La Côte d'Ivoire fait un grand pas pour éliminer l'apatridie avec l'adhésion aux conventions

Articles d'actualité, 4 octobre 2013

GENÈVE, 4 octobre (HCR) Jeudi, la Côte d'Ivoire a adhéré aux conventions internationales relatives à l'apatridie. C'est l'une des mesures clés que le gouvernement prend pour réduire le nombre d'apatrides dans le pays.

Environ 700 000 personnes en Côte d'Ivoire sont actuellement apatrides ou sont dépourvues de documents d'identité pour prouver leur nationalité. De ce fait, elles ne peuvent accéder à des services essentiels comme l'éducation et les soins de santé. Beaucoup d'apatrides sont des enfants dont la naissance n'a jamais été enregistrée et qui, bien souvent, ne peuvent pas s'inscrire à l'école.

Le HCR se félicite de l'adhésion de la Côte d'Ivoire et de son engagement à la protection de ce droit fondamental qu'est la nationalité. Depuis des décennies, la preuve de la nationalité ivoirienne est un problème socio-politique controversé. Le droit aux titres de propriété foncière a été particulièrement litigieux, menant parfois à un conflit entre les communautés.

Le gouvernement travaille désormais à clarifier des centaines de cas relatifs à l'apatridie. Les autorités ont également approuvé une réforme de la législation sur la nationalité qui permettra aux apatrides et à d'autres personnes nées dans le pays de demander la nationalité s'ils résident en Côte d'Ivoire depuis des décennies.

La Côte d'Ivoire est le 20e Etat à adhérer à l'une des conventions (ou aux deux) depuis 2011, lorsque le HCR avait lancé une campagne pour promouvoir ces instruments juridiques. La Convention de 1954 relative au statut des apatrides établit les droits des apatrides et compte désormais 79 Etats parties. La Convention de 1961 sur la réduction des cas d'apatridie établit des garanties pour éviter les cas d'apatridie qui sont à inclure dans la législation de chaque pays sur la nationalité. Elle compte 54 Etats parties.

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Les apatrides

Des millions d'apatrides sont pris au piège dans un vide juridique, avec des droits fondamentaux limités.

Côte d'Ivoire : Fuir en quête d'un refuge

Le HCR a exprimé son inquiétude croissante pour les civils pris au piège dans le quartier d'Abobo à Abidjan, la capitale économique de la Côte d'Ivoire, après plusieurs jours de combats violents opposant l'ex-rébellion ivoirienne des Forces nouvelles (FN), alliée à Alassane Ouattara, et les forces du président sortant Laurent Gbagbo. Les perspectives restent sombres. Le quartier d'Abobo comptait 1,5 million d'habitants et beaucoup d'entre eux ont fui. Mais des groupes armés auraient empêché d'autres habitants de quitter le quartier. Le HCR est particulièrement préoccupé pour les personnes vulnérables, comme les malades et les personnes âgées, qui ne peuvent pas partir.

Au total, près de 70 000 réfugiés ivoiriens ont déjà fui vers l'est du Libéria depuis l'élection présidentielle de fin novembre.

Côte d'Ivoire : Fuir en quête d'un refuge

Nouveaux afflux de réfugiés ivoiriens au Libéria

Fin mars, plus de 100 000 réfugiés ivoiriens avaient franchi la frontière vers l'est du Libéria depuis que les tensions politiques latentes liées aux élections présidentielles controversées en Côte d'Ivoire voisine ont tourné à la violence en février. La majorité d'entre eux sont allés vers le département de Nimba au Libéria mais, signe que les combats se sont déplacés, quelque 6 000 Ivoiriens ont récemment traversé la frontière vers le département de Grand Gedeh. La plupart des nouveaux arrivants se sont installés dans des villages reculés - certains inaccessibles en voiture. L'agence des Nations Unies pour les réfugiés a envoyé une mission pour évaluer les besoins des réfugiés dans la région.

La photographe Glenna Gordon a photographié les nouveaux arrivants près de Zwedru dans le sud-est du Libéria.

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À la frontière : bloqués à Saloum

Suite à l'éclatement de violence en Libye au mois de février 2011, des dizaines de milliers de personnes ont afflué en Égypte, au poste frontalier de Saloum. Si la plupart d'entre eux étaient égyptiens, près de 40 000 ressortissants de pays tiers se sont également présentés à la frontière où ils ont dû attendre leur rapatriement. Aujourd'hui, alors que cela fait déjà plusieurs mois que l'actualité sur cette région ne fait plus la une, plus de 2 000 personnes y vivent toujours. Composé principalement de jeunes Soudanais célibataires, ce groupe compte également des femmes, des enfants, des malades et des personnes âgées, qui attendent qu'une solution leur soit trouvée. Même si la vaste majorité d'entre eux seront sans doute réinstallés dans des pays tiers, cela ne sera ni le cas de ceux arrivés après octobre ni de ceux qui se sont vu refuser le statut de réfugié. Du côté égyptien de la frontière, les conditions de vie sont difficiles. Un terrain a été choisi pour accueillir un nouveau camp. Travaillant en étroite collaboration avec les autorités frontalières, le HCR joue un rôle vital en apportant protection et assistance aux réfugiés.

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Libéria : Aide d'un pays voisinPlay video

Libéria : Aide d'un pays voisin

Alphonse Gongleba a fui vers le Libéria avec sa famille il y a quelques mois. Il apprécie l'aide qu'il reçoit dans ce pays, voisin de sa Côte d'Ivoire natale.
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Libéria : Un afflux massif

Plus de 25 000 civils ivoiriens ont fui en quête de sécurité au Libéria. Le HCR aide les communautés locales à faire face.