Récente tragédie dans le Golfe d'Aden : plus de 40 disparus, probablement noyés

Articles d'actualité, 11 mars 2014

© SHS
Sur cette photo datant de 2012, des employés d'un partenaire essentiel du HCR, l'organisation Society for Humanitarian Solidarity, aide des rescapés à atteindre les rives du Yémen.

GENEVE, 11 mars (HCR) Mardi, l'agence des Nations Unies pour les réfugiés a annoncé que 44 personnes étaient portées disparues, probablement noyées, après le chavirage d'un bateau de passeurs au large des côtes du sud du Yémen, le pire incident du genre cette année selon le HCR.

Le porte-parole Adrian Edwards a déclaré que le HCR était « profondément attristé » par cet accident dans le Golfe d'Aden impliquant un bateau qui transportait des réfugiés et des migrants. Selon les informations du HCR, 77 hommes, femmes et enfants originaires de Somalie (31) et d'Ethiopie (46) se trouvaient à bord. « Trente-trois personnes ont été secourues, mais les 44 autres sont toujours portées disparues et risquent de s'être noyées », a indiqué Adrian Edwards.

Le bateau serait parti de Bossasso, au Puntland, sur la côte nord de la Somalie, vendredi dernier. Il a rencontré des vents forts et de hautes vagues au large de la côte du gouvernorat de Shabwa, au sud du Yémen. D'après l'un des rescapés, le bateau s'est rapidement rempli d'eau et a chaviré.

Dimanche matin, une patrouille maritime menée par le partenaire du HCR, l'organisation Society for Humanitarian Solidarity (SHS), a repêché un certain nombre de rescapés. Trente-deux personnes ont été recueillies en début d'après-midi et une autre plus tard dans la journée. Les autres passagers sont toujours portés disparus.

Adrian Edwards a précisé que tous les rescapés étaient des hommes, sauf un. Ils ont été ramenés vers le rivage à Majdaha par les employés de SHS et ont reçu des premiers secours, de la nourriture, de l'eau et des vêtements avant d'être emmenés dans un centre de transit. « Un homme de 45 ans originaire du sud de la Somalie a indiqué qu'il avait perdu ses deux enfants dans la tragédie, incapable de les retrouver dans le noir. La seule femme survivante a perdu sa fille, une adolescente. Elle a expliqué que les passeurs avaient refusé d'arrêter le bateau quand il a commencé à prendre l'eau », a ajouté Adrian Edwards.

Il s'agit de la plus grave tragédie impliquant des réfugiés et des migrants traversant la mer vers le Yémen depuis un an. Le nombre de personnes s'embarquant pour ce dangereux périple est en baisse. Il est passé de 107 532 arrivées en 2012 à 65 319 en 2013, et seules 2 717 personnes ont été signalées au cours des deux premiers mois de cette année.

« Les traversées se poursuivent néanmoins et continuent de faire des morts. Il faut donc exhorter toutes les parties prenantes les gouvernements, les organisations internationales et régionales, les donateurs et la société civile à élaborer des réponses globales afin de réduire et d'empêcher finalement ces voyages périlleux », a insisté Adrian Edwards.

Au cours des cinq dernières années, plus d'un demi-million de personnes (principalement des Somaliens, des Ethiopiens et des Erythréens) ont traversé les eaux dangereuses du Golfe d'Aden et de la Mer rouge pour atteindre le Yémen. Des mauvais traitements, des abus, des viols et des actes de torture commis par des réseaux de passeurs et de trafiquants sans scrupules sont dénoncés. Les bateaux effectuant la traversée vers le Yémen sont surchargés et, selon nos informations, des passeurs auraient jeté des passagers par-dessus bord pour éviter de chavirer ou d'être détectés. Les officiers de recherche et de sauvetage indiquent que cette pratique a fait des centaines de victimes sans papiers ces dernières années.

Le HCR recommande aux pays de la région de mettre en œuvre des mesures permettant d'identifier les réfugiés et les autres personnes ayant des besoins de protection parmi celles qui prennent la mer. Le HCR appelle également les pays donateurs et les organisations de la société civile à s'impliquer davantage dans les questions de migrations mixtes dans la Corne de l'Afrique, afin d'améliorer les réponses humanitaires et de sauver des vies.

L'agence pour les réfugiés s'efforce d'améliorer les services offerts aux nouveaux arrivants en collaboration étroite avec le groupe de travail sur les migrations mixtes et d'autres partenaires notamment le gouvernement du Yémen, les organisations internationales, les organisations non-gouvernementales nationales et les communautés d'accueil dans les lieux d'arrivée.

