Tragédie en mer impliquant des réfugiés et des migrants dans le Golfe d'Aden

Points de presse, 11 mars 2014

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Adrian Edwards à qui toute citation peut être attribuée lors de la conférence de presse du 11 mars 2014 au Palais des Nations à Genève.

Le HCR est profondément attristé par un nouvel accident dans le Golfe d'Aden ce week-end impliquant un bateau qui transportait des réfugiés et des migrants. Selon nos informations, 77 hommes, femmes et enfants provenant de Somalie (31) et d'Ethiopie (46) se trouvaient à bord de ce bateau. Trente-trois personnes ont été secourues, mais les 44 autres sont toujours portées disparues et risquent de s'être noyées.

Le bateau serait parti de Bossasso, au Puntland, sur la côte nord de la Somalie, vendredi 7 mars en début de soirée. Il a rencontré des vents forts et de hautes vagues au large de la côte du gouvernorat de Shabwa, au sud du Yémen. D'après l'un des rescapés, le bateau s'est rapidement rempli d'eau et a chaviré.

Dimanche matin, une patrouille maritime menée par l'organisation partenaire du HCR, Society for Humanitarian Solidarity (SHS), a repêché un certain nombre de rescapés. Trente-deux personnes ont été recueillies en début d'après-midi et une autre plus tard dans la journée. Les autres passagers sont toujours portés disparus.

Tous les rescapés sont des hommes, sauf un. Ils ont été ramenés vers le rivage, à Majdaha, par les employés de SHS et ont reçu des premiers secours, de la nourriture, de l'eau et des vêtements avant d'être emmenés dans un centre de transit. Un homme de 45 ans originaire du sud de la Somalie a indiqué qu'il avait perdu ses deux enfants dans la tragédie, incapable de les retrouver dans le noir. La seule femme survivante a perdu sa fille, une adolescente. Elle a expliqué que les passeurs avaient refusé d'arrêter le bateau quand il a commencé à prendre l'eau.

Il s'agit de la plus grave tragédie impliquant des réfugiés et des migrants traversant la mer vers le Yémen depuis un an. Le nombre de personnes s'embarquant pour ce dangereux périple est en baisse. De 107 532 arrivées en 2012, le nombre est passé à 65 319 en 2013, et seules 2 717 personnes ont été signalées au cours des deux premiers mois de cette année. Les traversées se poursuivent néanmoins, faisant des morts. Il faut donc exhorter toutes les parties prenantes les gouvernements, les organisations internationales et régionales, les donateurs et la société civile à élaborer des réponses globales afin de réduire et d'empêcher finalement ces voyages périlleux.

Au cours des cinq dernières années, plus d'un demi-million de personnes (principalement des Ethiopiens et des Erythréens) ont traversé les eaux dangereuses du Golfe d'Aden et de la Mer rouge pour atteindre le Yémen. Des mauvais traitements, des abus, des viols et des actes de torture commis par des réseaux de passeurs et de trafiquants sans scrupules sont dénoncés. Les bateaux effectuant la traversée vers le Yémen sont surchargés et, selon nos informations, des passeurs auraient jeté des passagers par-dessus bord pour éviter de chavirer ou d'être détectés. Les officiers de recherche et de sauvetage indiquent que cette pratique a fait des centaines de victimes sans papiers ces dernières années.

Le HCR recommande aux pays de la région de mettre en œuvre des mesures permettant d'identifier les réfugiés et les autres personnes ayant des besoins de protection parmi celles qui prennent la mer. Le HCR appelle également les pays donateurs et les organisations de la société civile à s'impliquer davantage dans les questions de migrations mixtes dans la Corne de l'Afrique, afin d'améliorer les réponses humanitaires et de sauver des vies.

Le HCR s'efforce d'améliorer les services offerts aux nouveaux arrivants en collaboration étroite avec le groupe de travail sur les migrations mixtes et d'autres partenaires notamment le gouvernement du Yémen, les organisations internationales, les organisations non-gouvernementales nationales et les communautés d'accueil dans les lieux d'arrivée.

Informations supplémentaires

En novembre 2013, le Yémen, en coopération avec le HCR et l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), a organisé une Conférence régionale sur l'asile et les migrations à Sanaa. Les participants, qui comprenaient notamment 14 gouvernements de la Corne de l'Afrique et de la région des Etats du Golfe, ont débattu des défis et des solutions possibles. Le résultat a été la Déclaration de Sanaa qui mentionne la nécessité de renforcer le système de protection des réfugiés dans la région et de s'attaquer aux causes profondes à l'origine de la fuite des réfugiés. La Déclaration rappelle également le principe de non-refoulement. Elle insiste aussi sur l'importance de renforcer les initiatives de protection en mer moyennant l'augmentation des capacités de recherche et de sauvetage permettant de débarquer les personnes dans des lieux sûrs, et des mécanismes efficaces de coopération internationale et de partage de la charge.

