Le chef du HCR appelle l'Amérique latine à assurer la protection et à rechercher des solutions pour les populations déplacées

Communiqués de presse, 13 février 2014

Le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés António Guterres a appelé jeudi les pays d'Amérique latine et des Caraïbes à se dresser en défenseurs de la cause des réfugiés et des personnes déplacées dans la région à cause des conflits et de la violence.

« L'Amérique latine devrait davantage développer sa longue tradition d'accueil et d'innovation en fixant des normes minimales élevées dans le domaine de la protection et en trouvant des solutions durables pour les personnes affectées par des années de conflit, de persécution et d'abus contre les droits de l'homme », a indiqué Antonio Guterres lors d'une réunion d'ambassadeurs des Etats d'Amérique latine et des Caraïbes à Genève.

La réunion a lancé la commémoration du 30e anniversaire de la Déclaration de Carthagène sur les réfugiés plus connue sous le nom de Cartagena +30 process. Le point d'orgue de ces commémorations, qui incluent plusieurs réunions régionales, aura lieu lors d'une conférence ministérielle à Brasilia en décembre 2014, où les Etats devraient adopter une Déclaration régionale et un nouveau Plan d'action afin d'améliorer le cadre de protection pour les personnes déracinées et les apatrides durant la prochaine décennie.

Développée dans un contexte de conflits en Amérique centrale, la Déclaration de Carthagène de 1984 est un instrument régional découlant de la pratique généreuse menée de longue date pour accorder l'asile aux personnes ayant besoin de protection.

« Le 30e anniversaire de la Déclaration de Carthagène fournit une opportunité renouvelée à la région des Amériques de paver la voie avec des systèmes d'asile équitables, de trouver des solutions durables et d'éliminer l'apatridie », a indiqué le Haut Commissaire dans sa déclaration d'ouverture.

La région est confrontée à des problèmes complexes de déplacement prolongé, de flux migratoires mixtes et d'apatridie. Toutefois sa solide expérience dans la gestion des questions de protection et d'asile l'aideront à y répondre, selon António Guterres.

« Je reste confiant sur le fait que les Etats de la région joindront leurs efforts pour assurer le bien-être et la sécurité des personnes dans les mouvements de migration mixte, tout spécialement les femmes et les enfants. L'Amérique latine redeviendra leader dans la réponse aux besoins en matière de protection des personnes affectées par la violence ciblant des personnes et des familles », a-t-il déclaré. « En construisant les meilleures pratiques de la région en matière de protection des réfugiés en milieu urbain, de stratégies pour les moyens d'existence ainsi que de réponses aux violences sexuelles et à l'encontre des femmes, les pays d'Amérique latine peuvent devenir un moteur pour remédier aux problèmes associés à la protection au plan international. »

Les discussions menées au sein de Cartagena +30 process encourageront également les pays à s'engager pour l'élimination de l'apatridie dans la région d'ici 2024 et à consolider un programme en l'Amérique latine pour la réinstallation fondée sur la solidarité, qui viendra en aide aux réfugiés originaires de la région ou au-delà.

• FAITES UN DON •

 

• COMMENT NOUS AIDER • • RESTEZ INFORMÉS •

Crise en République Centrafricaine : Appel urgent

Vous pouvez sauver la vie de milliers de refugiés.

Donnez pour cette crise

Edwige fait face à la perte en s'activant et en aidant les autres dans le camp de Mole

Edwige Kpomako est une femme pressée; mais cette énergie aide également cette réfugiée originaire de République centrafricaine (RCA) à faire face à la tragédie qui l'a forcée à fuir vers le nord de la République démocratique du Congo (RDC) en 2013. Avant que la violence ne ravage de nouveau son pays en 2012, la jeune femme de 25 ans étudiait en Master de littérature américaine à Bangui, et sa vie était tournée vers l'avenir. « J'ai commencé ma thèse sur l'oeuvre d'Arthur Miller mais, à cause de la situation en RCA…. », explique-t-elle, sans pouvoir terminer sa phrase. A la place, elle a dû fuir précipitamment en RDC avec un frère plus jeune, mais son fiancé et un fils de 10 ans ont été tués dans les violences intercommunautaires en RCA.