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Traite d'êtres humains dans le Golfe d'Aden

Fin mars, au cours d'une période de six jours, plus de 1 100 Somaliens et Éthiopiens sont arrivés sur le territoire yéménite, après avoir traversé le Golfe d'Aden à bord de bateaux de passeurs depuis Bossasso, en Somalie. Au moins 28 personnes sont mortes lors de ces voyages - d'asphyxie, des coups reçus ou de noyade - et plusieurs ont été gravement blessées par les trafiquants. D'autres souffrent de problèmes dermatologiques en raison d'un contact prolongé avec de l'eau de mer, des excréments, de l'essence ou d'autres produits chimiques.

Au cours d'une récente visite au Yémen, la Haut Commissaire assistante pour la protection, Erika Feller, s'est engagée à mieux faire connaître cette situation, à lancer un appel pour des fonds supplémentaires et pour une action internationale afin de venir en aide au Yémen, et à développer des projets qui amélioreront les conditions de vie et l'autosuffisance des réfugiés au Yémen.

Depuis janvier 2006, le Yémen a reçu près de 30 000 personnes originaires de Somalie, d'Éthiopie et d'autres pays, alors que plus de 500 personnes sont mortes pendant leur traversée. Au moins 300 sont également portées disparues. L'UNHCR aide déjà le Yémen en fournissant de l'assistance, des soins et un logement à plus de 100 000 réfugiés qui se trouvent dans le pays.

Traite d'êtres humains dans le Golfe d'Aden

L'aide internationale est indispensable pour arrêter la traite d'êtres humains dans le Golfe d'Aden

Un nombre alarmant de personnes meurent en tentant de rejoindre le Yémen à bord d'embarcations de passeurs, dans le Golfe d'Aden, en partance de Somalie. En l'espace de trois semaines, fin 2005, au moins 150 personnes ont péri lors de ces traversées. Ces morts surviennent lors du chavirement des embarcations surchargées ou bien de leur dérive sans eau potable ni vivres. Ceux qui parviennent au terme de leur périple au Yémen racontent souvent que les voyageurs sont battus par les passeurs ou forcés à sauter par-dessus bord encore loin de la côte - parfois les mains et les pieds liés.

En réaction, l'UNHCR a appelé la communauté internationale à agir d'urgence pour endiguer le flux de réfugiés et d'immigrants éthiopiens et somaliens désespérés tombant aux mains de trafiquants sans scrupules dans l'espoir de rejoindre le Yémen puis d'autres pays. L'agence pour les réfugiés a également travaillé avec les autorités du Puntland, au nord-est de la Somalie, sur les moyens d'informer les gens sur le danger d'emprunter des bateaux de passeurs pour traverser le Golfe d'Aden. Ces moyens incluent la production de vidéos et de programmes radios, afin de sensibiliser les Somaliens et les Ethiopiens aux risques de ces traversées.

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Poussées par la violence, la sécheresse et la pauvreté affectant la corne de l'Afrique, des milliers de personnes désespérées fuient chaque année. En quête de sécurité ou d'une vie meilleure, ces civils - principalement des Somaliens et des Ethiopiens - effectuent d'abord un dangereux périple à travers la Somalie vers le port de Bossasso au nord.

Une fois à Bossasso, ils payent jusqu'à 150 dollars pour effectuer la traversée périlleuse du golfe d'Aden sur des bateaux de passeurs. Ils attendent souvent des semaines dans des abris de fortune ou des foyers, jusqu'à ce qu'un appel soudain les presse à partir un soir, à bord de bateaux surchargés et impropres à la navigation.

En mer, ils sont la proie des passeurs. Certains passagers sont battus, poignardés, tués et leurs corps sans vie sont jetés par-dessus bord. D'autres se noient avant d'arriver sur les côtes du Yémen, où sont enterrés des centaines d'innocents morts en route.

L'ONG yéménite SHS (Société pour la solidarité humaine) vient en aide à ces personnes depuis 1995. Le 13 septembre 2011, le HCR a annoncé que la distinction Nansen 2011 pour les réfugiés est décernée à SHS pour ses efforts exceptionnels dans l'assistance aux personnes arrivées depuis le golfe d'Aden et la mer Rouge.

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Au Yémen, les combats continuent dans le nord. Le HCR fait état de l'augmentation du nombre de familles en fuite. Les camps de déplacés ont désormais dépassé leur capacité d'accueil. 22/12/2009
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Le Gouvernement yéménite a déclaré que la guerre était finie dans le nord du pays. Toutefois, la plupart des 280 000 personnes déplacées par la violence hésitent encore à rentrer dans leurs villages d'origine.
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La situation reste tendue et instable au nord du Yémen. L'agence des Nations Unies pour les réfugiés fournit de l'aide aux dizaines de milliers de personnes déplacées par les récents affrontements les forces gouvernementales et les combattants rebelles. Toutefois la distribution de l'aide est entravée par l'insécurité permanente.