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Profil d'opérations 2014 - République centrafricaine

| Aperçu |

Environnement opérationnel

  • Des décennies durant, la République centrafricaine (RCA) a été troublée par des coups d'Etat militaires, des rébellions et des guerres accompagnées de scènes de pillage, qui ont plongé le pays dans une crise économique profonde. Des groupes armés étrangers opèrent sur le territoire national, en particulier dans le nord, le nord-est et le sud-est.

  • En dépit de cette situation précaire, l'attitude du pays en matière d'asile a été constructive et les réfugiés vivent aux côtés de la population locale, aussi bien dans les zones rurales qu'à Bangui. Le Gouvernement de la RCA a mis des terrains à disposition pour près de 12 000 réfugiés accueillis dans trois camps, auxquels il délivre des documents d'identité.

  • L'instabilité sociale et politique et l'insécurité qui règnent en RCA depuis décembre 2012 ont encore aggravé la situation humanitaire, déjà très préoccupante. La prise de pouvoir par la force de mars 2013 a totalement désorganisé la vie du pays, provoqué des violations des droits de l'homme et entraîné le déplacement en masse de populations.

  • Le nombre de personnes déplacées à l'intérieur du pays est estimé à plus de 400 000, contre quelque 94 000 au début de l'année 2012. Environ 65 000 individus se sont enfuis en République démocratique du Congo (RDC), en République du Congo (Congo), au Tchad et au Cameroun, de sorte que le nombre total de réfugiés centrafricains est aujourd'hui proche de 220 000.

  • Le personnel des Nations Unies qui avait été évacué au lendemain des événements de mars est revenu dans le pays à la mi-août 2013. Cependant, la présence d'individus armés d'un bout à l'autre du territoire crée une forte insécurité ; des incidents, dont des attaques contre les bureaux, les entrepôts et les véhicules des institutions onusiennes et des autres organisations, continuent de se produire. Cette situation a également de graves conséquences sur l'accès humanitaire, obligeant certaines organisations à réduire ou à suspendre à titre temporaire leurs opérations.

Personnes relevant de la compétence du HCR

Les principales populations relevant de la compétence du HCR dans le cadre de son opération en RCA en 2014 seront, selon ses prévisions : les réfugiés et les demandeurs d'asile de diverses nationalités qui sont accueillis à Bangui ; les réfugiés congolais chassés par des affrontements tribaux dans le nord-ouest de la RDC, qui sont accueillis dans des zones rurales (camps de Zemio et de Batalimo) ; les réfugiés soudanais (camp de Pladama Ouaka, à proximité de la ville de Bambari) qui ont fui la violence dans la région du Darfour ; et plus de 400 000 déplacés internes installés dans des sites de fortune dans les préfectures de l'Ombella-Mpoko, de la Kemo, de la Ouaka et de l'Ouham.

Chiffres HCR prévisionnels pour la République centrafricaine
Type de population Origine Déc. 2013 Déc. 2014 Déc. 2015
Total dans le pays Nb personnes
assistées par le HCR
Total dans le pays Nb personnes
assistées par le HCR
Total dans le pays Nb personnes
assistées par le HCR
Total 420 340 254 000 518 730 277 950 279 850 263 450
Réfugiés Rép. dém. du Congo 9 880 9 290 8 880 8 290 3 290 3 290
Soudan 5 360 1 970 5 360 1 970 1 970 1 970
Pays divers 2 500 2 500 2 500 2 500 3 000 3 000
Demandeurs d'asile Rép. dém. du Congo 1 360 130 1 000 100 800 100
Pays divers 1 240 120 1 000 100 800 100
Réfugiés rapatriés durant l'année Rép. centrafricaine - - - - 35 000 35 000
Déplacés internes Rép. centrafricaine 400 000 240 000 400 000 240 000 200 000 200 000
Déplacés internes rentrés durant l'année Rép. centrafricaine - - 100 000 25 000 35 000 20 000

| Réponse |

Besoins et stratégies

Le HCR, en étroite collaboration avec son homologue gouvernemental et ses partenaires, continuera d'offrir une protection internationale, une assistance multisectorielle et des solutions durables à environ 12 000 réfugiés ruraux et urbains, essentiellement d'origine soudanaise et congolaise (RDC) en RCA. Parmi ceux-ci figurent quelque 6 000 réfugiés originaires de la RDC, accueillis au camp de Batalimo, qui ont exprimé le souhait d'être rapatriés.

