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Profil d'opérations 2013 - République démocratique du Congo
Environnement opérationnel
Contexte
Les tensions ethniques et l'accès inéquitable aux terres ont entraîné un regain de violence dans l'est et le nord-est de la République démocratique du Congo depuis le début de l'année 2012, provoquant le déplacement de plus de 2,2 millions de personnes à l'intérieur du pays. Qui plus est, près de 70 000 personnes ont franchi la frontière pour se réfugier dans des pays voisins, à savoir l'Ouganda et le Rwanda.
Dans le même temps, au premier semestre 2012, quelque 15 000 réfugiés originaires de la RDC sont rentrés dans leur pays, principalement dans la province de l'Equateur. Le HCR appuiera leur réintégration par des projets axés sur la collectivité et une assistance ciblée sur certains individus afin de renforcer les moyens de subsistance. Plus de 400 000 réfugiés congolais vivent toujours en exil.
Fin 2011, le HCR aidait quelque 101 300 réfugiés accueillis en RDC, essentiellement originaires de l'Angola, du Burundi et du Rwanda.
Les clauses de cessation ayant été invoquées pour les réfugiés angolais le 30 juin 2012, quelque 16 000 Angolais vivant en RDC sont rentrés dans leur pays ; par ailleurs, 2 000 individus bénéficieront d'une procédure d'exemption. Sur les 71 000 anciens réfugiés angolais demeurés en RDC, quelque 23 000 ont exprimé le souhait de regagner leur pays et quelque 48 000 aimeraient s'intégrer sur place. Dans le cadre de sa stratégie globale de solutions, le HCR soutiendra les deux options en coopération avec les Gouvernements de l'Angola et de la
RDC. Avant la fin de l'année, 10 000 personnes devraient regagner leur pays d'origine, suivies par 13 000 autres d'ici à la fin de l'année 2013. Pour les personnes qui souhaitent rester en RDC, environ 1 500 permis de séjour seront émis d'ici à la fin de l'année 2012, de sorte qu'il en restera 46 500 à délivrer en 2013.
En prévision de l'application des clauses de cessation aux réfugiés rwandais en 2013, l'Organisation a aidé quelque 8 000 Rwandais à regagner leur pays depuis le début de l'année 2012. Cette opération de rapatriement se poursuivra en 2013. Malheureusement, l'insécurité qui régnait dans certains secteurs de l'est de la RDC a obligé le HCR à suspendre son aide auprès d'environ 47 500 Rwandais (estimation).
Du fait d'une dégradation générale des conditions de sécurité en République centrafricaine (RCA), quelque 5 000 Centrafricains se sont réfugiés dans la province de l'Equateur, où ils reçoivent actuellement une assistance essentielle.
Besoins
Le HCR continuera à protéger les réfugiés, aussi bien dans les zones rurales qu'en milieu urbain, tout en les aidant à renforcer leurs moyens de subsistance et leur autosuffisance. Pour ceux d'entre eux qui souhaitent rentrer, le HCR organisera des visites de reconnaissance dans les pays d'origine et coordonnera les rapatriements librement consentis. La réinstallation sera considérée comme une solution possible pour les réfugiés les plus vulnérables.
Pour les déplacés internes, le HCR continuera d'assumer la fonction de chef de file du module de la protection et de coordonner l'assistance centrée sur les activités nécessaires à la survie et la prestation de services essentiels, notamment dans les secteurs des abris, de la santé, de l'eau et de l'assainissement.
Pour faciliter la réintégration des populations de retour, l'Organisation appuiera des activités orientées sur la collectivité, dont des programmes de renforcement des moyens de subsistance.
Les violences sexuelles et sexistes continuent d'inquiéter très vivement le HCR. Ces violences empêchent les femmes et les jeunes filles, ainsi que les garçons et les hommes, de mener une vie saine. Les réfugiés et les déplacés internes risquent tout particulièrement d'être victimes de viols et d'abus, chez eux, dans les lieux publics et à l'école, alors que les agresseurs sont rarement poursuivis et punis.
| 2013 Chiffres HCR prévisionnels pour la République démocratique du Congo | |||||
|---|---|---|---|---|---|
| TYPE DE POPULATION | ORIGINE | JAN 2013 | DEC 2013 | ||
| TOTAL DANS LE PAYS | NB PERS. ASSISTEES PAR LE HCR |
TOTAL DANS LE PAYS | NB PERS. ASSISTEES PAR LE HCR |
||
| Total | 2 918 670 | 600 680 | 1 808 570 | 288 570 | |
| Réfugiés | Angola | 2 000 | 2 000 | 2 000 | 2 000 |
| Burundi | 4 920 | 4 920 | 920 | 920 | |
| RCA | 5 000 | 5 000 | 5 000 | 5 000 | |
| Rwanda | 47 480 | 8 000 | 2 000 | 2 000 | |
| Pays divers | 4 310 | 4 310 | 4 570 | 4 570 | |
| Demandeurs d'asile | Burundi | 200 | 200 | 50 | 50 |
| Rwanda | 20 | 20 | 10 | 10 | |
| Pays divers | 60 | 60 | 40 | 40 | |
| Réfugiés rapatriés | RDC | 81 000 | 81 000 | 56 500 | 56 500 |
| Déplacés internes | RDC | 2 000 000 | 150 000 | 1 500 000 | 100 000 |
| Déplacés de retour | RDC | 714 180 | 285 670 | 200 000 | 80 000 |
| Autres pers. rel. de la compétence du HCR | Angola | 59 500 | 59 500 | - | - |
| Rwanda | - | - | 37 480 | 37 480 | |
Objectifs et cibles prioritaires en 2013
Processus de protection et documents adéquats
La qualité de l'enregistrement et du profilage est améliorée ou maintenue.
