Des milliers de Congolais fuient vers l'Ouganda pour échapper à une offensive finale contre le M23

Points de presse, 5 novembre 2013

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Adrian Edwards à qui toute citation peut être attribuée lors de la conférence de presse du 5 novembre 2013 au Palais des Nations à Genève.

Dans la province du Nord-Kivu en République démocratique du Congo, les combats de ces derniers jours entre le groupe rebelle M23 et les troupes gouvernementales ont poussé environ 10 000 personnes à passer la frontière à Bunagana vers le sud-ouest de l'Ouganda, dans le district de Kisoro.

Le personnel du HCR dans la région frontalière a signalé hier que des bombes tombaient très près du point de passage frontière qui sépare la ville de Bunagana sur le territoire ougandais du reste de la ville qui se trouve en RDC. Des milliers de personnes paniquées ont couru de l'autre côté de la frontière, certaines transportant des affaires, d'autres sans rien.

Les bombardements ont touché également certaines zones en Ouganda. De nombreux habitants ont fermé leur maison et leur magasin pour quitter la zone frontalière. Des réfugiés arrivés au centre de transit de Nyakabande, à environ 20 kilomètres de distance, nous ont expliqué avoir vu des corps sans vie du côté congolais de la frontière. 16 réfugiés et un Ougandais ont été transportés à l'hôpital dans la ville voisine de Kisoro, où ils reçoivent des soins pour des blessures dues à des éclats. Notre partenaire pour les soins de santé, Medical Teams International (MTI), fournit une aide à l'hôpital avec des fournitures médicales.

A 9h du matin hier, nous avons commencé à transporter les réfugiés depuis la frontière vers le centre de transit de Nyakabande. La nuit dernière, 3 624 personnes avaient déjà été transférées, soit le plus grand nombre en une seule journée depuis l'éruption des combats entre le gouvernement et le M23 en avril 2012.

De nombreux réfugiés rejoignent également le centre de transit à pied. Des personnes dorment en plein air, alors que le temps à Kisoro est froid et pluvieux.

On compte aujourd'hui près de 8 230 personnes dans le centre de transit. Nous leur offrons un abri, des articles de secours d'urgence et des vivres fournis par le PAM. Beaucoup de nouveaux arrivants souffrent de déshydratation et de diarrhée. L'ONG MTI a mis en place une tente pour la réhydratation orale au point d'enregistrement où les réfugiés arrivent. Tous les nouveaux arrivants sont examinés par le personnel médical.

Actuellement, nous disposons de suffisamment d'articles de secours pour une population de 10 000 personnes. En plus de plusieurs centaines de tentes familiales, nous avons mis à disposition 11 abris communautaires qui peuvent abriter chacun environ 300 personnes. Un douzième abri communautaire est érigé. Il pourra accueillir 600 personnes. Toutefois, l'approvisionnement en eau pour le centre de transit demeure un problème car la pression de l'eau dans le district est très faible et nous travaillons pour connecter une conduite d'eau supplémentaire. Nous sommes également confrontés à une pénurie de fournitures chirurgicales en raison du nombre élevé de blessés que nous avons reçu.

La majorité des nouveaux arrivants, soit environ 60 pour cent, sont de jeunes enfants et beaucoup ont été séparés de leurs parents lors du passage de la frontière. Jusqu'ici, nous avons reçu plus de 100 enfants arrivés par leurs propres moyens. Nous les logeons dans des tentes séparées, nous leur fournissons des articles de secours supplémentaires et nous les aidons à obtenir de la nourriture.

La situation dans l'est de la RDC reste tendue et instable. Personne n'est prêt y retourner et beaucoup traversent encore la frontière. Selon des agents de sécurité, la ville de Bunagana s'est vidée de ses habitants. Depuis ce matin, nous transférons les personnes déracinées par bus depuis Nyakabande vers le camp de réfugiés de Rwamwanja, situé plus au nord. Ils y recevront une aide plus complète.

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Catastrophe humanitaire au Katanga

Les habitants de la province du Katanga en République démocratique du Congo qualifient depuis longtemps la région située entre les villes de Manono, Mitwaba et Pweto comme étant le « triangle de la mort ». Malgré la présence des forces des Nations Unies pour le maintien de la paix et les opérations des militaires gouvernementaux menées avec succès dans d'autres parties du pays, la situation au Katanga, une province riche en ressources, s'est aggravée ces deux dernières années. Le conflit opposant le groupe des milices sécessionnistes au gouvernement et les groupes ethniques Luba (Bantu) et Twa (Pygmy) a fait des milliers de victimes et de personnes déplacées dans le pays, plus de 400 000 personnes depuis 2012, dont 70 000 ces trois derniers mois. Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a exprimé sa « vive préoccupation » sur la situation humanitaire « catastrophique » au nord de la province du Katanga. La violence règne dans cette région où on déplore des pillages et l'incendie de villages entiers, des violations des droits de l'homme, notamment des meurtres, des viols collectifs et d'autres cas de violence sexuelle, ainsi que le recrutement militaire forcé des enfants.

La présence limitée d'organisations humanitaires et de développement est un sérieux problème, entraînant une assistance insuffisante pour les personnes déplacées qui éprouvent des difficultés à accéder aux services essentiels. Il existe 28 sites accueillant des personnes déplacées internes dans le nord de la province du Katanga et de très nombreuses autres personnes déplacées sont hébergées par les communautés d'accueil. Si le HCR a construit quelque 1 500 abris d'urgence depuis janvier, les personnes déplacées ont également besoin de bien d'autres choses, notamment d'un accès aux soins de santé, à l'eau potable, à de la nourriture et à des possibilités d'éducation. Les photographies ci-dessous ont été prises par Brian Sokol pour le HCR et elles soulignent le désespoir et la souffrance endurés par les populations.

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De Batalimo à Batanga et au-delà : Des Congolais rentrent de RCA

Ce mois-ci, près de 6 300 réfugiés originaires de la République démocratique du Congo (RDC) ont quitté le camp de Batalimo en République centrafricaine, un pays déchiré par les violences. Ils sont rentrés chez eux dans la province de l'Equateur sur une base volontaire. Leur décision de rentrer prouve encore une fois, s'il en était besoin, la gravité de la situation en République centrafricaine, où la violence s'est intensifiée depuis décembre. Le conflit a généré des centaines de milliers de personnes déplacées internes et en a forcé près de 350 000 autres à fuir vers les pays voisins. Les réfugiés du camp de Batalimo faisaient partie des quelque 20 000 Congolais ayant fui en République centrafricaine pour échapper aux conflits interethniques en RDC. L'opération de retour depuis Batalimo avait été reportée plusieurs fois pour des raisons de sécurité et de logistique. Toutefois, le 10 avril, un premier convoi a traversé le fleuve Oubangui en bateau. Le tout dernier est arrivé en RDC en date du 10 mai. Le HCR a organisé le transport des réfugiés depuis Batalimo vers la ville fluviale de Zinga en RCA. De là, ils sont montés à bord de bateaux pour la traversée vers Batanga ou Libenge dans la province de l'Equateur en RDC. A Batanga, les rapatriés ont été enregistrés, ils ont reçu des documents d'identité et une subvention d'aide à la réinsertion. Ils ont ensuite été transportés vers leurs villages, où ils bénéficieront d'un suivi. La photographe Leonora Baumann a suivi l'un de ces groupes de rapatriés vers la RDC.

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