Le HCR aide les Syriens en Jordanie à parer aux conditions hivernales

Articles d'actualité, 14 novembre 2013

© HCR/G.Beals
Deux enfants syriens se protègent du froid, chacun sous une couverture, au centre de réception du camp de Za'atri. Ils sont originaires de la ville de Homs, à l'ouest de la Syrie.

CAMP DE REFUGIES DE ZA'ATRI, Jordanie, 14 novembre (HCR) Les déserts qui marquent la frontière entre la Syrie et la Jordanie sont des étendues boueuses. Les pluies et la grêle rendent le passage peu praticable pour les camions. Parfois la piste est si mauvaise que tout transport est rendu impossible.

Alors, des réfugiés syriens depuis des villes comme Homs, Idlib et Dara'a, ainsi que de la région rurale de Damas, traversent la frontière à pied. Certains passent la frontière avec des chaussures aux pieds, mais beaucoup la traversent pieds nus ou sans manteau alors que l'hiver s'installe.

La plupart ne ressentent même pas la pluie au cours de leur quête d'un havre de sécurité, après avoir fui la guerre qui fait rage de l'autre côté de la frontière. « Je préfère être sous la pluie que sous les bombes », explique Fahad, âgé de 28 ans, qui travaillait comme chauffeur à Homs avant de décider de fuir la violence croissante.

La Syrie est engagée dans sa troisième année de conflit. Le HCR et ses partenaires se retrouvent dans une course contre la montre pour acheminer le matériel nécessaire avant un nouvel hiver qui sera particulièrement difficile, selon certaines prévisions météorologiques. L'agence et ses partenaires savent que, même avec un hiver doux, le bilan catastrophique de près de trois ans de destructions apporte son lot de désagréments dans la vie quotidienne.

« A Idlib, il n'y a ni essence, ni pain, ni lait », a expliqué Khalid, âgé de 18 ans, « Mon pays n'est plus que souffrances et je ne crois pas que les habitants puissent survivre à un nouvel hiver. »

Pour les autorités jordaniennes, le HCR et ses partenaires, le défi logistique est croissant pour transporter les réfugiés depuis le désert vers les camps. Les hélicoptères de l'armée acheminent désormais des vivres vers les zones frontalières où les camions ne peuvent accéder. Certains réfugiés ont abandonné des bagages car la priorité pour les quelques camions qui arrivent à faire le difficile trajet est de transporter les personnes plutôt que les bagages.

Selon le Représentant du HCR en Jordanie Andrew Harper, l'organisation et ses partenaires sont prêts, que ce soit au camp de réfugiés de Za'atri ou dans les villes jordaniennes, à fournir le matériel nécessaire pour parer aux conditions hivernales. Le HCR et ses partenaires sont actuellement très occupés à la distribution de colis pour des familles dans le besoin. Ces colis contiennent des vêtements d'hiver, soit au total 600 000 articles qui ont été donnés par Uniqlo, le géant du commerce de détail au Japon.

Un cargo transportant une cargaison de chaussures Toms se dirige actuellement vers la Jordanie et arrivera d'ici quelques jours au port d'Aqaba, dans le sud du pays. Des caravanes sont allouées aux résidents de Za'atri qui vivaient toujours sous la tente. Déjà 485 000 couvertures ont été distribuées depuis l'ouverture du camp l'année dernière.

Un autre aspect très important concerne les routes d'accès empruntées par les autorités jordaniennes pour transporter les réfugiés ayant traversé la frontière. Le HCR assure la construction ou la réparation de plus de 60 kilomètres de routes.

« Pour de nombreuses raisons, la construction des routes est essentielle pour nous en ce qui concerne la protection des réfugiés », a indiqué Andrew Harper. « Notre travail consiste notamment à assurer que des routes seront construites pour que les réfugiés puissent rejoindre plus facilement les lieux d'accueil depuis la frontière. »

A travers toute la région, le HCR et ses partenaires font leur possible pour que les réfugiés affrontent au mieux les conditions hivernales. Au Liban, le HCR et ses partenaires distribuent des articles de secours comme des chauffages d'appoint ou des couvertures ainsi que de l'argent pour le fuel à 90 000 familles (soit environ 450 000 personnes).

Au nord de l'Iraq, le HCR et ses partenaires fournissent à environ 200 000 réfugiés syriens les moyens de survivre par des températures négatives durant les mois d'hiver. Des préfabriqués contenant des blocs de douches seront construits pour que les familles aient de l'eau chaude. Les partenaires du HCR dans le domaine de la santé sont très occupés à renforcer le suivi médical.

A Za'atri, les réfugiés s'occupent également eux-mêmes de la préparation à l'hiver. Le long des routes, des vendeurs vendent des vêtements et des chaussures d'hiver à des prix défiant toute concurrence. Les habitants creusent des tranchées près de leur caravane et construisent des digues de terre et de gravas près de leur tente ou de leur caravane pour se protéger contre la pluie.