L'Organisation recommandera au nouveau Gouvernement de mettre en place un mécanisme national de détermination du statut de réfugié. Elle renforcera l'autosuffisance des réfugiés ruraux et urbains qui ne souhaitent pas regagner leur pays, tout en s'efforçant de favoriser leur intégration sur place et leur naturalisation.

Bon nombre de déplacés internes ont vu leurs villages incendiés, les structures sociales et sanitaires pillées et leur bétail volé. Les besoins les plus pressants ont trait aux abris, à l'eau, à la santé primaire et à l'éducation. En qualité de chef de file du module de la protection, le HCR intensifiera ses activités de protection et de plaidoyer au profit de plus de 400 000 déplacés internes, au travers du renforcement de la coopération avec ses partenaires modulaires, de la protection par la présence et du suivi de la protection. Dans les régions les plus touchées, des activités visant à prévenir la violence sexuelle et sexiste et à y répondre seront entreprises, tandis que les personnes les plus vulnérables recevront des articles ménagers et une aide dans le secteur des abris. Dans le cadre de la réforme humanitaire et de l'Agenda transformatif, le HCR collaborera avec ses partenaires et coordonnera les actions destinées à venir en aide à une population de déplacés internes toujours plus nombreuse.

| Mise en œuvre |

Coordination

En 2014, le HCR travaillera en étroite coordination avec les autorités centrafricaines et maintiendra son partenariat stratégique avec la Commission nationale pour les réfugiés (CNR) au niveau national, régional et local, en vue de continuer à offrir une protection aux réfugiés et aux déplacés internes. Des efforts concertés seront déployés pour accroître la présence de la CNR sur le terrain, en particulier dans les trois camps de réfugiés (Batalimo, Pladama-Ouaka et Zemio) : l'objectif est de maintenir l'ordre et la sécurité, de protéger la population contre la violence et l'exploitation et d'assurer une gestion efficace des camps. Une attention particulière sera également accordée à l'enregistrement, à l'établissement de profils et à l'actualisation régulière des données, ainsi qu'à la délivrance de documents d'état civil aux réfugiés. La fourniture de l'aide multisectorielle par les partenaires d'exécution du HCR sera coordonnée et suivie avec attention, afin d'assurer une réponse harmonisée dans les trois camps et un plus grand impact sur les bénéficiaires.

En ce qui concerne les déplacés internes, le HCR renforcera sa direction des modules de la protection et des abris, de même que sa collaboration et sa coordination avec les autres acteurs humanitaires, afin d'améliorer les services offerts aux déplacés.

2014 Partenaires du HCR - République centrafricaine
Partenaires d'exécution
Organismes gouvernementaux : Commission nationale pour les réfugiés
ONG : Centre de Support en Santé, Conseil danois pour les réfugiés, Cooperazione Internazionale, International Medical Corps, Medical Emergency Relief International, Mercy Corps, Triangle
Partenaires opérationnels
Organismes gouvernementaux : Cabinet du Premier ministre, Cabinet du Président, Ministère de l'Administration du territoire, Ministère de l'Agriculture, Ministère des Affaires étrangères, Ministère des Affaires sociales, Ministère de la Justice, Ministère de la Santé, Ministère de la Sécurité
ONG : Agence d'aide à la coopération technique et au développement, Association pour le développement de M'brès, Alliance pour la protection de l'enfant en Centrafrique, Comité international de secours, Community Humanitarian Emergency Board, Mission idéale d'actions humanitaires et de développement durable, Jeunesse unie pour la protection de l'environnement et le développement communautaire, Ligue centrafricaine des Droits de l'Homme, Ligue islamique d'Afrique, Fondation de recherches et d'actions pour le développement, Rebâtisseurs de la muraille des ?uvres de Dieu, Save the Children International, Service jésuite des réfugiés, Vitalité Plus, War Child
Autres : Bureau intégré des Nations Unies pour la consolidation de la paix en République centrafricaine (BINUCA), FAO, FNUAP, OMS, ONUSIDA, PAM, PNUD, UNICEF

| Informations financières |

En raison de l'afflux de réfugiés congolais (RDC) et de l'augmentation du nombre de déplacés internes, les besoins financiers pour l'opération du HCR en RCA sont passés de 18,9 millions de dollars E.-U. en 2012 à 27,9 millions en 2012, avant de diminuer pour s'établir à 23,6 millions dans le budget révisé de 2013. Compte tenu de la récente crise de déplacement survenue dans le pays, ainsi que de l'opération de rapatriement en cours, les besoins financiers pour la RCA en 2014 ont été chiffrés à 24,4 millions de dollars E.-U. Il se peut néanmoins que les activités de protection des déplacés internes et la distribution d'abris d'urgence à leur intention nécessitent des ressources supplémentaires l'an prochain.

