Afflux massif depuis Mossoul en Iraq : le HCR aide les déplacés

Articles d'actualité, 11 juin 2014

© HCR/R.Nuri
Bushra (au centre à droite) se repose avec son mari et sa famille à l'ombre d'un bâtiment au Kurdistan d'Iraq. Ils ont marché depuis leur ferme près de Mossoul vers un point de passage près d'Erbil dans la région du Kurdistan. La famille n'a quasiment rien pu emporter avec elle.

ERBIL, Iraq, 11 juin (HCR) Le HCR a déclaré aujourd'hui intensifier ses efforts d'aide en Iraq en réponse au déplacement massif de populations depuis la ville de Mossoul et d'autres localités au nord de l'Iraq.

Sur le terrain, les équipes du HCR chargées de la protection surveillent l'afflux et viennent en aide aux personnes dans le besoin. Des financements sont recherchés d'urgence. Selon une chargée de protection, le HCR fait son possible pour fournir des abris et des articles de secours, y compris des tentes, ainsi que pour assurer la protection à des milliers de personnes qui auraient fui depuis la seconde ville d'Iraq.

« Les besoins sont immenses », a indiqué Gemma Woods. « Le nombre des personnes arrivées dans la région du Kurdistan aujourd'hui depuis le gouvernorat de Ninive était visiblement moindre que la longue file de voitures et de piétons que j'ai vue hier. Des milliers de personnes continuent de fuir », a-t-elle ajouté.

L'exode depuis Mossoul a commencé en début de semaine dernière. Il fait suite à un déplacement de populations massif cette année dans le gouvernorat d'Anbar à l'ouest de l'Iraq, où les combats depuis janvier ont forcé jusqu'à un demi-million de personnes à fuir la province pour chercher abri dans des zones plus sûres. Selon les autorités locales, après ce nouvel afflux depuis Mossoul, une population additionnelle de 300 000 personnes est arrivée ces derniers jours.

Mercredi, le personnel du HCR en charge de la protection surveillant de près les points de passage entre le gouvernorat de Ninive et la région du Kurdistan, a signalé que de nombreux arrivants n'avaient aucune possession sauf les vêtements portés ce jour-là. Ils n'avaient nulle part où aller et ne savaient pas comment ils allaient payer leurs dépenses.

Les agences des Nations Unies, les organisations humanitaires et les représentants des autorités travaillent ensemble pour aider du mieux possible les personnes dans le besoin. Les agences de Nations Unies lancent une demande d'urgence pour des fonds supplémentaires afin de venir en aide à plus d'un demi-million de personnes du fait de cette crise. Le HCR espère fournir des kits d'urgence, incluant des articles d'hygiène et des ustensiles de cuisine, ainsi que des milliers de tentes. Le HCR et ses partenaires travailleront également à protéger et aider les déplacés.

La chargée de protection a indiqué que la situation était moins chaotique mercredi que mardi. « Hier, c'était une vague d'humanité, un exode massif, et les personnes qui arrivaient étaient visiblement paniquées. Ils se sont entassés dans des voitures et des bus sous le soleil brulant et des milliers d'autres sont arrivés à pied. Aujourd'hui, leur nombre a baissé considérablement, mais l'anxiété demeure palpable », a-t-elle expliqué.

« Une famille m'a particulièrement touchée. Ils étaient au nombre de 12, y compris une grand-mère de 70 ans. Ils ont marché pendant deux jours depuis leur ferme à la périphérie de Mossoul. Une fois qu'ils ont atteint le poste de contrôle, ils n'avaient pas la moindre idée vers où se diriger. Ils n'avaient pas d'argent et n'avaient nulle part où aller », a indiqué l'employée du HCR.

« Ce sont les personnes les plus vulnérables. J'en ai vu beaucoup d'autres dans la même situation. Ils ont fui avec seulement les vêtements portés ce jour-là, un peu d'espèces dans les poches et rien d'autre. Nous devons faire notre possible pour fournir un abri, des vivres, de l'eau potable et des soins de santé durant les prochains jours. »

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Pour de nombreux parents réfugiés iraquiens, l'éducation est une priorité d'une importance équivalente à celle de la sécurité. En Iraq, à cause de la violence et des déplacements forcés, les enfants iraquiens n'allaient pas régulièrement à l'école et nombre d'enfants réfugiés ont manqué une bonne partie de leur scolarité. Bien que l'éducation soit gratuite en Syrie, des frais pour l'achat de fournitures, d'uniformes et les frais de transport ne permettent pas d'accéder à l'éducation. Par ailleurs, de nombreux enfants réfugiés sont contraints de travailler plutôt que de fréquenter l'école, pour subvenir aux besoins de leur famille.

Afin d'encourager les familles iraquiennes défavorisées à inscrire leurs enfants à l'école, l'UNHCR prévoit d'aider financièrement au moins 25 000 enfants en âge d'être scolarisés et de fournir des uniformes, des livres et des fournitures scolaires aux réfugiés iraquiens enregistrés auprès de l'agence. L'UNHCR va également informer les réfugiés sur leur droit d'envoyer leurs enfants à l'école, et soutiendra les programmes d'ONG en faveur des enfants qui travaillent.

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Depuis 2003, des Palestiniens, des Kurdes iraniens, des Iraniens, des Soudanais et des Somaliens vivent dans ce désert jordanien. Ils subissent des conditions climatiques extrêmes : la chaleur torride en été et le froid glacial en hiver. L'UNHCR et ses partenaires ont distribué des tentes et des biens de secours. L'agence pour les réfugiés a tenté de trouver des solutions - en participant à la réinstallation de plus de 1 000 personnes dans des pays tiers. Début 2007, 119 personnes - pour la plupart des Palestiniens - étaient encore présentes au camp de Ruweished, sans aucune solution immédiate en vue.

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