Déplacement de population depuis la province d'Anbar en Iraq

Points de presse, 11 février 2014

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Melissa Fleming à qui toute citation peut être attribuée lors de la conférence de presse du 11 février 2014 au Palais des Nations à Genève.

Ces six dernières semaines, jusqu'à 300 000 Iraquiens soit environ 50 000 familles ont été déplacées du fait de l'insécurité à Falloujah et Ramadi dans la province d'Anbar au centre de l'Iraq. Avec la poursuite du conflit à Anbar, les agences des Nations Unies continuent de recevoir des informations faisant état d'un lourd bilan parmi les civils, de difficultés durables dans les communautés affectées par les combats et d'un afflux de personnes déplacées internes.

Selon le Ministère iraquien des Déplacements et des migrations, les autorités auront d'abord besoin de 35 millions de dollars afin de répondre aux besoins humanitaires engendrés par la crise d'Anbar, et notamment pour fournir de la nourriture, du matériel de couchage et d'autres articles de secours. Le mois dernier, le Comité ministériel pour la coordination d'urgence a alloué 18 millions de dollars au Ministère iraquien des Déplacements et des migrations ainsi que la somme de neuf millions de dollars aux autorités de la province d'Anbar pour aider les personnes déplacées.

Selon les informations fournies par le personnel du HCR sur le terrain, les déplacés iraquiens ont trouvé abri dans des écoles, des mosquées et d'autres bâtiments publics. Ils ont d'urgence besoin d'une aide humanitaire et d'articles essentiels. Les femmes enceintes et les enfants ont besoin de soins médicaux. Toutes les familles ont besoin d'eau potable, de lait, de nourriture, de couches, de matériel de couchage et d'ustensiles de cuisine.

La plupart des déplacés ont fui vers des communautés reculées de la province d'Anbar pour échapper aux combats. Par ailleurs, quelque 60 000 personnes ont fui vers des provinces plus éloignées. Des milliers de déplacés se trouvent désormais à Salah Al-Din. Selon les autorités à Erbil, environ 24 000 personnes se trouvent sur place, alors que 6 000 personnes sont enregistrées à Dohuk et à Suleymaniyeh. D'autres se trouvent à Tikrit, Babylone et Kerbala.

Le long de la frontière reculée entre l'Iraq et la Syrie, quelque 7 000 déplacés iraquiens se trouvent désormais à Al Qaïm, une ville frontalière où les familles ont besoin d'un important soutien. Al Qaïm accueille quelque 5 000 réfugiés syriens et les fournitures sont de plus en plus rares.

Comme dans d'autres régions du pays, les déplacés à Al Qaïm vivent principalement dans des hôtels et chez des familles hôtes. D'autres ont trouvé abri dans des lieux de résidence abandonnés par le personnel d'une ancienne usine de phosphate. Une équipe du HCR arrivée depuis Bagdad a identifié d'autres déplacés ayant trouvé abri dans une école non chauffée. Ils vivent dans les salles de classe et préparent les repas dans une cuisine improvisée sur un réchaud offert par la communauté hôte. Nous avons identifié plusieurs cas de maladies chroniques, y compris le diabète et l'hypertension artérielle, ainsi qu'au moins quatre femmes enceintes. Des couvertures et des ustensiles de cuisine ont été fournis depuis des stocks du camp voisin d'Al Obeidy où sont hébergés des réfugiés syriens.

Dans une opération de secours coordonnée par la Mission d'assistance des Nations Unies en Iraq afin de soutenir la réponse des autorités iraquiennes, le HCR a distribué plus de 2 300 kits d'articles de secours de première nécessité et 175 tentes dans divers localités à travers le pays. L'Organisation internationale pour les migrations (OIM) a distribué plus de 1 600 kits y compris des matelas et des kits de couchage. Le CICR a également distribué des kits d'articles de secours essentiels à plus de 800 familles dans le besoin ainsi que des réservoirs d'eau et d'autres fournitures. L'UNICEF a déjà distribué plus de 1 250 kits d'hygiène et diverses fournitures pour la distribution d'eau et l'assainissement. L'UNICEF prévoit d'envoyer 36 tonnes de kits d'hygiène, d'équipements de distribution d'eau et d'assainissement vers Ramadi, Heet, Haditha, Rawa, Ana et Al Qaïm. Le Programme alimentaire mondial (PAM) en coopération avec l'OIM a livré plus de 4 300 colis alimentaires dans différents districts à Anbar où sont hébergées des personnes déplacées.

En plus de fournir du matériel médical, les premiers soins et le transport, le Croissant-Rouge iraquien est activement engagé dans l'aide humanitaire et a procédé à la distribution de colis de vivres et d'autres articles de secours à plus de 100 000 personnes. Le Parlement iraquien a également envoyé du matériel de secours par l'intermédiaire du Ministère des Déplacements et des migrations. Le Ministère iraquien des Déplacements et des migrations a envoyé plus de 5 300 rations alimentaires, 9 000 couvertures, plus de 600 kits d'articles de secours essentiels et plus de 200 tentes qui sont acheminés vers Amiriat Fallouja afin d'augmenter la capacité d'hébergement. Des organisations locales de charité, par exemple Al-Ataba Al Hussainiyah, ont distribué des allocations financières en espèces à toutes les familles de personnes déplacées originaires de la province d'Anbar et qui se trouvent à Al-Zahra et à Kerbala (100 000 dinars pour les adultes et 50 000 dinars pour les enfants). Elles ont également pris en charge les coûts de transport entre les villes d'Al Zahra et de Kerbala ainsi que trois repas quotidiens. Une équipe du HCR à Bagdad s'est récemment rendue dans la ville d'Al Zahra près de Kerbala et y a trouvé plus de 1 500 personnes déplacées qui résident dans un camp de pèlerins, que le CICR a équipé de réservoirs d'eau et où d'autres fournitures ont été distribuées.

