Des milliers de déplacés, certains pour la seconde fois, par le conflit dans une province d'Iraq

Articles d'actualité, 7 mars 2014

© HCR/N.Prokopchuk
Cet enfant fait la sieste à Al Qaim dans le gouvernorat d'Anbar, à l'ouest de l'Iraq. Il a fui ici avec sa mère ainsi que ses frères et soeurs pour échapper à la violence à Anbar, qui entre dans son troisième mois.

GENÈVE, 7 mars (HCR) Le HCR a indiqué vendredi que la poursuite des combats dans la province d'Anbar à l'ouest de l'Iraq, a forcé des milliers de nouveaux déplacés à rechercher la sécurité. Les personnes affectées sont dispersées à travers la province. Elles se dirigent toujours plus vers l'ouest après avoir quitté des localités qui sont désormais également en proie aux violences.

« La semaine dernière, le nombre de déplacés dans et autour de la ville de Heet qui est située au nord-ouest [de la ville] de Ramadi s'est accru et atteint désormais entre 25 000 et 30 000 personnes », a indiqué Adrian Edwards, le porte-parole du HCR, aux journalistes à Genève.

Ailleurs à Anbar, une mission interagence menée cette semaine par le HCR, le Programme alimentaire mondial et l'UNICEF a évalué les conditions de vie et les besoins des personnes déplacées à Al-Obaidy, à environ 450 kilomètres au nord-ouest de Bagdad dans la région d'Al Qaim.

Du fait de la dégradation de la situation de sécurité, la mission a été forcée de reporter une partie de son évaluation sur le terrain. Le district d'Al Qaim accueille également 5 000 réfugiés syriens, dont environ 2 000 d'entre eux se trouvent au camp d'Al Obaidy alors que d'autres sont hébergés au sein de la communauté hôte. L'équipe s'est entretenue avec des personnes déplacées dans des logements temporaires et deux centres collectifs de la ville d'Al-Obaidy.

Les membres de l'équipe ont identifié un grand nombre de personnes ayant des besoins spécifiques, particulièrement les familles dirigées par une femme avec un grand nombre d'enfants. Par exemple, trois familles dirigées par des femmes vivent à l'étroit dans une seule petite maison avec 13 enfants.

Alors que les communautés locales aident généreusement les personnes déplacées, tous ont besoin de nourriture et de soins de santé. Les familles qui vivent dans des maisons inachevées manquent de couvertures, de matelas, d'équipements de cuisine et de vêtements. Dans l'immédiat, le HCR distribue des colis d'aide à 300 familles auxquelles l'équipe a rendu visite.

« Les besoins humanitaires des personnes déplacées grandissent rapidement. Le déplacement prolongé exerce une pression à la fois sur les personnes déplacées et les communautés hôtes. Les ressources s'épuisent », a déclaré Adrian Edwards.

Le HCR et d'autres agences humanitaires reçoivent un nombre croissant de demandes d'aide humanitaire et de soutien. Le HCR et ses partenaires continuent leurs évaluations des besoins humanitaires. La pénurie de logement demeure actuellement un problème criant.

Près de Bagdad, la ville de Falloujah reste assiégée, les routes sont fermées et il y aurait une pénurie de carburant, de nourriture et d'autres articles de première nécessité. Des affrontements armés ont été signalés au nord, au sud et à l'est de Falloujah, et ce même pendant un cessez-le-feu de 72 heures décidé par les autorités iraquiennes la semaine dernière.

La situation à Ramadi demeure instable. Des bombardements et des affrontements ont continué ces derniers jours dans la ville et ses environs ruraux. Comme la situation se détériore dans les quartiers d'Al-Malab, Al-Bothaib et de la 20ème rue, de petits groupes d'habitants ont fui et se sont dirigés vers Heet. La communauté locale de Heet accueille les personnes déracinées, malgré la lourde charge portée sur l'infrastructure locale, le manque de logement et les services qui sont débordés. Le district accueille déjà quelque 11 250 familles déplacées.

Au nord-est d'Anbar, la première aide humanitaire acheminée par les Nations Unies a, ces derniers jours, atteint quelque 200 familles déplacées vivant dans des conditions désastreuses à Sulayman Beg, dans le gouvernorat de Salah Al-Din. Elles avaient fui les affrontements la semaine dernière dans le nord-est du gouvernorat.

Jeudi, le nombre de personnes déplacées à Anbar et dans les autres gouvernorats d'Iraq s'élevait environ à 380 000. Cela représente près de 64 000 familles, dont environ 42 000 d'entre elles se trouvent à Anbar, le plus grand gouvernorat d'Iraq.

