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Profil d'opérations 2013 - Ethiopie

Environnement opérationnel

Contexte

Ces deux dernières années, la population réfugiée en Ethiopie a presque doublé, en raison de l'afflux de plus de 100 000 Somaliens dans la région de Dollo Ado et de l'arrivée de Soudanais dans la région d'Assosa. Un flux régulier et significatif d'Erythréens arrive également en Ethiopie par les régions Afar et Tigré.

L'Ethiopie accueille désormais quelque 370 000 réfugiés : les groupes les plus importants sont les Somaliens (56 pour cent), les Soudanais et les Soudanais du Sud (23 pour cent), et les Erythréens (17 pour cent). Il y a en outre un certain nombre de déplacés kényans relevant de la compétence du HCR dans la région de Moyale, ainsi que des réfugiés urbains, originaires de différents pays, dont le Burundi, la République démocratique du Congo (RDC), Djibouti, le Rwanda, l'Ouganda et le Yémen.

La plupart des réfugiés somaliens (plus de 206 000 à la mi-2012) se trouvent dans l'est et le sud-est de l'Ethiopie. En 2011, trois nouveaux camps ont été ouverts dans la région de Dollo Ado. On y dénombre à l'heure actuelle cinq camps et l'on envisage d'en ouvrir un sixième. Le nombre de nouveaux arrivants a considérablement augmenté en 2011 et cette hausse s'est poursuivie au premier semestre 2012, période au cours de laquelle plus de 1 200 personnes sont arrivées en moyenne chaque semaine. La plupart des réfugiés sont des femmes et des enfants.

En 2011, les conflits dans les régions frontalières, particulièrement les régions limitrophes des Etats soudanais du Nil bleu et du Kordofan méridional, ont entraîné l'afflux d'un grand nombre de réfugiés dans l'ouest de l'Ethiopie. La plupart vivent dans des camps. Le camp de Fugnido à Gambella a été agrandi et deux autres camps -- Tongo et Bamabasi -- ont été ouverts aux alentours d'Assosa, dans la région de Benishangul-Gumuz.

Le nombre de réfugiés érythréens arrivant dans le pays est également demeuré élevé en 2012, avec 800 à 1 000 nouveaux arrivants par mois. La présence dans ce groupe d'un grand nombre d'enfants non accompagnés et séparés est une source de préoccupation. Les réfugiés érythréens ont des possibilités de trouver des solutions durables grâce à un programme « hors camp », qui permet aux réfugiés de quitter les camps et de fréquenter l'université. Des solutions sont également trouvées par le biais de la réinstallation.

Le HCR et le Gouvernement éthiopien continuent de s'occuper d'environ 2 800 réfugiés kényans d'origine borena arrivés dans le pays en 2005 et 2006. Les efforts visant à faciliter leur rapatriement librement consenti se poursuivront.

L'augmentation du nombre de réfugiés en Ethiopie est également perceptible dans les zones urbaines. Bon nombre de réfugiés urbains ayant des besoins de protection, des problèmes médicaux ou d'autres besoins spécifiques sont orientés sur le HCR. En juin 2012, près de 3 900 réfugiés étaient enregistrés en milieu urbain et plus de 2 000 d'entre eux recevaient une assistance. La plupart des réfugiés urbains enregistrés sont des Erythréens autorisés à résider dans diverses villes au titre de la politique « hors camp » du Gouvernement.

Besoins

L'insécurité qui règne dans bon nombre des pays d'origine des réfugiés accueillis en Ethiopie empêche ces derniers d'envisager un retour dans un avenir proche. La réinstallation reste une solution durable essentielle, mais seulement pour un nombre limité de réfugiés.

Selon les prévisions du HCR, la population réfugiée devrait augmenter de 137 000 personnes en 2013, de sorte que le nombre total de réfugiés atteindra 530 000. Il faut de toute urgence améliorer les conditions dans les camps d'Ethiopie afin de satisfaire aux normes du HCR dans des secteurs essentiels comme la santé, l'éducation, l'eau et l'assainissement.

Dans le même temps, l'Organisation s'emploiera à assurer la transition entre les activités d'assistance vitale et des programmes durables, accompagnés d'un renforcement de l'autosuffisance des réfugiés. Les projets d'appui aux moyens de subsistance lancés en 2012 pour les réfugiés urbains se poursuivront en 2013. Un programme triennal d'autosuffisance est actuellement élaboré pour Dollo Ado.

