Le HCR lance une mise en garde contre les retours forcés vers le nord-est du Nigéria dans un contexte de violence croissante

Points de presse, 29 octobre 2013

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Dan McNorton à qui toute citation peut être attribuée lors de la conférence de presse du 29 octobre 2013 au Palais des Nations à Genève.

Avec la récente escalade de violence au nord-est du Nigéria, le HCR recommande aujourd'hui aux Etats de ne pas procéder à des retours forcés vers cette région. Nous appelons également à ce que les frontières restent ouvertes pour les Nigérians fuyant le pays et qui pourraient avoir des besoins en matière de protection internationale. Nos recommandations ont été récemment publiées dans une Note du HCR sur le thème des retours, visant à garantir le respect des principes sur l'asile et des normes humanitaires, du fait de la détérioration de la sécurité dans le nord-est du Nigéria.

Le conflit entre l'armée nigériane et les insurgés dans les Etats d'Adamaoua, de Borno et de Yobe au nord-est du Nigéria a conduit à la dégradation des conditions de sécurité et humanitaires dans la région, où a été déclaré l'état d'urgence depuis mai dernier. La violence aurait déplacé environ 5 000 personnes dans la région. L'accès du personnel humanitaire ayant été entravé par les attaques, le HCR estime que le nombre réel des personnes affectées par les violences pourrait être bien plus élevé.

Environ 10 000 Nigérians ont également franchi la frontière ces derniers mois vers les pays voisins le Cameroun, le Tchad et le Niger. La plupart d'entre eux, au nombre d'environ 8 100, ont trouvé refuge au Cameroun, selon les autorités locales qui signalent que les arrivées de Nigérians se poursuivent. Le nombre de réfugiés nigérians au Niger s'élève à 2 700 et, au Tchad, à 150.

Le HCR est alarmé par les informations reçues sur une tentative de retour forcé de 111 personnes depuis le Cameroun vers le Nigéria en date du 5 octobre dernier. Ils ont été expulsés du village d'Amchidé, dans la région de l'Extrême-Nord au Cameroun, vers l'Etat d'Adamaoua au Nigéria. Lors de cet épisode, 15 personnes ont été tuées et sept autres blessées. Les 89 personnes restantes sont immédiatement rentrées au Cameroun par avion et ont été mises en détention. Le HCR travaille avec les autorités camerounaises pour déterminer si les personnes de ce groupe auraient des besoins en matière de protection internationale.

Du fait de la dégradation de la situation sécuritaire au nord-est du Nigéria, les personnes qui fuient sont susceptibles de répondre aux critères du statut de réfugié qui sont décrits dans la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés et dans la Convention de l'OUA. La Note du HCR sur le thème des retours demeurera en vigueur jusqu'à ce que la sécurité et la situation des droits humains au nord-est du Nigéria se soient suffisamment améliorées pour permettre un retour dans la sécurité et la dignité.

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Nigéria : Les victimes du conflit

Un an après que le Gouvernement nigérian a déclaré l'état d'urgence dans les Etats de l'Adamaoua, de Borno et de Yobe au nord du pays, la violence continue à déplacer des populations à l'intérieur du Nigéria et vers les pays voisins, le Cameroun , le Tchad et le Niger où se trouvent désormais quelque 22 000 réfugiés nigérians. Les civils pris au piège dans leur pays sont confrontés à des attaques récurrentes commises par les insurgés, avec des enlèvements et des assassinats puis, à la mi-avril 2014, l'enlèvement de plus de 200 jeunes filles dans une école de Chibok, dans l'Etat de Borno.

Hélène Caux du HCR s'est récemment rendue dans la région pour y rencontrer quelques-unes parmi les 250 000 personnes déplacées internes, y compris des étudiants pris dans les violences. Les personnes avec lesquelles elle s'est entretenue lui ont parlé de leurs craintes, des atrocités et des souffrances qu'elles ont endurées ou dont elles ont été témoins. Les gens ont parlé de leurs maisons et de leurs champs détruits, d'attaques à la grenade sur des marchés, de mise à mort d'amis et de proches et, enfin, d'arrestations arbitraires. Tous leurs témoignages traduisent un sentiment de terreur. Il a été difficile pour Hélène Caux de photographier des personnes vivant dans la peur constante d'être attaquées. « L'équilibre est fragile entre recueillir leur témoignage, le publier et les protéger », explique-t-elle.

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Des milliers de Nigérians fuient pour échapper à la violence dans leur pays

Dans certaines régions au nord-est du Nigéria, la situation de sécurité est instable depuis mai 2103, quand les autorités ont décrété l'état d'urgence dans les Etats de Borno, Yobé et Adamaoua. Beaucoup ont rejoint la région de Diffa au Niger voisin ou alors le Cameroun. Cette année, un regain de violence a contraint des milliers de personnes à fuir vers ces deux pays. La photographe du HCR Hélène Caux s'est rendue à Bosso, une ville de la région de Diffa au Niger, peu avant le tout dernier afflux. Elle y a rencontré des réfugiés qui avaient rejoint le Niger lors de précédentes vagues de violence. Ils lui ont décrit les violences dont ils ont été témoins, la perte de leurs proches et leurs efforts pour mener une vie aussi normale que possible à Diffa, avec notamment la scolarisation des enfants. Les réfugiés nigérians sont reconnaissants envers les communautés qui les accueillent au Niger.

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