108 000 déplacés à Bangui, appel à la sécurité dans leurs quartiers

Points de presse, 10 décembre 2013

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Adrian Edwards à qui toute citation peut être attribuée lors de la conférence de presse du 10 décembre 2013 au Palais des Nations à Genève.

À Bangui, la capitale de la République centrafricaine, plus de 100 000 personnes sont aujourd'hui déplacées à la suite de violents combats entre les rebelles ex-Séléka et des forces d'auto-défense depuis jeudi dernier.

Désormais, le nombre total de personnes déplacées en RCA depuis le début de la crise en décembre 2012 s'élève à plus d'un demi-million.

Lundi, environ 108 000 personnes étaient été hébergées dans 30 lieux à travers Bangui où ils se sentent plus en sécurité que chez eux. Ces sites sont principalement des églises, des mosquées, des bâtiments publics et l'aéroport. De plus, d'autres, dont le nombre est indéterminé, ont également rejoint le quartier à majorité musulmane appelé Kilomètre 5, au nord-ouest de Bangui. Il est difficile d'estimer leur nombre car ils ne sont pas regroupés dans des sites mais ils sont dispersés.

Les conditions de vie sont épouvantables dans la plupart des sites d'hébergement de personnes déplacées, en particulier à l'aéroport et au monastère de Boy-rabe. Dans ces sites, les déplacés dorment en plein air, sous la pluie. De nombreux déplacés passent la nuit dans les sites et retournent chez eux pendant la journée. Comme ils craignent des attaques nocturnes commises par des éléments armés, ils retournent sur les sites de personnes déplacées avant le couvre-feu de 18h00.

Des affrontements armés et des tirs sporadiques ont été signalés hier après-midi jusqu'à 02h00 du matin aujourd'hui.

Les personnes déplacées avec qui des employés du HCR se sont entretenus à Bangui font part de leur espoir de voir le dépôt des armes dans leurs quartiers pour pouvoir rentrer chez eux. Ils font également part de leur intention de quitter les lieux dès que les miliciens ex-Séléka et anti-Balakas seront désarmés et que la sécurité sera rétablie.

Le HCR et ses partenaires ont distribué des tentes, des couvertures, des matelas et d'autres articles de secours pour soulager la souffrance des femmes et des enfants qui sont majoritaires dans les sites de déplacés. Avec nos partenaires, nous fournissons également des conseils aux personnes traumatisées.

Parallèlement, il n'a pas eu d'autres mouvements de population de Bangui vers Zongo, après avoir traversé le fleuve Oubangui vers la République démocratique du Congo (RDC), en raison de la fermeture de la frontière par les autorités centrafricaines. Jeudi, avant la fermeture de la frontière, quelque 800 Centrafricains avaient passé la frontière vers la RDC.

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Edwige fait face à la perte en s'activant et en aidant les autres dans le camp de Mole

Edwige Kpomako est une femme pressée; mais cette énergie aide également cette réfugiée originaire de République centrafricaine (RCA) à faire face à la tragédie qui l'a forcée à fuir vers le nord de la République démocratique du Congo (RDC) en 2013. Avant que la violence ne ravage de nouveau son pays en 2012, la jeune femme de 25 ans étudiait en Master de littérature américaine à Bangui, et sa vie était tournée vers l'avenir. « J'ai commencé ma thèse sur l'oeuvre d'Arthur Miller mais, à cause de la situation en RCA…. », explique-t-elle, sans pouvoir terminer sa phrase. A la place, elle a dû fuir précipitamment en RDC avec un frère plus jeune, mais son fiancé et un fils de 10 ans ont été tués dans les violences intercommunautaires en RCA.

Après avoir franchi le fleuve Oubangui vers la RDC, Edwige a été transférée vers Mole, un camp qui héberge plus de 13 000 réfugiés. Tentant désespérément d'avancer dans la vie et de rester active, elle a commencé à aider les autres, à assumer un rôle de direction et à participer à des activités communautaires, notamment la capoeira, un art martial brésilien. Elle dirige le comité des femmes, s'engage dans des activités visant à combattre la violence sexuelle et agit comme officier de liaison au centre de santé. Elle donne aussi des cours et tient un petit commerce en vendant des crèmes pour le visage. « J'ai découvert que je n'étais pas faible », déclare Edwige, en restant optimiste. Elle est certaine que son pays va sortir de son cauchemar et se reconstruire et qu'elle deviendra un jour une avocate spécialisée dans la défense des droits humains au service des réfugiés.

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Joie en demi-teinte pour les retrouvailles d'une famille de réfugiés centrafricains

La violence et les conflits en République centrafricaine ont forcé des centaines de milliers de personnes à fuir leurs foyers depuis la mi-décembre. Beaucoup ont trouvé refuge dans les pays voisins, y compris 80 000 personnes au Cameroun. Avec le traumatisme et la confusion causés par les déplacements de populations, des familles sont séparées. Les réfugiés font face à de nombreux dangers sur le chemin de la sécurité, et leur voyage peut durer plusieurs semaines. Ramatou, une mère de 11 enfants âgée de 45 ans, a été séparée de trois de ses fils et de son mari quand des miliciens ont attaqué son village en janvier. Elle est partie en courant avec huit enfants et elle a fini par rejoindre le Cameroun avec l'aide des troupes de l'Union africaine pour le maintien de la paix. Son mari et ses trois fils ont couru dans une autre direction. Ils ont enduré de nombreuses épreuves dans la brousse, et ont été séparés à nouveau. Plus tôt ce mois-ci, Ramatou a retrouvé ses deux cadets dans le camp de réfugiés de Mbile au Cameroun. Elle était ravie, mais aussi consternée de les voir non accompagnés. Elle espère revoir bientôt son mari et son fils aîné. Le photographe Fred Noy a assisté à leurs retrouvailles émouvantes.

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Les enfants réfugiés centrafricains tout juste arrivés au Cameroun souffrent de malnutrition

Les réfugiés centrafricains arrivent au Cameroun en nombre croissant, dans un état de grande faiblesse physique. Ils passent des semaines voire des mois cachés dans la brousse, où il leur était difficile de trouver de la nourriture et de l'eau. Ils dorment en plein air. Ils ne peuvent pas retourner chez eux. Parmi ces réfugiés, les plus vulnérables sont les enfants âgés de moins de cinq ans. Rencontrer ces enfants émaciés est bouleversant. Ils ont besoin d'une aide alimentaire d'urgence après s'être nourris de racines et de feuilles. Selon les estimations, environ 40% des enfants récemment arrivés souffrent de malnutrition. Pour certains, le voyage est de trop. Le HCR aide à sauver des vies dans l'est du Cameroun. Avec Médecins Sans Frontières, le HCR appuie un centre d'aide nutritionnelle à Batouri. MSF y envoie des enfants depuis son dispensaire de la ville frontalière de Gbiti, où se trouvent environ 20 000 sur les 80 000 réfugiés centrafricains arrivés au Cameroun. Le dispensaire de Gbiti est débordé. Les partenaires étendent la capacité du centre d'aide nutritionnelle, qui traite environ 100 enfants. Davantage encore arrivent chaque jour et le HCR a monté des tentes pour y abriter les enfants et leurs Mamans. Le photographe Frédéric Noy s'est rendu la semaine dernière à Gbiti et Batouri. Il y a capturé la série suivante d'images saisissantes et évocatrices.

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