Source : Appel global 2014-2015 du HCR

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Contributions des gouvernements au HCR
Contributions depuis 2000
Annéedollars E.-U.
2014 0
2013 0
2012 0
2011 0
2010 0
2009 0
2008 0
2007 0
2006 4 017
2005 0
2004 0
2003 0
2002 0
2001 0
2000 0

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autres documents

Crise humanitaire silencieuse en République centrafricaine

Une crise humanitaire silencieuse a lieu au nord de la République centrafricaine, où au moins 295 000 personnes ont été forcées de quitter leurs maisons depuis mi-2005. Environ 197 000 personnes sont déplacées internes et quelque 98 000 autres ont trouvé refuge au Tchad, au Cameroun et au Soudan. Toutes sont victimes des combats entre des groupes rebelles et les forces gouvernementales.

Nombre des déplacés internes vivent dans la brousse, non loin de leurs villages. Ils y ont construit des abris de paille et d'herbe, ils cultivent des légumes et ils crééent même des écoles de brousse pour leurs enfants. Cependant, l'accès à l'eau potable et aux soins de santé demeure un vaste problème. De nombreux enfants souffrent de diarrhées et du paludisme, mais leurs parents ont trop peur de les emmener dans des hôpitaux ou des cliniques pour les faire soigner.

Des gardiens de troupeaux au nord de la République centrafricaine sont la proie des zaraguinas - des bandits qui enlèvent des enfants contre rançon. Les villageois sont alors contraints de vendre leur bétail pour pouvoir payer les rançons.

Crise humanitaire silencieuse en République centrafricaine

Conflit en République centrafricaine

Depuis décembre 2012, la République centrafricaine est prise dans un cercle vicieux de violences qui a causé la mort de 400 personnes et durant lequel 800 maisons ont été réduites en cendres. Cette violence a poussé jusqu'à 400 000 personnes à fuir leurs maisons en quête de sécurité. Beaucoup parmi les personnes déplacées vivent dans la brousse et elles ont besoin d'abri, de nourriture, d'eau, d'installations sanitaires et de soins de santé, tout spécialement durant l'actuelle saison des pluies. De plus, de nombreux enfants ont été séparés de leur famille dans le chaos de la fuite éperdue. Beaucoup des personnes affectées sont originaires de régions en dehors de Bangui, la capitale, principalement depuis la préfecture d'Ouham où se trouvent 175 000 déplacés, et notamment près de 40 000 d'entre eux à Bossangoa. Dans cette ville, quelque 37 000 déplacés campent dans des conditions désastreuses dans l'enceinte d'une église catholique et des centaines d'autres dans une école et un hôpital. Le photographe Boris Heger se trouvait dans cette région il y a quelques mois et il avait capturé ces images fortes. A ce jour, les déplacés ont toujours besoin d'aide et la situation demeure instable.

Conflit en République centrafricaine

Crise en République centrafricaine : les Chrétiens se réfugient à l'Aéroport international et dans des églises catholiques

En République centrafricaine, 800 000 personnes sont déplacées depuis les combats ayant débuté le 5 décembre entre les rebelles séléka en majorité musulmans qui s'étaient emparés du pouvoir en mars et les milices chrétiennes connues sous le nom d'anti-balaka. Les civils sont les victimes de cycles d'attaques de représailles menées par les deux parties dans un pays où les groupes religieux vivaient en harmonie avant la spirale de violence datant du coup d'Etat de 2013. Un cinquième de la population est désormais déplacée. La majorité de ceux qui fuient la violence se réfugient chez des proches, des collègues de travail, dans des églises ou des mosquées.

Des batailles de rue ont déplacé environ 400 000 personnes uniquement à Bangui, la capitale. Quelque 100 000 d'entre elles ont trouvé refuge à l'Aéroport international et bénéficient d'une relative protection de la part d'une force de l'Union africaine et des militaires français qui sont basés à l'aéroport. A la fois les civils chrétiens et musulmans craignent des attaques de représailles de la part des rebelles et des militants si d'aventure ils rentraient chez eux. D'énormes défis humanitaires sont à relever pour approvisionner les camps en abris, en eau potable, en latrines, en vivres et pour assurer des soins médicaux. Le HCR a répondu en fournissant des tentes et des articles non alimentaires aux personnes déplacées à l'aéroport et dans des églises dans la capitale.

