Centrafricains se sont réfugiés dans la province de l'Equateur, où ils reçoivent actuellement une assistance essentielle.

Besoins

Le HCR continuera à protéger les réfugiés, aussi bien dans les zones rurales qu'en milieu urbain, tout en les aidant à renforcer leurs moyens de subsistance et leur autosuffisance. Pour ceux d'entre eux qui souhaitent rentrer, le HCR organisera des visites de reconnaissance dans les pays d'origine et coordonnera les rapatriements librement consentis. La réinstallation sera considérée comme une solution possible pour les réfugiés les plus vulnérables.

Pour les déplacés internes, le HCR continuera d'assumer la fonction de chef de file du module de la protection et de coordonner l'assistance centrée sur les activités nécessaires à la survie et la prestation de services essentiels, notamment dans les secteurs des abris, de la santé, de l'eau et de l'assainissement.

Pour faciliter la réintégration des populations de retour, l'Organisation appuiera des activités orientées sur la collectivité, dont des programmes de renforcement des moyens de subsistance.

Les violences sexuelles et sexistes continuent d'inquiéter très vivement le HCR. Ces violences empêchent les femmes et les jeunes filles, ainsi que les garçons et les hommes, de mener une vie saine. Les réfugiés et les déplacés internes risquent tout particulièrement d'être victimes de viols et d'abus, chez eux, dans les lieux publics et à l'école, alors que les agresseurs sont rarement poursuivis et punis.

2013 Chiffres HCR prévisionnels pour la République démocratique du Congo
TYPE DE POPULATION ORIGINE JAN 2013 DEC 2013
TOTAL DANS LE PAYS NB PERS. ASSISTEES
PAR LE HCR
TOTAL DANS LE PAYS NB PERS. ASSISTEES
PAR LE HCR
Total 2 918 670 600 680 1 808 570 288 570
Réfugiés Angola 2 000 2 000 2 000 2 000
Burundi 4 920 4 920 920 920
RCA 5 000 5 000 5 000 5 000
Rwanda 47 480 8 000 2 000 2 000
Pays divers 4 310 4 310 4 570 4 570
Demandeurs d'asile Burundi 200 200 50 50
Rwanda 20 20 10 10
Pays divers 60 60 40 40
Réfugiés rapatriés RDC 81 000 81 000 56 500 56 500
Déplacés internes RDC 2 000 000 150 000 1 500 000 100 000
Déplacés de retour RDC 714 180 285 670 200 000 80 000
Autres pers. rel. de la compétence du HCR Angola 59 500 59 500 - -
Rwanda - - 37 480 37 480

Objectifs et cibles prioritaires en 2013

Processus de protection et documents adéquats

La qualité de l'enregistrement et du profilage est améliorée ou maintenue.

  • Tous les déplacés internes sont enregistrés individuellement.

Besoins de base et services essentiels

Des abris et des infrastructures sont construits.

  • Tous les ménages de retour dans leur lieu d'origine vivent dans des logements convenables et reçoivent des matériaux pour abris ainsi que des outils pour l'entretien.

Solutions durables

Tout le potentiel en matière d'intégration est réalisé.

  • Environ 50 pour cent des anciens réfugiés angolais ayant opté pour l'intégration sur place reçoivent des cartes de résidents.

Tout le potentiel en matière de rapatriement librement consenti est réalisé.

  • Environ 80 pour cent des réfugiés rwandais (c.à.d. tous ceux qui veulent rentrer) regagnent le Rwanda de manière sûre et digne.

  • Tous les réfugiés regagnant la RDC arrivent de manière sûre et digne dans leur pays.

Sécurité face à la violence et à l'exploitation

Le risque de violence sexuelle et sexiste est réduit et la qualité de la réponse améliorée.

  • Toutes les victimes connues de violences sexuelles et sexistes bénéficient d'un soutien.

