Le chef du HCR appelle à mieux aider les déplacés internes, en nombre record

Articles d'actualité, 11 décembre 2013

© HCR/B.Heger
Le conflit civil en République centrafricaine a déplacé plus d'un demi-million de personnes dans leur propre pays ces 12 derniers mois.

GENÈVE, 11 décembre (HCR) Le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés António Guterres a ouvert une conférence annuelle sur les défis en matière de protection avec un appel à aider davantage une population comptant près de 30 millions de personnes à travers le monde. Ce sont les déplacés internes à l'intérieur de leur propre pays.

Dans son allocution d'ouverture du Dialogue 2013 du Haut Commissaire, António Guterres a prévenu que le déplacement interne était en hausse, avec 50% d'augmentation depuis ces 15 dernières années. Selon certaines indications, l'année 2013 pourrait marquer de nouveaux records avec des millions de personnes qui sont devenues des déplacés internes en Syrie et ailleurs.

« Je suis préoccupé de voir que l'ampleur et la complexité du déplacement interne n'a pas galvanisé l'attention internationale que cette question mérite », a-t-il indiqué. « Tout comme les réfugiés, les déplacés internes trouvent souvent refuge dans les régions les plus pauvres et les plus marginalisées du pays, manquant d'infrastructure adéquate pour faire face à l'afflux de population. Mais ils sont souvent plus difficiles à atteindre, dans la mesure où bon nombre d'entre eux se trouvent dans des zones de conflit. »

Le HCR a établi en décembre 1950, pour aider des millions de personnes déracinées par la Seconde Guerre mondiale. Durant plus de 60 ans, son travail au bénéfice des réfugiés et des demandeurs d'asile des personnes qui ont franchi des frontières lors de leur fuite en exil a contribué à augmenter le nombre des législations nationales et internationales pour protéger les réfugiés.

Le travail du HCR pour aider les personnes déplacées internes est bien moins connu. Il concerne des situations dans lesquelles un Etat manque de capacité pour venir en aide à ses propres ressortissants. A la fin 2012, environ 17,7 millions de déplacés relevaient de la compétence du HCR. En partie à cause de la nature du déplacement interne, le cadre légal international pour les protéger est beaucoup moins développé que celui concernant les réfugiés.

« On nous demande souvent ce que signifie la protection des déplacés internes qui, après tout, sont les ressortissants de leur pays, jouissant des mêmes droits que d'autres nationaux », a indiqué António Guterres. « Contraints de fuir leur foyer, souvent sans papier, ils n'ont pas accès aux services de base et courent un risque accru de discrimination, d'exploitation et de violence sexuelle et de genre. D'innombrables familles sont séparées au cours de la fuite. De nombreux enfants traumatisés ont besoin d'un appui psychosocial. »

António Guterres a évoqué les réponses en matière de protection que le HCR cherche à fournir, le plus souvent en travaillant avec les autorités nationales. Ceci inclue l'enregistrement et l'établissement de profils, le plaidoyer fondé sur la communauté et les dispositifs d'appui, les projets de coexistence pacifique, la prévention et réponse à la violence sexuelle et de genre, le renforcement de la protection des enfants et la garantie d'une éducation de qualité pour tous. Afin de renforcer les activités fondées sur les droits de l'homme que nous déployons dans le cadre des activités de protection sur le terrain, le HCR s'efforce d'aider les gouvernements à élaborer des politiques et des législations nationales sur le déplacement interne. Au niveau mondial, notre partenariat avec l'Union interparlementaire vient d'aboutir à la publication de notre premier manuel commun sur le déplacement interne à l'intention des législateurs.

António Guterres a évoqué l'importance des partenariats pour améliorer les réponses humanitaires au déplacement interne. Le travail avec des organes de coordination comme le Comité permanent interorganisations un forum comprenant à la fois des organisations humanitaires des Nations Unies ainsi que d'autres avaient aidé à rendre plus structurée et plus rapide l'assistance aux déplacés. Et il a réaffirmé l'engagement du HCR pour prolonger cette collaboration.

Le Haut Commissaire a également exhorté les acteurs et partenaires présents au Dialogue et parmi eux, de hauts représentants gouvernementaux, des ONG, des observateurs, des universitaires et des ONG à aider à faire figurer la protection des déplacés internes au rang des priorités internationales.

« La recherche de solutions pour ces personnes nécessite la volonté politique de s'attaquer aux causes profondes. Un plaidoyer résolu est donc nécessaire de la part de la communauté internationale pour veiller à ce que les processus de paix, le cas échéant, intègrent les préoccupations et les besoins des déplacés internes ainsi que ceux de leurs communautés hôtes, et ce sous l'angle de la sécurité des personnes », a-t-il indiqué.

« Pour résoudre la problématique du déplacement, les institutions humanitaires doivent également orienter leurs programmes vers la recherche de solutions dès le début d'une situation d'urgence, et les acteurs du développement intégrer au plus vite ce paramètre. Cela signifie que les déplacés internes doivent participer à la planification et aux décisions en matière de développement qui auront un impact à plus long terme sur leur vie et leur bien-être. Cela signifie également l'établissement de liens solides, durables et organiques entre les programmes humanitaires et du développement, et une collaboration plus étroite avec les autorités nationales, la société civile et les communautés touchées ainsi que leurs représentants politiques. »

Le HCR a lancé en 2007 son premier Dialogue du Haut Commissaire. Depuis lors, c'est une conférence annuelle, examinant toujours des défis en matière de protection et organisée pour encourager des échanges ouverts et informels parmi les participants. Le Dialogue du Haut Commissaire se déroule cette année les 11 et 12 décembre 2013. Il concerne notamment la protection des déplacés internes dans les situations d'urgence, qu'ils se trouvent dans des camps, en dehors des camps ou en milieu urbain ; la promotion de la paix et de solutions durables pour les déplacés ; les instruments juridiques et politiques en vigueur pour protéger les déplacés internes et enfin le renforcement des partenariats.

La version complète de la déclaration du Haut Commissaire A. Guterres.

• FAITES UN DON •

 

• COMMENT NOUS AIDER • • RESTEZ INFORMÉS •