Nouvelle tragédie en mer Rouge : 62 noyés lors d'une traversée meurtrière

Articles d'actualité, 6 juin 2014

© Jacob Zocherman
Sur la côte au Yémen, des abris précaires et des bateaux échoués sur la rive après une traversée réussie depuis l'Afrique. Des milliers de personnes risquent leur vie pour traverser la mer Rouge.

GENEVE, 6 juin (HCR) GENEVE, 6 juin (HCR) Le HCR a annoncé avoir reçu, vendredi, la confirmation du décès de 62 personnes dans un naufrage lors de leur tentative de traversée de la mer Rouge, depuis la Corne de l'Afrique vers le Yémen. Cette tragédie est le théâtre du plus grand nombre de décès jamais enregistré cette année dans les traversées de migrants et de réfugiés

« Nous recherchons de nouvelles informations, mais il est désormais confirmé que le bateau transportant 60 personnes originaires de Somalie et d'Ethiopie et deux membres d'équipage yéménite a coulé samedi dernier dans la mer Rouge », a déclaré le porte-parole du HCR Adrian Edwards vendredi aux journalistes à Genève. Les victimes auraient été enterrées par des membres de la communauté locale après que la mer ait ramené leurs corps sans vie sur le rivage de la région d'Al Jadid au Yémen.

« Le HCR présente ses condoléances aux familles et amis des victimes », a indiqué Adrian Edwards. « Cette tragédie est le théâtre du plus grand nombre de décès jamais enregistré cette année dans les traversées de migrants et de réfugiés vers le Yémen en mer Rouge et dans le golfe d'Aden »

Après de précédents épisodes en janvier, mars et avril, le total connu des décès de personnes tentant de rejoindre le Yémen par la mer s'élève au moins à 121 depuis début 2014.

« Le HCR croit fermement que chaque vie compte et fait son possible pour éviter d'autres pertes alarmantes en mer ainsi que pour lutter contre l'indifférence envers les personnes ayant désespérément besoin de protection. Nous réitérons notre appel aux autorités régionales à renforcer leurs dispositifs de recherche et de sauvetage, leurs modalités de débarquement sécuritaire des personnes secourues et de délivrance de pièces d'identité, et le soutien et l'orientation des personnes vulnérables ayant besoin de protection et d'assistance », a expliqué le porte-parole du HCR.

Il a ajouté que le HCR était prêt à soutenir le Yémen dans ces activités, parallèlement à d'autres mesures visant à renforcer le système de protection dans la région, qui a été adopté dans la Déclaration de Sanaa issue de la Conférence régionale de novembre 2013 sur l'asile et les migrations.

Le HCR a observé l'arrivée de 16 500 réfugiés et migrants sur les côtes yéménites au cours des quatre premiers mois de 2014, soit nettement moins que les 35 000 reçus durant la même période l'an dernier.

Ces cinq dernières années, plus de 500 000 personnes (principalement des Somaliens, Ethiopiens et Erythréens) ont traversé les eaux dangereuses du golfe d'Aden et de la mer Rouge pour rejoindre le Yémen. Les bateaux sont surpeuplés et les passeurs auraient poussé par-dessus bord des passagers pour éviter de chavirer ou de se faire repérer. Les responsables de la recherche et du sauvetage disent que cette pratique a déjà fait des centaines de victimes en situation irrégulière au cours des dernières années.

Le HCR prodigue les premiers soins et distribue de la nourriture aux nouveaux arrivants identifiés par les patrouilles, dans trois centres de transit côtiers. L'ONG Society of Humanitarian Solidarity, le Conseil danois pour les réfugiés, et le Croissant-Rouge yéménite leur fournissent de l'aide, appuient les patrouilles le long des côtes et fournissent les moyens de transport pour le transfert des arrivants vers le centre d'accueil le plus proche pour l'enregistrement initial. Les Somaliens reçoivent leur statut de réfugié prima facie. Les non-Somaliens demandeurs d'asile reçoivent, quant à eux, une lettre d'attestation, valable 20 jours, pour contacter les bureaux du HCR à Sanaa ou Aden et demander l'asile.

