Selon le HCR, avec 15 000 civils centrafricains face à un risque aigu pour leur survie, il faut améliorer d'urgence la sécurité

Points de presse, 25 février 2014

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Adrian Edwards à qui toute citation peut être attribuée lors de la conférence de presse du 25 février 2014 au Palais des Nations à Genève.

En République centrafricaine (RCA), et sur la base du suivi mené par le groupe de travail sur la protection dirigé par le HCR, plus de 15 000 personnes dans 18 localités au nord-ouest et sud-ouest du pays sont actuellement encerclées et menacées par des groupes armés. Ces populations encourent un risque très élevé d'attaque et elles ont d'urgence besoin d'une amélioration de la situation de sécurité. Bien que les violences aient frappé toutes les communautés en République centrafricaine, la plupart des civils actuellement pris au piège sont des musulmans menacés par des miliciens anti-balaka. Parmi les zones particulièrement préoccupantes, il y a notamment le quartier PK 12 à Bangui ainsi que les villes de Boda, Bouar et Bossangoa.

Des civils sont pris pour cible pour des motifs religieux depuis septembre 2013, et cela concerne à la fois les communautés chrétiennes et musulmanes. Dans des localités comme Paoua et dans certains quartiers de Bangui, les communautés continuent de vivre et de travailler ensemble. Cependant, des atrocités sont fréquemment commises.

Samedi, trois musulmans auraient été tués dans un quartier de Bangui près de l'aéroport. La semaine dernière, un convoi transportant des personnes fuyant un lieu assiégé dans le quartier PK12 a été attaqué par des miliciens anti-balaka. Les 21 hommes transportés dans ce convoi ont été tués, laissant 119 enfants et 19 femmes apeurés qui ont fui vers un village voisin. Récemment à Boali, au nord de Bangui, la capitale, une attaque commise par des milices anti-balaka a causé la mort de 11 personnes. Les 800 rescapés traumatisés ont trouvé refuge dans une église où ils sont, depuis, hébergés par le prêtre et protégés par les forces internationales.

Le HCR et ses partenaires répondent à ces situations via la protection par la présence, l'aide humanitaire, le plaidoyer pour des mesures de protection et, dans des cas exceptionnels, par l'organisation du transfert de communautés vers des lieux sûrs. Mais les efforts humanitaires à eux seuls ne suffisent pas pour résoudre cette crise. Nous réitérons notre appel à tous les éléments armés pour qu'ils cessent les attaques contre les civils. Nous demandons également le déploiement de davantage de troupes internationales car le nombre de celles qui se trouvent actuellement sur place est beaucoup trop faible, compte tenu de la taille du pays et de l'ampleur de la crise.

Le nouveau Gouvernement de RCA a besoin d'un soutien urgent pour faire appliquer efficacement la loi, en particulier via le déploiement de forces de police et le rétablissement d'un système judiciaire pour mettre fin à l'impunité. Les milices armées doivent être désarmées, démobilisées et, quand cela sera possible, réinsérées dans la société. Une action rapide pour le développement est également nécessaire pour permettre aux personnes déplacées de retrouver un environnement plus stable et pour un retour à la normale de la vie économique et sociale.

Depuis décembre 2012, la violence et l'instabilité ont forcé près d'un million de personnes à fuir au sein de la République centrafricaine et vers les pays voisins, le Cameroun, le Tchad, la République démocratique du Congo et le Congo.

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Crise en République Centrafricaine : Appel urgent

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Joie en demi-teinte pour les retrouvailles d'une famille de réfugiés centrafricains

La violence et les conflits en République centrafricaine ont forcé des centaines de milliers de personnes à fuir leurs foyers depuis la mi-décembre. Beaucoup ont trouvé refuge dans les pays voisins, y compris 80 000 personnes au Cameroun. Avec le traumatisme et la confusion causés par les déplacements de populations, des familles sont séparées. Les réfugiés font face à de nombreux dangers sur le chemin de la sécurité, et leur voyage peut durer plusieurs semaines. Ramatou, une mère de 11 enfants âgée de 45 ans, a été séparée de trois de ses fils et de son mari quand des miliciens ont attaqué son village en janvier. Elle est partie en courant avec huit enfants et elle a fini par rejoindre le Cameroun avec l'aide des troupes de l'Union africaine pour le maintien de la paix. Son mari et ses trois fils ont couru dans une autre direction. Ils ont enduré de nombreuses épreuves dans la brousse, et ont été séparés à nouveau. Plus tôt ce mois-ci, Ramatou a retrouvé ses deux cadets dans le camp de réfugiés de Mbile au Cameroun. Elle était ravie, mais aussi consternée de les voir non accompagnés. Elle espère revoir bientôt son mari et son fils aîné. Le photographe Fred Noy a assisté à leurs retrouvailles émouvantes.

