Date fixée pour l'ouverture d'un nouveau camp en Jordanie

Points de presse, 11 mars 2014

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Adrian Edwards à qui toute citation peut être attribuée lors de la conférence de presse du 11 mars 2014 au Palais des Nations à Genève.

Le HCR se réjouit de la décision prise par le gouvernement jordanien cette semaine d'ouvrir le troisième camp de réfugiés du pays Azraq dans quelques semaines, soit le 30 avril. Azraq est situé à environ 100 kms à l'est d'Amman, dans le gouvernorat de Zarqa. Au début le camp n'hébergera qu'un nombre relativement limité de réfugiés, mais à terme il pourra accueillir jusqu'à 130 000 personnes.

Cette ouverture tombe à point nommé car le nombre de personnes franchissant la frontière a augmenté de 50% ces dernières semaines pour atteindre une moyenne d'environ 600 personnes par jour. Cette augmentation, combinée à un nombre plus réduit de retours spontanés vers la Syrie, crée une forte pression sur Za'atari, le principal camp de réfugiés syriens en Jordanie. Zaatari accueille actuellement quelque 100 000 résidents, ce qui constitue la limite de sa capacité.

Les préparatifs sont en cours au camp d'Azraq pour accueillir les réfugiés nouvellement arrivés et leur fournir l'assistance, les services et le soutien nécessaires en matière de protection. Les 22 partenaires, y compris des partenaires gouvernementaux et des organisations humanitaires, mobilisent leurs ressources humaines et activent leurs plans d'intervention pour être opérationnels à la date prévue.

A ce jour, plus de 2 500 abris sont terminés et pourraient accueillir 13 000 premiers réfugiés ; 103 kms de routes ont été construites, ainsi que des zones de services couvrant plus de 447 000 m². Quelque 2 000 installations sanitaires, couvrant les besoins de 30 000 réfugiés, sont prêtes, de même que le système de distribution d'eau. Deux écoles, ainsi que des cours de récréation et des espaces conviviaux pour les enfants et les adolescents sont disponibles. En matière de santé, un poste de santé est actuellement terminé et un hôpital de niveau secondaire d'une capacité de 130 lits est prêt. Le camp pourra accueillir jusqu'à 2 000 réfugiés par jour.

Une fois ouvert, ce camp, qui est situé dans l'est de la Jordanie à 90 kms de la frontière syrienne, accueillera les nouveaux arrivants en provenance de Syrie et les réfugiés déjà présents dans le pays qui souhaitent être regroupés avec leurs familles nouvellement arrivées.

H.E. Hussein Al-Majali, le ministre de l'Intérieur jordanien, a visité le camp hier avec le représentant du HCR, Andrew Harper.

A ce jour, 584 600 réfugiés syriens sont enregistrés auprès du HCR en Jordanie. 80% des réfugiés vivent dans les zones urbaines dans l'ensemble du pays et les 20% restant vivent dans l'un des quatre camps de réfugiés et installations existants, situés au nord de la Jordanie.

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L'histoire de Jihan

Comme des millions d'autres, Jihan, 34 ans, était prête à tout pour échapper à la guerre sévissant en Syrie et pour mettre sa famille en sécurité. Contrairement à la plupart, Jihan est aveugle.

Il y a neuf mois, elle a fui Damas avec Ashraf, son mari âgé de 35 ans, qui est également en train de perdre la vue. Avec leurs deux fils, ils se sont rendus en Turquie par la mer Méditerranée, à bord d'un bateau avec 40 autres personnes. Ils espéraient que le voyage ne durerait huit heures. Ils n'avaient aucune garantie d'arriver sains et saufs.

Après une périlleuse traversée qui aura duré 45 heures, la famille est enfin arrivée à Milos, une île grecque de la mer Egée, à des kilomètres de la destination qui était prévue. Sans aucun soutien ni aucune assistance, ils ont dû se débrouiller pour se rendre à Athènes.

