De nouvelles personnes fuient après les attaques meurtrières dans la région du lac Tchad au Nigéria

Points de presse, 11 mars 2014

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Adrian Edwards à qui toute citation peut être attribuée lors de la conférence de presse du 11 mars 2014 au Palais des Nations à Genève.

Le HCR est de plus en plus inquiet de l'impact humanitaire de la violence au nord-est du Nigéria. Interrogés par nos collaborateurs au Niger, des réfugiés arrivés récemment ont décrit les atrocités commises sur les îles et les rives du lac Tchad dans l'Etat de Borno, au nord-est du Nigéria. Une femme a déclaré avoir vu des cadavres éparpillés autour des maisons et flottant sur l'eau. Elle a ajouté que les habitants craignaient même de rester sur place pour enterrer leurs morts ou retrouver leurs proches disparus. D'autres personnes ont raconté qu'elles avaient fui leur village en pleine fusillade et que des femmes et des enfants étaient enlevés par des assaillants non identifiés.

Selon nos informations, les dernières attaques auraient commencé mi-février et se poursuivaient il y a cinq jours. Notre partenaire, le Comité international de secours (IRC), a indiqué que 2 000 personnes au total avaient franchi la frontière vers la région de Diffa au sud-est du Niger au cours des quatre dernières semaines. Outre les attaques sur le lac Tchad, certains réfugiés arrivés récemment provenaient de zones situées près de Maiduguri, la capitale de l'Etat de Borno, également touchées par les affrontements.

Le HCR rappelle à toutes les parties au conflit dans le nord-est du Nigéria l'importance vitale de protéger les civils contre le danger. L'insurrection actuelle dans les trois Etats du nord-est du Nigéria, Yobe, Adamawa et Borno, a déjà provoqué le déplacement de plus de 470 000 personnes à l'intérieur du pays. A cela s'ajoutent les réfugiés fuyant vers les pays voisins, Cameroun, Tchad et Niger.

Depuis que le Nigéria a déclaré l'état d'urgence en mai 2013 dans les Etats de Yobe, Adamawa et Borno, plus de 57 000 personnes ont fui vers les pays voisins, Cameroun, Tchad et Niger. Parmi eux, 17 000 sont enregistrés comme réfugiés nigérians. Les autres sont des ressortissants des pays voisins qui vivaient au Nigéria depuis des décennies.

Le Niger accueille la majorité d'entre eux quelque 40 000 réfugiés concentrés dans la région de Diffa, un désert situé à l'est du pays.

Le HCR remercie le gouvernement du Niger pour sa politique d'ouverture des frontières aux personnes déplacées de force du Nigéria ainsi que la population locale qui partage ses maigres ressources avec un nombre croissant de réfugiés.

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Nigéria : Les victimes du conflit

Un an après que le Gouvernement nigérian a déclaré l'état d'urgence dans les Etats de l'Adamaoua, de Borno et de Yobe au nord du pays, la violence continue à déplacer des populations à l'intérieur du Nigéria et vers les pays voisins, le Cameroun , le Tchad et le Niger où se trouvent désormais quelque 22 000 réfugiés nigérians. Les civils pris au piège dans leur pays sont confrontés à des attaques récurrentes commises par les insurgés, avec des enlèvements et des assassinats puis, à la mi-avril 2014, l'enlèvement de plus de 200 jeunes filles dans une école de Chibok, dans l'Etat de Borno.

Hélène Caux du HCR s'est récemment rendue dans la région pour y rencontrer quelques-unes parmi les 250 000 personnes déplacées internes, y compris des étudiants pris dans les violences. Les personnes avec lesquelles elle s'est entretenue lui ont parlé de leurs craintes, des atrocités et des souffrances qu'elles ont endurées ou dont elles ont été témoins. Les gens ont parlé de leurs maisons et de leurs champs détruits, d'attaques à la grenade sur des marchés, de mise à mort d'amis et de proches et, enfin, d'arrestations arbitraires. Tous leurs témoignages traduisent un sentiment de terreur. Il a été difficile pour Hélène Caux de photographier des personnes vivant dans la peur constante d'être attaquées. « L'équilibre est fragile entre recueillir leur témoignage, le publier et les protéger », explique-t-elle.

Nigéria : Les victimes du conflit

Des milliers de Nigérians fuient pour échapper à la violence dans leur pays

Dans certaines régions au nord-est du Nigéria, la situation de sécurité est instable depuis mai 2103, quand les autorités ont décrété l'état d'urgence dans les Etats de Borno, Yobé et Adamaoua. Beaucoup ont rejoint la région de Diffa au Niger voisin ou alors le Cameroun. Cette année, un regain de violence a contraint des milliers de personnes à fuir vers ces deux pays. La photographe du HCR Hélène Caux s'est rendue à Bosso, une ville de la région de Diffa au Niger, peu avant le tout dernier afflux. Elle y a rencontré des réfugiés qui avaient rejoint le Niger lors de précédentes vagues de violence. Ils lui ont décrit les violences dont ils ont été témoins, la perte de leurs proches et leurs efforts pour mener une vie aussi normale que possible à Diffa, avec notamment la scolarisation des enfants. Les réfugiés nigérians sont reconnaissants envers les communautés qui les accueillent au Niger.

Des milliers de Nigérians fuient pour échapper à la violence dans leur pays

Les réfugiés maliens au Niger luttent pour reconstruire leur vie.

Quelque 60 000 civils maliens ont trouvé refuge au Niger cette année. Ils ont fui les combats au nord du Mali ainsi que l'instabilité politique dans le pays tout entier. La plupart sont hébergés dans trois camps formels - Tabareybarey, Mangaizé et Abala. Par ailleurs, beaucoup d'autres vivent dans des installations spontanées. Tous les lieux d'accueil sont situés dans un environnement aride et dur où la vie est difficile, malgré l'assistance fournie par le HCR et les autres agences humanitaires.

Les enfants sont le groupe le plus vulnérable avec certains souffrant de malnutrition sévère. Des enfants plus âgés attendent de pouvoir retourner à l'école dans un pays étranger. Par ailleurs, 6 000 réfugiés vivent à Niamey, la capitale nigérienne, où ils sont nombreux à chercher du travail pour pouvoir envoyer de l'argent à leurs familles restées au Mali.

En attendant, l'avenir reste incertain. Beaucoup ont peur que les combats continus à l'intérieur du Mali n'entraînent un exil accéléré des réfugiés maliens dans les pays voisins, y compris au Niger.

Les photos suivantes ont été prises par Hélène Caux, photographe au HCR. Elles illustrent la vie des réfugiés aux camps de Tabareybarey et Mangaize ainsi qu'à Niamey.

Les réfugiés maliens au Niger luttent pour reconstruire leur vie.

Guichet unique NiameyPlay video

Guichet unique Niamey

Le Guichet Unique de Niamey est un lieu d'accueil, d'information et d'orientation où tous les réfugiés urbains peuvent accéder à des services pour défendre leurs droits et améliorer leurs moyens de subsistance.
Niger: Renforcement des capacités des moyens de subsistance des réfugiés dans les campsPlay video

Niger: Renforcement des capacités des moyens de subsistance des réfugiés dans les camps

Pour permettre aux réfugiés d'améliorer leur autonomie et leurs conditions de vie, l'UNHCR Niger appuie les activités génératrices de revenu en faveur des personnes vulnérables.
Niger : fuir le NigériaPlay video

Niger : fuir le Nigéria

Les personnes qui fuient les combats entre l'armée nigériane et les rebelles Boko Haram sont accueillis chaleureusement au Niger.