Stratégie et activités en 2013

Le HCR prêtera son concours technique aux autorités pour les aider à élaborer un cadre d'intégration sur place à l'intention des Angolais qui décident de rester en RDC. Il soutiendra également le rapatriement librement consenti des réfugiés rwandais et recherchera d'autres solutions pour ceux qui restent en RDC. L'accent sera mis sur les projets de renforcement de l'autosuffisance, ciblés principalement sur les ménages vulnérables.

La Commission nationale pour les réfugiés (CNR) bénéficiera de l'assistance du HCR pour appliquer le droit international et national des réfugiés et assurer la détermination du statut, créant ainsi un environnement de protection favorable pour les personnes relevant de la compétence du Haut Commissariat.

Dans la province de l'Equateur, la réintégration des populations de retour sera soutenue par l'exécution de projets communautaires dans les zones de retour et la distribution de colis d'aide individuels et familiaux, comprenant des allocations financières. L'Organisation offrira également un appui technique aux autorités centrales et provinciales pour faciliter l'intégration sur place des déplacés internes, ainsi que l'accès de ces derniers aux structures sociales nationales.

Le HCR luttera contre la violence sexuelle et sexiste au moyen de programmes de prévention et de réponse assurant des réponses coordonnées auprès de toutes les victimes. Ces réponses multisectorielles associeront des soins médicaux, un accompagnement judiciaire et psychosocial et des interventions de sécurité. Elles s'attaqueront également aux inégalités hommes-femmes et à d'autres causes profondes de la violence sexuelle et sexiste au travers d'approches à long terme visant à susciter des changements de comportement.

Contraintes

L'insécurité et l'insuffisance des infrastructures continuent d'entraver l'accès à un grand nombre de personnes vulnérables. Dans bon nombre de territoires de la RDC, les structures judiciaires et administratives sont défaillantes, ce qui empêche les acteurs humanitaires de s'acquitter avec efficacité de leurs responsabilités. Les tensions qui règnent dans certaines zones d'accueil pourraient nuire à la coexistence pacifique.

Organisation et mise en œuvre

Coordination

Le principal homologue gouvernemental du HCR est la CNR, dont le siège est situé à Kinshasa et qui dispose de bureaux dans des localités accueillant des réfugiés et des déplacés internes. La présence de la CNR sur le terrain sera renforcée en 2013.

En qualité de chef de file du module de la protection, le HCR a noué des liens étroits avec la Mission de l'Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO), dont le mandat a été prolongé jusqu'en juin 2013. Le HCR est également un membre actif du module des articles non alimentaires, dans lequel il assume le rôle de chef de file de la composante « abris ».

En ce qui concerne les activités de réintégration, le HCR cherche à impliquer les autorités locales et les acteurs du développement dès les premiers stades du rapatriement, afin de pérenniser le retour des personnes qui relèvent de sa compétence.

Depuis 2010, le HCR et le ministère des Affaires sociales coordonnent ensemble les activités menées au titre de la composante protection et prévention de la Stratégie globale de lutte contre la violence sexuelle en RDC. Le HCR participe activement aux travaux de l'équipe mixte d'ONUSIDA et figure parmi les partenaires de la Stratégie internationale d'appui à la sécurité et à la stabilisation, inspirée du Programme de stabilisation et de reconstruction du Gouvernement (STAREC). Il continue également à participer au PNUAD.

Informations financières

Le budget pour la RDC augmente régulièrement depuis 2008 car le HCR vient en aide à un nombre croissant de personnes déplacées à l'intérieur du pays ou de retour dans leur lieu d'origine. En conséquence, les besoins financiers de l'Organisation s'élèveront à 156 millions de dollars E.-U. en 2013.

Le budget pour la RDC en 2013 devrait faire l'objet d'une révision ultérieure : à cette occasion, un budget supplémentaire devrait être établi pour répondre aux besoins additionnels suscités par la crise en cours dans l'est du pays, qui n'avaient pu être évalués lorsque le présent budget a été approuvé.

