HCR - déclaration sur la toute dernière tragédie maritime au large des côtes grecques

Communiqués de presse, 21 janvier 2014

Le HCR est consterné après avoir appris la nouvelle du naufrage, ce matin, d'un bateau au large des côtes grecques, qui a causé la mort d'une femme et d'un enfant. On compte également 10 autres personnes portées disparues avec, parmi lesquelles, des enfants et des nouveau-nés.

Selon les témoignages de certains parmi les 16 rescapés et des garde-côtes grecs, l'embarcation transportait 26 Afghans et deux Syriens. Elle avait été interceptée dans le sud de la mer Egée peu après minuit, suite à une panne mécanique, alors qu'elle faisait route depuis la Turquie vers la Grèce. Le bateau, avec les 28 passagers encore à son bord, était remorqué par un bâtiment des garde-côtes grecs lorsqu'il a chaviré. Les rescapés se trouvent désormais sur l'île de Leros. Ils ont déclaré au HCR que leur bateau était remorqué en direction de la Turquie lorsqu'est survenu le naufrage.

« Le HCR exhorte les autorités à enquêter sur cette tragédie pour comprendre comment des vies humaines ont pu être perdues, alors que le bateau était remorqué », a indiqué Laurens Jolles, le Représentant régional du HCR pour l'Europe du Sud. « De plus, les survivants doivent être transférés rapidement vers le continent pour recevoir une meilleure aide en réponse à leurs besoins. »

La tragédie d'hier est la première de ce type en 2014, et la toute dernière d'une série de récentes tragédies maritimes survenues en Méditerranée avec des victimes ou des rescapés tentant de rejoindre l'Europe à tout prix par la mer. Plus de 360 personnes avaient trouvé la mort le 3 octobre 2013 lors d'un naufrage au large de l'île italienne de Lampedusa. Plusieurs autres tragédies meurtrières avaient été également signalées les semaines suivantes.

Les traversées clandestines en Méditerranée comprennent toujours à la fois des migrants et des demandeurs d'asile mais les conflits en Syrie et dans la région de la corne de l'Afrique se reflètent dans la récente hausse des décès de personnes fuyant les pays générant des réfugiés.

En 2013, environ 40 000 personnes sont arrivées en Italie, à Malte et en Grèce après avoir traversé la Méditerranée clandestinement. Le chiffre pour 2011 était de plus de 60 000 durant la crise en Libye. Les traversées irrégulières par bateau se déroulent habituellement plutôt entre mars et octobre durant les saisons du printemps et de l'été. Cependant, en 2014, elles continuent durant les mois d'hiver, et ce malgré les conditions météorologiques fortement défavorables. En Italie seulement, plus de 1 700 personnes sont déjà arrivées par la mer.

Le HCR exhorte les gouvernements d'Etats européens ainsi que d'autres à joindre leurs efforts pour faire cesser les pertes en vies humaines parmi les personnes effectuant la traversée périlleuse de la Méditerranée et d'autres espaces maritimes frontaliers. Ceci sera possible en continuant de renforcer les opérations de recherche et de sauvetage ainsi que par la création d'alternatives en termes de migration régulière afin que des personnes fuyant leur pays n'aient plus recours aux dangereuses traversées clandestines.

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L'histoire de Jihan

Comme des millions d'autres, Jihan, 34 ans, était prête à tout pour échapper à la guerre sévissant en Syrie et pour mettre sa famille en sécurité. Contrairement à la plupart, Jihan est aveugle.

Il y a neuf mois, elle a fui Damas avec Ashraf, son mari âgé de 35 ans, qui est également en train de perdre la vue. Avec leurs deux fils, ils se sont rendus en Turquie par la mer Méditerranée, à bord d'un bateau avec 40 autres personnes. Ils espéraient que le voyage ne durerait huit heures. Ils n'avaient aucune garantie d'arriver sains et saufs.

Après une périlleuse traversée qui aura duré 45 heures, la famille est enfin arrivée à Milos, une île grecque de la mer Egée, à des kilomètres de la destination qui était prévue. Sans aucun soutien ni aucune assistance, ils ont dû se débrouiller pour se rendre à Athènes.

La police les a détenus pendant quatre jours à leur arrivée. On leur a demandé de rester hors d'Athènes, ainsi que trois autres villes grecques, en les laissant à l'abandon.

Démunis et épuisés, la famille a été contrainte de se séparer. Ashraf est parti vers le nord en quête d'asile et Jihan s'est rendue à Lavrion avec ses deux enfants, une installation informelle à une heure de route de la capitale grecque.

