Le HCR déplore de nouvelles pertes en vie humaine lors d'une tragédie en mer au large du Myanmar

Points de presse, 5 novembre 2013

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Adrian Edwards à qui toute citation peut être attribuée lors de la conférence de presse du 5 novembre 2013 au Palais des Nations à Genève.

Le HCR a déploré de nouvelles pertes en vie humaine auprès la toute dernière tragédie en mer survenue dimanche, cette fois-ci au large des côtes du Myanmar, et l'Organisation a réitéré le besoin d'une action gouvernementale pour éviter ces accidents.

Selon les dernières informations, environ 70 personnes, probablement des Rohingyas originaires de l'Etat de Rakhine au Myanmar, avaient embarqué sur un bateau qui a fait naufrage dimanche matin au large de Sittwe, le chef-lieu de cet Etat. Huit survivants ont été signalés à ce jour, mais des dizaines de passagers, y compris des femmes et des enfants, restent portés disparus et auraient perdu la vie.

Tout comme lors de récentes tragédies en mer dans la Méditerranée, l'inquiétude du HCR porte sur le fait que des tragédies similaires vont suivre, si des actions ne sont pas mises en œuvre par les pays concernés pour remédier aux causes et réduire les risques pour les personnes effectuant les périlleuses traversées en mer. Cette année est l'une des pires en termes d'accidents meurtriers en mer.

Environ 140 000 personnes demeurent des déplacés internes dans l'Etat de Rakhine suite à plusieurs vagues de violences intercommunautaires qui ont commencé en juin 2012. Parmi les personnes déplacées se trouvent des Rohingyas des ethnies Rakhine, Kaman et d'autres communautés. Alors que la plupart sont hébergées dans des abris temporaires, la situation demeure tendue et des solutions à long terme pour les déplacés doivent encore être mises en œuvre.

La plupart des Rohingyas ne sont pas des citoyens du Myanmar et ils continuent de faire face à de sévères restrictions de mouvements. Par ailleurs, ils souffrent de pratiques discriminatoires et ils sont privés de l'exercice de leurs droits fondamentaux. Beaucoup luttent pour gagner un salaire et accéder à des services comme les soins de santé et l'éducation.

Il est inacceptable que des personnes soient poussées par un si grand désespoir au point de mettre en danger leur vie dans ces traversées, après être tombés la plupart du temps aux mains de passeurs sans scrupule. Le HCR se tient prêt à appuyer le Gouvernement du Myanmar pour remédier aux causes profondes de ces flux, y compris en recherchant des moyens d'éliminer l'apatridie de la population rohingya.

Afin de promouvoir la réconciliation et la coexistence pacifique dans l'Etat de Rakhine, le gouvernement et la communauté internationale ont également besoin de répondre à des problèmes comme le manque de développement dans la seconde région la plus pauvre du Myanmar.

Parallèlement, le HCR appelle les Etats de la région à renforcer leurs opérations de recherche et de sauvetage afin de faire cesser les pertes en vie humaine en mer. Nous exhortons également les gouvernements de la région à harmoniser les conditions de débarquement et de réception ainsi qu'à offrir une protection temporaire pour les personnes ayant des besoins en matière de protection internationale pendant la recherche de solutions durables.

• FAITES UN DON •

 

• COMMENT NOUS AIDER • • RESTEZ INFORMÉS •

Les déplacés tentent de survivre dans l'Etat de Rakhine au Myanmar

Une crise humanitaire s'est développée dans l'Etat de Rakhine au Myanmar, où quelque 115 000 personnes ont désespérément besoin d'aide après avoir été déplacées au cours de deux vagues de violence intercommunautaire successives en juin et en octobre 2012. Les personnes déplacées, dont la plupart sont des Rohingyas, ont trouvé refuge dans des camps provisoires et d'autres restent dispersées à travers l'Etat, vivant étroitement surveillées dans leurs villages détruits. Les conditions sont difficiles : les camps sont surpeuplés et certains sont même dépourvus d'installations d'assainissement, alors que de nombreux villages sont totalement détruits et ne disposent que de faibles ressources en eau. Dans l'un des villages, plus de 32 familles vivaient ensemble sous seulement deux grandes tentes. Les enfants n'ont pas accès à l'éducation. Les nouveau-nés et les personnes âgées sont très vulnérables en raison d'une pénurie de centres de soins. Le HCR distribue des articles de secours et travaille avec les autorités ainsi que les partenaires pour améliorer les conditions de vie dans les camps. Mais une aide internationale est nécessaire.

Les déplacés tentent de survivre dans l'Etat de Rakhine au Myanmar

Rapatriés au Myanmar

Au début des années 90, plus de 250 000 Rohingyas musulmans traversèrent la frontière du Myanmar pour venir se réfugier au Bangladesh, mettant en cause des violations de droits humains perpétrés par le gouvernement militaire de leur pays. En exil, ils furent accueillis dans une vingtaine de camps situés dans la région de Cox's Bazaar au Bangladesh. Plus de 230 0000 de ces réfugiés sont rentrés chez eux depuis 1992, mais il en subsiste encore environ 22 000 dans les camps. L'UNHCR travaille en collaboration avec des ONG pour garantir la stabilité dans les communautés de rapatriés, en les aidant à se réintégrer au mieux dans leur pays. L'UNHCR fournit une présence itinérante sur le terrain, assure la protection et la sécurité des rapatriés et offre enfin des programmes d'éducation primaire et pour adultes, des projets générateurs de revenus et des formations professionnelles.

Rapatriés au Myanmar

Réfugiés du Myanmar

Au cours des derniers mois, plus de 2 000 réfugiés originaires du Myanmar sont arrivés dans le nord de la Thaïlande. Ils disent fuir la reprise du conflit et les violations des droits humains dans l'Etat de Kayin au Myanmar. Les réfugiés, qui appartiennent principalement à l'ethnie Karen, disent que leurs maisons et leurs villages ont été brûlés et que des civils ont été tués. Beaucoup sont en très mauvaise santé et souffrent de maladies telles que le paludisme après un voyage long et dangereux vers les camps à travers des zones extrêmement minées. Les réfugiés arrivent dans des camps gérés par le gouvernement, principalement dans la région de Mae Hong Son, au nord de la Thaïlande.

L'UNHCR travaille avec le gouvernement thaïlandais et les organisations non gouvernementales pour s'assurer que les nouveaux arrivants sont admis dans les camps et qu'ils reçoivent l'hébergement et la protection adéquats. L'hébergement est une préoccupation majeure car certains camps de réfugiés sont surchargés. Lors d'une réunion à la mi-mai, les autorités thaïlandaises ont donné leur accord pour la construction de maisons en matériaux plus résistants afin d'y installer les nouveaux arrivants.

Actuellement 140 000 réfugiés originaires du Myanmar vivent en Thaïlande dans neuf camps situés près de la frontière, beaucoup d'entre eux sont là depuis plus de 20 ans.

Septembre 2006

Réfugiés du Myanmar

Inde : Jeune et seulePlay video

Inde : Jeune et seule

Ni Ang, âgée de 16 ans, parcourt le marché de nuit à Delhi pour trouver de la nourriture pour elle et ses trois frères et soeurs. Ces enfants non accompagnés luttent pour leur survie en Inde après avoir fui leur village au Myanmar.