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Les enfants réfugiés centrafricains tout juste arrivés au Cameroun souffrent de malnutrition

Les réfugiés centrafricains arrivent au Cameroun en nombre croissant, dans un état de grande faiblesse physique. Ils passent des semaines voire des mois cachés dans la brousse, où il leur était difficile de trouver de la nourriture et de l'eau. Ils dorment en plein air. Ils ne peuvent pas retourner chez eux. Parmi ces réfugiés, les plus vulnérables sont les enfants âgés de moins de cinq ans. Rencontrer ces enfants émaciés est bouleversant. Ils ont besoin d'une aide alimentaire d'urgence après s'être nourris de racines et de feuilles. Selon les estimations, environ 40% des enfants récemment arrivés souffrent de malnutrition. Pour certains, le voyage est de trop. Le HCR aide à sauver des vies dans l'est du Cameroun. Avec Médecins Sans Frontières, le HCR appuie un centre d'aide nutritionnelle à Batouri. MSF y envoie des enfants depuis son dispensaire de la ville frontalière de Gbiti, où se trouvent environ 20 000 sur les 80 000 réfugiés centrafricains arrivés au Cameroun. Le dispensaire de Gbiti est débordé. Les partenaires étendent la capacité du centre d'aide nutritionnelle, qui traite environ 100 enfants. Davantage encore arrivent chaque jour et le HCR a monté des tentes pour y abriter les enfants et leurs Mamans. Le photographe Frédéric Noy s'est rendu la semaine dernière à Gbiti et Batouri. Il y a capturé la série suivante d'images saisissantes et évocatrices.

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De Batalimo à Batanga et au-delà : Des Congolais rentrent de RCA

Ce mois-ci, près de 6 300 réfugiés originaires de la République démocratique du Congo (RDC) ont quitté le camp de Batalimo en République centrafricaine, un pays déchiré par les violences. Ils sont rentrés chez eux dans la province de l'Equateur sur une base volontaire. Leur décision de rentrer prouve encore une fois, s'il en était besoin, la gravité de la situation en République centrafricaine, où la violence s'est intensifiée depuis décembre. Le conflit a généré des centaines de milliers de personnes déplacées internes et en a forcé près de 350 000 autres à fuir vers les pays voisins. Les réfugiés du camp de Batalimo faisaient partie des quelque 20 000 Congolais ayant fui en République centrafricaine pour échapper aux conflits interethniques en RDC. L'opération de retour depuis Batalimo avait été reportée plusieurs fois pour des raisons de sécurité et de logistique. Toutefois, le 10 avril, un premier convoi a traversé le fleuve Oubangui en bateau. Le tout dernier est arrivé en RDC en date du 10 mai. Le HCR a organisé le transport des réfugiés depuis Batalimo vers la ville fluviale de Zinga en RCA. De là, ils sont montés à bord de bateaux pour la traversée vers Batanga ou Libenge dans la province de l'Equateur en RDC. A Batanga, les rapatriés ont été enregistrés, ils ont reçu des documents d'identité et une subvention d'aide à la réinsertion. Ils ont ensuite été transportés vers leurs villages, où ils bénéficieront d'un suivi. La photographe Leonora Baumann a suivi l'un de ces groupes de rapatriés vers la RDC.

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Lors d'une mission en République centrafricaine, le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés António Guterres a décrit la violence et le déplacement forcé survenant dans le pays comme étant une tragédie silencieuse.
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La guerre se déroulant en République centrafricaine a reçu peu d'attention de la part des médias, en comparaison avec le conflit du Darfour, alors que ses effets sont semblables. Plus de 17 000 Centrafricains ont traversé la frontière vers le Tchad depuis janvier 2009, portant ainsi le total des réfugiés centrafricains à près de 70 000 dans ce pays.