Le HCR et le PAM cherchent à accéder aux personnes vulnérables et aux réfugiés au Soudan du Sud

Articles d'actualité, 2 mai 2014

© HCR/P.Rulashe
De jeunes réfugiés soudanais à Yusuf Batil, l'un des camps du comté de Maban.

JUBA, 2 mai 2014 Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) et le Programme alimentaire mondial (PAM) appellent toutes les parties au conflit au Soudan du Sud à garantir un accès sûr pour l'acheminement de l'aide humanitaire aux personnes vulnérables, y compris 125 000 réfugiés soudanais vivant dans le comté de Maban, Etat du Haut Nil.

Il est encore temps d'acheminer des cargaisons de vivres par la route, rendant ainsi possibles de vastes économies d'échelle si un accès sûr est garanti. Sans accès routier, des opérations couteuses de transport aérien seront le seul recours possible pour transporter l'aide humanitaire nécessaire d'urgence.

Le réapprovisionnement des camps de réfugiés dans le comté de Maban est entravé par l'insécurité continue et la poursuite des combats sur les itinéraires de ravitaillement, empêchant le PAM de distribuer régulièrement aux réfugiés des stocks de vivres nécessaires à la survie. De ce fait, l'agence et ses partenaires ont été forcés de distribuer, en mars et en avril, des rations alimentaires réduites aux réfugiés qui dépendent largement de cette aide pour survivre.

Les réfugiés ont recours à des mécanismes d'adaptation négatifs comme, par exemple, vendre des articles non alimentaires ou brûler du bois initialement destiné à construire des latrines afin de produire du charbon et de le vendre. Parallèlement, des informations inquiétantes font état d'au moins 200 réfugiés qui sont retournés au Soudan dans l'Etat du Nil Bleu en proie au conflit, en quête de nourriture et d'autres produits de première nécessité.

« Ceci pourrait lancer une tendance inquiétante sur notre incapacité à effectuer régulièrement les livraisons de vivres et d'autres articles essentiels », a indiqué Cosmas Chanda, Représentant du HCR au Soudan du Sud. En soulignant l'urgence du pré-positionnement de suffisamment de vivres pour les six prochains mois, il ajoute, « les routes vers Maban vont bientôt être impraticables pendant la saison des pluies, qui a déjà commencé. »

Le HCR est vivement préoccupé par la hausse du taux de malnutrition parmi les enfants réfugiés dans les quatre camps où il s'approche du seuil d'alerte de 15%. Selon certaines indications, au camp de Doro, le taux de malnutrition aigüe a brusquement augmenté en février et mars.

Le PAM distribuera cette semaine aux réfugiés les derniers stocks de vivres restants dans le comté de Maban. Ces rations alimentaires vont durer moins d'une semaine pour les réfugiés. Parallèlement, le PAM utilise un avion pour acheminer des stocks alimentaires supplémentaires dans les camps d'ici cinq jours. Plus de 2 300 tonnes de vivres sont nécessaires chaque mois pour venir en aide aux réfugiés soudanais et aux communautés hôtes vulnérables dans le comté de Maban.

« Nous avons des stocks de vivres qui pourraient être acheminés dans les camps de réfugiés en quelques jours par la route. Mais la poursuite des combats sur des itinéraires clés pour le transport de ces vivres nous empêche de livrer des stocks suffisants dans le comté de Maban pour aider les réfugiés », a indiqué Mike Sackett, Directeur ad interim du PAM au Soudan. « Nous utilisons en priorité les avions et les hélicoptères disponibles pour livrer des vivres à la fois aux réfugiés et aux populations sud-soudanaises affectés par la crise. En fin de compte, retrouver l'accès par la route vers le comté de Maban et d'autres communautés isolées du fait du conflit s'avère essentiel pour éviter une catastrophe humanitaire au Soudan du Sud. »

Les organisations humanitaires sont confrontées à d'importants défis pour accéder à de nombreuses régions du pays par la route et la rivière. L'insécurité et les combats sont des obstacles clés, mais même dans les zones sans conflit actif, les transporteurs commerciaux affrétés par les agences ont parfois été confrontés au banditisme, à d'autres types d'attaques, à des barrages routiers et à des demandes de pots-de-vin.

