Le HCR appelle à intensifier l'aide pour les réfugiés centrafricains et sud-soudanais

Points de presse, 4 mars 2014

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Melissa Fleming à qui toute citation peut être attribuée lors de la conférence de presse du 4 mars 2014 au Palais des Nations à Genève.

Le HCR a fait part de sa préoccupation croissante sur les besoins immédiats des réfugiés centrafricains et sud-soudanais arrivant dans les pays voisins, en particulier au Tchad, au Cameroun et en Ethiopie.

Nous appelons nos partenaires et les gouvernements de ces pays à aider à accélérer l'aide à ces populations qui, bien que relativement limitées en nombre, ont néanmoins d'urgence besoin d'assistance.

Les crises au Soudan du Sud et en République centrafricaine (RCA) ont toutes les deux causé pour ces dernières années l'un des plus importants déplacements de populations en Afrique, tant des réfugiés que des déplacés internes. Plus de 1,8 million de personnes dans la région sont déracinées avec très peu de capacités pour leur venir en aide.

Au Soudan du Sud, il y a près de 740 000 personnes déplacées internes. Par ailleurs, 196 000 réfugiés sud-soudanais se trouvent dans des pays voisins. Selon les Nations Unies, d'ici juin, jusqu'à 3,2 millions de personnes pourraient avoir besoin d'aide humanitaire. L'approvisionnement en vivres constitue déjà un problème.

En République centrafricaine, on compte un peu plus de 700 000 déplacés internes. Par ailleurs, 290 000 réfugiés centrafricains ont rejoint d'autres pays. Plus de la moitié sur 4,6 millions de personnes ont actuellement besoin d'une aide humanitaire.

Au Tchad, au Cameroun, en Ethiopie et dans d'autres pays où sont arrivés des réfugiés, l'effort d'aide pour ces personnes ayant fui des conflits doit s'intensifier de toute urgence.

Au Cameroun, quelque 30 820 réfugiés sont déjà arrivés en 2014 depuis la République centrafricaine et ils sont confrontés à des pénuries d'eau potable, de vivres et d'abri. Beaucoup sont physiquement en mauvaise santé. Ils souffrent de paludisme, de diarrhées et d'infections respiratoires contractées durant la période où ils se cachaient dans la brousse en RCA.

Beaucoup d'enfants âgés de moins de cinq ans souffrent, à divers degrés, de malnutrition qui est également liée à une pénurie de vivres en RCA. Ce week-end, 15 enfants souffrant de malnutrition sont morts avant d'avoir pu recevoir des soins. Les communautés locales sont également mises à rude épreuve du fait de l'afflux. Une aide est également nécessaire pour eux.

Au sud du Tchad, quelque 8 000 réfugiés centrafricains se trouvent dans la région de Sido. Beaucoup sont sans abri et campent en plein air sous les arbres. Le manque d'eau potable et de latrines est problématique. Les camps de réfugiés existants dans cette région du Tchad sont saturés avec les nouvelles arrivées. Le HCR plaide auprès du gouvernement pour identifier un nouveau site où nous pouvons mieux répondre aux besoins des réfugiés, notamment pour l'alimentation, l'eau potable, les latrines et les services de santé.

En Ethiopie, le personnel du HCR sur le terrain a vu des réfugiés arriver en très mauvaise santé en raison du manque de nourriture à l'intérieur du Soudan du Sud et des longues distances que beaucoup ont effectuées à pied avant de rejoindre les zones frontalières de Pagak et d'Akobo. Une évaluation médicale menée la semaine dernière a révélé que 27,7 pour cent des enfants souffraient de malnutrition aiguë globale et 11,1 pour cent de malnutrition aiguë sévère.

Avec nos partenaires, nous avons immédiatement mis en place un programme d'alimentation complémentaire pour les enfants de moins de cinq ans ainsi que les femmes enceintes et allaitantes. Le nombre croissant de nouveaux arrivants met à rude épreuve les ressources humanitaires disponibles.

Pendant ce temps, le financement des situations d'urgence pour la République centrafricaine et le Soudan du Sud reste bien inférieur aux besoins. Concernant la République centrafricaine, les Nations Unies recherchent, pour l'année 2014, la somme de 551 millions de dollars. Sur cette somme, les besoins du HCR s'élèvent à 112 millions de dollars et seulement neuf pour cent de ce montant a déjà été reçu. Concernant le Soudan du Sud, les Nations Unies recherchent 1,27 milliard de dollars pour la période d'ici juin 2014. La part du HCR s'élève à 55 millions de dollars et elle est financée seulement à hauteur de 12,4 millions de dollars.