Source: HCR Appel global 2013 - Actualisation

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2013 Partenaires du HCR - République démocratique du Congo
Partenaires d'exécution
Organismes gouvernementaux : Commission nationale pour les réfugiés
ONG : Action et intervention pour le développement et l'encadrement social ; African Conservation Fund ; African Initiative for Relief and Development ; Agence adventiste de secours et de développement ; Arche d'alliance ; Association pour le développement social et la sauvegarde de l'environnement ; Centre d'assistance médico-psychosociale ; Centre d'intervention psychosociale ; Centre de développement intégral ; Communauté des églises libres pentecôtistes ; Cooperazione e sviluppo (Cesvi) ; Deutscher Caritasverband ; Encadrement des réfugiés urbains de la ville de Kinshasa ; Fédération luthérienne mondiale ; Femmes en mission pour soutien et action aux vulnérables confondus ; German Agro-Action ; Groupe d'appui-conseils aux réalisations pour le développement endogène ; Hope in Action ; International Emergency and Development Aid ; Intersos ; Les Aiglons ; MEDAIR ; Multi-actions d'assistance aux marginalisés et sinistrés ; Oxfam, Québec ; Pain pour les déshérités ; Première Urgence - Aide Médicale Internationale ; Save the Children International/DRC ; Search for Common Ground ; Women for Women International
Autres : BSP/ONU ; OIM
Partenaires opérationnels
Autres : PAM ; UNICEF

Le HCR et ses partenaires apportent de l'aide au Nord-Kivu

Alors qu'une distribution alimentaire massive a lieu dans six camps gérés par le HCR pour des dizaines de milliers de déplacés internes congolais au Nord-Kivu, l'agence des Nations Unies pour les réfugiés continue à fournir des abris et des articles domestiques dont le besoin se fait ressentir d'urgence.

Un convoi de quatre camions, transportant 33 tonnes de divers biens de secours, notamment des bâches en plastique, des couvertures, des ustensiles de cuisine et des jerrycans, a voyagé mercredi depuis le Rwanda vers Goma, la capitale de la province affectée par le conflit et située à l'est de la République démocratique du Congo (RDC). L'aide, en provenance d'un entrepôt régional d'urgence situé en Tanzanie, devait être distribuée immédiatement. L'aide d'urgence est arrivée à Goma alors que le Programme alimentaire mondial (PAM) débutait, conjointement avec le HCR, une distribution de vivres pour quelque 135 000 déplacés internes hébergés dans les six camps situés aux alentours de Goma et gérés par le HCR.

Plus de 250 000 personnes sont déplacées dans le Nord-Kivu depuis la reprise des combats en août. On estime que la population déplacée s'élève à plus de 1,3 million de personnes dans cette province à elle seule.

Le HCR et ses partenaires apportent de l'aide au Nord-Kivu

Déplacements incessants de population au Nord-Kivu

Les combats font rage dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), sans aucune perspective d'accalmie en vue pour des centaines de milliers de Congolais forcés à fuir la violence et l'insécurité ces deux dernières années. Des vagues successives de conflit sont à l'origine de déplacements en continu, et souvent les familles sont séparées. Au moins un million de personnes sont déracinées dans le Nord-Kivu, la province la plus touchée. Après des années de conflit, plus de 1 000 personnes meurent chaque jour - principalement de faim ou de maladies qui pourraient être pourtant soignées. Dans certaines régions, deux femmes sur trois sont victimes de viols. Les enlèvements sont toujours fréquents, et des enfants sont recrutés de force pour combattre. Des cas de choléra et d'autres maladies se sont accrus, alors que la situation se détériore et que les organisations humanitaires luttent pour répondre aux besoins de la population.

Lorsque la crise de déplacement a empiré dans le Nord-Kivu en 2007, l'agence pour les réfugiés a envoyé plusieurs équipes d'urgence sur place et a mis en oeuvre des opérations dans plusieurs camps accueillant des déplacés. Les efforts d'assistance comprennent aussi l'enregistrement de la population déplacée et la distribution d'articles non alimentaires. Le HCR mène également un contrôle dans le domaine de la protection pour identifier les abus des droits humains et d'autres problèmes, auxquels sont confrontés les déplacés dans le Nord et le Sud-Kivu.

