Le HCR réitère son appel à protéger les déplacés après l'attaque d'un convoi en République centrafricaine

Articles d'actualité, 29 avril 2014

© HCR/A.Greco
Ces déplacés internes vivent dans une école de la ville de Bossangoa. Leur vie est menacée, tout comme 15 000 autres musulmans dans des sites alentours.

BANGUI, République centrafricaine, 29 avril (HCR) Le HCR a souligné mardi la nécessité d'assurer une protection physique aux communautés déplacées au lendemain d'une attaque meurtrière à la grenade contre un convoi humanitaire.

Le convoi transportait des membres de la communauté musulmane vers des lieux sûrs à Kabo et à Moyen Sido dans le nord du pays. Il a été attaqué à la grenade. Celle-ci aurait été lancée par un milicien anti-balaka. L'attaque s'est produite à Dissikou. Elle a causé deux morts et six blessés.

« Le HCR condamne l'attaque et présente ses condoléances aux familles des victimes. L'organisation souligne la nécessité d'assurer la protection physique des communautés déplacées qui sont menacées », a déclaré la porte-parole du HCR, Fatoumata Lejeune-Kaba, aux journalistes.

Le convoi, comportant 18 camions, transportait 1 300 personnes qui étaient auparavant prises au piège dans le quartier du PK12 en proie à des troubles, dans la capitale Bangui. Ils avaient fui leurs maisons vers le quartier du PK12 pour échapper aux violences intercommunautaires déchirant le pays depuis décembre 2013. Cependant, le quartier du PK12 a ensuite été lui-même menacé. Depuis, les déplacés vivent dans la peur constante d'attaques. Ils n'ont pas assez de nourriture et ils vivent dans des conditions sordides du fait du manque d'installations d'assainissement.

En prenant en compte leur demande de transfert vers des lieux plus sûrs et du fait de la menace grave et imminente pour leur vie, l'équipe des Nations Unies dans le pays a organisé leur transfert qui a débuté ce dimanche. L'opération a été décidée en tant que mesure de dernier ressort, sous la direction de Claire Bourgeois, Coordonnateur humanitaire des Nations Unies pour la République centrafricaine.

Le convoi a effectué une étape dimanche soir près de Sibut, avant de poursuivre son voyage d'une durée totale de trois jours. Lundi, malgré l'attaque, le convoi a continué sa route vers Kaga Bandoro, où les personnes blessées ont reçu une assistance médicale. Selon une équipe du HCR accompagnant le convoi, trois enfants sont nés durant le voyage.

Il s'agissait de la deuxième opération de transfert depuis le quartier du PK 12, après le transport vers Bambari en date du 20 avril dernier, de 93 personnes, y compris 35 enfants. « Le HCR a participé à ces opérations en vue de notre engagement à promouvoir les droits de l'homme de toutes les personnes déplacées internes, en particulier le droit à la sécurité physique, indépendamment de leur appartenance communautaire. Le HCR s'engage à sauver des vies humaines et à améliorer le sort de toutes les personnes déplacées en travaillant avec les autorités dans cet objectif », a déclaré Fatoumata Lejeune-Kaba.

On compte actuellement plus de 600 000 déplacés internes en République centrafricaine, y compris plus de 15 000 musulmans dont la vie est menacée. Ils sont encerclés et menacés par des miliciens dans 15 localités à travers tout l'ouest du pays.

Le HCR et ses partenaires soutiennent les efforts de médiation visant à la coexistence pacifique. Ces efforts ont déjà donné des résultats positifs par exemple à Bouboua, où les habitants sont récemment rentrés de la brousse où ils avaient trouvé refuge. Le HCR et d'autres membres de la communauté humanitaire cherchent, via cette opération de médiation, à augmenter les retours de personnes restant déplacées en RCA, ainsi que pour la population de plus de 348 000 réfugiés ayant fui vers les pays voisins.

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Manuel pour la protection des déplacés internes

Dans plus de 50 pays du monde entier, quelque 24 millions de personnes sont déracinées et déplacées dans leur propre pays suite à un conflit ou à des violations des droits de l'homme.

Personnes déplacées internes

Les personnes déplacées fuient en quête de sécurité dans d'autres régions au sein même de leur pays, où ils ont besoin d'une aide.

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Nombre des déplacés internes vivent dans la brousse, non loin de leurs villages. Ils y ont construit des abris de paille et d'herbe, ils cultivent des légumes et ils crééent même des écoles de brousse pour leurs enfants. Cependant, l'accès à l'eau potable et aux soins de santé demeure un vaste problème. De nombreux enfants souffrent de diarrhées et du paludisme, mais leurs parents ont trop peur de les emmener dans des hôpitaux ou des cliniques pour les faire soigner.

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Des batailles de rue ont déplacé environ 400 000 personnes uniquement à Bangui, la capitale. Quelque 100 000 d'entre elles ont trouvé refuge à l'Aéroport international et bénéficient d'une relative protection de la part d'une force de l'Union africaine et des militaires français qui sont basés à l'aéroport. A la fois les civils chrétiens et musulmans craignent des attaques de représailles de la part des rebelles et des militants si d'aventure ils rentraient chez eux. D'énormes défis humanitaires sont à relever pour approvisionner les camps en abris, en eau potable, en latrines, en vivres et pour assurer des soins médicaux. Le HCR a répondu en fournissant des tentes et des articles non alimentaires aux personnes déplacées à l'aéroport et dans des églises dans la capitale.

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