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Edwige fait face à la perte en s'activant et en aidant les autres dans le camp de Mole

Edwige Kpomako est une femme pressée; mais cette énergie aide également cette réfugiée originaire de République centrafricaine (RCA) à faire face à la tragédie qui l'a forcée à fuir vers le nord de la République démocratique du Congo (RDC) en 2013. Avant que la violence ne ravage de nouveau son pays en 2012, la jeune femme de 25 ans étudiait en Master de littérature américaine à Bangui, et sa vie était tournée vers l'avenir. « J'ai commencé ma thèse sur l'oeuvre d'Arthur Miller mais, à cause de la situation en RCA…. », explique-t-elle, sans pouvoir terminer sa phrase. A la place, elle a dû fuir précipitamment en RDC avec un frère plus jeune, mais son fiancé et un fils de 10 ans ont été tués dans les violences intercommunautaires en RCA.

Après avoir franchi le fleuve Oubangui vers la RDC, Edwige a été transférée vers Mole, un camp qui héberge plus de 13 000 réfugiés. Tentant désespérément d'avancer dans la vie et de rester active, elle a commencé à aider les autres, à assumer un rôle de direction et à participer à des activités communautaires, notamment la capoeira, un art martial brésilien. Elle dirige le comité des femmes, s'engage dans des activités visant à combattre la violence sexuelle et agit comme officier de liaison au centre de santé. Elle donne aussi des cours et tient un petit commerce en vendant des crèmes pour le visage. « J'ai découvert que je n'étais pas faible », déclare Edwige, en restant optimiste. Elle est certaine que son pays va sortir de son cauchemar et se reconstruire et qu'elle deviendra un jour une avocate spécialisée dans la défense des droits humains au service des réfugiés.

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Joie en demi-teinte pour les retrouvailles d'une famille de réfugiés centrafricains

La violence et les conflits en République centrafricaine ont forcé des centaines de milliers de personnes à fuir leurs foyers depuis la mi-décembre. Beaucoup ont trouvé refuge dans les pays voisins, y compris 80 000 personnes au Cameroun. Avec le traumatisme et la confusion causés par les déplacements de populations, des familles sont séparées. Les réfugiés font face à de nombreux dangers sur le chemin de la sécurité, et leur voyage peut durer plusieurs semaines. Ramatou, une mère de 11 enfants âgée de 45 ans, a été séparée de trois de ses fils et de son mari quand des miliciens ont attaqué son village en janvier. Elle est partie en courant avec huit enfants et elle a fini par rejoindre le Cameroun avec l'aide des troupes de l'Union africaine pour le maintien de la paix. Son mari et ses trois fils ont couru dans une autre direction. Ils ont enduré de nombreuses épreuves dans la brousse, et ont été séparés à nouveau. Plus tôt ce mois-ci, Ramatou a retrouvé ses deux cadets dans le camp de réfugiés de Mbile au Cameroun. Elle était ravie, mais aussi consternée de les voir non accompagnés. Elle espère revoir bientôt son mari et son fils aîné. Le photographe Fred Noy a assisté à leurs retrouvailles émouvantes.

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Les enfants réfugiés centrafricains tout juste arrivés au Cameroun souffrent de malnutrition

Les réfugiés centrafricains arrivent au Cameroun en nombre croissant, dans un état de grande faiblesse physique. Ils passent des semaines voire des mois cachés dans la brousse, où il leur était difficile de trouver de la nourriture et de l'eau. Ils dorment en plein air. Ils ne peuvent pas retourner chez eux. Parmi ces réfugiés, les plus vulnérables sont les enfants âgés de moins de cinq ans. Rencontrer ces enfants émaciés est bouleversant. Ils ont besoin d'une aide alimentaire d'urgence après s'être nourris de racines et de feuilles. Selon les estimations, environ 40% des enfants récemment arrivés souffrent de malnutrition. Pour certains, le voyage est de trop. Le HCR aide à sauver des vies dans l'est du Cameroun. Avec Médecins Sans Frontières, le HCR appuie un centre d'aide nutritionnelle à Batouri. MSF y envoie des enfants depuis son dispensaire de la ville frontalière de Gbiti, où se trouvent environ 20 000 sur les 80 000 réfugiés centrafricains arrivés au Cameroun. Le dispensaire de Gbiti est débordé. Les partenaires étendent la capacité du centre d'aide nutritionnelle, qui traite environ 100 enfants. Davantage encore arrivent chaque jour et le HCR a monté des tentes pour y abriter les enfants et leurs Mamans. Le photographe Frédéric Noy s'est rendu la semaine dernière à Gbiti et Batouri. Il y a capturé la série suivante d'images saisissantes et évocatrices.

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