D'autres agences partenaires, comme l'International Rescue Committee, sont à l'œuvre et appuient le travail du HCR sur le terrain. Save the Children s'apprête à évaluer la protection des enfants à Shaklawa et Erbil, au nord de l'Iraq.

L'accès et les barrages routiers restent problématiques. Une cargaison de matériel médical de l'OMS est retenue à un poste de contrôle de l'armée iraquienne depuis le 30 janvier. De nombreux ponts menant à la région d'Anbar ont été détruits et les routes sont bloquées, ce qui entrave les livraisons aux communautés accueillant des personnes déplacées.

Ces quelque 300 000 nouveaux déplacés s'ajoutent à plus de 1,1 million de déplacés iraquiens qui ne peuvent toujours pas retourner dans leurs villes et villages d'origine qui ont été ravagés par la violence principalement durant le soulèvement de 2006 à 2008.

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Iraq: Déplacement massif depuis Mossoul

Ces derniers jours, des centaines de milliers d'Iraquiens ont fui les combats dans la ville de Mossoul et d'autres cités du nord de l'Iraq. Des employés du HCR sont sur le terrain pour suivre les déplacements et aider les personnes dans le besoin. Les besoins sont immenses. Le HCR fait son possible pour assurer la protection et fournir des abris ainsi que des articles de secours, notamment des tentes. De nombreux déplacés ont quitté leurs maisons sans rien d'autre que les vêtements portés ce jour-là. Certains n'ont pas d'argent pour payer le logement, la nourriture, l'eau potable ou les soins de santé. Ils arrivent aux postes de contrôle entre le gouvernorat de Ninive et la région du Kurdistan d'Iraq sans savoir où aller, ni comment payer leurs dépenses.

Les agences des Nations Unies, les organisations humanitaires et les fonctionnaires gouvernementaux coordonnent leurs efforts pour aider les personnes dans le besoin. Les agences des Nations Unies lancent un appel de fonds supplémentaire d'urgence. Le HCR espère fournir des kits d'urgence ainsi que des milliers de tentes et travaille également avec ses partenaires pour protéger et aider les personnes déplacées.

L'exode dans le nord s'ajoute aux déplacements de populations massifs cette année dans le gouvernorat iraquien d'Anbar, où les combats depuis janvier ont contraint quelque 500 000 personnes à fuir cette province pour chercher refuge dans des zones plus sûres.

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Crise en Iraq : Trouver un logement

Des dizaines de milliers de personnes ont fui vers les gouvernorats d'Erbil et de Duhok dans la région du Kurdistan d'Iraq la semaine dernière. Ces déplacés ont trouvé abri dans des écoles, des mosquées, des églises et des camps de transit après une éruption de violence qui déchire certaines régions du centre et du nord de l'Iraq. Le HCR et ses partenaires font leur possible pour répondre aux besoins urgents en termes d'abri. Le HCR a livré près de 1 000 tentes dans un camp de transit en cours de construction par les autorités et les ONG à Garmawa, près de Duhok.

De nombreux déplacés originaires de Mossoul arrivent aux postes de contrôle entre le gouvernorat de Ninive et la région du Kurdistan iraquien. Ils ont des ressources limitées et n'ont pas les moyens de se payer un logement. Certains sont hébergés par des proches. D'autres résident à l'hôtel en puisant dans leurs maigres ressources.

Dans le village d'Alqosh, quelque 150 personnes (soit 20 familles) sont arrivées avec de rares effets personnels en plus des vêtements qu'ils portaient le jour où ils ont fui. Ces déplacés vivent dans plusieurs salles de classe d'une école primaire depuis la semaine dernière. Tous ces locaux sont actuellement bondés. Un membre du groupe a expliqué qu'il vivait auparavant dans un appartement loué à Mossoul et qu'il menait une vie de famille normale. Toutefois, à Alqosh, ils craignent pour le bien-être et l'éducation de leurs enfants ainsi que la présence de serpents et de scorpions.

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Enfants d'Erbil : des réfugiés syriens dans une zone urbaine en Irak

Les enfants qui ont trouvé refuge dans des zones urbaines avec leurs familles, font partie des réfugiés syriens parmi les plus vulnérables. A la différence de ceux qui sont hébergés dans des camps, les réfugiés qui vivent en ville dans des pays comme l'Irak, la Turquie et la Jordanie, ont souvent du mal à accéder à l'aide et à la protection. Dans un camp de réfugiés, il est plus facile pour des organisations humanitaires comme le HCR de fournir un abri et une assistance régulière, notamment des vivres, des soins de santé et un accès à l'éducation. Trouver les réfugiés en zones urbaines, sans parler de les aider, n'est pas une tâche facile.

En Irak, environ 100 000 réfugiés syriens sur les 143 000 présents dans le pays, vivraient en zones urbaines - dont 40% d'enfants âgés de moins de 18 ans. Les photos suivantes, prises par Brian Sokol dans la ville d'Erbil au nord de l'Irak, donnent un aperçu de la vie de certains de ces jeunes réfugiés urbains. Elles montrent la dureté de la vie quotidienne mais aussi la résilience, l'adaptabilité et le courage de ces jeunes dont la vie a été bouleversée au cours des deux dernières années.

La vie est difficile à Erbil, la capitale de la région du Kurdistan en Iraq. Le coût de la vie est élevé et il n'est pas facile de trouver du travail. Les réfugiés doivent aussi consacrer une part importante de leurs ressources limitées au loyer. Le HCR et ses partenaires, dont le Gouvernement régional kurde, se démènent pour aider les personnes dans le besoin.

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