-
Tous les déplacés internes sont enregistrés individuellement.
Besoins de base et services essentiels
Des abris et des infrastructures sont construits.
-
Tous les ménages de retour dans leur lieu d'origine vivent dans des logements convenables et reçoivent des matériaux pour abris ainsi que des outils pour l'entretien.
Solutions durables
Tout le potentiel en matière d'intégration est réalisé.
-
Environ 50 pour cent des anciens réfugiés angolais ayant opté pour l'intégration sur place reçoivent des cartes de résidents.
Tout le potentiel en matière de rapatriement librement consenti est réalisé.
-
Environ 80 pour cent des réfugiés rwandais (c.à.d. tous ceux qui veulent rentrer) regagnent le Rwanda de manière sûre et digne.
-
Tous les réfugiés regagnant la RDC arrivent de manière sûre et digne dans leur pays.
Sécurité face à la violence et à l'exploitation
Le risque de violence sexuelle et sexiste est réduit et la qualité de la réponse améliorée.
-
Toutes les victimes connues de violences sexuelles et sexistes bénéficient d'un soutien.
Stratégie et activités en 2013
Le HCR prêtera son concours technique aux autorités pour les aider à élaborer un cadre d'intégration sur place à l'intention des Angolais qui décident de rester en RDC. Il soutiendra également le rapatriement librement consenti des réfugiés rwandais et recherchera d'autres solutions pour ceux qui restent en RDC. L'accent sera mis sur les projets de renforcement de l'autosuffisance, ciblés principalement sur les ménages vulnérables.
La Commission nationale pour les réfugiés (CNR) bénéficiera de l'assistance du HCR pour appliquer le droit international et national des réfugiés et assurer la détermination du statut, créant ainsi un environnement de protection favorable pour les personnes relevant de la compétence du Haut Commissariat.
Dans la province de l'Equateur, la réintégration des populations de retour sera soutenue par l'exécution de projets communautaires dans les zones de retour et la distribution de colis d'aide individuels et familiaux, comprenant des allocations financières. L'Organisation offrira également un appui technique aux autorités centrales et provinciales pour faciliter l'intégration sur place des déplacés internes, ainsi que l'accès de ces derniers aux structures sociales nationales.
Le HCR luttera contre la violence sexuelle et sexiste au moyen de programmes de prévention et de réponse assurant des réponses coordonnées auprès de toutes les victimes. Ces réponses multisectorielles associeront des soins médicaux, un accompagnement judiciaire et psychosocial et des interventions de sécurité. Elles s'attaqueront également aux inégalités hommes-femmes et à d'autres causes profondes de la violence sexuelle et sexiste au travers d'approches à long terme visant à susciter des changements de comportement.
Contraintes
L'insécurité et l'insuffisance des infrastructures continuent d'entraver l'accès à un grand nombre de personnes vulnérables. Dans bon nombre de territoires de la RDC, les structures judiciaires et administratives sont défaillantes, ce qui empêche les acteurs humanitaires de s'acquitter avec efficacité de leurs responsabilités. Les tensions qui règnent dans certaines zones d'accueil pourraient nuire à la coexistence pacifique.
Organisation et mise en œuvre
Coordination
Le principal homologue gouvernemental du HCR est la CNR, dont le siège est situé à Kinshasa et qui dispose de bureaux dans des localités accueillant des réfugiés et des déplacés internes. La présence de la CNR sur le terrain sera renforcée en 2013.
En qualité de chef de file du module de la protection, le HCR a noué des liens étroits avec la Mission de l'Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO), dont le mandat a été prolongé jusqu'en juin 2013. Le HCR est également un membre actif du module des articles non alimentaires, dans lequel il assume le rôle de chef de file de la composante « abris ».
En ce qui concerne les activités de réintégration, le HCR cherche à impliquer les autorités locales et les acteurs du développement dès les premiers stades du rapatriement, afin de pérenniser le retour des personnes qui relèvent de sa compétence.
Depuis 2010, le HCR et le ministère des Affaires sociales coordonnent ensemble les activités menées au titre de la composante protection et prévention de la Stratégie globale de lutte contre la violence sexuelle en RDC. Le HCR participe activement aux travaux de l'équipe mixte d'ONUSIDA et figure parmi les partenaires de la Stratégie internationale d'appui à la sécurité et à la stabilisation, inspirée du Programme de stabilisation et de reconstruction du Gouvernement (STAREC). Il continue également à participer au PNUAD.
Informations financières
Le budget pour la RDC augmente régulièrement depuis 2008 car le HCR vient en aide à un nombre croissant de personnes déplacées à l'intérieur du pays ou de retour dans leur lieu d'origine. En conséquence, les besoins financiers de l'Organisation s'élèveront à 156 millions de dollars E.-U. en 2013.
Le budget pour la RDC en 2013 devrait faire l'objet d'une révision ultérieure : à cette occasion, un budget supplémentaire devrait être établi pour répondre aux besoins additionnels suscités par la crise en cours dans l'est du pays, qui n'avaient pu être évalués lorsque le présent budget a été approuvé.