Le programme d'abris de transition, entamé en 2011, restera une activité clé en 2013. Les abris seront construits dans des matériaux locaux traditionnels, qui résistent davantage au climat rigoureux, offrent une meilleure protection et permettent de réduire les coûts.

2013 Chiffres HCR prévisionnels pour l'Ethiopie
TYPE DE POPULATION ORIGINE JAN 2013 DEC 2013
TOTAL DANS LE PAYS NB PERS. ASSISTEES
PAR LE HCR
TOTAL DANS LE PAYS NB PERS. ASSISTEES
PAR LE HCR
Total 394 630 394 630 531 320 531 320
Réfugiés Erythrée 86 660 86 660 127 970 127 970
Somalie 215 590 215 590 245 680 245 680
Soudan 88 010 88 010 153 140 153 140
Pays divers 3 000 3 000 3 770 3 770
Demandeurs d'asile Erythrée 20 20 10 10
Somalie 100 100 50 50
Soudan 900 900 500 500
Pays divers 350 350 200 200

Objectifs et cibles prioritaires en 2013

Environnement de protection favorable

L'accès au territoire est amélioré et le risque de refoulement réduit.

  • Tous les demandeurs d'asile sont enregistrés individuellement.

Besoins de base et services essentiels

L'état de santé de la population est amélioré.

  • Le taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans est inférieur à deux pour 10 000 par jour.

L'approvisionnement en eau potable est amélioré ou maintenu.

  • Tous les réfugiés reçoivent en moyenne au moins 15 litres d'eau par personne et par jour.

Autonomisation et autogestion communautaires

L'autosuffisance et les moyens de subsistance sont améliorés.

  • Quelque 10 pour cent des ménages bénéficient de programmes de renforcement des moyens de subsistance.

Solutions durables

Des stratégies de solutions globales sont élaborées, actualisées ou renforcées

  • Environ 25 pour cent des personnes ayant besoin d'être réinstallées font l'objet de demandes auprès des pays d'accueil.

Stratégie et activités en 2013

Du fait de sa position dans la sous-région, l'Ethiopie recevra probablement de nouveaux arrivants en provenance de pays limitrophes tout au long de l'année 2013.

Le HCR aidera le Gouvernement à maintenir un environnement de protection favorable. Les éléments importants de la stratégie du Haut Commissariat en Ethiopie consistent notamment à permettre à un plus grand nombre d'organisations non gouvernementales (ONG) de participer au programme en faveur des réfugiés et à plaider pour que les frontières restent ouvertes aux réfugiés.

L'Organisation stabilisera la phase d'urgence de sa réponse aux afflux de réfugiés somaliens et soudanais. Elle améliorera les conditions de vie dans les camps et assurera la transition entre les interventions d'urgence et des activités plus durables, ce qui lui permettra dans le même temps de réduire les coûts et d'encourager l'autosuffisance. Dans cette optique, l'approvisionnement en eau par camion-citerne sera progressivement supprimé au profit de canalisations plus permanentes et les tentes seront remplacées par des abris de transition construits sur place. Le HCR est également déterminé à fournir dans les meilleurs délais des articles de secours essentiels aux réfugiés et constitue actuellement des stocks de régulation pour faire face à tout nouvel afflux de réfugiés.

Les mécanismes de préparation et de réponse aux situations d'urgence sont l'expression du rôle de direction et de coordination assumé par le HCR dans les problèmes liés aux réfugiés. Le soutien aux communautés d'accueil vivant dans les alentours des camps est un autre élément important de la stratégie de l'Organisation. L'amélioration des relations entre les réfugiés et les communautés locales renforcera l'environnement de protection, en rendant les régions d'accueil plus sûres pour tout le monde, et incitera dans le même temps les deux communautés à partager des services communs, comme ceux assurés par les structures éducatives et médicales.

Contraintes

Les défis sécuritaires et politiques auxquels font face les pays limitrophes de l'Ethiopie vont entraîner de nouveaux afflux.

L'intégration sur place continue de représenter un défi pour les réfugiés, à la fois en milieu urbain et dans les camps existants. Bien que certains réfugiés résident dans le pays depuis plusieurs décennies, la politique gouvernementale ne permet pas l'intégration sur place. Cependant, plusieurs projets destinés à améliorer l'autosuffisance dans les camps de Jijiga ont produit des résultats positifs ; leur pérennisation nécessitera néanmoins un appui financier considérable.