La Déclaration de Sanaa reconnait également la nécessité de mener des efforts concertés pour appliquer la loi aux réseaux de passeurs et de trafiquants et sensibiliser les communautés aux risques encourus. Elle souligne également la nécessité de renforcer la coopération régionale et internationale entre les gouvernements afin de trouver des solutions à ces questions, concernant notamment le retour des migrants non-réfugiés dans leurs pays d'origine et la promotion de dispositifs de migration légale afin de contribuer à dépénaliser les mouvements migratoires à travers le Golfe d'Aden.

La Déclaration de Sanaa est accessible en ligne à l'adresse suivante : http://www.unhcr.org/531dbb246.html


Pour de plus amples informations, veuillez contacter:

  • A Sanaa, Zaid al-Alaya au +967 71 222 50 27
  • A Genève, Adrian Edwards au +41 79 557 91 20
  • ou Daniel MacIsaac au +41 79 200 76 17
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Une province yéménite commence la reconstruction avec le retour de 100 000 déplacés internes

La vie reprend lentement son cours dans les zones rurales et urbaines de la province d'Abyan, au sud du Yémen, où les combats entre les forces gouvernementales et rebelles ont causé d'importants déplacements de population en 2011 et 2012.

Depuis juillet dernier, alors que les hostilités ont diminué et que la sécurité a commencé à s'améliorer, plus de 100 000 déplacés internes sont rentrés chez eux dans la province, ou gouvernorat. La plupart avaient vécu plus d'un an dans des abris temporaires dans des provinces voisines comme Aden ou Lahj.

Aujourd'hui, des enfants à la mine réjouie jouent sans crainte dans les rues des villes comme Zinjibar, le chef-lieu de la province d'Abyan. Les magasins ont rouvert. Toutefois les dommages causés par le conflit sont bien concrets et les déplacés de retour ont trouvé une pénurie de services essentiels et d'opportunités pour les moyens d'existence ainsi qu'une insécurité persistante dans certaines zones.

Les personnes de retour sont affectées par l'état de dévastation des villes, qui affecte également le réseau d'électricité et de distribution d'eau. Mais la plupart d'entre elles ont foi en l'avenir et sont convaincues que la reconstruction va commencer bientôt. Le HCR fournit une aide vitale depuis le début de la crise de déplacement de populations en 2011 et l'organisation aide désormais au retour.

Amira Al Sharif, une photojournaliste yéménite, s'est rendue à Abyan récemment pour effectuer un reportage photo sur les rapatriés.

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Barbara Hendricks rend visite à des réfugiés maliens au Burkina Faso

Le 6 juillet 2012, Barbara Hendricks, Ambassadrice de bonne volonté à vie du HCR, s'est rendue au camp de Damba, dans le nord du Burkina Faso, pour y rencontrer des réfugiés maliens. Par ce geste, la célèbre chanteuse lyrique entend sensibiliser l'opinion publique au sort des milliers de réfugiés qui, après avoir fui le conflit sévissant dans leur pays depuis le début de l'année, vivent dans des camps ou des zones d'installation des pays voisins. Début juillet, on dénombrait au total plus de 198 000 Maliens à s'être désormais réfugiés en Mauritanie (88 825), au Burkina Faso (65 009) ou au Niger (44 987). On estime par ailleurs qu'il y a au Mali, principalement dans le nord, au moins 160 000 déplacés internes.

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Yémen : abriter les déplacés internes

La ville portuaire d'Aden, dans le sud du Yémen, est de longue date une destination pour les réfugiés, demandeurs d'asile et migrants économiques qui courent le risque d'affronter la mer depuis la Corne de l'Afrique. En outre, depuis mai 2011, la ville accueille des dizaines de milliers de Yéménites qui ont fui les combats opposant forces gouvernementales et groupes armés dans le gouvernorat d'Abyan, non loin de là.

Les 157 000 déplacés internes d'Abyan ont été accueillis chez des amis ou des parents. Toutefois, 20 000 d'entre eux ont dû être logés dans des dizaines d'écoles ainsi que dans huit édifices publics inoccupés. Les conditions de vie y sont pénibles avec, par exemple, plusieurs familles devant cohabiter dans une même pièce conçue initialement comme salle de classe.

Beaucoup de ces déplacés escomptaient que leur éloignement ne durerait pas. Ils souhaitent en effet rentrer chez eux, mais en sont empêchés par les combats ; outre que certains craignent des représailles s'ils regagnent les régions où les bombardements ont soit détruit soit gravement endommagé les maisons.

Le HCR a fourni une aide d'urgence avec des couvertures, des bâches de plastique et des réchauds à bois à près de 70 000 déplacés internes d'Abyan. Au début de l'année, l'agence avait déjà fait remettre en état deux bâtiments, grâce à quoi 2000 personnes avaient disposé d'un abri tandis que 3000 enfants, déplacés ou originaires du lieu, avaient pu reprendre leur scolarité dans des locaux appropriés. Le HCR s'efforce actuellement d'obtenir des autorités l'autorisation de convertir d'autres édifices publics où, dans l'attente d'une solution plus durable, on pourrait loger les milliers de déplacés internes vivant encore dans des salles de classe.

En mars 2012, le photographe Pepe Rubio Larrauri s'est rendu à Aden pour saisir à travers son objectif la vie quotidienne de ces déplacés.

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