Crise en République centrafricaine : les Chrétiens se réfugient à l'Aéroport international et dans des églises catholiques

Les souffrances insensées continuent en République centrafricaine

Un an après la prise de pouvoir par la Séléka, une coalition de groupes rebelles majoritairement musulmans en République centrafricaine (RCA), ce pays pauvre est englué dans une crise humanitaire qui s'aggrave, marquée par la brutalité et les déplacements massifs. Après sa visite dans la capitale, Bangui, le mois dernier, le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés António Guterres a décrit la situation en République centrafricaine comme « une catastrophe humanitaire d'une ampleur indescriptible ». Les origines du conflit intercommunautaire sont complexes et des attaques de représailles ont été commises ces dernières semaines sur des civils par la Séléka et les milices chrétiennes anti-balaka rivales. Une personne sur cinq a fui son foyer : quelque 625 000 personnes sont déplacées à l'intérieur du pays et 312 000 se trouvent dans les pays voisins. Quelque 2,5 millions de personnes ont besoin d'aide en RCA, mais les financements sont insuffisants et l'accès à d'importantes zones du pays est trop dangereux. Les déplacés internes sont dispersés partout, y compris plus de 54 000 à l'aéroport international de Bangui. Ils ont besoin d'aide et de protection. La photographe Annibale Greco s'est récemment rendue avec le HCR dans des zones où les déplacés ont trouvé refuge. Voici ses images.

Les souffrances insensées continuent en République centrafricaine

Joie en demi-teinte pour les retrouvailles d'une famille de réfugiés centrafricains

La violence et les conflits en République centrafricaine ont forcé des centaines de milliers de personnes à fuir leurs foyers depuis la mi-décembre. Beaucoup ont trouvé refuge dans les pays voisins, y compris 80 000 personnes au Cameroun. Avec le traumatisme et la confusion causés par les déplacements de populations, des familles sont séparées. Les réfugiés font face à de nombreux dangers sur le chemin de la sécurité, et leur voyage peut durer plusieurs semaines. Ramatou, une mère de 11 enfants âgée de 45 ans, a été séparée de trois de ses fils et de son mari quand des miliciens ont attaqué son village en janvier. Elle est partie en courant avec huit enfants et elle a fini par rejoindre le Cameroun avec l'aide des troupes de l'Union africaine pour le maintien de la paix. Son mari et ses trois fils ont couru dans une autre direction. Ils ont enduré de nombreuses épreuves dans la brousse, et ont été séparés à nouveau. Plus tôt ce mois-ci, Ramatou a retrouvé ses deux cadets dans le camp de réfugiés de Mbile au Cameroun. Elle était ravie, mais aussi consternée de les voir non accompagnés. Elle espère revoir bientôt son mari et son fils aîné. Le photographe Fred Noy a assisté à leurs retrouvailles émouvantes.

Joie en demi-teinte pour les retrouvailles d'une famille de réfugiés centrafricains

De Batalimo à Batanga et au-delà : Des Congolais rentrent de RCA

Ce mois-ci, près de 6 300 réfugiés originaires de la République démocratique du Congo (RDC) ont quitté le camp de Batalimo en République centrafricaine, un pays déchiré par les violences. Ils sont rentrés chez eux dans la province de l'Equateur sur une base volontaire. Leur décision de rentrer prouve encore une fois, s'il en était besoin, la gravité de la situation en République centrafricaine, où la violence s'est intensifiée depuis décembre. Le conflit a généré des centaines de milliers de personnes déplacées internes et en a forcé près de 350 000 autres à fuir vers les pays voisins. Les réfugiés du camp de Batalimo faisaient partie des quelque 20 000 Congolais ayant fui en République centrafricaine pour échapper aux conflits interethniques en RDC. L'opération de retour depuis Batalimo avait été reportée plusieurs fois pour des raisons de sécurité et de logistique. Toutefois, le 10 avril, un premier convoi a traversé le fleuve Oubangui en bateau. Le tout dernier est arrivé en RDC en date du 10 mai. Le HCR a organisé le transport des réfugiés depuis Batalimo vers la ville fluviale de Zinga en RCA. De là, ils sont montés à bord de bateaux pour la traversée vers Batanga ou Libenge dans la province de l'Equateur en RDC. A Batanga, les rapatriés ont été enregistrés, ils ont reçu des documents d'identité et une subvention d'aide à la réinsertion. Ils ont ensuite été transportés vers leurs villages, où ils bénéficieront d'un suivi. La photographe Leonora Baumann a suivi l'un de ces groupes de rapatriés vers la RDC.

