Un projet pilote innovant pour la planification et la conception de camps de réfugiés au Rwanda

Agir pour faire la différence, 7 mars 2014

© UNHCR
Des infrastructures complètes (hébergements, hangars, latrines) pour les premiers quelques convois de refugiés.

MUGOMBWA, Rwanda, 7 mars (HCR) L'agence des Nations Unies pour les réfugiés a ouvert un nouveau camp qui hébergera des milliers de réfugiés congolais au sud du Rwanda. C'est un banc d'essai en matière de planification et de conception d'un camp.

Mi-février, le HCR a commencé à transférer des réfugiés du camp de transit surpeuplé de Nkamira, dans l'ouest du Rwanda, au camp de Mugombwa. Ce camp de réfugiés, le cinquième au Rwanda, a été installé sur des terres allouées par le gouvernement dans la province du sud qui accueille également le camp de Kigeme, ouvert il y a deux ans.

Le transfert vers Mugombwa de quelque 9 000 réfugiés, principalement congolais, au cours des trois prochains mois permettra de décongestionner Nkamira et d'offrir une capacité d'hébergement en cas de nouvel afflux de réfugiés. Le nouveau camp pourra accueillir quelque 20 000 personnes.

Mais le HCR utilisera également le camp de Mugombwa comme projet pilote pour l'élaboration d'un schéma directeur en matière de planification, de conception et de construction de camps de réfugiés plus efficaces garantissant une meilleure protection et des liens plus étroits avec la communauté locale tout en répondant mieux aux besoins des réfugiés. L'agence pour les réfugiés travaille sur ce projet en coopération avec l'Université de Stanford aux Etats-Unis et le bureau d'architectes Ennead à New York.

L'agencement innovant des installations à Mugombwa facilite l'intégration et les relations harmonieuses entre les réfugiés et les communautés d'accueil en permettant le partage d'espaces, d'infrastructures et de services essentiels communs comme l'eau, la santé, l'éducation et l'assainissement.

Une évaluation socio-économique, qui fait partie intégrante du projet, sera menée pour évaluer l'impact du camp sur la communauté voisine. Grâce à l'utilisation de logiciels de pointe permettant des relevés topographiques plus précis, le processus de conception sera plus rapide et intégrera plus efficacement la population réfugiée à la communauté d'accueil.

Dans le même temps, les réfugiés de Nkamira déclarent qu'ils ne sont pas prêts à rentrer au Nord Kivu malgré la défaite du mouvement rebelle M23, vaincu par les troupes gouvernementales de RDC à la fin de l'année dernière. Ils évoquent des préoccupations continues liées à l'insécurité et à la situation générale d'anarchie ainsi que des craintes de persécution en raison de leur appartenance ethnique.

Le Rwanda accueille plus de 74 000 réfugiés, principalement congolais.

Par Erika Fitzpatrick à Mugombwa, Rwanda

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Trouver une occupation dans le camp de Kibiza au Rwanda

Le camp de Kibiza a été ouvert en décembre 1996, après le début de la guerre en République démocratique du Congo voisine. Cette installation avait alors été construite pour faire face à l'afflux de dizaine de milliers de réfugiés congolais. La plupart des réfugiés sont entre temps rentrés chez eux dans l'est de la RDC sauf environ 16 000 d'entre eux qui sont restés dans ce camp isolé, situé sur une colline à l'ouest du Rwanda. L'éruption de violence, l'année dernière dans la province du Nord-Kivu en RDC, n'a pas affecté ce camp car les nouveaux arrivants ont été installés au camp de Kigémé qui a été rouvert au sud du Rwanda. La plupart des réfugiés de Kiziba ont déclaré ne pas vouloir rentrer mais les perspectives d'intégration locale sont limitées en raison du manque de terrains et des possibilités limitées en matière d'emploi. Pendant ce temps, les résidents de ce camp font leur possible pour mener une vie normale, suivent des formations et tiennent de petits commerces afin de devenir autosuffisants. Pour les jeunes, pouvoir faire du sport et recevoir une éducation est très important pour assurer qu'ils ne soient pas attirés par des influences négatives ainsi que pour maintenir leur moral et leur confiance en l'avenir.

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La souffrance et la résilience des déracinées congolaises

Dans le cycle de violence sans fin à l'est de la République démocratique du Congo (RDC), ce sont les plus vulnérables qui souffrent le plus, en particulier les femmes et les enfants. Le problème des violences sexuelles largement répandues à l'encontre des femmes est une préoccupation très importante pour le HCR et qui ne disparait jamais. L'agence pour les réfugiés a reçu des douzaines de rapports faisant état de viols et d'agressions contre les femmes pendant la dernière vague de combats entre les troupes gouvernementales, les troupes rebelles et les milices au Nord- et au Sud-Kivu. C'est une région où le viol est utilisé comme arme de guerre.

La peur des agressions sexuelles et physiques contraint des milliers de femmes à prendre la fuite et à chercher refuge au-delà des frontières comme au Rwanda ou en Ouganda. Souvent leurs hommes restent derrière et les femmes se retrouvent chefs de foyer, seule pour protéger leurs jeunes enfants. Elles sont le fondement de la société mais aussi les premières à souffrir lorsque l'instabilité apparait dans leurs régions.

Les images suivantes ont été prises récemment en République démocratique du Congo, au Rwanda et en Ouganda par Frédéric Noy. Elles montrent des Congolaises qui ont fui leurs foyers, laissant tout derrière elles pour chercher refuge dans un endroit qu'elles espèrent meilleur que celui qu'elles ont quitté. Dans bien des cas, elles se sont endurcies dans les épreuves mais nombre d'entre elles continuent à garder espoir pour elles-mêmes et leurs enfants. Elles sont une source d'inspiration pour ceux qui les aident.

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Kigémé : Pour les réfugiés congolais, un lieu d'accueil façonné dans les collines

Au Rwanda, le camp de réfugiés de Kigémé, dans la Province du sud, a dû être rouvert en juin 2012. En effet, depuis la fin avril, des milliers de civils congolais ont franchi la frontière pour échapper aux affrontements armés opposant les forces gouvernementales de la République démocratique du Congo (RDC) aux rebelles du mouvement M23. Implanté le long d'une colline préalablement terrassée, le camp accueille actuellement une population de plus de 14 000 réfugiés. Il n'a pas subi de contrecoup notable après les récents combats dans l'est de la RDC, lors desquels le M23 s'est emparé de Goma, capitale provinciale du Nord-Kivu, avant de s'en retirer. Tandis que la plupart des réfugiés adultes habitant le camp appellent de leurs voeux une paix durable dans leur région, les jeunes désirent quant à eux poursuivre leur scolarité. Par centaines, ils suivent donc des cours de rattrapage en vue d'intégrer le système rwandais d'instruction primaire et secondaire, ce qui exige d'apprendre des langues qu'ils ne parlent pas. Dans un camp où plus de 60% de la population est âgée de moins de 18 ans, cet enseignement aide des enfants traumatisés à aller de l'avant, à s'instruire et à nouer des amitiés.

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