Les services fonctionnent dans les camps au Soudan du Sud grâce à des réfugiés

Articles d'actualité, 8 janvier 2014

© HCR/G. Le Couster
Au nord-est du Soudan du Sud, dans l'Etat du Haut Nil, un employé du HCR s'entretient avec une femme réfugiée au sujet d'une distribution de savon. Des réfugiés sont devenus responsables du maintien de la sécurité et des distributions de vivres et de savon, après que des employé

BUNJ, Soudan du Sud, 8 janvier (HCR) Des réfugiés endossent le rôle de gardes de sécurité. Des agents de sécurité du HCR sont devenus des techniciens de maintenance pour les pompes à eau. Tous font leur possible pour le bon fonctionnement des services au bénéfice des 120 000 réfugiés hébergés dans le comté de Maban, au Soudan du Sud.

Il est essentiel que tout le monde participe, car les combats dans le nord-est du pays ont coupé les routes du comté de Maban, où se situent les plus grands camps de réfugiés au Soudan du Sud. « Nous nous rendons tous les matins dans les camps et nous faisons notre possible pour le bon fonctionnement des services », explique Adan Ilmi, qui travaille au HCR depuis 22 ans et qui dirige les opérations du HCR à Bunj pour quatre des six camps de réfugiés soudanais au Soudan du Sud.

Son équipe a été réduite à environ un cinquième de son effectif habituel, soit 18 employés du HCR au lieu de 85. Désormais, il compte davantage sur les réfugiés pour prendre en charge de nombreuses fonctions, depuis que la plus jeune nation au monde a sombré dans la violence le 15 décembre dernier.

« Nous mobilisons la communauté pour nous aider », déclare Adan Ilmi, joint par téléphone depuis Juba, la capitale du Soudan du Sud. Les réfugiés qui avaient été formés en tant que techniciens de maintenance pour les pompes à eau ont pris l'initiative d'aider les employés du HCR y compris Adan Ilmi lui-même, un conseiller du HCR pour la sécurité sur le terrain et d'autres pour veiller au bon fonctionnement des pompes dans les camps afin que les réfugiés aient accès à l'eau potable.

La priorité absolue pour le HCR, c'est la continuité de sa présence dans les camps. « Il est très important que nous nous rendions dans les camps chaque jour pour rassurer les réfugiés sur le fait que nous sommes toujours là avec eux », ajoute-t-il.

« Nous allons au marché, nous nous rendons dans les dispensaires et aux points de distribution d'eau, nous nous entretenons avec les représentants des réfugiés, des jeunes et des femmes. Ils étaient très inquiets après le retrait de nombreuses ONG [organisations non gouvernementales] et s'ils ne voient pas le personnel du HCR, ils s'inquiètent également. »

Cette région risque toujours d'être coupée du monde du fait des combats. Par conséquent, le HCR et son agence sœur, le Programme alimentaire mondial, ont récemment distribué des rations alimentaires pour une durée de 45 jours au lieu des 30 jours habituels. Un système de contrôle biométrique mis en place par le HCR permet aux réfugiés d'identifier précisément les bénéficiaires et de prendre en charge eux-mêmes les distributions.

Les réfugiés dans les camps sont originaires de l'Etat du Nil Bleu au Soudan voisin. Ils ont décidé de prendre en charge davantage de fonctions, y compris la surveillance des entrepôts remplis de biens de secours du HCR et d'autres agences dont le personnel est parti après que des violences aient éclaté entre les forces gouvernementales et d'opposition.

« Cette initiative est très positive », indique Adan Ilmi. « Les réfugiés ont pris le contrôle de la situation. Ils font leur possible pour que les services ne soient pas interrompus. Par ailleurs, il n'y a eu aucun pillage. »

Depuis que les réfugiés soudanais ont commencé à arriver ici après l'indépendance en 2011, le HCR a formé beaucoup d'entre eux à la gestion des systèmes de distribution d'eau, à la gestion des camps et des soins de santé, en vue de réduire éventuellement le nombre des employés internationaux nécessaires au bon fonctionnement des camps. Personne n'imaginait qu'un test serait engagé aussi rapidement.

« C'est vraiment plaisant de les voir prendre ce rôle à cœur », déclare Cosmas Chanda, le Représentant du HCR au Soudan du Sud. « Nous nous félicitons de la bonne volonté et du sens élevé de la responsabilité observés parmi les réfugiés. C'est tout à fait louable. »

Selon Adan Ilmi, les réfugiés s'inquiètent de leur avenir quand les combats qui se sont maintenant propagés dans sept des 10 Etats du pays commencent à durer. Mais il indique que ses employés gardent le moral et qu'aucun signe ne montre que les travailleurs humanitaires et les réfugiés dans ces camps soient ciblés bien qu'il y ait des affrontements à seulement 60 kilomètres de là.

Cosmas Chanda remercie le personnel du HCR à Bunj pour son engagement visant à maintenir le fonctionnement des services malgré les combats se déroulant non loin. « Tout le monde admire le courage et la détermination des membres du personnel restés sur place », dit-il. « Nous saluons leur courage. »

Adan Ilmi explique que c'est son expérience au HCR en situation d'urgence comme en Afghanistan, au Kosovo ou en Bosnie-Herzégovine, qui lui donne la force de continuer. Et elle lui a appris une leçon importante : « Ne jamais paniquer. »

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La plupart des réfugiés, notamment les enfants et les personnes âgées, sont arrivés très affaiblis dans les camps. Or, les pluies incessantes ont tendance à exacerber la situation, les flaques d'eau se transformant vite en foyer d'incubation de moustiques porteurs du paludisme. Qui plus est, un simple rhume suffit pour que l'état de malnutrition modérée dont souffrent les enfants et personnes âgées se transforme en malnutrition sévère.

C'est dans le camp de Yusuf Batil, dans le Comté de Maban, que la situation se fait la plus critique puisque 15 % des enfants de moins de cinq ans y souffrent de malnutrition aiguë.

Le HCR et ses partenaires font tout leur possible pour prévenir et lutter contre la maladie. Dans le camp de Yusuf Batil, 200 professionnels de la santé des communautés vont de foyer en foyer afin d'enseigner aux réfugiés les règles d'hygiène de base, telles que la nécessité de se laver les mains ou encore comment reconnaître les signes de maladie. S'ils en ont besoin, les enfants reçoivent des aliments nutritifs tels que des Plumpy'nut. Un hôpital spécialisé dans le traitement de patients atteints du choléra a d'ailleurs ouvert ses portes. Parallèlement, des moustiquaires ont été distribuées dans tous les camps à des fins de prévention du paludisme.

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