Après avoir franchi le fleuve Oubangui vers la RDC, Edwige a été transférée vers Mole, un camp qui héberge plus de 13 000 réfugiés. Tentant désespérément d'avancer dans la vie et de rester active, elle a commencé à aider les autres, à assumer un rôle de direction et à participer à des activités communautaires, notamment la capoeira, un art martial brésilien. Elle dirige le comité des femmes, s'engage dans des activités visant à combattre la violence sexuelle et agit comme officier de liaison au centre de santé. Elle donne aussi des cours et tient un petit commerce en vendant des crèmes pour le visage. « J'ai découvert que je n'étais pas faible », déclare Edwige, en restant optimiste. Elle est certaine que son pays va sortir de son cauchemar et se reconstruire et qu'elle deviendra un jour une avocate spécialisée dans la défense des droits humains au service des réfugiés.

Edwige fait face à la perte en s'activant et en aidant les autres dans le camp de Mole

Joie en demi-teinte pour les retrouvailles d'une famille de réfugiés centrafricains

La violence et les conflits en République centrafricaine ont forcé des centaines de milliers de personnes à fuir leurs foyers depuis la mi-décembre. Beaucoup ont trouvé refuge dans les pays voisins, y compris 80 000 personnes au Cameroun. Avec le traumatisme et la confusion causés par les déplacements de populations, des familles sont séparées. Les réfugiés font face à de nombreux dangers sur le chemin de la sécurité, et leur voyage peut durer plusieurs semaines. Ramatou, une mère de 11 enfants âgée de 45 ans, a été séparée de trois de ses fils et de son mari quand des miliciens ont attaqué son village en janvier. Elle est partie en courant avec huit enfants et elle a fini par rejoindre le Cameroun avec l'aide des troupes de l'Union africaine pour le maintien de la paix. Son mari et ses trois fils ont couru dans une autre direction. Ils ont enduré de nombreuses épreuves dans la brousse, et ont été séparés à nouveau. Plus tôt ce mois-ci, Ramatou a retrouvé ses deux cadets dans le camp de réfugiés de Mbile au Cameroun. Elle était ravie, mais aussi consternée de les voir non accompagnés. Elle espère revoir bientôt son mari et son fils aîné. Le photographe Fred Noy a assisté à leurs retrouvailles émouvantes.

Joie en demi-teinte pour les retrouvailles d'une famille de réfugiés centrafricains

Les enfants réfugiés centrafricains tout juste arrivés au Cameroun souffrent de malnutrition

Les réfugiés centrafricains arrivent au Cameroun en nombre croissant, dans un état de grande faiblesse physique. Ils passent des semaines voire des mois cachés dans la brousse, où il leur était difficile de trouver de la nourriture et de l'eau. Ils dorment en plein air. Ils ne peuvent pas retourner chez eux. Parmi ces réfugiés, les plus vulnérables sont les enfants âgés de moins de cinq ans. Rencontrer ces enfants émaciés est bouleversant. Ils ont besoin d'une aide alimentaire d'urgence après s'être nourris de racines et de feuilles. Selon les estimations, environ 40% des enfants récemment arrivés souffrent de malnutrition. Pour certains, le voyage est de trop. Le HCR aide à sauver des vies dans l'est du Cameroun. Avec Médecins Sans Frontières, le HCR appuie un centre d'aide nutritionnelle à Batouri. MSF y envoie des enfants depuis son dispensaire de la ville frontalière de Gbiti, où se trouvent environ 20 000 sur les 80 000 réfugiés centrafricains arrivés au Cameroun. Le dispensaire de Gbiti est débordé. Les partenaires étendent la capacité du centre d'aide nutritionnelle, qui traite environ 100 enfants. Davantage encore arrivent chaque jour et le HCR a monté des tentes pour y abriter les enfants et leurs Mamans. Le photographe Frédéric Noy s'est rendu la semaine dernière à Gbiti et Batouri. Il y a capturé la série suivante d'images saisissantes et évocatrices.

Les enfants réfugiés centrafricains tout juste arrivés au Cameroun souffrent de malnutrition

République centrafricaine : une crise oubliéePlay video

République centrafricaine : une crise oubliée

Lors d'une mission en République centrafricaine, le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés António Guterres a décrit la violence et le déplacement forcé survenant dans le pays comme étant une tragédie silencieuse.
Des réfugiés centrafricains fuient vers le TchadPlay video

Des réfugiés centrafricains fuient vers le Tchad

La guerre se déroulant en République centrafricaine a reçu peu d'attention de la part des médias, en comparaison avec le conflit du Darfour, alors que ses effets sont semblables. Plus de 17 000 Centrafricains ont traversé la frontière vers le Tchad depuis janvier 2009, portant ainsi le total des réfugiés centrafricains à près de 70 000 dans ce pays.