Le HCR distribue de l'aide aux déplacés à travers la Syrie avant l'arrivée de l'hiver

Points de presse, 22 octobre 2013

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Adrian Edwards à qui toute citation peut être attribuée lors de la conférence de presse du 22 octobre 2013 au Palais des Nations à Genève.

Bien que le conflit syrien ait compliqué les efforts pour répondre aux besoins humanitaires à travers le pays, le HCR continue d'aider les personnes vulnérables dans certaines villes parmi les plus dangereuses et en situation désespérée.

Le 14 octobre, le HCR a délivré une aide humanitaire à quelque 2 500 personnes originaires de Mouadamiya, au sud-ouest de la capitale, Damas. Ces personnes avaient tout juste été évacuées et se trouvent désormais dans un centre d'hébergement collectif à Dahyet Qudsaya. En plus de contrôler l'état général et les préoccupations en matière de protection pour ces personnes déplacées, le HCR a distribué des articles de secours y compris des matelas, des couvertures, des batteries d'ustensiles de cuisine, des produits d'hygiène et autres.

La semaine dernière, via des partenaires locaux, le HCR a distribué une aide à plus de 10 000 personnes à l'intérieur de la ville de Raqqa, qui est difficile d'accès. Cette ville, située au nord de la Syrie, accueille des déplacés internes depuis Deir es Zour et Alep, à 160 kilomètres à l'ouest.

Juste avant les récents congés de l'Eïd, du 10 au 13 octobre, le HCR a participé à deux convois interagence vers des zones difficiles d'accès depuis Ter Maela et Al-Ghantoo près de Homs, dans l'ouest du pays. Des articles de secours ont été fournis à 10 000 personnes vulnérables.

Le HCR a observé que de nombreux déplacés vivent dans des bâtiments dépourvus de fenêtres, de portes et d'électricité. Les personnes dans cette zone auront besoin auront bientôt besoin d'urgence de couvertures thermiques et de bâches en plastique pour faire face aux températures hivernales. Les femmes nous ont informés qu'elles manquent d'espaces privatifs dans les centres d'hébergement collectif.

Cette année, déjà 35% des articles de secours essentiels ont été distribués aux déplacés dans des zones difficiles d'accès comme Alep, Azzaz et Karameh. Depuis février, le HCR a participé à 21 missions interagence vers des lieux sensibles, comme Karameh, Alep, Idlib, Hama, Homs, Dier es Zour et Dara'a.

Le travail du HCR en Syrie vise à fournir une aide humanitaire à trois millions de personnes, ce qui peut les aider à nourrir leurs familles, à recevoir un logement, à mieux faire face aux déplacements et à assurer le maintien de l'hygiène. Chaque semaine, jusqu'à 250 camions du HCR acheminent l'aide à environ entre 14 000 et 15 000 foyers, soit l'équivalent de près de 100 000 personnes.

Toutefois, malgré ces efforts, les besoins en Syrie sont énormes et le déplacement se poursuit. Selon les dernières estimations de l'ONU, le nombre de personnes déplacées s'élève à 4,25 millions. Mais ce chiffre date de près de cinq mois et il est susceptible d'être révisé à la hausse. Par ailleurs, des millions de Syriens sont démunis et manquent de soins médicaux ainsi que de produits de première nécessité.

Les températures sont désormais en baisse dans la région de la Syrie. Avec la communauté humanitaire dans son ensemble, nous sommes engagés dans une course contre la montre pour aider les déplacés à se préparer pour le troisième hiver consécutif en zone de conflit. Plus tôt ce mois-ci, le HCR a commencé à travers la Syrie à distribuer des articles de secours pour parer aux conditions hivernales, y compris des couvertures thermiques plus épaisses et des bâches goudronnées supplémentaires destinées à aider un million de personnes déplacées. Le HCR a déjà remis en état des hébergements accueillant 35 000 personnes sur les 80 000 que nous aiderons avant l'arrivée de l'hiver.

Ces personnes vivent dans des abris informels et inachevés des installations souvent sans chauffage, ni portes et ni fenêtres. Le HCR fournit également une aide financière aux personnes déplacées vulnérables à Damas, en zone rurale près de Damas, à Homs, à Al Hassakeh, à Qamishly et à Tartous. Cette aide a déjà bénéficié à plus de 117 000 Syriens déplacés vulnérables.

La semaine dernière, la première moitié d'un total de 44 conteneurs maritimes chargés d'articles de secours du HCR est arrivée au port de la ville côtière de Tartous et le reste de ces conteneurs de 40 pieds (ou 12 mètres) est attendu sous peu. Cet envoi comprend plus de 29 000 bâches, 150 000 matelas, 75 000 jerrycans et 30 000 batteries d'ustensiles de cuisine qui seront livrés ces prochains mois dans le nord de la Syrie.

