Arrivée de près de 20 000 réfugiés centrafricains à l'est du Cameroun ce mois-ci

Articles d'actualité, 21 février 2014

© HCR/M.Hofer
Les réfugiés centrafricains sont regroupés dans un site à l'est du Cameroun.

GENÈVE, 21 février (HCR) Le HCR a signalé vendredi une forte hausse ce mois-ci du nombre de réfugiés ayant fui au Cameroun depuis la République centrafricaine (RCA), avec près de 20 000 personnes arrivées dans l'est. Elles ont fui les violences dans leur pays d'origine.

« Depuis début février, un total de 19 565 réfugiés centrafricains ont traversé la frontière vers le Cameroun pour échapper aux violences perpétrées par les milices ex-séléka et anti-balaka à Bangui et dans d'autres villes du nord-ouest de la RCA », a indiqué Dan McNorton, porte-parole du HCR, aux journalistes à Genève. « Après ce tout dernier afflux, quelque 35 142 réfugiés centrafricains se trouvent au Cameroun depuis mars 2013, lorsque les sélékas avaient pris le pouvoir en République centrafricaine. »

« Nos collègues à Garoua Boulay dans l'est du Cameroun ont été témoins de l'arrivée, le 16 février dernier, de 100 camions transportant des civils centrafricains. De plus, quelque 3 000 personnes auraient traversé la frontière vers la ville de Yokadouma au sud-est du Cameroun », a ajouté Dan McNorton.

Il a ajouté qu'ils venaient depuis Bangui, la capitale de la République centrafricaine, et depuis les localités comme Bossemptele, Bouar, Baboua, Beloko, Carnot, Boaro, Gambala, Berberati and Nola à l'ouest de la République centrafricaine. « Nous avons commencé lundi à enregistrer les nouveaux arrivants à Garoua Boulay, et nos collègues se trouvant à Yokadouma font de même », a déclaré Dan McNorton.

Le nombre croissant de nouveaux arrivants et leurs besoins en vivres et d'autres articles de première nécessité ont causé une hausse des prix et des pénuries de nourriture. Beaucoup vivent dans des conditions précaires, ils manquent de nourriture et d'abris. Les communautés hôtes hébergent beaucoup d'arrivants, mais les habitants ne peuvent pas partager leur maison et leurs ressources avec tout le monde. De plus, les hausses de loyer affectent également les communautés locales.

« Nous avons commencé à transférer les réfugiés depuis Garoua Boulay vers le nouveau site de Mborguene, dont la capacité d'accueil est 10 000 personnes. Parallèlement, nous avons identifié un autre site à Lolo, à 46 kilomètres de la frontière dans l'est, qui pourra accueillir jusqu'à 15 000 réfugiés », a indiqué Dan McNorton.

Parallèlement, 7 921 ressortissants d'autres pays sont arrivés au Cameroun depuis la République centrafricaine. Ils sont principalement tchadiens, maliens, mauritaniens et nigériens. Ils sont actuellement rapatriés par les autorités de leurs pays respectifs. A ce jour, 2 774 personnes ont déjà été rapatriées. Avant la crise actuelle, le Cameroun accueillait déjà 92 000 réfugiés originaires de République centrafricaine. Les premiers d'entre eux étaient arrivés en 2006 après avoir fui les groupes rebelles et les bandits sévissant dans le nord de leur pays.

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Chaque semaine, environ 10 000 musulmans traversent la frontière vers l'est du Cameroun pour échapper à la violence qui déchire la République centrafricaine (RCA). Beaucoup parmi les nouveaux arrivants racontent avoir été attaqués à plusieurs reprises lors de la fuite en exil. Les miliciens anti-balaka ont bloqué les routes principales vers le Cameroun, forçant les civils à trouver d'autres itinéraires à travers la brousse. Beaucoup marchent durant deux à trois mois pour rejoindre le Cameroun. Ils arrivent en état de malnutrition et ils portent des blessures de machettes ou par balles.

Le HCR et ses partenaires ont mis en place des cliniques mobiles supplémentaires aux points de passage frontière pour fournir des soins d'urgence dès l'arrivée des réfugiés. L'agence des Nations Unies pour les réfugiés appuie également des dispensaires publics qui sont submergés par le nombre de réfugiés et leur mauvais état de santé.

