La Jordanie ouvre le nouveau camp d'Azraq dans le désert pour les réfugiés syriens

Articles d'actualité, 30 avril 2014

© HCR/J.Kohler
Abou Saleh et sa famille se familiarisent avec leur nouvel environnement dans le camp de réfugiés d'Azraq.

CAMP D'AZRAQ, Jordanie, 30 avril (HCR) Après un dangereux périple de 1 000 kilomètres pour échapper à la violence en Syrie, Abou Saleh et sa famille ont traversé la frontière de nuit vers la Jordanie voisine sans savoir ce qu'il adviendrait d'eux ensuite.

Deux jours après avoir fui leur domicile en Syrie, ils faisaient partie d'un premier groupe de 230 réfugiés syriens à arriver au camp d'Azraq. Ce camp vient d'ouvrir, il est situé au milieu du désert, à 100 kilomètres à l'est d'Amman, la capitale jordanienne.

Le camp d'Azraq a officiellement ouvert ses portes aujourd'hui. Il sera géré par les autorités jordaniennes avec l'appui du HCR et de ses partenaires humanitaires. Ce camp a été ouvert pour soulager la pression portée sur le camp de Za'atri, localisé à environ 80 kilomètres au nord-ouest. Avec près de 100 000 résidents, Za'atri est l'un des plus grands camps de réfugiés au monde et il est à court d'espace.

On compte actuellement près de 5 000 logements à Azraq, ce qui représente une capacité d'accueil initiale allant jusqu'à 25 000 réfugiés. Les constructions en zinc et en acier sont conçues pour offrir une meilleure isolation par rapport aux vents violents et aux températures extrêmes dans le désert de l'est de la Jordanie, en comparaison aux tentes et aux caravanes de Za'atri.

Abou Saleh et sa famille ont emménagé dans l'un de ces logements. Abou Saleh, 47 ans, était agriculteur dans la province d'Al-Hassakeh au nord de la Syrie. La famille a vécu durant deux ans sans eau ni électricité. Il ne pouvait plus produire suffisamment pour nourrir sa femme, leurs quatre filles et leurs trois fils, âgés de 18 mois à 21 ans.

Quand les combats sont arrivés aux portes de son village, Abou Saleh a expliqué qu'il ne voyait plus d'autre solution que de quitter la Syrie en quête d'un refuge à l'étranger. Il a payé environ 500 000 livres syriennes (soit près de 3 400 dollars) pour le transport de sa famille par la route depuis Al-Hassakeh vers une destination à environ six kilomètres de la frontière jordanienne.

Le voyage a duré 48 heures durant lesquelles il leur aura fallu traverser plusieurs zones de conflit. Ils ont parfois été obligés de marcher. « Nous avons appris que 28 personnes avaient été tuées en chemin vers la Jordanie, deux jours avant notre départ. Nous étions donc très inquiets », a expliqué Abou Saleh au HCR. « Plusieurs fois, nous avons dû sortir des voitures et partir séparément à pied pour éviter qu'une bombe ne tue toute ma famille. »

Une fois arrivés à la frontière, les autorités jordaniennes les ont transportés vers un centre d'enregistrement, ainsi que des dizaines d'autres familles réfugiées. C'est là qu'ils ont appris qu'ils seraient parmi les premiers résidents du camp d'Azraq.

Assise en tailleur à même le sol de leur hébergement d'une dimension de six mètres sur quatre, dans le nouveau camp, sa femme Oum Saleh fait part d'émotions partagées. « Nous avons tout abandonné derrière nous. Laisser sa maison est une décision émotionnellement difficile pour tout le monde », a-t-elle indiqué. « Mais nous sommes heureux d'être ici et je suis heureuse que ma famille soit en sécurité. »

Les rangées d'abris blancs s'étendent à perte de vue dans le désert et ils sont disposés par petits groupes de 12. Chaque groupe a ses propres salles de bains et latrines. L'objectif est de permettre aux familles élargies et à leurs connaissances de vivre ensemble, ce qui permet une plus grande protection et un sens accru de la communauté.

Alors que les premiers réfugiés sont transportés par camion avec leurs affaires vers leurs abris, ils passent des rangées de logements en construction. Lorsque les constructions seront terminées, le site d'Azraq établi sur un terrain de 15 kilomètres carrés aura alors une capacité d'accueil allant jusqu'à 130 000 résidents.

Le nouveau camp aidera à faire face à l'afflux des réfugiés en provenance de la Syrie avec en moyenne 600 arrivants par jour. Il met également en lumière la nature prolongée de cette crise humanitaire, a déclaré Bernadette Castel-Hollingsworth, chef du bureau du HCR sur le terrain à Azraq.

« Ce camp témoigne de la détérioration continue de la situation en Syrie, mais aussi de l'engagement continu des autorités jordaniennes et du peuple jordanien pour accueillir des réfugiés ici », a-t-elle encore indiqué. Les conditions ne seront pas faciles pour les réfugiés qui y vivent. Elle espère toutefois qu'ils pourront s'adapter à leur nouvel environnement au camp et se l'approprier.