Juin 2009

Déplacements incessants de population au Nord-Kivu

La crise continue au Nord-Kivu

Dans la province du Nord-Kivu en RDC (République démocratique du Congo), l'insécurité persiste et plus de 500 000 personnes sont des déplacés internes. Un grand nombre d'entre eux sont déplacés pour la deuxième ou la troisième fois consécutive. Le conflit armé, la persécution des populations civiles, les meurtres, les enlèvements, les abus sexuels et le recrutement forcé des enfants sont les motifs de déplacement. Les signalements de viols et de meurtres se comptent par milliers. Quelque 176 000 déplacés vivent dans le district de Masisi, y compris 49 000 d'entre eux accueillis dans 19 camps. Les conditions de vie sont précaires, des familles entières vivent dans des huttes de fortune comptant une pièce unique sans eau potable ni accès aux services essentiels. Le HCR est préoccupé par la situation sécuritaire, les conditions de vie et l'avenir de ces personnes déplacées. Même si quelque 36 000 personnes auparavant hébergées dans des camps au Nord-Kivu ont réussi à rentrer dans leurs villages d'origine en 2010, environ 72 000 personnes restent déplacées à ce jour.

Le HCR coordonne la gestion de 31 camps de déplacés et fournit une assistance d'urgence. Ces camps sont localisés à travers tout le Nord-Kivu. Le HCR est confronté à des défis de taille en termes d'accès aux zones où les déplacés ont trouvé refuge et l'agence pour les réfugiés continue à réclamer l'accès humanitaire aux personnes dans le besoin afin de leur venir en aide.

La crise continue au Nord-Kivu

Rapatriement en RDC depuis l'Angola

Le HCR a repris le programme de rapatriement librement consenti pour les réfugiés angolais vivant en République démocratique du Congo (RDC). Quelque 43 000 Angolais ont fait part de leur souhait de rentrer chez eux dans le cadre d'un projet qui avait été suspendu il y a quatre ans pour diverses raisons. Un premier groupe de 252 civils angolais a quitté le 4 novembre 2011 le centre de transit du HCR de la ville de Kimpese, à l'ouest de la RDC. Ils ont traversé la frontière quelques heures plus tard et ont été chaleureusement accueillis par des fonctionnaires et des habitants de Mbanza Congo. Au cours des deux premières semaines de l'opération de rapatriement, plus de 1 000 réfugiés angolais sont rentrés chez eux depuis la province du Bas-Congo à l'ouest et de Katanga au sud. Sur les 113 000 réfugiés angolais vivant dans les pays de la région, 80 000 sont hébergés par la RDC.

Rapatriement en RDC depuis l'Angola

Exode de réfugiés congolais vers le Rwanda

Pendant la première décade de mai 2012, plus de 6500 réfugiés sont arrivés au Rwanda en provenance de la République démocratique du Congo (RDC), fuyant les combats entre l'armée congolaise et des troupes en rébellion. En coopération avec divers partenaires de Nations Unies et avec les autorités rwandaises, le HCR s'est employé à fournir à ces réfugiés une aide humanitaire dès le début de la crise, et aussi à trouver une solution au problème dans l'attente d'un retour sûr.

Certains des réfugiés ont marché des jours pour rejoindre Goma-Gisenyi, une ville à cheval sur la frontière et point de passage entre la RDC et le Rwanda, en emportant quelques maigres effets - matelas, vêtements et peut-être un ou deux jouets pour les enfants. Les photos présentées ici ont été prises à la frontière ainsi qu'au centre de transit de Nkamira, situé à 22 kilomètres de là en territoire rwandais. Les possibilités d'accueil de ce centre sont médiocres : 5400 personnes seulement peuvent y trouver place, de surcroît dans des abris de fortune. Cependant, la population y croît sans cesse à mesure que de nouveaux réfugiés franchissent chaque jour la frontière.