La plupart des camps de réfugiés sont situés dans des régions où le milieu naturel est caractérisé par un équilibre très fragile. La concentration d'un grand nombre de réfugiés a un impact négatif sur l'environnement des régions situées aux alentours des camps. Les conflits sont fréquents, car les réfugiés et la population locale se disputent les maigres ressources naturelles.

L'Ethiopie n'a adhéré ni à la Convention de 1954 relative au statut des apatrides ni à la Convention de 1961 sur la réduction des cas d'apatridie. Le HCR continuera d'encourager le Gouvernement à signer ces accords car un nombre important d'individus pourraient être touchés par l'apatridie en Ethiopie.

Organisation et mise en œuvre

Coordination

Le HCR coordonne la protection et la prestation de services auprès des réfugiés en étroite collaboration avec l'Administration chargée des réfugiés et des rapatriés (ARRA). Une Equipe spéciale permanente sur les réfugiés est codirigée par l'ARRA et le HCR. Cette Equipe spéciale, qui réunit un très grand nombre d'ONG, de donateurs et d'institutions onusiennes, a été le principal organe de coordination de la réponse d'urgence et des mesures préalables. Son travail est complété par des réunions interorganisations régulières sur le terrain et dans les camps, ainsi qu'au sein de groupes de travail se consacrant à des secteurs clés, dont la santé et la nutrition, la protection, l'éducation, les abris et l'environnement.

Le HCR met en œuvre l'Agenda transformatif du Comité permanent interorganisations (IASC) par le biais de plusieurs activités. Il participe aux réunions mensuelles de l'Equipe humanitaire en Ethiopie et dirige le module de la protection. Le HCR participe également à plusieurs groupes de travail sectoriels clés dans le cadre de l'intervention humanitaire. La coopération avec l'UNICEF a été renforcée par un mémorandum d'accord qui intègre un plan d'action détaillé, relatif aux activités à entreprendre dans les régions d'accueil des réfugiés.

La sensibilisation des donateurs et des ONG partenaires se poursuivra au sein de divers forums, notamment à l'occasion de réunions avec des missions de donateurs et de conférences interorganisations sur le terrain.

Informations financières

Deux situations d'urgence et l'afflux continu de réfugiés ces dernières années ont entraîné une augmentation du budget annuel de l'opération en Ethiopie, qui est passé de 100,2 millions de dollars E.-U. en 2010 à 218,6 millions en 2012.

Une part significative du budget 2013, fixé à 192,8 millions de dollars E.-U., devrait être consacrée à la mise en place de nouveaux camps, à l'amélioration des services et des infrastructures et aux efforts d'intervention d'urgence.

Source: HCR Appel global 2013 - Actualisation

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autres documents
2013 Partenaires du HCR - Ethiopie
Partenaires d'exécution
Organismes gouvernementaux : Administration chargée des réfugiés et des rapatriés ; Agence de développement des ressources naturelles et de protection de l'environnement - Assosa ; Agence de développement des ressources naturelles et de protection de l'environnement - Gambella ; Bureau de l'agriculture ; Bureau de distribution de l'eau de Jijiga ; Office des routes rurales de Gambella ; Tselemet Woreda Environmental Protection Programme
ONG : Africa Humanitarian Action ; African Humanitarian Aid and Development Agency ; Aide de l'Eglise norvégienne ; Association of Ethiopians Educated in Germany ; Comité international de secours ; Conseil norvégien pour les réfugiés ; Development and Inter Church Aid Commission ; Fédération luthérienne mondiale ; Gaia Association ; Hope for the Horn ; International Medical Corps ; Mother and Child Development Organization ; Opportunities in Industrialisation ; Partnership for Pastoralist Development Association ; Pastoralist Welfare Organization ; Relief and Development Agency ; Save the Children (Suède) ; Save the Children (E.-U.) ; Save the Environment, Ethiopie ; Service jésuite des réfugiés ; Swedish Civil Contingencies Agency ; Vision mondiale Ethiopie
Autres : BSP/ONU ; OIM ; PAM ; UNICEF
Partenaires opérationnels
ONG : Conseil danois pour les réfugiés ; GOAL ; Islamic Relief and Development ; Médecins Sans Frontières - Espagne et Pays-Bas ; Oxfam - R.-U. ; ZOA Refugee Care
Autres : BSP/ONU ; OIM ; PAM ; UNICEF

Nouvelles arrivées en Ethiopie

La contrée isolée de Dolo Ado devient le refuge de quelque 10 000 Somaliens fuyant la violence dans leur pays.

