Le chef du HCR António Guterres se déclare 'profondément affligé' par la situation en République centrafricaine

Communiqués de presse, 12 février 2014

Déclaration du Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés António Guterres, au terme de sa visite en République centrafricaine

Bangui, 12 février 2014 J'ai été témoin en République centrafricaine d'une effroyable catastrophe humanitaire.

Un nettoyage ethno-religieux s'y poursuit à grande échelle.

Il y a des meurtres et des massacres systématiques.

Des épisodes choquants de cruauté, de brutalité et de barbarie caractérisent ces violences.

Des dizaines de milliers de personnes fuient le pays en quête de sécurité, beaucoup sont pris au piège et n'ont nulle part où aller. Pour la seule ville de Bangui, des milliers de personnes vivent dans des ghettos dans des conditions épouvantables.

Même avec la nouvelle Présidente et la formation d'un gouvernement, il ne peut toujours pas protéger efficacement ses propres citoyens.

Il est impératif d'y rétablir la sécurité et l'ordre public. Pour la population centrafricaine, la sécurité et la protection pour tous est une priorité absolue.

La communauté internationale doit œuvrer conjointement pour une hausse significative et immédiate des forces armées et de la police sur le terrain.

En travaillant ensemble, particulièrement avec le soutien des chefs religieux, tous les acteurs doivent promouvoir la médiation et ouvrir la voie au rétablissement de la paix et à la réconciliation durable.

En tant que Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, je suis profondément affligé par le fait que près d'un demi-million de Centrafricains soient nouvellement déplacés depuis le seul mois de décembre. En tout, 2,5 millions de personnes ont désespérément besoin d'aide.

Les agences humanitaires et les ONG effectuent un travail exceptionnel pour aider les victimes de cette crise humanitaire. Nous sommes tous confrontés à un dramatique manque de financement. Nos ressources sont mises à rude épreuve, ce qui entrave notre capacité à faire davantage.

La République centrafricaine est laissée pour compte par la communauté internationale. Ceci ne devrait pas être permis. Ce pays mérite la même attention que celle portée aux crises en Syrie et au Soudan du Sud.

• FAITES UN DON •

 

• COMMENT NOUS AIDER • • RESTEZ INFORMÉS •

Crise en République Centrafricaine : Appel urgent

Vous pouvez sauver la vie de milliers de refugiés.

Donnez pour cette crise

Edwige fait face à la perte en s'activant et en aidant les autres dans le camp de Mole

Edwige Kpomako est une femme pressée; mais cette énergie aide également cette réfugiée originaire de République centrafricaine (RCA) à faire face à la tragédie qui l'a forcée à fuir vers le nord de la République démocratique du Congo (RDC) en 2013. Avant que la violence ne ravage de nouveau son pays en 2012, la jeune femme de 25 ans étudiait en Master de littérature américaine à Bangui, et sa vie était tournée vers l'avenir. « J'ai commencé ma thèse sur l'oeuvre d'Arthur Miller mais, à cause de la situation en RCA…. », explique-t-elle, sans pouvoir terminer sa phrase. A la place, elle a dû fuir précipitamment en RDC avec un frère plus jeune, mais son fiancé et un fils de 10 ans ont été tués dans les violences intercommunautaires en RCA.

Après avoir franchi le fleuve Oubangui vers la RDC, Edwige a été transférée vers Mole, un camp qui héberge plus de 13 000 réfugiés. Tentant désespérément d'avancer dans la vie et de rester active, elle a commencé à aider les autres, à assumer un rôle de direction et à participer à des activités communautaires, notamment la capoeira, un art martial brésilien. Elle dirige le comité des femmes, s'engage dans des activités visant à combattre la violence sexuelle et agit comme officier de liaison au centre de santé. Elle donne aussi des cours et tient un petit commerce en vendant des crèmes pour le visage. « J'ai découvert que je n'étais pas faible », déclare Edwige, en restant optimiste. Elle est certaine que son pays va sortir de son cauchemar et se reconstruire et qu'elle deviendra un jour une avocate spécialisée dans la défense des droits humains au service des réfugiés.