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Le rythme d'arrivée des réfugiés somaliens au Kenya est alarmant

Les trois camps de Dadaab, dont la capacité d'accueil était initialement prévue pour 90 000 personnes, comptent désormais une population d'environ 250 000 civils somaliens, ce qui fait de ce complexe accueillant des réfugiés l'un des plus grands et des plus surpeuplés au monde. Le HCR craint l'arrivée de dizaines de milliers d'autres réfugiés en 2009 dans cette région isolée située au nord-est du Kenya, alors que la situation continue à se détériorer dans leur pays en proie à des troubles.

Les ressources, comme l'eau et la nourriture, se réduisent dangereusement dans les camps surpeuplés, avec parfois 400 familles se partageant l'usage d'un robinet d'eau. Il n'y a plus de place pour monter de nouvelles tentes, et les nouveaux arrivants doivent partager des abris déjà surpeuplés avec d'autres réfugiés.

Début 2009, le Gouvernement kényan a donné son accord pour allouer des terres supplémentaires à Dadaab, ce qui permettra d'héberger quelque 50 000 réfugiés. Les photos ci-après montrent les conditions de vie dans le camp de Dadaab en décembre 2008.

Le rythme d'arrivée des réfugiés somaliens au Kenya est alarmant

Nouvelles arrivées en Ethiopie

La contrée isolée de Dolo Ado devient le refuge de quelque 10 000 Somaliens fuyant la violence dans leur pays.

Depuis le début de l'année, environ 10 000 Somaliens ont traversé la frontière en quête de refuge et ils sont arrivés à Dolo Ado, un lieu isolé, brûlé par le soleil et situé au sud-est de l'Ethiopie - où les habitants sont majoritairement de l'ethnie somali. La plupart ont fui l'insécurité après le retrait des troupes éthiopiennes du centre et du sud de la Somalie et la reprise de ces régions par des insurgés. Au pic de l'afflux au début du mois de février 2009, quelque 150 personnes franchissaient la frontière chaque jour. En réponse à cette situation, une équipe d'urgence du HCR a été envoyée sur place pour aider à gérer un centre de transit à Dolo Ado. De plus, le HCR a fait parvenir des convois contenant des articles de secours, y compris des moustiquaires, des couvertures, des jerrycans, des batteries d'ustensiles de cuisine et des bâches en plastique. Les efforts humanitaires sont coordonnés avec d'autres agences des Nations Unies et des ONG pour assurer que les besoins sont satisfaits. Bien que de nombreux Somaliens déplacés à l'intérieur du sud et du centre de la Somalie ont commencé à rentrer, principalement vers Mogadiscio, de nombreux Somaliens restent à Dolo Ado car ils ont besoin de protection. Etant donné les faibles perspectives de rapatriement dans un avenir proche, un nouveau camp est actuellement en cours de préparation et les cas des réfugiés sont maintenant examinés.

Nouvelles arrivées en Ethiopie

Traite d'êtres humains dans le Golfe d'Aden

Fin mars, au cours d'une période de six jours, plus de 1 100 Somaliens et Éthiopiens sont arrivés sur le territoire yéménite, après avoir traversé le Golfe d'Aden à bord de bateaux de passeurs depuis Bossasso, en Somalie. Au moins 28 personnes sont mortes lors de ces voyages - d'asphyxie, des coups reçus ou de noyade - et plusieurs ont été gravement blessées par les trafiquants. D'autres souffrent de problèmes dermatologiques en raison d'un contact prolongé avec de l'eau de mer, des excréments, de l'essence ou d'autres produits chimiques.

Au cours d'une récente visite au Yémen, la Haut Commissaire assistante pour la protection, Erika Feller, s'est engagée à mieux faire connaître cette situation, à lancer un appel pour des fonds supplémentaires et pour une action internationale afin de venir en aide au Yémen, et à développer des projets qui amélioreront les conditions de vie et l'autosuffisance des réfugiés au Yémen.

Depuis janvier 2006, le Yémen a reçu près de 30 000 personnes originaires de Somalie, d'Éthiopie et d'autres pays, alors que plus de 500 personnes sont mortes pendant leur traversée. Au moins 300 sont également portées disparues. L'UNHCR aide déjà le Yémen en fournissant de l'assistance, des soins et un logement à plus de 100 000 réfugiés qui se trouvent dans le pays.

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