Presque chaque ville grande ou moyenne en Syrie est affectée par le conflit ou accueille des personnes déplacées et traumatisées. Selon les statistiques des Nations Unies, plus de 400 000 maisons ont été détruites et 1,2 million d'autres sont endommagées. Jusqu'à 5 500 écoles et 3 800 mosquées ont été endommagées ou détruites.

La plupart des minoteries et des boulangeries ne fonctionnent plus. Les hôpitaux ne font plus office d'abri. Quelque 57% d'entre eux sont endommagés et 60% des ambulances sont hors service. Environ 15 000 médecins ont fui le pays, occasionnant une importante pénurie de personnel de santé.

Un nombre croissant de personnes déplacées vivent dans des conditions sordides au sein de bâtiments publics abandonnés. Quelque 180 000 personnes particulièrement démunies vivent dans 983 abris collectifs situés à travers toutes les provinces de la Syrie. Ils abritent surtout des femmes, des enfants et des personnes âgées. Le HCR a vu des abris dépourvus de portes, de fenêtres et d'installations sanitaires appropriées.

Nous craignons que la rupture du sens communautaire et de la sécurité nuise aux enfants en particulier. Près de deux millions d'entre eux ont abandonné l'école et d'autres, en nombre croissant, sont exploités pour le travail ou alors recrutés par des groupes armés.

Il existe un grand nombre de cas d'enfants séparés de leurs parents et beaucoup vivent dans un état constant de traumatisme et de peur. Avec l'insécurité alimentaire affectant plus de quatre millions de personnes, deux millions d'enfants souffrent de malnutrition. Le HCR est également préoccupé par la vulnérabilité des femmes, dont un grand nombre sont chefs de familles brisées.

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Réfugiés syriens au Liban : Survivre à la tempête

Une violente tempête hivernale a balayé le Moyen-Orient cette semaine apportant des températures glaciales, des vents violents et d'abondantes chutes de neige. Dans la plaine de la Bekaa au Liban, plus de 400 000 réfugiés endurent de difficiles conditions hivernales. Le niveau des chutes de neige n'avait pas été observé depuis de nombreuses années.

Dans la plaine de la Bekaa, les réfugiés ont trouvé abri dans toutes sortes de refuges allant de bâtiments abandonnés à des garages, des hangars, des appartements et des installations informelles. Les conditions sont les plus difficiles dans les installations, car les toits des abris de fortune risquent de s'effondrer sous le poids de la neige.

Malgré les équipements contre les conditions hivernales qui ont été fournis, le HCR demeure préoccupé. Le HCR a fait son possible mais la situation au Liban demeure précaire pour les réfugiés, étant données les conditions extrêmement précaires dans lesquelles ils vivent et le fait que la population soit dispersée. Le défi est constant pour assurer que les réfugiés dans plus de 1700 localités demeurent en sécurité et au chaud pendant les mois d'hiver et qu'ils disposent de ressources suffisantes pour survivre aux tempêtes hivernales.

Le photojournaliste Andrew McConnell a passé deux jours dans la plaine de la Bekaa, et il fait le récit de la situation pour le HCR.

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L'histoire de Jihan

Comme des millions d'autres, Jihan, 34 ans, était prête à tout pour échapper à la guerre sévissant en Syrie et pour mettre sa famille en sécurité. Contrairement à la plupart, Jihan est aveugle.

Il y a neuf mois, elle a fui Damas avec Ashraf, son mari âgé de 35 ans, qui est également en train de perdre la vue. Avec leurs deux fils, ils se sont rendus en Turquie par la mer Méditerranée, à bord d'un bateau avec 40 autres personnes. Ils espéraient que le voyage ne durerait huit heures. Ils n'avaient aucune garantie d'arriver sains et saufs.

Après une périlleuse traversée qui aura duré 45 heures, la famille est enfin arrivée à Milos, une île grecque de la mer Egée, à des kilomètres de la destination qui était prévue. Sans aucun soutien ni aucune assistance, ils ont dû se débrouiller pour se rendre à Athènes.

La police les a détenus pendant quatre jours à leur arrivée. On leur a demandé de rester hors d'Athènes, ainsi que trois autres villes grecques, en les laissant à l'abandon.

Démunis et épuisés, la famille a été contrainte de se séparer. Ashraf est parti vers le nord en quête d'asile et Jihan s'est rendue à Lavrion avec ses deux enfants, une installation informelle à une heure de route de la capitale grecque.

Aujourd'hui, Jihan est impatiente de retrouver son mari qui, entre temps, a obtenu le statut de réfugié au Danemark. La chambre qu'elle partage avec ses deux fils, Ahmed, 5 ans, et Mohammad, 7 ans, est minuscule, et elle s'inquiète pour leur éducation. Sans greffe de la cornée, une chirurgie très complexe dont elle a besoin d'urgence, son oeil gauche se fermera à jamais.

« Nous sommes venus ici en quête d'une vie meilleure et pour trouver des personnes qui seraient plus à même de comprendre notre situation », explique-t-elle d'un air triste. « Je suis tellement en colère quand je vois qu'ils ne comprennent pas. »

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