De Batalimo à Batanga et au-delà : Des Congolais rentrent de RCA

Les enfants réfugiés centrafricains tout juste arrivés au Cameroun souffrent de malnutrition

Les réfugiés centrafricains arrivent au Cameroun en nombre croissant, dans un état de grande faiblesse physique. Ils passent des semaines voire des mois cachés dans la brousse, où il leur était difficile de trouver de la nourriture et de l'eau. Ils dorment en plein air. Ils ne peuvent pas retourner chez eux. Parmi ces réfugiés, les plus vulnérables sont les enfants âgés de moins de cinq ans. Rencontrer ces enfants émaciés est bouleversant. Ils ont besoin d'une aide alimentaire d'urgence après s'être nourris de racines et de feuilles. Selon les estimations, environ 40% des enfants récemment arrivés souffrent de malnutrition. Pour certains, le voyage est de trop. Le HCR aide à sauver des vies dans l'est du Cameroun. Avec Médecins Sans Frontières, le HCR appuie un centre d'aide nutritionnelle à Batouri. MSF y envoie des enfants depuis son dispensaire de la ville frontalière de Gbiti, où se trouvent environ 20 000 sur les 80 000 réfugiés centrafricains arrivés au Cameroun. Le dispensaire de Gbiti est débordé. Les partenaires étendent la capacité du centre d'aide nutritionnelle, qui traite environ 100 enfants. Davantage encore arrivent chaque jour et le HCR a monté des tentes pour y abriter les enfants et leurs Mamans. Le photographe Frédéric Noy s'est rendu la semaine dernière à Gbiti et Batouri. Il y a capturé la série suivante d'images saisissantes et évocatrices.

Les enfants réfugiés centrafricains tout juste arrivés au Cameroun souffrent de malnutrition

« La chose la plus importante que vous emporteriez » pour les réfugiés centrafricains

Au cours de l'année écoulée, le HCR a publié sur ses sites Internet une série de galeries de photos prises par le photographe américain Brian Sokol ayant pour thème les possessions que les réfugiés emportent avec eux lorsqu'ils sont forcés de fuir leur domicile. Nous nous sommes d'abord intéressés en août dernier aux réfugiés soudanais au Soudan du Sud, puis nous avons fait un reportage sur les réfugiés originaires de Syrie et du Mali.

Brian Sokol s'est rendu l'an dernier dans le nord de la République démocratique du Congo (RDC) pour poser cette question aux réfugiés originaires de la République centrafricaine : quel est l'effet personnel le plus important pour vous que vous ayez emporté ? Il a reçu encore une fois des réponses intéressantes de la part de tout un éventail de personnes originaires de régions rurales ou urbaines de la République centrafricaine, où les violences intercommunautaires ont dégénéré, échappant à tout contrôle. Leurs réponses sont présentées ici. La sandale d'une femme âgée, une paire de béquilles utilisée par un homme pour rejoindre un lieu sûr et la photo portée par un garçon de son père tué en sont quelques exemples. Un autre garçon a désigné les membres de sa famille ayant, comme lui, réussi à s'échapper comme son bien le plus précieux - ils sont nombreux à ressentir la même chose.

Depuis décembre 2012, plusieurs dizaines de milliers de personnes ont fui la République centrafricaine vers des pays voisins. 60 000 personnes se sont ainsi retrouvées dans le nord de la RDC. Quelque 30 000 d'entre elles vivent dans quatre camps de réfugiés établis par le HCR. Les autres sont hébergées par des familles de la communauté locale. La majorité d'entre elles n'ont pas eu le temps de faire leurs bagages avant de s'enfuir. Elles ont fui les violences et le chaos et elles sont arrivées en RDC, exténuées et traumatisées. Elles n'ont été en mesure d'emporter que des effets essentiels et légers. Les photos qui suivent ont été prises au centre de transit de Batanga, dans le camp de réfugiés de Boyabo et dans le village de Libenge.

