Renouveau des violences en République centrafricaine ; davantage de civils fuient vers la République démocratique du Congo

Points de presse, 6 décembre 2013

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Adrian Edwards à qui toute citation peut être attribuée lors de la conférence de presse du 6 décembre 2013 au Palais des Nations à Genève.

Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés s'est déclaré alarmé vendredi face à la détérioration de la sécurité en République centrafricaine et a fait part de ses préoccupations sur la sécurité des civils pris au piège dans les tout derniers combats.

Plus de 200 civils auraient été tués après avoir été pris au piège dans des affrontements entre des combattants de l'ancien groupe rebelle Seleka et les forces d'auto-défense de Bangui, la capitale, ainsi que de la ville de Bossangoa au nord-ouest du pays. Selon des sources concordantes des Nations Unies et des médias, au moins 140 civils ont été tués lors de nouvelles attaques hier à Bangui.

Des attaques et des exécutions de civils dans des hôpitaux et des lieux de culte ont également été signalées à travers la ville. C'est la première vague importante de combats dans la capitale depuis mars dernier, quand les forces Seleka avaient pris le contrôle de Bangui et renversé le gouvernement du Président François Bozizé.

Selon le personnel du HCR à Bangui, la situation était très tendue vendredi matin. Des tirs étaient entendus dans le 8ème arrondissement de la ville, ce qui empêchait les habitants de partir de chez eux. Le HCR a également reçu des informations inquiétantes sur des attaques sectaires et de vengeance entre voisins à travers Bangui. Un employé local du HCR a été attaqué à son domicile la nuit dernière et les assaillants ont enlevé et tué son neveu âgé de 24 ans.

Jusqu'à 1 000 personnes auraient trouvé refuge dans la cathédrale de Bangui jeudi soir. Le HCR craint que davantage d'habitants de Bangui ne quittent leurs maisons en quête d'un refuge si la violence sectaire continue.

De plus en plus de civils centrafricains traversent le fleuve Oubangui en quête de refuge dans la ville de Zongo en République démocratique du Congo. Hier, près de 700 personnes avaient traversé le fleuve et davantage encore arrivaient ce matin. Nos collègues de Zongo évaluent actuellement le nombre d'arrivants le long de la rivière.

Les nouveaux arrivants ont trouvé refuge dans une école de Gbala, un village situé à 12 kilomètres de Zongo. L'école, un ancien centre de transit pour les réfugiés construit par le HCR, dispose d'équipements pour l'accueil des réfugiés.

Parallèlement, à Bossangoa, d'intenses bombardements ont provoqué la panique jeudi après-midi parmi les habitants. Bien que les bombardements aient cessé, la situation demeure imprévisible et la tension est élevée. Plus de 100 personnes auraient été tuées lors des violences sectaires. Un membre des forces de la Communauté de l'Afrique centrale a été tué par une balle perdue.

On compte quelque 40 000 personnes déracinées à Bossangoa, dont la plupart ont trouvé abri dans l'enceinte de l'église catholique. Ces personnes ont besoin d'aide, mais les mauvaises conditions de sécurité entravent les livraisons d'articles de secours. Un convoi du HCR, transportant 60 tonnes de matériel de secours, est arrivé hier à Bossangoa et l'aide sera distribuée prochainement. Les biens de secours comprennent des bâches, des couvertures, des nattes de couchage, des moustiquaires, des jerrycans, des seaux et du savon pour 3 000 familles déplacées à Bossangoa.

Depuis décembre 2012, le conflit en République centrafricaine a déplacé près de 400 000 personnes dans le pays et en a forcé 69 800 autres à fuir en exil dans les pays voisins, principalement en République démocratique du Congo.

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Catastrophe humanitaire au Katanga

Les habitants de la province du Katanga en République démocratique du Congo qualifient depuis longtemps la région située entre les villes de Manono, Mitwaba et Pweto comme étant le « triangle de la mort ». Malgré la présence des forces des Nations Unies pour le maintien de la paix et les opérations des militaires gouvernementaux menées avec succès dans d'autres parties du pays, la situation au Katanga, une province riche en ressources, s'est aggravée ces deux dernières années. Le conflit opposant le groupe des milices sécessionnistes au gouvernement et les groupes ethniques Luba (Bantu) et Twa (Pygmy) a fait des milliers de victimes et de personnes déplacées dans le pays, plus de 400 000 personnes depuis 2012, dont 70 000 ces trois derniers mois. Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a exprimé sa « vive préoccupation » sur la situation humanitaire « catastrophique » au nord de la province du Katanga. La violence règne dans cette région où on déplore des pillages et l'incendie de villages entiers, des violations des droits de l'homme, notamment des meurtres, des viols collectifs et d'autres cas de violence sexuelle, ainsi que le recrutement militaire forcé des enfants.