Parallèlement, le HCR a transféré quelque 20 000 réfugiés qui vivaient en plein air dans les zones frontalières de Garoua Bouai et de Kenzou. Ils se trouvent désormais dans de nouveaux sites à Lolo, Mborguene, Gado et Borgop dans les régions de l'Est et de l'Adamaoua.

Depuis début 2014, le Cameroun a reçu près de 70 000 réfugiés centrafricains. Ce chiffre s'ajoute aux 92 000 réfugiés arrivés lors de précédents afflux survenus depuis 2004 pour échapper aux groupes rebelles et aux bandits qui écumaient le nord de leur pays.

Paul Spiegel et Michele Poletto, employés du HCR, se sont récemment rendus dans l'est du Cameroun et ils ont pris les photos suivantes avec leur iPhone ou un appareil photo.

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Les souffrances insensées continuent en République centrafricaine

Un an après la prise de pouvoir par la Séléka, une coalition de groupes rebelles majoritairement musulmans en République centrafricaine (RCA), ce pays pauvre est englué dans une crise humanitaire qui s'aggrave, marquée par la brutalité et les déplacements massifs. Après sa visite dans la capitale, Bangui, le mois dernier, le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés António Guterres a décrit la situation en République centrafricaine comme « une catastrophe humanitaire d'une ampleur indescriptible ». Les origines du conflit intercommunautaire sont complexes et des attaques de représailles ont été commises ces dernières semaines sur des civils par la Séléka et les milices chrétiennes anti-balaka rivales. Une personne sur cinq a fui son foyer : quelque 625 000 personnes sont déplacées à l'intérieur du pays et 312 000 se trouvent dans les pays voisins. Quelque 2,5 millions de personnes ont besoin d'aide en RCA, mais les financements sont insuffisants et l'accès à d'importantes zones du pays est trop dangereux. Les déplacés internes sont dispersés partout, y compris plus de 54 000 à l'aéroport international de Bangui. Ils ont besoin d'aide et de protection. La photographe Annibale Greco s'est récemment rendue avec le HCR dans des zones où les déplacés ont trouvé refuge. Voici ses images.

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« La chose la plus importante que vous emporteriez » pour les réfugiés centrafricains

Au cours de l'année écoulée, le HCR a publié sur ses sites Internet une série de galeries de photos prises par le photographe américain Brian Sokol ayant pour thème les possessions que les réfugiés emportent avec eux lorsqu'ils sont forcés de fuir leur domicile. Nous nous sommes d'abord intéressés en août dernier aux réfugiés soudanais au Soudan du Sud, puis nous avons fait un reportage sur les réfugiés originaires de Syrie et du Mali.

Brian Sokol s'est rendu l'an dernier dans le nord de la République démocratique du Congo (RDC) pour poser cette question aux réfugiés originaires de la République centrafricaine : quel est l'effet personnel le plus important pour vous que vous ayez emporté ? Il a reçu encore une fois des réponses intéressantes de la part de tout un éventail de personnes originaires de régions rurales ou urbaines de la République centrafricaine, où les violences intercommunautaires ont dégénéré, échappant à tout contrôle. Leurs réponses sont présentées ici. La sandale d'une femme âgée, une paire de béquilles utilisée par un homme pour rejoindre un lieu sûr et la photo portée par un garçon de son père tué en sont quelques exemples. Un autre garçon a désigné les membres de sa famille ayant, comme lui, réussi à s'échapper comme son bien le plus précieux - ils sont nombreux à ressentir la même chose.

Depuis décembre 2012, plusieurs dizaines de milliers de personnes ont fui la République centrafricaine vers des pays voisins. 60 000 personnes se sont ainsi retrouvées dans le nord de la RDC. Quelque 30 000 d'entre elles vivent dans quatre camps de réfugiés établis par le HCR. Les autres sont hébergées par des familles de la communauté locale. La majorité d'entre elles n'ont pas eu le temps de faire leurs bagages avant de s'enfuir. Elles ont fui les violences et le chaos et elles sont arrivées en RDC, exténuées et traumatisées. Elles n'ont été en mesure d'emporter que des effets essentiels et légers. Les photos qui suivent ont été prises au centre de transit de Batanga, dans le camp de réfugiés de Boyabo et dans le village de Libenge.

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