Le PAM a recours à la fois à des ponts aériens et à des largages dans les zones reculées et difficiles d'accès, pour surmonter des problèmes comme les pillages et la poursuite des combats.

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A la veille du référendum portant sur l'autodétermination du Sud-Soudan le 9 janvier 2011, des dizaines de milliers de personnes qui vivaient dans le nord du Soudan ont plié bagage pour rentrer dans leurs villages d'origine au sud du pays. Le HCR a établi des points d'escale le long des axes de retour vers le Sud-Soudan, afin de distribuer des vivres aux voyageurs et de leur fournir un lieu sûr pour qu'ils se reposent durant ce pénible voyage. Plusieurs cas d'attaques et de viols perpétrés contre des voyageurs ont justifié l'ouverture de ces centres où les femmes, les enfants et les personnes handicapées peuvent passer la nuit. Le HCR a mobilisé des ressources pour répondre aux besoins de 50 000 personnes, dans l'éventualité d'un déplacement massif suite aux résultats du vote.

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Crise sanitaire au Soudan du Sud

Quelque 105 000 réfugiés se sont regroupés dans le Comté de Maban, au Soudan du Sud. De graves risques pèsent sur la santé de nombre d'entre eux. Le HCR et ses partenaires travaillent d'arrache-pied pour prévenir et contenir l'épidémie de paludisme et plusieurs maladies hydriques.

La plupart des réfugiés, notamment les enfants et les personnes âgées, sont arrivés très affaiblis dans les camps. Or, les pluies incessantes ont tendance à exacerber la situation, les flaques d'eau se transformant vite en foyer d'incubation de moustiques porteurs du paludisme. Qui plus est, un simple rhume suffit pour que l'état de malnutrition modérée dont souffrent les enfants et personnes âgées se transforme en malnutrition sévère.

C'est dans le camp de Yusuf Batil, dans le Comté de Maban, que la situation se fait la plus critique puisque 15 % des enfants de moins de cinq ans y souffrent de malnutrition aiguë.

Le HCR et ses partenaires font tout leur possible pour prévenir et lutter contre la maladie. Dans le camp de Yusuf Batil, 200 professionnels de la santé des communautés vont de foyer en foyer afin d'enseigner aux réfugiés les règles d'hygiène de base, telles que la nécessité de se laver les mains ou encore comment reconnaître les signes de maladie. S'ils en ont besoin, les enfants reçoivent des aliments nutritifs tels que des Plumpy'nut. Un hôpital spécialisé dans le traitement de patients atteints du choléra a d'ailleurs ouvert ses portes. Parallèlement, des moustiquaires ont été distribuées dans tous les camps à des fins de prévention du paludisme.

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L'objet le plus important

Depuis novembre 2011, plus de 105 000 réfugiés ont traversé la frontière qui sépare l'État du Nil Bleu, au Soudan, de celui du Haut-Nil, au Soudan du Sud. Le voyage, généralement réalisé à pied, passe par de dangereuses zones de conflit et emprunte des routes secondaires que les fortes pluies ont rendues presque impraticables. Les réfugiés, pour la plupart, fuient précipitamment, n'emportant que ce qu'ils peuvent porter et parfois rien d'autre que les vêtements qu'ils ont sur le dos. Certains arrivent malades ou blessés, et beaucoup ont souffert de la faim au cours du trajet. Le photojournaliste Brian Sokol a demandé à plusieurs réfugiés au Soudan du Sud de lui montrer l'objet le plus important qu'ils avaient emporté avec eux. Nous vous invitons à lire son photoreportage pour découvrir les objets qu'ils ont choisis.

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