Hors des camps en Jordanie, les familles syriennes luttent pour survivre

Articles d'actualité, 18 mars 2014

© HCR/O.Laban-Mattei
Une mère syrienne et ses enfants arrivent dans un sous-sol insalubre où ils vivent à Amman, la capitale jordanienne.

AMMAN, Jordanie, 18 mars (HCR) Le HCR a déclaré mardi que des centaines de milliers de Syriens forcés de vivre en exil en Jordanie sont confrontés à une nouvelle crise humanitaire car ils luttent pour survivre en dehors des camps de réfugiés.

Ce signal d'alarme est lancé dans un rapport publié par le HCR et International Relief and Development (IRD). Celui-ci met en lumière la lutte quotidienne des réfugiés pour leur survie. Quelque 450 000 Syriens doivent faire face à la hausse des loyers, à des logements insalubres et à des problèmes pour la scolarisation de leurs enfants.

Le rapport est basé sur 92 000 interviews menées durant des visites à domicile en 2012 et 2013. Il reflète l'inquiétude croissante sur le fait que beaucoup de réfugiés ne peuvent plus faire face, car la crise en Syrie entre dans sa quatrième année.

L'étude fait état du dilemme auquel sont confrontés les réfugiés pour leur survie en milieu urbain, et ce malgré la générosité et le soutien que la Jordanie continue de leur offrir, y compris les services publics gratuits pour les soins de santé et l'éducation.

« Après avoir fui l'horreur du conflit déchirant leur pays, des centaines de milliers de Syriens qui ont fui la violence et les privations sont désormais confrontés à une seconde crise en tant que réfugiés », a indiqué Andrew Harper, Représentant du HCR en Jordanie. « La survie des réfugiés syriens en Jordanie ne tient qu'à un fil. Il leur faut conserver un toit au-dessus de leurs têtes et gagner suffisamment d'argent pour survivre. »

Près de quatre réfugiés sur cinq en Jordanie vivent en dehors des camps formels, mais très peu d'entre eux bénéficient de l'attention de la communauté internationale donnée au camp de Za'atri au nord de la Jordanie. Le personnel du HCR et d'IRD se sont entretenus avec des dizaines de milliers de familles pour identifier les besoins et aider la majorité silencieuse des réfugiés qui vivent dans des villes grandes et moyennes à travers tout le pays.

Selon le rapport, les ressources des réfugiés syriens s'épuisent et beaucoup d'entre eux se tournent vers des « mécanismes d'adaptation négatifs » pour joindre les deux bouts, ce qui les expose à des risques d'exploitation.

Plus de 90% de l'échantillon de la population urbaine étudiée vit dans des logements loués, peut-on lire dans le rapport. Les loyers pour les Syriens ont augmenté en 2012 et 2013, parfois jusqu'à 25% dans certaines localités. Le loyer s'élevait en moyenne à 135 dinars jordaniens (ou environ 190 dollars) et représentait les deux tiers des dépenses pour les familles réfugiées. La moitié des réfugiés syriens estiment qu'ils vivent dans des logements insalubres. Dans ces appartements mal ventilés, il y a de l'humidité et des moisissures.

Selon l'étude, 61% des enfants syriens appartenant aux familles interrogées n'ont pas été scolarisés durant l'année scolaire 2012-13. Parmi les enfants qui sont scolarisés, 5% ont rapporté avoir abandonné l'école. Le HCR et ses partenaires continuent d'en identifier les raisons, qui incluent l'adaptation au programme jordanien, l'incapacité de rattraper le retard, l'obligation de gagner de l'argent pour subvenir aux besoins de la famille et, tout aussi important, les capacités poussées à leur limite pour le système d'éducation public jordanien.

« Les enfants syriens ont déjà perdu leur passé. Maintenant, nous ne devons pas laisser une génération perdre également son avenir », a indiqué Andrew Harper, le Représentant du HCR en Jordanie. « Les enfants syriens en Jordanie doivent recevoir les compétences pour se reconstruire eux-mêmes et pour l'avenir de leur pays. »

Le rapport suggère également que les réfugiés syriens deviennent de plus de plus autonomes. L'accès au travail légal en Jordanie est un défi pour les réfugiés. Cependant, la proportion des cas disant recevoir un salaire issu d'un emploi a augmenté de 28% à 36% entre 2012 et 2013. La proportion des réfugiés qui ont rapporté recevoir un salaire venant de l'assistance humanitaire et des organisations de charité a baissé de 63% à 49%.

Le HCR et IRD continuent d'interviewer environ 10 000 familles de réfugiés chaque mois pour mieux comprendre les vulnérabilités qu'elles soient nouvelles ou que d'anciennes vulnérabilités se soient aggravées parmi les familles réfugiées. Cela permettra de mieux cibler les services et les programmes d'aide en répondant aux besoins des réfugiés, alors que la crise en Syrie s'aggrave encore.

