La violence persistante au centre de l'Iraq génère 140 000 personnes déplacées

Articles d'actualité, 24 janvier 2014

© HCR Iraq
Une femme déplacée interne dans la province d'Anbar reçoit de l'aide.

GENÈVE, 24 janvier (HCR) Le HCR a déclaré vendredi que plus de 65 000 personnes ont fui le conflit déchirant les villes de Falloujah et Ramadi durant la semaine passée, dans la province d'Anbar au centre de l'Iraq. Depuis l'éruption des combats à la fin de l'année dernière, plus de 140 000 personnes sont devenues des sans-abri du fait des combats, selon le Ministère iraquien des Déplacements et des migrations.

C'est le plus important déplacement dont l'Iraq est le théâtre depuis les violences sectaires survenues entre 2006 et 2008. Ce nombre s'ajoute à la population déjà déplacée en Iraq qui compte 1,13 million de personnes et qui résident pour la plupart dans les provinces de Bagdad, Diyala et Ninewa.

Le porte-parole du HCR Adrian Edwards a indiqué aux journalistes que des personnes se trouvant à Anbar, y compris des employés du HCR, ont fait état de nombreux civils qui sont dans l'incapacité de quitter les zones affectées par le conflit où il y a désormais des pénuries de vivres et de fuel.

« La plupart des civils récemment déplacés se trouvent en dehors de la ville de Falloujah. Ils sont hébergés par des proches ou sont accueillis dans des écoles, des mosquées ou des hôpitaux, où les ressources s'appauvrissent. Les familles d'accueil éprouvent des difficultés à supporter la charge pour venir en aide aux déplacés », a-t-il déclaré.

Le porte-parole du HCR a ajouté que le HCR et ses partenaires humanitaires ont réussi à distribuer des bâches goudronnées, des couvertures, des matelas, des vivres et des articles d'hygiène. Jeudi, le HCR a distribué 2 400 kits contenant des articles de secours de première nécessité. Le Ministère iraquien des Déplacements et des migrations ainsi que le Parlement iraquien ont également envoyé de l'aide.

« Toutefois, beaucoup de déplacés ont tout de même désespérément besoin de nourriture, de soins médicaux et d'autres types d'assistance. Alors que l'insécurité a grandi, de nombreuses familles qui avaient fui il y a plusieurs semaines sont de nouveau déplacées », a indiqué Adrian Edwards.

L'équipe des Nations Unies en Iraq a demandé aux autorités de faciliter l'ouverture d'un corridor humanitaire pour accéder aux déplacés et aux familles bloquées dans la province d'Anbar. Ces dernières semaines, plusieurs ouvrages d'art (des ponts) menant aux zones de conflit et aux communautés accueillant des déplacés ont été détruits, ce qui rend l'accès difficile. Actuellement, il est impossible de se rendre dans la zone depuis Bagdad et les agences d'aide humanitaire passent par des routes venant du nord de l'Iraq.

Parallèlement, d'autres zones en Iraq, comme Bagdad, Erbil, Kerbala, Salah-al-Din et Ninewa, ont été le théâtre de l'arrivée de milliers de personnes déplacées. Les déplacés n'auraient pas d'argent pour s'acheter de la nourriture et manquent de vêtements appropriés pour la pluie. Les enfants sont déscolarisés et les conditions sanitaires, particulièrement pour les femmes, sont insuffisantes.

« Etablir des camps pour accueillir les personnes nouvellement déplacées n'est pas notre option préférée et pourrait prolonger le déplacement. Mais, si les autorités iraquiennes choisissent d'établir des sites, le HCR est prêt à fournir des tentes et des articles de secours de première nécessité ainsi qu'à apporter un appui pour la gestion des camps », a indiqué Adrian Edwards à Genève.

Dans le nord de l'Iraq, à la demande du gouvernement d'Erbil, le HCR a remis en état le site temporaire de Baharka pour accueillir des personnes arrivant depuis la province d'Anbar. Des tentes, la distribution d'électricité et des installations sanitaires ont été mises en place. Le site peut désormais accueillir jusqu'à 300 familles si le gouvernement décidait d'ouvrir le site. A Suleymaniya, certaines sections du camp d'Arbat, construit à l'origine pour héberger des réfugiés syriens, ont été libérées pour y héberger des déplacés iraquiens. On compte environ 300 familles déplacées à Suleymaniya.

Des procédures de planification sont actuellement en cours pour envoyer des équipes mobiles afin de renforcer les capacités à Anbar et les équipes pourraient donc être déployées dans d'autres provinces accueillant des déplacés.

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Pour de nombreux parents réfugiés iraquiens, l'éducation est une priorité d'une importance équivalente à celle de la sécurité. En Iraq, à cause de la violence et des déplacements forcés, les enfants iraquiens n'allaient pas régulièrement à l'école et nombre d'enfants réfugiés ont manqué une bonne partie de leur scolarité. Bien que l'éducation soit gratuite en Syrie, des frais pour l'achat de fournitures, d'uniformes et les frais de transport ne permettent pas d'accéder à l'éducation. Par ailleurs, de nombreux enfants réfugiés sont contraints de travailler plutôt que de fréquenter l'école, pour subvenir aux besoins de leur famille.

Afin d'encourager les familles iraquiennes défavorisées à inscrire leurs enfants à l'école, l'UNHCR prévoit d'aider financièrement au moins 25 000 enfants en âge d'être scolarisés et de fournir des uniformes, des livres et des fournitures scolaires aux réfugiés iraquiens enregistrés auprès de l'agence. L'UNHCR va également informer les réfugiés sur leur droit d'envoyer leurs enfants à l'école, et soutiendra les programmes d'ONG en faveur des enfants qui travaillent.

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