Près de 70 000 Sud-Soudanais nouvellement déracinés, malgré l'accord signé en mai

Articles d'actualité, 27 mai 2014

© HCR/L.F.Godinho
Un groupe de femmes et d'enfants déplacés se reposent en territoire éthiopien après avoir traversé le fleuve Baro depuis le Soudan du Sud. Environ 20 000 personnes ont fui le Soudan du Sud après un cessez-le-feu signé début mai.

JUBA, Soudan du Sud, 27 mai (HCR) Trois semaines après l'accord entre les parties en conflit au Soudan du Sud, la poursuite des combats a poussé quelque 70 000 personnes à fuir leurs maisons en quête de sécurité ailleurs dans le pays ou vers les pays voisins.

« Depuis la signature de l'Accord, en date du 9 mai dernier à Addis Abeba, pour la cessation des hostilités, le nombre des déplacés internes s'est accru de 46 000 personnes à 1 005 096 personnes », a indiqué le porte-parole Adrian Edwards mardi. « Pendant la même période, le nombre des réfugiés sud-soudanais en Ethiopie, au Kenya, au Soudan et en Ouganda a augmenté de plus de 20 000 à 370 000 personnes », a-t-il déclaré aux journalistes.

Le Soudan du Sud est en proie à un conflit civil depuis plus de six mois, aggravant une situation humanitaire déjà épouvantable. La trêve signée en début de mois est déjà la seconde.

L'Ethiopie accueille actuellement la plus importante population de réfugiés sud-soudanais avec 131 051 personnes. La plupart sont des femmes et des enfants. Les récents arrivants indiquent avoir fui les combats dans les Etats voisins de Jonglei et du Haut-Nil, particulièrement la région autour de Mathiang dans le comté de Longechuk, Etat du Haut Nil. Les personnes originaires d'autres régions ont fui par crainte d'attaques imminentes ou à cause de l'insécurité alimentaire.

Pour héberger les réfugiés, le HCR et les autorités éthiopiennes ont ouvert trois nouveaux camps cette année, dont deux d'entre eux (Leitchuor et Kule I) totalisent une population de 95 085 réfugiés. Ils sont déjà complets. Le troisième camp, Kule II, a été ouvert le 17 mai et accueille déjà 5 997 réfugiés.

« Avec 16 500 réfugiés supplémentaires qui attendent d'être transférés depuis la frontière, et une moyenne de 1 000 arrivants sud-soudanais arrivant chaque jour en Ethiopie, nous avons déjà commencé à rechercher des terrains supplémentaires pour un quatrième camp », a indiqué Adrian Edwards.

Le conflit au Soudan du Sud génère une insécurité alimentaire menaçant la vie de quatre millions de personnes. Le HCR est préoccupé par de possibles nouveaux déplacements internes ainsi que vers les pays voisins ces prochaines semaines. Le Soudan du Sud accueille également quelque 320 000 réfugiés soudanais, au sujet desquels nous sommes également préoccupés à cause des pénuries de nourriture, et tout particulièrement dans le comté de Maban, Etat du Haut-Nil.

Actuellement, au Soudan du Sud, de nombreux habitants ne peuvent ni cultiver, ni accéder à leurs sources habituelles de vivres, ni migrer avec leur bétail. Un nouveau problème affecte les personnes espérant fuir les zones de combat. Il s'agit des routes devenues impraticables et de la traversée des rivières rendue impossible à cause de la saison des pluies.

« Le HCR remercie les donateurs pour les annonces de contributions d'un montant de 600 millions de dollars, la semaine dernière à Oslo. Ces fonds serviront à financer les opérations humanitaires des Nations Unies visant à soulager les souffrances des personnes déracinées au Soudan du Sud ou dans les pays voisins. Ceci inclue des opérations à l'intérieur du Soudan du Sud, ainsi que dans les quatre pays hébergeant des réfugiés sud-soudanais », a indiqué Adrian Edwards.

• FAITES UN DON •

 

• COMMENT NOUS AIDER • • RESTEZ INFORMÉS •

Manuel pour la protection des déplacés internes

Dans plus de 50 pays du monde entier, quelque 24 millions de personnes sont déracinées et déplacées dans leur propre pays suite à un conflit ou à des violations des droits de l'homme.

Personnes déplacées internes

Les personnes déplacées fuient en quête de sécurité dans d'autres régions au sein même de leur pays, où ils ont besoin d'une aide.

Crise au Soudan du Sud : Appel urgent

Donnez maintenant et aidez des dizaines de milliers de personnes fuyant le Soudan du Sud pour échapper à la violence.

