Le HCR signe l'accord sur les permis de travail pour 30 000 réfugiés dans l'est du Soudan

Articles d'actualité, 2 octobre 2013

© HCR
Un groupe de réfugiés dans l'est du Soudan. Suite au nouvel accord, nombre d'entre eux seront en mesure de travailler et de devenir plus autonomes.

KASSALA, Soudan, 2 octobre (HCR) Près de 30 000 permis de travail seront délivrés aux réfugiés dans l'Etat de Kassala au Soudan, grâce à l'accord signé avec le HCR pour améliorer les moyens d'existence des réfugiés et réduire leur dépendance à une assistance extérieure.

Cet accord a été signé la semaine dernière après des négociations qui avaient commencé à la fin de l'année 2011 entre le HCR, la Commission soudanaise pour les réfugiés (COR), l'Etat de Kassala et son Ministère des finances. Il représente une avancée sans précédent pour les réfugiés au Soudan. Les permis de travail sont essentiels pour que ces derniers puissent travailler légalement avec les mêmes droits que les citoyens soudanais.

« L'approbation de cet accord par les autorités soudanaises marque une étape très importante dans la progression des réfugiés vers l'autonomie et davantage d'indépendance par rapport à l'aide humanitaire extérieure », affirme Mohamed Qassim, chef du bureau du HCR au Kassala. « À cet effet, l'accord en question s'avère essentiel pour l'accès des réfugiés présents dans cette région à de réelles opportunités pour leurs moyens d'existence. »

C'est l'une des récents programmes mis en œuvre par le HCR pour accroître l'autonomie des réfugiés à l'est du Soudan dans le cadre de l'Initiative pour des solutions en période de transition (Transitional Solutions Initiative TSI) en concertation avec le Gouvernement soudanais, le Programme des Nations Unis pour le développement (PNUD) et la Banque mondiale. Ce projet a été appuyé par le Danemark, le Japon, les Pays-Bas, la Norvège et les Etats-Unis ainsi que la Fondation IKEA.

Le HCR travaillera avec le Bureau soudanais de l'Emploi qui dépend du Ministère des finances afin d'informer les réfugiés sur leurs droits pour leur éviter l'exploitation. Par ailleurs, le Bureau de l'Emploi sera renforcé pour simplifier les procédures de délivrance des permis de travail aux réfugiés et renforcer sa capacité à recueillir des informations sur le marché du travail.

« Il est du devoir et de la responsabilité du Gouvernement soudanais de fournir un environnement favorable et un cadre réglementaire aux réfugiés, avec le soutien de l'ONU, leur permettant de devenir des membres actifs de la société et de contribuer à celle-ci », déclare Abd Elmoiz Hassan Abdelgadir, Ministre des finances par intérim, au sujet de cet accord.

Bien que la législation soudanaise sur l'asile permette à un réfugié de travailler dans n'importe quel domaine, sauf ceux liés à la sécurité et la défense nationale, les permis de travail étaient auparavant compliqués à obtenir. Seulement 180 réfugiés l'ont reçu en 2012.

Par conséquent, de nombreux réfugiés occupaient des emplois occasionnels et étaient désavantagés. D'autres sont également travailleurs indépendants dans des secteurs comme l'agriculture, l'élevage de bétail et la micro-entreprise. Malgré les efforts des réfugiés, une évaluation du HCR à la fin de l'année 2012 a révélé que plus de 52 pour cent d'entre eux vivaient sous le seuil de pauvreté.

Le programme TSI vise à réduire la dépendance des réfugiés à l'aide extérieure en créant des moyens d'existence significatifs, pour que les camps de réfugiés puissent fonctionner comme des communautés autonomes. En 2012, une évaluation du PNUD avait révélé des lacunes dans les compétences techniques. Des formations professionnelles avaient alors été organisées dans le cadre du programme TSI pour les réfugiés et les membres des communautés d'accueil dans des domaines comme la conduite automobile, la mécanique et la réparation de téléphones mobiles.

A ce jour, le programme TSI a permis de former 1 263 réfugiés et 316 membres des communautés hôtes. Allouer des permis de travail aux réfugiés et insérer ceux-ci dans le tissu économique local s'avèrera utile pour le Soudan.

Par Lisa Pattison à Kassala, Soudan

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