Le HCR aide également les réfugiés vivant en milieu urbain, et d'autres qui ne sont pas hébergés dans les camps, à être mieux équipés pour l'hiver. L'agence des Nations Unies pour les réfugiés fournit des allocations en espèces chaque mois à environ 75 000 Syriens vulnérables, dans le cadre d'un accord avec la Banque Cairo Amman qui aide à leur versement. Début novembre, l'assistance a été accrue pour couvrir le coût des couvertures, du fuel et des vêtements d'hiver.

Par Greg Beals au camp de réfugiés de Za'atri, Jordanie

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La rentrée scolaire des enfants iraquiens en Syrie

L'UNHCR a pour objectif d'aider 25 000 enfants réfugiés à retourner à l'école en Syrie, en soutenant financièrement leurs familles et en leur fournissant des uniformes et du matériel scolaire. Environ 1,4 million d'Iraquiens sont réfugiés en Syrie ; la plupart ont fui l'extrême violence sectaire déclenchée par le bombardement de la Mosquée d'Or de Samarra en 2006.

Pour de nombreux parents réfugiés iraquiens, l'éducation est une priorité d'une importance équivalente à celle de la sécurité. En Iraq, à cause de la violence et des déplacements forcés, les enfants iraquiens n'allaient pas régulièrement à l'école et nombre d'enfants réfugiés ont manqué une bonne partie de leur scolarité. Bien que l'éducation soit gratuite en Syrie, des frais pour l'achat de fournitures, d'uniformes et les frais de transport ne permettent pas d'accéder à l'éducation. Par ailleurs, de nombreux enfants réfugiés sont contraints de travailler plutôt que de fréquenter l'école, pour subvenir aux besoins de leur famille.

Afin d'encourager les familles iraquiennes défavorisées à inscrire leurs enfants à l'école, l'UNHCR prévoit d'aider financièrement au moins 25 000 enfants en âge d'être scolarisés et de fournir des uniformes, des livres et des fournitures scolaires aux réfugiés iraquiens enregistrés auprès de l'agence. L'UNHCR va également informer les réfugiés sur leur droit d'envoyer leurs enfants à l'école, et soutiendra les programmes d'ONG en faveur des enfants qui travaillent.

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Les Libanais de retour reçoivent de l'aide

Les équipes de l'UNHCR ont commencé dès la deuxième quinzaine d'août 2006 à distribuer de l'aide humanitaire dans les villages meurtris du sud du Liban. Des tentes, des bâches en plastique et des couvertures sont distribuées aux personnes les plus vulnérables. Le matériel de l'UNHCR provient des entrepôts de Beyrouth, Saïda et Tyr, et continue d'arriver au Liban par voie aérienne, maritime et par camion.

Bien que 90 pour cent des personnes déplacées soient rentrées chez elles dans les premiers jours qui ont suivi le cessez-le-feu du 14 août, de nombreux Libanais n'ont pas pu regagner leur foyer et sont hébergés chez des proches ou dans des abris publics, tandis que quelques milliers sont restés en Syrie.

Depuis le début de la crise à la mi-juillet, l'UNHCR a acheminé 1 553 tonnes de matériel de secours en Syrie et au Liban pour venir en aide aux victimes du conflit. Cela représente environ 15 000 tentes, 154 510 couvertures, 53 633 matelas et 13 474 kits de cuisine. L'agence pour les réfugiés a également importé 5 camions et 15 autres sont en route.

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Réfugiés non-iraquiens en Jordanie : La vie dans un camp isolé du désert, sans aucune solution en vue

Suite à la chute du régime de Saddam Hussein en 2003, des groupes de réfugiés vivant en Iraq depuis de nombreuses années ont tenté de fuir le désordre et l'anarchie. Des centaines de personnes ont fui vers la frontière jordanienne, des Palestiniens depuis Bagdad et des Kurdes iraniens depuis le camp d'Al Tash dans le centre de l'Iraq.

A l'exception de quelques Palestiniens ayant pu rejoindre des proches en Jordanie, les réfugiés se sont vus refuser l'entrée et la libre circulation dans ce pays. Des milliers d'entre eux se sont alors retrouvés bloqués dans le no man's land entre l'Iraq et la Jordanie, ou dans le camp de Ruweished, situé dans le désert à 60 kilomètres à l'intérieur du pays.

Depuis 2003, des Palestiniens, des Kurdes iraniens, des Iraniens, des Soudanais et des Somaliens vivent dans ce désert jordanien. Ils subissent des conditions climatiques extrêmes : la chaleur torride en été et le froid glacial en hiver. L'UNHCR et ses partenaires ont distribué des tentes et des biens de secours. L'agence pour les réfugiés a tenté de trouver des solutions - en participant à la réinstallation de plus de 1 000 personnes dans des pays tiers. Début 2007, 119 personnes - pour la plupart des Palestiniens - étaient encore présentes au camp de Ruweished, sans aucune solution immédiate en vue.

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