Donnez pour cette crise

Les Soudanais rentrent dans le Sud pour le référendum

A la veille du référendum portant sur l'autodétermination du Sud-Soudan le 9 janvier 2011, des dizaines de milliers de personnes qui vivaient dans le nord du Soudan ont plié bagage pour rentrer dans leurs villages d'origine au sud du pays. Le HCR a établi des points d'escale le long des axes de retour vers le Sud-Soudan, afin de distribuer des vivres aux voyageurs et de leur fournir un lieu sûr pour qu'ils se reposent durant ce pénible voyage. Plusieurs cas d'attaques et de viols perpétrés contre des voyageurs ont justifié l'ouverture de ces centres où les femmes, les enfants et les personnes handicapées peuvent passer la nuit. Le HCR a mobilisé des ressources pour répondre aux besoins de 50 000 personnes, dans l'éventualité d'un déplacement massif suite aux résultats du vote.

Les Soudanais rentrent dans le Sud pour le référendum

Crise sanitaire au Soudan du Sud

Quelque 105 000 réfugiés se sont regroupés dans le Comté de Maban, au Soudan du Sud. De graves risques pèsent sur la santé de nombre d'entre eux. Le HCR et ses partenaires travaillent d'arrache-pied pour prévenir et contenir l'épidémie de paludisme et plusieurs maladies hydriques.

La plupart des réfugiés, notamment les enfants et les personnes âgées, sont arrivés très affaiblis dans les camps. Or, les pluies incessantes ont tendance à exacerber la situation, les flaques d'eau se transformant vite en foyer d'incubation de moustiques porteurs du paludisme. Qui plus est, un simple rhume suffit pour que l'état de malnutrition modérée dont souffrent les enfants et personnes âgées se transforme en malnutrition sévère.

C'est dans le camp de Yusuf Batil, dans le Comté de Maban, que la situation se fait la plus critique puisque 15 % des enfants de moins de cinq ans y souffrent de malnutrition aiguë.

Le HCR et ses partenaires font tout leur possible pour prévenir et lutter contre la maladie. Dans le camp de Yusuf Batil, 200 professionnels de la santé des communautés vont de foyer en foyer afin d'enseigner aux réfugiés les règles d'hygiène de base, telles que la nécessité de se laver les mains ou encore comment reconnaître les signes de maladie. S'ils en ont besoin, les enfants reçoivent des aliments nutritifs tels que des Plumpy'nut. Un hôpital spécialisé dans le traitement de patients atteints du choléra a d'ailleurs ouvert ses portes. Parallèlement, des moustiquaires ont été distribuées dans tous les camps à des fins de prévention du paludisme.

Crise sanitaire au Soudan du Sud

L'objet le plus important

Depuis novembre 2011, plus de 105 000 réfugiés ont traversé la frontière qui sépare l'État du Nil Bleu, au Soudan, de celui du Haut-Nil, au Soudan du Sud. Le voyage, généralement réalisé à pied, passe par de dangereuses zones de conflit et emprunte des routes secondaires que les fortes pluies ont rendues presque impraticables. Les réfugiés, pour la plupart, fuient précipitamment, n'emportant que ce qu'ils peuvent porter et parfois rien d'autre que les vêtements qu'ils ont sur le dos. Certains arrivent malades ou blessés, et beaucoup ont souffert de la faim au cours du trajet. Le photojournaliste Brian Sokol a demandé à plusieurs réfugiés au Soudan du Sud de lui montrer l'objet le plus important qu'ils avaient emporté avec eux. Nous vous invitons à lire son photoreportage pour découvrir les objets qu'ils ont choisis.

L'objet le plus important

Soudan du Sud : née en plein conflitPlay video

Soudan du Sud : née en plein conflit

Nyariek est née alors que le conflit affecte de nouveau son tout jeune pays, le Soudan du Sud. Mais quelques jours après, elle a vécu une tragédie, lorsque sa mère a été tuée lors d'une attaque.
Soudan du Sud : Le chef du HCR Play video

Soudan du Sud : Le chef du HCR

Le Haut Commissaire du HCR se rend auprès des réfugiés dans l'installation de Yida, située non loin de la frontière avec le Soudan en proie à l'instabilité.
Soudan du Sud : Fier d'aider les réfugiésPlay video

Soudan du Sud : Fier d'aider les réfugiés

D'anciens réfugiés ont été embauchés au HCR au Soudan du Sud pour venir en aide aux réfugiés soudanais.