Pour l'instant, les nouveaux résidents du camp d'Azraq sont heureux d'avoir pu rejoindre un lieu sûr, mais ils demeurent incertains sur leurs perspectives d'avenir. Abou Ahmed, 46 ans, a fui avec sa femme, sa fille et deux fils depuis Ghouta, près de Damas, après plus d'un an et demi de déplacement interne suite à la destruction de leur maison. Il explique qu'il ne pouvait plus trouver aucune nourriture et qu'il a dû se nourrir d'herbe et de champignons pour survivre.

A son arrivée à Azraq, sa priorité essentielle est de se reposer. « Je ne peux pas retourner en Syrie et je n'ai aucune idée de ce que je vais faire ici en Jordanie », a-t-il expliqué. « D'abord, je me réjouis de pouvoir dormir avec un toit au-dessus de la tête et sans entendre le bruit des explosions. »

Par Charlie Dunmore au camp d'Azraq, Jordanie

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La rentrée scolaire des enfants iraquiens en Syrie

L'UNHCR a pour objectif d'aider 25 000 enfants réfugiés à retourner à l'école en Syrie, en soutenant financièrement leurs familles et en leur fournissant des uniformes et du matériel scolaire. Environ 1,4 million d'Iraquiens sont réfugiés en Syrie ; la plupart ont fui l'extrême violence sectaire déclenchée par le bombardement de la Mosquée d'Or de Samarra en 2006.

Pour de nombreux parents réfugiés iraquiens, l'éducation est une priorité d'une importance équivalente à celle de la sécurité. En Iraq, à cause de la violence et des déplacements forcés, les enfants iraquiens n'allaient pas régulièrement à l'école et nombre d'enfants réfugiés ont manqué une bonne partie de leur scolarité. Bien que l'éducation soit gratuite en Syrie, des frais pour l'achat de fournitures, d'uniformes et les frais de transport ne permettent pas d'accéder à l'éducation. Par ailleurs, de nombreux enfants réfugiés sont contraints de travailler plutôt que de fréquenter l'école, pour subvenir aux besoins de leur famille.

Afin d'encourager les familles iraquiennes défavorisées à inscrire leurs enfants à l'école, l'UNHCR prévoit d'aider financièrement au moins 25 000 enfants en âge d'être scolarisés et de fournir des uniformes, des livres et des fournitures scolaires aux réfugiés iraquiens enregistrés auprès de l'agence. L'UNHCR va également informer les réfugiés sur leur droit d'envoyer leurs enfants à l'école, et soutiendra les programmes d'ONG en faveur des enfants qui travaillent.

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Les Libanais de retour reçoivent de l'aide

Les équipes de l'UNHCR ont commencé dès la deuxième quinzaine d'août 2006 à distribuer de l'aide humanitaire dans les villages meurtris du sud du Liban. Des tentes, des bâches en plastique et des couvertures sont distribuées aux personnes les plus vulnérables. Le matériel de l'UNHCR provient des entrepôts de Beyrouth, Saïda et Tyr, et continue d'arriver au Liban par voie aérienne, maritime et par camion.

Bien que 90 pour cent des personnes déplacées soient rentrées chez elles dans les premiers jours qui ont suivi le cessez-le-feu du 14 août, de nombreux Libanais n'ont pas pu regagner leur foyer et sont hébergés chez des proches ou dans des abris publics, tandis que quelques milliers sont restés en Syrie.

Depuis le début de la crise à la mi-juillet, l'UNHCR a acheminé 1 553 tonnes de matériel de secours en Syrie et au Liban pour venir en aide aux victimes du conflit. Cela représente environ 15 000 tentes, 154 510 couvertures, 53 633 matelas et 13 474 kits de cuisine. L'agence pour les réfugiés a également importé 5 camions et 15 autres sont en route.

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Depuis 2003, des Palestiniens, des Kurdes iraniens, des Iraniens, des Soudanais et des Somaliens vivent dans ce désert jordanien. Ils subissent des conditions climatiques extrêmes : la chaleur torride en été et le froid glacial en hiver. L'UNHCR et ses partenaires ont distribué des tentes et des biens de secours. L'agence pour les réfugiés a tenté de trouver des solutions - en participant à la réinstallation de plus de 1 000 personnes dans des pays tiers. Début 2007, 119 personnes - pour la plupart des Palestiniens - étaient encore présentes au camp de Ruweished, sans aucune solution immédiate en vue.

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L'année dernière, plus de 13 000 personnes sont arrivées à Lampedusa en Italie. Beaucoup d'autres sont mortes durant la tentative de traversée. De jeunes hommes originaires du continent africain aux familles syriennes…. Tous partagent le même rêve…. de sécurité et de stabilité en Europe.