« La chose la plus importante que vous emporteriez » pour les réfugiés centrafricains

2014 : Les réfugiés centrafricains subissent des attaques alors qu'ils fuient au Cameroun

Chaque semaine, environ 10 000 musulmans traversent la frontière vers l'est du Cameroun pour échapper à la violence qui déchire la République centrafricaine (RCA). Beaucoup parmi les nouveaux arrivants racontent avoir été attaqués à plusieurs reprises lors de la fuite en exil. Les miliciens anti-balaka ont bloqué les routes principales vers le Cameroun, forçant les civils à trouver d'autres itinéraires à travers la brousse. Beaucoup marchent durant deux à trois mois pour rejoindre le Cameroun. Ils arrivent en état de malnutrition et ils portent des blessures de machettes ou par balles.

Le HCR et ses partenaires ont mis en place des cliniques mobiles supplémentaires aux points de passage frontière pour fournir des soins d'urgence dès l'arrivée des réfugiés. L'agence des Nations Unies pour les réfugiés appuie également des dispensaires publics qui sont submergés par le nombre de réfugiés et leur mauvais état de santé.

Parallèlement, le HCR a transféré quelque 20 000 réfugiés qui vivaient en plein air dans les zones frontalières de Garoua Bouai et de Kenzou. Ils se trouvent désormais dans de nouveaux sites à Lolo, Mborguene, Gado et Borgop dans les régions de l'Est et de l'Adamaoua.

Depuis début 2014, le Cameroun a reçu près de 70 000 réfugiés centrafricains. Ce chiffre s'ajoute aux 92 000 réfugiés arrivés lors de précédents afflux survenus depuis 2004 pour échapper aux groupes rebelles et aux bandits qui écumaient le nord de leur pays.

Paul Spiegel et Michele Poletto, employés du HCR, se sont récemment rendus dans l'est du Cameroun et ils ont pris les photos suivantes avec leur iPhone ou un appareil photo.

2014 : Les réfugiés centrafricains subissent des attaques alors qu'ils fuient au Cameroun

Edwige fait face à la perte en s'activant et en aidant les autres dans le camp de Mole

Edwige Kpomako est une femme pressée; mais cette énergie aide également cette réfugiée originaire de République centrafricaine (RCA) à faire face à la tragédie qui l'a forcée à fuir vers le nord de la République démocratique du Congo (RDC) en 2013. Avant que la violence ne ravage de nouveau son pays en 2012, la jeune femme de 25 ans étudiait en Master de littérature américaine à Bangui, et sa vie était tournée vers l'avenir. « J'ai commencé ma thèse sur l'oeuvre d'Arthur Miller mais, à cause de la situation en RCA…. », explique-t-elle, sans pouvoir terminer sa phrase. A la place, elle a dû fuir précipitamment en RDC avec un frère plus jeune, mais son fiancé et un fils de 10 ans ont été tués dans les violences intercommunautaires en RCA.

Après avoir franchi le fleuve Oubangui vers la RDC, Edwige a été transférée vers Mole, un camp qui héberge plus de 13 000 réfugiés. Tentant désespérément d'avancer dans la vie et de rester active, elle a commencé à aider les autres, à assumer un rôle de direction et à participer à des activités communautaires, notamment la capoeira, un art martial brésilien. Elle dirige le comité des femmes, s'engage dans des activités visant à combattre la violence sexuelle et agit comme officier de liaison au centre de santé. Elle donne aussi des cours et tient un petit commerce en vendant des crèmes pour le visage. « J'ai découvert que je n'étais pas faible », déclare Edwige, en restant optimiste. Elle est certaine que son pays va sortir de son cauchemar et se reconstruire et qu'elle deviendra un jour une avocate spécialisée dans la défense des droits humains au service des réfugiés.

Edwige fait face à la perte en s'activant et en aidant les autres dans le camp de Mole

République centrafricaine : une crise oubliéePlay video

République centrafricaine : une crise oubliée

Lors d'une mission en République centrafricaine, le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés António Guterres a décrit la violence et le déplacement forcé survenant dans le pays comme étant une tragédie silencieuse.
Des réfugiés centrafricains fuient vers le TchadPlay video

Des réfugiés centrafricains fuient vers le Tchad

La guerre se déroulant en République centrafricaine a reçu peu d'attention de la part des médias, en comparaison avec le conflit du Darfour, alors que ses effets sont semblables. Plus de 17 000 Centrafricains ont traversé la frontière vers le Tchad depuis janvier 2009, portant ainsi le total des réfugiés centrafricains à près de 70 000 dans ce pays.