Edwige fait face à la perte en s'activant et en aidant les autres dans le camp de Mole

Joie en demi-teinte pour les retrouvailles d'une famille de réfugiés centrafricains

La violence et les conflits en République centrafricaine ont forcé des centaines de milliers de personnes à fuir leurs foyers depuis la mi-décembre. Beaucoup ont trouvé refuge dans les pays voisins, y compris 80 000 personnes au Cameroun. Avec le traumatisme et la confusion causés par les déplacements de populations, des familles sont séparées. Les réfugiés font face à de nombreux dangers sur le chemin de la sécurité, et leur voyage peut durer plusieurs semaines. Ramatou, une mère de 11 enfants âgée de 45 ans, a été séparée de trois de ses fils et de son mari quand des miliciens ont attaqué son village en janvier. Elle est partie en courant avec huit enfants et elle a fini par rejoindre le Cameroun avec l'aide des troupes de l'Union africaine pour le maintien de la paix. Son mari et ses trois fils ont couru dans une autre direction. Ils ont enduré de nombreuses épreuves dans la brousse, et ont été séparés à nouveau. Plus tôt ce mois-ci, Ramatou a retrouvé ses deux cadets dans le camp de réfugiés de Mbile au Cameroun. Elle était ravie, mais aussi consternée de les voir non accompagnés. Elle espère revoir bientôt son mari et son fils aîné. Le photographe Fred Noy a assisté à leurs retrouvailles émouvantes.

Joie en demi-teinte pour les retrouvailles d'une famille de réfugiés centrafricains

Les enfants réfugiés centrafricains tout juste arrivés au Cameroun souffrent de malnutrition

Les réfugiés centrafricains arrivent au Cameroun en nombre croissant, dans un état de grande faiblesse physique. Ils passent des semaines voire des mois cachés dans la brousse, où il leur était difficile de trouver de la nourriture et de l'eau. Ils dorment en plein air. Ils ne peuvent pas retourner chez eux. Parmi ces réfugiés, les plus vulnérables sont les enfants âgés de moins de cinq ans. Rencontrer ces enfants émaciés est bouleversant. Ils ont besoin d'une aide alimentaire d'urgence après s'être nourris de racines et de feuilles. Selon les estimations, environ 40% des enfants récemment arrivés souffrent de malnutrition. Pour certains, le voyage est de trop. Le HCR aide à sauver des vies dans l'est du Cameroun. Avec Médecins Sans Frontières, le HCR appuie un centre d'aide nutritionnelle à Batouri. MSF y envoie des enfants depuis son dispensaire de la ville frontalière de Gbiti, où se trouvent environ 20 000 sur les 80 000 réfugiés centrafricains arrivés au Cameroun. Le dispensaire de Gbiti est débordé. Les partenaires étendent la capacité du centre d'aide nutritionnelle, qui traite environ 100 enfants. Davantage encore arrivent chaque jour et le HCR a monté des tentes pour y abriter les enfants et leurs Mamans. Le photographe Frédéric Noy s'est rendu la semaine dernière à Gbiti et Batouri. Il y a capturé la série suivante d'images saisissantes et évocatrices.

Les enfants réfugiés centrafricains tout juste arrivés au Cameroun souffrent de malnutrition

République centrafricaine : une crise oubliéePlay video

République centrafricaine : une crise oubliée

Lors d'une mission en République centrafricaine, le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés António Guterres a décrit la violence et le déplacement forcé survenant dans le pays comme étant une tragédie silencieuse.
Des réfugiés centrafricains fuient vers le TchadPlay video

Des réfugiés centrafricains fuient vers le Tchad

La guerre se déroulant en République centrafricaine a reçu peu d'attention de la part des médias, en comparaison avec le conflit du Darfour, alors que ses effets sont semblables. Plus de 17 000 Centrafricains ont traversé la frontière vers le Tchad depuis janvier 2009, portant ainsi le total des réfugiés centrafricains à près de 70 000 dans ce pays.