Aujourd'hui, Jihan est impatiente de retrouver son mari qui, entre temps, a obtenu le statut de réfugié au Danemark. La chambre qu'elle partage avec ses deux fils, Ahmed, 5 ans, et Mohammad, 7 ans, est minuscule, et elle s'inquiète pour leur éducation. Sans greffe de la cornée, une chirurgie très complexe dont elle a besoin d'urgence, son oeil gauche se fermera à jamais.

« Nous sommes venus ici en quête d'une vie meilleure et pour trouver des personnes qui seraient plus à même de comprendre notre situation », explique-t-elle d'un air triste. « Je suis tellement en colère quand je vois qu'ils ne comprennent pas. »

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Une simple tente pour commencer : un enseignant syrien ouvre une école en Jordanie

Dans la zone semi-rurale de Kherbet Al-Souk, dans la banlieue d'Amman, des réfugiés syriens qui n'avaient pas pu inscrire leurs enfants dans des écoles publiques surpeuplées ont pris les choses en mains. Ils ont ouvert eux-mêmes une petite école dans leur installation spontanée comptant environ 500 réfugiés. Les familles vivaient dans les camps de Za'atri ou d'Al-Aghwar, mais ils ont déménagé pour se rapprocher de leurs proches et accéder aux services essentiels dans la capitale. Assurer l'éducation à tous les enfants réfugiés en Jordanie est difficile pour le gouvernement et ses partenaires, y compris le HCR. Selon les Nations Unies, plus de la moitié de tous les enfants réfugiés syriens en Jordanie ne sont pas scolarisés. A Kherbet Al-Souk, l'école gérée par les réfugiés se compose d'une grande tente où les élèves sont assis à même le sol avec leurs manuels. Ils suivent les cours tous ensemble avec les plus jeunes d'entre eux aux premiers rangs. Avant, ils passaient beaucoup de temps à jouer, mais ils n'apprenaient rien. Un réfugié, Djamal, a décidé de faire quelque chose. Le photographe Shawn Baldwin a rencontré Djamal et s'est rendu dans cette école sous tente. Voici quelques-unes de ses photos.

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Un visage parmi un million d'autres : les difficultés des réfugiés syriens au Liban

Ils sont partout au Liban - un million de réfugiés syriens, dans un pays de 4,8 millions d'habitants. Il n'y a pas de camps de réfugiés au Liban. La plupart des réfugiés louent des appartements, tandis que les autres vivent dans des abris de fortune, des garages, des usines et des prisons. Trois ans après le début de la crise en Syrie, le Liban est devenu le pays au monde hébergeant la plus forte densité de réfugiés par habitant. Le Liban tente de faire face. Le montant des loyers a grimpé en flèche, les logements se font rares ; le prix des denrées augmente. Pendant ce temps, une génération pourrait être sacrifiée. La moitié des réfugiés syriens sont des enfants ; la plupart ne vont pas à l'école. Beaucoup travaillent pour aider leurs familles à survivre. Certains se marient jeunes, d'autres mendient pour gagner un peu d'argent. Pourtant, ils ont tous les mêmes rêves d'éducation.

Dans la ville de Tripoli, au nord du Liban, beaucoup de Syriens vivent dans le district d'Al Tanak, surnommé « Tin City » (« ville de tôle »). Longtemps habité par les populations pauvres de la ville, ce quartier est désormais une banlieue surréaliste - des tas d'ordures d'un côté, une grande roue de l'autre. Les habitants cohabitent avec les rats. « Ils sont gros comme des chats », déclare l'un d'eux. « Ils n'ont pas peur de nous, c'est nous qui avons peur d'eux ».

La photo-journaliste plusieurs fois primée, Lynsey Addario, a visité la « ville de tôle » et d'autres régions du Liban avec le HCR pour montrer les visages et faire connaître les souffrances des Syriens dans le monde. A travers ses publications dans le New York Times et National Geographic, Lynsey Addario a mis en lumière les victimes des conflits et les violations des droits dans le monde, en particulier les femmes.

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L'afflux est important pour Arsal, une ville libanaise qui tente de faire face. Des abris d'urgence ont été installés dans tous les espaces disponibles de la ville. Les autorités locales, le HCR et ses partenaires font leur possible pour gérer l'afflux des réfugiés.
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L'année dernière, plus de 13 000 personnes sont arrivées à Lampedusa en Italie. Beaucoup d'autres sont mortes durant la tentative de traversée. De jeunes hommes originaires du continent africain aux familles syriennes…. Tous partagent le même rêve…. de sécurité et de stabilité en Europe.
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Plus de 10 000 réfugiés syriens ont afflué vers la ville d'Akcakale au sud de la Turquie. Akcakale est une ville de 30 000 habitants, qui est désormais voisine d'un camp de plus de 30 000 réfugiés syriens qui sont arrivés en quête de sécurité.