Exode de réfugiés congolais vers le Rwanda

Déplacés en RDC par le renouveau des combats au Nord-Kivu

Les combats sporadiques observés dans l'est de la République démocratique du Congo depuis la fin du mois d'avril dernier ont entraîné le déplacement de dizaines de milliers de personnes, dont un grand nombre à l'intérieur de la province ; parallèlement, des réfugiés ont afflué vers le district de Kisoro, dans le sud-ouest de l'Ouganda, ou bien au Rwanda, par la ville frontière de Goma-Gisenyi.

Les affrontements armés épisodiques entre les forces gouvernementales et des troupes en rébellion loyales à Bosco Ntaganda, leur ancien chef, ont débuté au Kivu, dans les territoires de Masisi et Walikale. Ils se sont ensuite étendus vers le territoire de Rutshuru, limitrophe de l'Ouganda.

Du 10 au 20 mai 2012, l'une des ONG locales partenaire du HCR a enregistré plus de 40 000 déplacés internes dans les secteurs de Jomba et de Bwesa.

Ces déplacés internes ont des conditions d'existence difficiles dans les églises qui les abritent ou les familles qui les accueillent. La nourriture et le logement sont insuffisants, de même que les services de santé. Il a été signalé que certains d'entre eux ont été soumis au racket ou au travail forcé ; d'autres ont été battus, et des mineurs ont été recrutés de force dans des unités combattantes.

Le HCR et d'autres grands organismes d'aide ont planifié des distributions, notamment de nourriture et de médicaments. Selon les estimations des Nations Unies, ce sont plus de 300 000 personnes qui, au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, se sont trouvées déplacées contre leur gré depuis le début de l'année.

Déplacés en RDC par le renouveau des combats au Nord-Kivu

Avenir incertain pour une famille déplacée dans un camp à l'est du Congo

Depuis la fin avril, le Nord-Kivu, dans l'est du Congo, est le théâtre de violents combats. À peine six mois plus tard, le mouvement M23, constitué de soldats déserteurs, a pris la capitale de la province, Goma, aux forces gouvernementales. Devant l'avance des rebelles, des dizaines de milliers de personnes se sont enfuies, venant grossir les rangs de plus de 220 000 civils déjà déplacés depuis avril dernier dans cette région par de précédentes flambées de violence et l'anarchie. Lorsque la ville de Goma est tombée, le 20 novembre, le jeune Sukuru, 10 ans, et sa famille se trouvaient dans le camp de déplacés internes de Mugunga III où ils avaient trouvé refuge après avoir été contraints de quitter leur foyer dans le territoire de Masisi, au Nord-Kivu.

Précédemment, Sukuru et sa famille avaient été plusieurs fois déplacés ; pour l'heure ils jouissent d'une sécurité relative à Mugunga III, encore qu'il leur faille être aidés. Si les épreuves qu'ils ont traversées sont -hélas- monnaie courante dans cette région, on relèvera néanmoins que, dans la confusion entourant l'abandon du village natal, Sukuru s'est trouvé séparé de ses parents durant plusieurs jours. Le HCR a suivi l'existence de cette famille dans le camp et constaté que, malgré tous ces malheurs, l'avenir continue de sourire au garçonnet.

Avenir incertain pour une famille déplacée dans un camp à l'est du Congo

La souffrance et la résilience des déracinées congolaises

Dans le cycle de violence sans fin à l'est de la République démocratique du Congo (RDC), ce sont les plus vulnérables qui souffrent le plus, en particulier les femmes et les enfants. Le problème des violences sexuelles largement répandues à l'encontre des femmes est une préoccupation très importante pour le HCR et qui ne disparait jamais. L'agence pour les réfugiés a reçu des douzaines de rapports faisant état de viols et d'agressions contre les femmes pendant la dernière vague de combats entre les troupes gouvernementales, les troupes rebelles et les milices au Nord- et au Sud-Kivu. C'est une région où le viol est utilisé comme arme de guerre.

