Le HCR est préoccupé par le risque de nouvelles tragédies en mer avec le début de la saison de navigation dans le golfe de Bengale

Points de presse, 1 novembre 2013

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Dan McNorton à qui toute citation peut être attribuée lors de la conférence de presse du 1 novembre 2013 au Palais des Nations à Genève.

Ces derniers jours, le HCR a reçu des informations préoccupantes faisant état de davantage de personnes traversant le golfe de Bengale à bord de bateaux de passeurs. Ceci pourrait être synonyme du début de la saison annuelle de navigation, qui est meurtrière, avec des milliers de personnes désespérées originaires de l'État de Rakhine au Myanmar risquant leur vie à bord d'embarcations de fortune en quête de sécurité et de stabilité ailleurs.

Selon des sources du HCR, plus de 1 500 personnes ont embarqué à bord de bateaux dans l'Etat de Nord-Rakhine durant seulement quatre jours de la semaine dernière.

Des informations ont fait état de passagers qui se sont noyés au large des côtes de l'État de Rakhine le week-end dernier. Le HCR n'a pas pu vérifier des informations contradictoires à ce jour. Nous avons demandé des précisions auprès des autorités.

Le nombre des départs en bateau dans le golfe de Bengale a augmenté de façon spectaculaire depuis juin 2012, lorsque des violences intercommunautaires ont éclaté dans l'État de Rakhine. Pour les Rohingyas en particulier, partir en bateau est parfois le seul moyen de fuir le Myanmar. Sans citoyenneté ni documents de voyage valides, ils éprouvent des difficultés à franchir la frontière par voie terrestre car ils craignent d'être arrêtés et détenus par les autorités du Myanmar.

Il est difficile de connaître le nombre exact des départs en bateau en raison de la nature clandestine de ces traversées. Selon des informations non vérifiées, entre juin et décembre de l'année dernière, plus de 14 000 personnes ont quitté le Myanmar et le Bangladesh par bateau. Ils ont été rejoints par plus de 24 000 personnes durant les huit premiers mois de cette année. La majorité d'entre eux seraient des Rohingyas de l'Etat de Rakhine, avec parmi eux quelques Bangladais. Plus de 400 personnes ont déjà trouvé la mort ou sont portées disparues durant la tentative de traversée cette année. Ceux qui survivent arrivent souvent dans des pays comme la Thaïlande, l'Indonésie ou la Malaisie, mais le nombre précis de ces arrivées clandestines demeure inconnu.

Plus d'un an après l'éruption de la première vague de violences intercommunautaires dans l'État de Rakhine, quelque 140 000 personnes sont toujours déplacées internes. Des communautés musulmanes dans l'Etat du Nord-Rakhine, en particulier les Rohingyas, sont confrontées à des restrictions dans leur liberté de circulation, leur accès aux services essentiels et aux moyens d'existence ainsi que la protection contre l'extorsion et le travail forcé. Ils en arrivent parfois à des gestes désespérés.

Le HCR craint qu'avec la fin de la saison des pluies, la saison de navigation ne batte son plein. Alors davantage de personnes pourraient se sentir obligées de partir en bateau et, de ce fait, subir l'exploitation par les passeurs.

Pour faire cesser cet exode, le HCR estime que le gouvernement du Myanmar et la communauté internationale doivent redoubler d'efforts pour promouvoir la réconciliation et le développement économique dans l'État de Rakhine au bénéfice de toutes les communautés ainsi que mettre en œuvre des mesures concrètes pour garantir les droits fondamentaux des Rohingyas qui pourraient ainsi mener une vie normale où qu'ils soient.

Parallèlement, le HCR continue à plaider auprès des États de la région pour intensifier les actions visant à éviter de telles tragédies, en particulier en renforçant la coopération régionale et en répondant aux besoins humanitaires et de protection de toutes les personnes qui se déplacent clandestinement.

Nous sommes convaincus que les pays touchés par ces mouvements devraient adopter une approche globale et coordonnée avec une coordination et une coopération renforcées en matière de recherche et de sauvetage en mer, pour les interceptions, le débarquement, l'assistance et l'identification des résultats et des solutions.

Le HCR appuie cette approche à travers diverses initiatives régionales. Nous sommes encouragés de voir que les États de la région se sont engagés à coopérer en adoptant un cadre de coopération régionale soutenue par le Processus de Bali. Nous nous félicitons également des résultats d'une Conférence spéciale sur les mouvements irréguliers de personnes, organisée par le Gouvernement de l'Indonésie en août 2013. La Déclaration de Djakarta qui en a résulté a souligné le besoin de renforcer la coopération entre les États concernés pour gérer les mouvements clandestins en mer, y compris par le développement d'une approche régionale tenant compte de la protection.

Nous lançons un appel à tous les Etats de la région pour que les personnes ayant besoin d'une protection internationale puissent débarquer et pour qu'ils les aident à trouver des solutions.

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Aux alentours de Yangon - une région qui a également été touchée par le cyclone - et dans le delta d'Irrawaddy, des familles ont construit des abris de fortune avec des toits de feuilles de palmier. Ils ont cependant désespérément besoin de bâches en plastique pour se protéger des pluies de mousson.

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Les 2 et 3 mai 2008, le cyclone Nargis a dévasté le Myanmar, causant la mort de milliers de personnes et en laissant plus d'un million d'autres sans abri. En réponse immédiate à la catastrophe, le bureau de l'UNHCR à Yangon a acheté et distribué l'équivalent de 50 000 dollars de bâche en plastique et de nourriture en conserve aux rescapés.

Depuis, avec un premier convoi d'aide humanitaire par camion, l'UNHCR a fait parvenir 22 tonnes de tentes et de bâche en plastique en provenance des stocks de l'agence dans le nord-ouest de la Thaïlande. Par ailleurs, plus de 100 tonnes de toile goudronnée, de couvertures, d'ustensiles de cuisine et de moustiquaires sont acheminées par avion depuis l'entrepôt régional de l'UNHCR à Dubaï.

L'UNHCR n'intervient pas habituellement en cas de catastrophe naturelle, mais l'agence a agi en raison de l'ampleur de la dévastation, du besoin urgent des victimes et de la proximité de ses entrepôts d'aide d'urgence, qui sont situés non loin du Myanmar.

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