Mercredi, le Ministère iraquien de la Migration et du déplacement ainsi que les Nations Unies ont lancé un plan stratégique pour répondre aux besoins humanitaires immédiats des personnes affectées par les combats à Anbar. Ce plan annonce également un appel de fonds d'un montant de 103,7 millions de dollars pour aider 240 000 personnes déplacées internes ainsi que les communautés d'accueil et les personnes prises au piège dans les zones touchées par le conflit.

Le HCR demande 26,3 millions de dollars pour répondre aux besoins humanitaires des personnes déplacées par la crise à Anbar pour les six prochains mois. Ces besoins sont pour le moment financés à hauteur de 11 pour cent seulement.

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Pour de nombreux parents réfugiés iraquiens, l'éducation est une priorité d'une importance équivalente à celle de la sécurité. En Iraq, à cause de la violence et des déplacements forcés, les enfants iraquiens n'allaient pas régulièrement à l'école et nombre d'enfants réfugiés ont manqué une bonne partie de leur scolarité. Bien que l'éducation soit gratuite en Syrie, des frais pour l'achat de fournitures, d'uniformes et les frais de transport ne permettent pas d'accéder à l'éducation. Par ailleurs, de nombreux enfants réfugiés sont contraints de travailler plutôt que de fréquenter l'école, pour subvenir aux besoins de leur famille.

Afin d'encourager les familles iraquiennes défavorisées à inscrire leurs enfants à l'école, l'UNHCR prévoit d'aider financièrement au moins 25 000 enfants en âge d'être scolarisés et de fournir des uniformes, des livres et des fournitures scolaires aux réfugiés iraquiens enregistrés auprès de l'agence. L'UNHCR va également informer les réfugiés sur leur droit d'envoyer leurs enfants à l'école, et soutiendra les programmes d'ONG en faveur des enfants qui travaillent.

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A l'exception de quelques Palestiniens ayant pu rejoindre des proches en Jordanie, les réfugiés se sont vus refuser l'entrée et la libre circulation dans ce pays. Des milliers d'entre eux se sont alors retrouvés bloqués dans le no man's land entre l'Iraq et la Jordanie, ou dans le camp de Ruweished, situé dans le désert à 60 kilomètres à l'intérieur du pays.

Depuis 2003, des Palestiniens, des Kurdes iraniens, des Iraniens, des Soudanais et des Somaliens vivent dans ce désert jordanien. Ils subissent des conditions climatiques extrêmes : la chaleur torride en été et le froid glacial en hiver. L'UNHCR et ses partenaires ont distribué des tentes et des biens de secours. L'agence pour les réfugiés a tenté de trouver des solutions - en participant à la réinstallation de plus de 1 000 personnes dans des pays tiers. Début 2007, 119 personnes - pour la plupart des Palestiniens - étaient encore présentes au camp de Ruweished, sans aucune solution immédiate en vue.

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Depuis la chute du régime de Saddam Hussein en Iraq en 2003, les réfugiés palestiniens vivant à Bagdad sont devenus de plus en plus fréquemment les cibles d'arrestations, d'enlèvements, de menaces et d'assassinats, les incitant à fuir la capitale par milliers.

Il reste encore environ 15 000 Palestiniens en Iraq - ils étaient plus du double en 2003. Ils vivent constamment dans la peur, et beaucoup d'entre eux n'ont pas de documents en règle. Ceux qui tentent de s'échapper et atteindre les frontières syrienne et jordanienne sont de plus en plus exposés au danger. Des centaines d'entre eux sont bloqués à la frontière entre l'Iraq et la Syrie : ils ne peuvent pas traverser la frontière, et ont trop peur de retourner en Iraq. Ceux qui réussissent à quitter l'Iraq le font souvent dans l'illégalité.

Un effort humanitaire international est requis d'urgence afin de trouver une solution temporaire pour les Palestiniens. L'UNHCR a maintes fois fait appel à la communauté internationale et aux pays limitrophes pour qu'ils accueillent les Palestiniens. L'agence pour les réfugiés a également contacté des pays susceptibles de proposer des solutions de réinstallation, mais seuls le Canada et la Syrie ont répondu favorablement. La Syrie a depuis fermé ses frontières aux autres Palestiniens désespérés.

L'UNHCR plaide également en faveur d'une meilleure protection de la communauté palestinienne à l'intérieur de l'Iraq.

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