La peur des agressions sexuelles et physiques contraint des milliers de femmes à prendre la fuite et à chercher refuge au-delà des frontières comme au Rwanda ou en Ouganda. Souvent leurs hommes restent derrière et les femmes se retrouvent chefs de foyer, seule pour protéger leurs jeunes enfants. Elles sont le fondement de la société mais aussi les premières à souffrir lorsque l'instabilité apparait dans leurs régions.

Les images suivantes ont été prises récemment en République démocratique du Congo, au Rwanda et en Ouganda par Frédéric Noy. Elles montrent des Congolaises qui ont fui leurs foyers, laissant tout derrière elles pour chercher refuge dans un endroit qu'elles espèrent meilleur que celui qu'elles ont quitté. Dans bien des cas, elles se sont endurcies dans les épreuves mais nombre d'entre elles continuent à garder espoir pour elles-mêmes et leurs enfants. Elles sont une source d'inspiration pour ceux qui les aident.

La souffrance et la résilience des déracinées congolaises

Kigémé : Pour les réfugiés congolais, un lieu d'accueil façonné dans les collines

Au Rwanda, le camp de réfugiés de Kigémé, dans la Province du sud, a dû être rouvert en juin 2012. En effet, depuis la fin avril, des milliers de civils congolais ont franchi la frontière pour échapper aux affrontements armés opposant les forces gouvernementales de la République démocratique du Congo (RDC) aux rebelles du mouvement M23. Implanté le long d'une colline préalablement terrassée, le camp accueille actuellement une population de plus de 14 000 réfugiés. Il n'a pas subi de contrecoup notable après les récents combats dans l'est de la RDC, lors desquels le M23 s'est emparé de Goma, capitale provinciale du Nord-Kivu, avant de s'en retirer. Tandis que la plupart des réfugiés adultes habitant le camp appellent de leurs voeux une paix durable dans leur région, les jeunes désirent quant à eux poursuivre leur scolarité. Par centaines, ils suivent donc des cours de rattrapage en vue d'intégrer le système rwandais d'instruction primaire et secondaire, ce qui exige d'apprendre des langues qu'ils ne parlent pas. Dans un camp où plus de 60% de la population est âgée de moins de 18 ans, cet enseignement aide des enfants traumatisés à aller de l'avant, à s'instruire et à nouer des amitiés.

Kigémé : Pour les réfugiés congolais, un lieu d'accueil façonné dans les collines

Nyakabande : Un havre de paix en Ouganda après avoir fui le conflit au Nord-Kivu

Le centre de transit de Nyakabande au sud de l'Ouganda a été rouvert par le HCR et les autorités ougandaises en février 2012 pour faire face au nombre croissant de civils congolais qui traversent la frontière pour échapper à l'anarchie généralisée dans la province du Nord-Kivu en République démocratique du Congo (RDC). Initialement prévu pour accueillir 500 personnes, le centre de transit a été submergé par des vagues d'arrivants fuyant la violence sévissant depuis avril entre les forces gouvernementales de la RDC et les combattants rebelles du mouvement M23. Le HCR a contribué à élargir la capacité d'accueil jusqu'à 11 000 personnes ainsi qu'à organiser le transport à partir de la frontière, mais l'afflux a porté une forte pression sur les installations. Le centre a enregistré et aidé plus de 51 000 personnes depuis janvier. La plupart d'entre elles sont originaires du Nord-Kivu. Au pic de l'afflux, en juillet dernier, le centre de transit accueillait plus de 10 000 réfugiés. Pour décongestionner le centre, le HCR a assuré le transport de plus de 30 000 Congolais vers l'installation de réfugiés de Rwamwanja, à environ 350 kilomètres au nord de Nyakabande. Pour beaucoup de ceux qui fuient l'est de la RDC, Nyakabande était une lueur d'espoir et un havre de paix après avoir fui le conflit déchirant leur région d'origine. Les derniers combats au Nord-Kivu en novembre n'ont pas eu beaucoup d'impact, mais des personnes continuent à arriver chaque jour.