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La rentrée scolaire des enfants iraquiens en Syrie

L'UNHCR a pour objectif d'aider 25 000 enfants réfugiés à retourner à l'école en Syrie, en soutenant financièrement leurs familles et en leur fournissant des uniformes et du matériel scolaire. Environ 1,4 million d'Iraquiens sont réfugiés en Syrie ; la plupart ont fui l'extrême violence sectaire déclenchée par le bombardement de la Mosquée d'Or de Samarra en 2006.

Pour de nombreux parents réfugiés iraquiens, l'éducation est une priorité d'une importance équivalente à celle de la sécurité. En Iraq, à cause de la violence et des déplacements forcés, les enfants iraquiens n'allaient pas régulièrement à l'école et nombre d'enfants réfugiés ont manqué une bonne partie de leur scolarité. Bien que l'éducation soit gratuite en Syrie, des frais pour l'achat de fournitures, d'uniformes et les frais de transport ne permettent pas d'accéder à l'éducation. Par ailleurs, de nombreux enfants réfugiés sont contraints de travailler plutôt que de fréquenter l'école, pour subvenir aux besoins de leur famille.

Afin d'encourager les familles iraquiennes défavorisées à inscrire leurs enfants à l'école, l'UNHCR prévoit d'aider financièrement au moins 25 000 enfants en âge d'être scolarisés et de fournir des uniformes, des livres et des fournitures scolaires aux réfugiés iraquiens enregistrés auprès de l'agence. L'UNHCR va également informer les réfugiés sur leur droit d'envoyer leurs enfants à l'école, et soutiendra les programmes d'ONG en faveur des enfants qui travaillent.

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Les Libanais de retour reçoivent de l'aide

Les équipes de l'UNHCR ont commencé dès la deuxième quinzaine d'août 2006 à distribuer de l'aide humanitaire dans les villages meurtris du sud du Liban. Des tentes, des bâches en plastique et des couvertures sont distribuées aux personnes les plus vulnérables. Le matériel de l'UNHCR provient des entrepôts de Beyrouth, Saïda et Tyr, et continue d'arriver au Liban par voie aérienne, maritime et par camion.

Bien que 90 pour cent des personnes déplacées soient rentrées chez elles dans les premiers jours qui ont suivi le cessez-le-feu du 14 août, de nombreux Libanais n'ont pas pu regagner leur foyer et sont hébergés chez des proches ou dans des abris publics, tandis que quelques milliers sont restés en Syrie.

Depuis le début de la crise à la mi-juillet, l'UNHCR a acheminé 1 553 tonnes de matériel de secours en Syrie et au Liban pour venir en aide aux victimes du conflit. Cela représente environ 15 000 tentes, 154 510 couvertures, 53 633 matelas et 13 474 kits de cuisine. L'agence pour les réfugiés a également importé 5 camions et 15 autres sont en route.

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Réfugiés non-iraquiens en Jordanie : La vie dans un camp isolé du désert, sans aucune solution en vue

Suite à la chute du régime de Saddam Hussein en 2003, des groupes de réfugiés vivant en Iraq depuis de nombreuses années ont tenté de fuir le désordre et l'anarchie. Des centaines de personnes ont fui vers la frontière jordanienne, des Palestiniens depuis Bagdad et des Kurdes iraniens depuis le camp d'Al Tash dans le centre de l'Iraq.

A l'exception de quelques Palestiniens ayant pu rejoindre des proches en Jordanie, les réfugiés se sont vus refuser l'entrée et la libre circulation dans ce pays. Des milliers d'entre eux se sont alors retrouvés bloqués dans le no man's land entre l'Iraq et la Jordanie, ou dans le camp de Ruweished, situé dans le désert à 60 kilomètres à l'intérieur du pays.

Depuis 2003, des Palestiniens, des Kurdes iraniens, des Iraniens, des Soudanais et des Somaliens vivent dans ce désert jordanien. Ils subissent des conditions climatiques extrêmes : la chaleur torride en été et le froid glacial en hiver. L'UNHCR et ses partenaires ont distribué des tentes et des biens de secours. L'agence pour les réfugiés a tenté de trouver des solutions - en participant à la réinstallation de plus de 1 000 personnes dans des pays tiers. Début 2007, 119 personnes - pour la plupart des Palestiniens - étaient encore présentes au camp de Ruweished, sans aucune solution immédiate en vue.

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Malala Yousafzai s'est rendue dans le camp de réfugiés de Zaatari avec un message : les enfants veulent un avenir… ils ont des rêves et ils ont besoin d'aller à l'école.
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L'afflux est important pour Arsal, une ville libanaise qui tente de faire face. Des abris d'urgence ont été installés dans tous les espaces disponibles de la ville. Les autorités locales, le HCR et ses partenaires font leur possible pour gérer l'afflux des réfugiés.
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L'année dernière, plus de 13 000 personnes sont arrivées à Lampedusa en Italie. Beaucoup d'autres sont mortes durant la tentative de traversée. De jeunes hommes originaires du continent africain aux familles syriennes…. Tous partagent le même rêve…. de sécurité et de stabilité en Europe.