La présence limitée d'organisations humanitaires et de développement est un sérieux problème, entraînant une assistance insuffisante pour les personnes déplacées qui éprouvent des difficultés à accéder aux services essentiels. Il existe 28 sites accueillant des personnes déplacées internes dans le nord de la province du Katanga et de très nombreuses autres personnes déplacées sont hébergées par les communautés d'accueil. Si le HCR a construit quelque 1 500 abris d'urgence depuis janvier, les personnes déplacées ont également besoin de bien d'autres choses, notamment d'un accès aux soins de santé, à l'eau potable, à de la nourriture et à des possibilités d'éducation. Les photographies ci-dessous ont été prises par Brian Sokol pour le HCR et elles soulignent le désespoir et la souffrance endurés par les populations.

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Edwige fait face à la perte en s'activant et en aidant les autres dans le camp de Mole

Edwige Kpomako est une femme pressée; mais cette énergie aide également cette réfugiée originaire de République centrafricaine (RCA) à faire face à la tragédie qui l'a forcée à fuir vers le nord de la République démocratique du Congo (RDC) en 2013. Avant que la violence ne ravage de nouveau son pays en 2012, la jeune femme de 25 ans étudiait en Master de littérature américaine à Bangui, et sa vie était tournée vers l'avenir. « J'ai commencé ma thèse sur l'oeuvre d'Arthur Miller mais, à cause de la situation en RCA…. », explique-t-elle, sans pouvoir terminer sa phrase. A la place, elle a dû fuir précipitamment en RDC avec un frère plus jeune, mais son fiancé et un fils de 10 ans ont été tués dans les violences intercommunautaires en RCA.

Après avoir franchi le fleuve Oubangui vers la RDC, Edwige a été transférée vers Mole, un camp qui héberge plus de 13 000 réfugiés. Tentant désespérément d'avancer dans la vie et de rester active, elle a commencé à aider les autres, à assumer un rôle de direction et à participer à des activités communautaires, notamment la capoeira, un art martial brésilien. Elle dirige le comité des femmes, s'engage dans des activités visant à combattre la violence sexuelle et agit comme officier de liaison au centre de santé. Elle donne aussi des cours et tient un petit commerce en vendant des crèmes pour le visage. « J'ai découvert que je n'étais pas faible », déclare Edwige, en restant optimiste. Elle est certaine que son pays va sortir de son cauchemar et se reconstruire et qu'elle deviendra un jour une avocate spécialisée dans la défense des droits humains au service des réfugiés.

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Joie en demi-teinte pour les retrouvailles d'une famille de réfugiés centrafricains

La violence et les conflits en République centrafricaine ont forcé des centaines de milliers de personnes à fuir leurs foyers depuis la mi-décembre. Beaucoup ont trouvé refuge dans les pays voisins, y compris 80 000 personnes au Cameroun. Avec le traumatisme et la confusion causés par les déplacements de populations, des familles sont séparées. Les réfugiés font face à de nombreux dangers sur le chemin de la sécurité, et leur voyage peut durer plusieurs semaines. Ramatou, une mère de 11 enfants âgée de 45 ans, a été séparée de trois de ses fils et de son mari quand des miliciens ont attaqué son village en janvier. Elle est partie en courant avec huit enfants et elle a fini par rejoindre le Cameroun avec l'aide des troupes de l'Union africaine pour le maintien de la paix. Son mari et ses trois fils ont couru dans une autre direction. Ils ont enduré de nombreuses épreuves dans la brousse, et ont été séparés à nouveau. Plus tôt ce mois-ci, Ramatou a retrouvé ses deux cadets dans le camp de réfugiés de Mbile au Cameroun. Elle était ravie, mais aussi consternée de les voir non accompagnés. Elle espère revoir bientôt son mari et son fils aîné. Le photographe Fred Noy a assisté à leurs retrouvailles émouvantes.

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En 2007 et 2008, les conflits armés avaient contraint des centaines de milliers de Congolais à fuir la province du Nord-Kivu. Les habitants du village de Kimoka sont enfin de retour chez eux.
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Lors d'une mission en République centrafricaine, le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés António Guterres a décrit la violence et le déplacement forcé survenant dans le pays comme étant une tragédie silencieuse.
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Fatuma Kapuweli, une mère chef de famille et déplacée interne en RDC, craint pour la sécurité et le bien-être de ses enfants.