Nyakabande : Un havre de paix en Ouganda après avoir fui le conflit au Nord-Kivu

Trouver une occupation dans le camp de Kibiza au Rwanda

Le camp de Kibiza a été ouvert en décembre 1996, après le début de la guerre en République démocratique du Congo voisine. Cette installation avait alors été construite pour faire face à l'afflux de dizaine de milliers de réfugiés congolais. La plupart des réfugiés sont entre temps rentrés chez eux dans l'est de la RDC sauf environ 16 000 d'entre eux qui sont restés dans ce camp isolé, situé sur une colline à l'ouest du Rwanda. L'éruption de violence, l'année dernière dans la province du Nord-Kivu en RDC, n'a pas affecté ce camp car les nouveaux arrivants ont été installés au camp de Kigémé qui a été rouvert au sud du Rwanda. La plupart des réfugiés de Kiziba ont déclaré ne pas vouloir rentrer mais les perspectives d'intégration locale sont limitées en raison du manque de terrains et des possibilités limitées en matière d'emploi. Pendant ce temps, les résidents de ce camp font leur possible pour mener une vie normale, suivent des formations et tiennent de petits commerces afin de devenir autosuffisants. Pour les jeunes, pouvoir faire du sport et recevoir une éducation est très important pour assurer qu'ils ne soient pas attirés par des influences négatives ainsi que pour maintenir leur moral et leur confiance en l'avenir.

Trouver une occupation dans le camp de Kibiza au Rwanda

Les Congolais en Ouganda : de la fuite en exil au camp de réfugiés

Après trois années de paix relative, des violences ont à nouveau éclaté en République démocratique du Congo, dans la province du Nord-Kivu en avril 2012, ce qui a généré de nouveaux déplacements de population. Les combats dans le territoire de Rutshuru au Nord-Kivu entre les forces gouvernementales et les combattants rebelles du mouvement M23 ont poussé des dizaines de milliers de civils congolais à chercher refuge de l'autre côté de la frontière en Ouganda, principalement dans le district de Kisoro. Beaucoup ont rejoint l'installation de Rwamwanja grâce aux convois organisés par le HCR. Ce site a été ouvert en avril dernier pour gérer l'afflux des réfugiés. À la fin 2012, il accueillait plus de 30 000 réfugiés. Chaque famille réfugiée se voit attribuer un carré de terrain pour y construire une maison et faire des plantations, afin d'encourager l'autosuffisance. Le HCR veut améliorer d'urgence les infrastructures de ce site et recherche des fonds supplémentaires.

Cette galerie de photos présente la vie à Rwamwanja d'une famille dirigée par Harerimana, âgé de 52 ans. La famille vivait à Bitwo, au Rutshuru. Elle s'est enfuie quand le village a été attaqué en juin dernier. Harerimana a été séparé de sa famille et il a passé cinq jours tout seul sur la route, avant de retrouver sa famille dans la forêt. Après deux semaines, ils ont traversé la frontière vers l'Ouganda et ils ont rejoint le centre de transit de Nyakabande. Ils se sont ensuite enregistrés pour être transférés vers Rwamwanja, où la famille élargie vit désormais sur deux parcelles de terrain.

Les Congolais en Ouganda : de la fuite en exil au camp de réfugiés

RDC : Au bord du gouffrePlay video

RDC : Au bord du gouffre

Fatuma Kapuweli, une mère chef de famille et déplacée interne en RDC, craint pour la sécurité et le bien-être de ses enfants.
RDC : retour à KimokaPlay video

RDC : retour à Kimoka

En 2007 et 2008, les conflits armés avaient contraint des centaines de milliers de Congolais à fuir la province du Nord-Kivu. Les habitants du village de Kimoka sont enfin de retour chez eux.