La police les a détenus pendant quatre jours à leur arrivée. On leur a demandé de rester hors d'Athènes, ainsi que trois autres villes grecques, en les laissant à l'abandon.

Démunis et épuisés, la famille a été contrainte de se séparer. Ashraf est parti vers le nord en quête d'asile et Jihan s'est rendue à Lavrion avec ses deux enfants, une installation informelle à une heure de route de la capitale grecque.

Aujourd'hui, Jihan est impatiente de retrouver son mari qui, entre temps, a obtenu le statut de réfugié au Danemark. La chambre qu'elle partage avec ses deux fils, Ahmed, 5 ans, et Mohammad, 7 ans, est minuscule, et elle s'inquiète pour leur éducation. Sans greffe de la cornée, une chirurgie très complexe dont elle a besoin d'urgence, son oeil gauche se fermera à jamais.

« Nous sommes venus ici en quête d'une vie meilleure et pour trouver des personnes qui seraient plus à même de comprendre notre situation », explique-t-elle d'un air triste. « Je suis tellement en colère quand je vois qu'ils ne comprennent pas. »

L'histoire de Jihan

Commerces florissants au camp de réfugiés de Zaatari

Dans le camp de réfugiés de Zaatari, près de la frontière syrienne au nord de la Jordanie, se trouve un marché animé. Il comprend notamment des salons de coiffure, des salles de jeux vidéo et des magasins de téléphonie mobile. Ce marché dessert une population déterminée et ingénieuse comptant près de 100 000 personnes déracinées. Ce qui avait commencé comme un petit nombre de magasins de vêtements d'occasion s'est transformé en quelque 3 000 boutiques pour le plus grand plaisir des amateurs de shopping. Les habitants du camp qualifient leur marché de « Champs Élysées ». On peut y trouver notamment des machines à laver, des oiseaux de compagnie, des poulets rôtis, de la lingerie et des robes de mariée.

Un membre du personnel du HCR souvent présent à Zaatari explique que réaliser du commerce sur le site est illégal. Toutefois ces magasins sont tolérés et ont notamment l'avantage de créer des emplois et de rendre le camp plus dynamique. Les résidents y dépenseraient environ 12 millions de dollars par mois. « Avant, c'était difficile, mais les choses changent et les commerçants améliorent leurs magasins », déclare Hamza, le copropriétaire du Zoby Nut Shop. Le photographe Shawn Baldwin s'est récemment rendu dans le camp pour mettre en image cet esprit d'entreprise.

Commerces florissants au camp de réfugiés de Zaatari

Un nouveau camp, un nouveau chez-soi : une famille syrienne à Azraq

Le 30 avril 2014, les autorités jordaniennes ont ouvert officiellement un nouveau camp de réfugiés dans le désert à l'est d'Amman, la capitale jordanienne. Le HCR aidera à gérer le camp d'Azraq, qui a été établi pour soulager la pression portée sur le camp de Za'atri. On compte actuellement près de 5 000 abris à Azraq, ce qui représente une capacité d'accueil initiale allant jusqu'à 25 000 réfugiés. Parmi le premier groupe des arrivants se trouvait Abou Saleh, 47 ans, et sa famille. Ils ont effectué un long voyage depuis le camp d'Al-Hassakeh, au nord de la Syrie, vers la Jordanie. « Quand les combats ont atteint notre village, je craignais pour la vie de ma femme et de mes enfants. Nous avons décidé de partir vers la Jordanie en quête de sécurité », a déclaré Abou Saleh, 47 ans. C'est une famille de fermiers. Ces deux dernières années, ils n'ont toutefois rien pu cultiver et ils ont vécu sans eau courante ni électricité. Il explique que la famille voulait trouver un endroit où vivre en sécurité, à la fois physiquement et moralement, avant de pouvoir retourner dans son pays d'origine. Le photographe Jared Kohler a suivi la famille dans son périple depuis la frontière vers le camp d'Azraq.

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