Depuis le début de l'année, environ 10 000 Somaliens ont traversé la frontière en quête de refuge et ils sont arrivés à Dolo Ado, un lieu isolé, brûlé par le soleil et situé au sud-est de l'Ethiopie - où les habitants sont majoritairement de l'ethnie somali. La plupart ont fui l'insécurité après le retrait des troupes éthiopiennes du centre et du sud de la Somalie et la reprise de ces régions par des insurgés. Au pic de l'afflux au début du mois de février 2009, quelque 150 personnes franchissaient la frontière chaque jour. En réponse à cette situation, une équipe d'urgence du HCR a été envoyée sur place pour aider à gérer un centre de transit à Dolo Ado. De plus, le HCR a fait parvenir des convois contenant des articles de secours, y compris des moustiquaires, des couvertures, des jerrycans, des batteries d'ustensiles de cuisine et des bâches en plastique. Les efforts humanitaires sont coordonnés avec d'autres agences des Nations Unies et des ONG pour assurer que les besoins sont satisfaits. Bien que de nombreux Somaliens déplacés à l'intérieur du sud et du centre de la Somalie ont commencé à rentrer, principalement vers Mogadiscio, de nombreux Somaliens restent à Dolo Ado car ils ont besoin de protection. Etant donné les faibles perspectives de rapatriement dans un avenir proche, un nouveau camp est actuellement en cours de préparation et les cas des réfugiés sont maintenant examinés.

Nouvelles arrivées en Ethiopie

Camp de Bonga, Ethiopie

Le camp de Bonga est situé dans la région tourmentée de Gambella, à l'ouest de l'Éthiopie. Contrairement au camp de Fugnido et à la ville de Gambella toute proche, il a été épargné par les conflits ethniques qui ont fait des ravages ces derniers mois.

Pour les 17 000 réfugiés soudanais du camp de Bonga, la vie poursuit son cours malgré les troubles dans la région. Les enfants réfugiés vont à l'école et jouent tandis que leurs parents améliorent l'aide fournie par l'UNHCR en participant à des projets d'autosuffisance.

La vie culturelle n'est pas en reste, avec notamment les cérémonies traditionnelles de la tribu majoritaire Uduk. D'autres communautés ethniques - les Shuluks, les Nubas et les Équatoriens - se sont aussi bien intégrés dans le camp, comme en témoigne la réception réservée aux nouveaux arrivants transférés de Fugnido à la fin 2002.

Camp de Bonga, Ethiopie

Golfe d'Aden : Péril en mer

Chaque année, des milliers de personnes venues de toute la région de la Corne de l'Afrique - principalement des Somaliens et des Ethiopiens - quittent leurs maisons, poussées par la peur ou par pur désespoir, en quête de sécurité ou d'une vie meilleure. Ces populations empruntent des routes dangereuses en Somalie pour se rendre à Bossasso, une ville de la région semi-autonome du Puntland.

Dans cette zone de non-droit où des réseaux de passeurs règnent en maîtres, des civils innocents et désespérés payent jusqu'à 150 dollars pour effectuer la traversée périlleuse du golfe d'Aden.

Certains restent des semaines dans des maisons ou des abris temporaires à Bossasso avant de pouvoir partir, soudainement au milieu d'une nuit, entassés dans de petites embarcations de fortune. En mer, tout peut se passer, ils sont à la merci des passeurs. Certains sont battus, poignardés, tués ou jetés par-dessus bord. D'autres se noient avant d'arriver sur les plages du Yémen, qui sont devenues des cimetières de fortune pour certains de ceux qui sont morts en route.

Golfe d'Aden : Péril en mer

Un camp de réfugiés éco-responsablePlay video

Un camp de réfugiés éco-responsable

On peut penser qu'un camp de réfugiés est nocif pour l'environnement. Pourtant à Sherkole, un camp de réfugiés situé dans une région montagneuse à l'ouest de l'Ethiopie, les résultats d'une campagne de protection de l'environnement sont positifs. 16/12/2009
Ethiopie : Tout seulsPlay video

Ethiopie : Tout seuls

Des enfants jouent au football et semblent heureux et insouciants. En fait, ils sont réfugiés et un grand nombre d'entre eux sont non accompagnés. Ils sont confrontés à de nombreux problèmes.
Ethiopie : Arrivée de réfugiés somaliensPlay video

Ethiopie : Arrivée de réfugiés somaliens

Cette région reculée et desséchée, au sud-est de l'Ethiopie, a reçu un afflux massif de réfugiés somaliens, dont beaucoup souffrent de malnutrition et font des récits tragiques.