Afflux massif de personnes vers Dohouk alors que la crise de déplacement s'aggrave en Iraq

Points de presse, 12 août 2014

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Adrian Edwards à qui toute citation peut être attribuée lors de la conférence de presse du 12 août 2014 au Palais des Nations à Genève.

Dans le nord-ouest de l'Iraq, des milliers de personnes ont fui les montagnes de Sinjar via la Syrie pour revenir dans le gouvernorat de Dohouk, dans la région du Kurdistan d'Iraq, au cours des trois derniers jours. Selon nos ONG partenaires en Iraq, près de 35 000 personnes s'y trouvent actuellement. Les nouveaux arrivants sont épuisés, déshydratés et beaucoup ont souffert d'insolations ou de coups de chaleur, les températures quotidiennes atteignant 40 à 45 degrés Celsius.

Les personnes se rendent dans des villes comme Zakho et Dohouk où 16 écoles ont été mises à leur disposition. Elles bénéficient de nourriture, d'eau et de soins médicaux. A l'heure actuelle, 20 000 à 30 000 personnes, selon les estimations, restent piégées dans les montagnes de Sinjar sans nourriture, ni eau, ni abri. L'accès à ces familles est extrêmement limité.

Selon le maire de Zakho, sa municipalité de 350 000 habitants située à quelques kilomètres seulement de la frontière turque accueille environ 100 000 déplacés originaires principalement de Sinjar et de Zumar ayant trouvé refuge dans cette ville au cours de la semaine dernière. Les autorités locales ont ouvert les écoles et les batiments communautaires pour héberger les déplacés qui s'abritent également sous des ponts et dans des batiments en chantier.

Le gouvernorat de Dohouk accueille actuellement près de 400 000 Iraquiens déplacés, dont des minorités yézidies, chrétiennes, chabaks, kakaies, arméniennes et turcomanes certains ayant connu des déplacements répétés. Nombreux se trouvent actuellement dans les villes de Khanke, Shariya, Zahko, Shekhan et dans et autour de Dohouk. Ils sont dispersés à travers des centaines de sites. Certains sont accueillis par des proches, d'autres sont hébergés dans des écoles, des églises, des mosquées, des parcs et des carcasses d'appartements sans eau ni électricité. Le HCR distribue des matelas, des couvertures, des kits de produits d'urgence, des produits domestiques et des kits d'hygiène dans différents endroits à Dohouk, Zakho, Akre, Shekhan, Khanke et le village de Bajet Kandela. Nous constatons également une immense générosité de la part des communautés locales qui offrent spontanément de l'aide.

Entre 7 000 et 10 000 personnes sont hébergées dans le camp de Bajet Kandela un ancien centre d'accueil pour réfugiés syriens par lequel la plupart ont transité il y a deux ans après avoir franchi la frontière à Peshkhabour. Si les installations de base existent, l'endroit est bondé et les ONG locales ont installé des tentes familiales partout où il y avait de la place. Les préparatifs sont achevés pour l'extension du camp et 5 000 nouvelles tentes vont être ajoutées au camp à partir d'aujourd'hui. Le camp dispose d'eau, d'électricité et d'autres infrastructures essentielles.

Trois camps supplémentaires sont prévus dans le gouvernorat de Dohouk à Zakho, Shariya et Khanke. Le gouvernement turc devrait bientôt commencer les travaux pour les camps de Zakho et Shariya, tandis que les préparatifs pour le site de Khanke ont démarré avec l'aide technique du HCR. La construction devrait commencer la semaine prochaine.

Au total, il y a plus de 1,2 million de déplacés internes en Iraq, dont 700 000 selon les estimations dans la région du Kurdistan qui accueille déjà quelque 220 000 réfugiés syriens.

Mouvements de réfugiés vers la Syrie

10 000 à 15 000 autres Iraquiens yézidis fuyant Sinjar sont arrivés en Syrie. La plupart sont hébergés dans le camp de Newroz situé près de Al Qamishli et géré par des ONG locales. Les autres réfugiés sont dispersés dans différents villages yézidis à Qahtania ou dans des zones urbaines.

Les équipes du HCR de notre bureau local de Qamishli en Syrie ont effectué samedi une mission d'évaluation à Qahtania et fourni de l'aide à des centaines de familles accueillies dans trois villages et une école locale. Nous avons également distribué des tentes, des kits d'hygiène, des nattes pour dormir et d'autres produits de secours aux réfugiés accueillis dans le camp de Newroz qui est surpeuplé des centaines de personnes dorment en plein air et des abris et de la nourriture supplémentaires sont nécessaires d'urgence.

Les réfugiés comme les communautés locales signalent que d'autres réfugiés sont en chemin. Nos équipes sur le terrain indiquent avoir vu des habitants des villages voisins distribuer de l'eau et de la nourriture de base aux réfugiés sur leur trajet.

Pour plus d'informations sur ce sujet, veuillez contacter :

  • A Erbil, Ned Colt, portable +964 780 917 4173
  • A Erbil, Natalia Prokopchuk, portable +964 780 921 7341
  • A Genève, Adrian Edwards, portable +41 79 557 9120
  • A Genève, Ariane Rummery, portable +41 79 200 7617
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Pour de nombreux parents réfugiés iraquiens, l'éducation est une priorité d'une importance équivalente à celle de la sécurité. En Iraq, à cause de la violence et des déplacements forcés, les enfants iraquiens n'allaient pas régulièrement à l'école et nombre d'enfants réfugiés ont manqué une bonne partie de leur scolarité. Bien que l'éducation soit gratuite en Syrie, des frais pour l'achat de fournitures, d'uniformes et les frais de transport ne permettent pas d'accéder à l'éducation. Par ailleurs, de nombreux enfants réfugiés sont contraints de travailler plutôt que de fréquenter l'école, pour subvenir aux besoins de leur famille.

Afin d'encourager les familles iraquiennes défavorisées à inscrire leurs enfants à l'école, l'UNHCR prévoit d'aider financièrement au moins 25 000 enfants en âge d'être scolarisés et de fournir des uniformes, des livres et des fournitures scolaires aux réfugiés iraquiens enregistrés auprès de l'agence. L'UNHCR va également informer les réfugiés sur leur droit d'envoyer leurs enfants à l'école, et soutiendra les programmes d'ONG en faveur des enfants qui travaillent.

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