Le HCR appelle à améliorer la protection des réfugiés, des déplacés et des apatrides

Articles d'actualité, 3 octobre 2013

© HCR
Volker Türk, Directeur au HCR de la Division de la Protection internationale, s'exprime à la réunion du Comité exécutif (ExCom) à Genève aujourd'hui.

GENÈVE, 3 octobre (HCR) Le HCR a appelé jeudi à améliorer la protection des réfugiés, des apatrides et des personnes déplacées internes pour assurer qu'ils puissent exercer l'ensemble de leurs droits fondamentaux.

En qualifiant l'agenda comme étant difficile, Volker Türk, Directeur au HCR de la Division de la Protection internationale, a proposé des objectifs spécifiques lors d'une importante déclaration à Genève devant le Comité exécutif du HCR qui se réunit chaque année afin de définir la politique de l'agence pour les réfugiés. La protection est la principale responsabilité de l'organisation.

« D'abord et avant tout », a indiqué Volker Türk, « cela signifie que les réfugiés, les apatrides, les déplacés et d'autres personnes relevant de notre compétence puissent exercer le plus large éventail possible de droits humains et de libertés fondamentales sans discrimination. Cet objectif doit sous-tendre toutes nos interactions avec les personnes relevant de notre compétence.

Cela signifie fournir des services rapides et de qualité, comme le soutien aux victimes de violences sexuelles, l'aide juridique pour le retour volontaire des réfugiés ou leur réinstallation dans des pays tiers, a-t-il déclaré.

« Cela veut également dire la défense des réfugiés et d'autres personnes relevant de notre compétence ainsi que l'aide qui leur est apportée lorsqu'ils sont menacés, par exemple en détention ou en danger de refoulement [retour forcé] », a indiqué Volker Türk. « Le HCR s'est toujours efforcé d'exercer une fonction de surveillance en relation avec les traités internationaux applicables. »

La protection des personnes doit sous-tendre chaque aspect du travail du HCR, a-t-il déclaré, depuis les services d'éducation jusqu'à assurer que les camps de réfugiés soient situés hors des régions frontalières instables et conçus de façon à ce que les femmes ne soient pas confrontées à emprunter des itinéraires dangereux pour collecter l'eau.

« Pour être efficaces, nous devons comprendre leurs besoins particuliers, non en tant que groupes homogènes mais plutôt en tant que personnes individuelles ayant chacune un passé, des aspirations et des espoirs », a-t-il déclaré. Le HCR met en œuvre cette approche via des politiques visant à améliorer la protection des enfants, à prévenir la violence sexuelle et à l'encontre des femmes ainsi qu'à accroître l'éducation.

Dans sa revue des objectifs du HCR, Volker Türk a indiqué que la Convention de 1951 sur le statut des réfugiés, la pierre angulaire de la législation internationale sur les réfugiés, demeurait essentielle. Mais de nouveaux problèmes comme des flux migratoires plus importants, de périlleuses traversées maritimes et la traite d'êtres humains ont également besoin d'être solutionnés par d'autres moyens, y compris la législation sur les droits de l'homme.

Volker Türk a appelé les délégués des quelque 80 pays, qui étaient présents à la réunion, à aider l'organisation à atteindre des objectifs spécifiques dans le cadre d'actions visant à renforcer la protection de millions de personnes dont le HCR a la responsabilité.

« Le HCR est particulièrement préoccupé par le recours accru à la détention dans certains pays, y compris pour les enfants, parfois dans des conditions inhumaines et où la libération est conditionnée par le départ du territoire », a-t-il indiqué.

« Ne pourrions-nous pas collectivement nous engager à ce qu'il n'y ait plus aucun enfant demandeur d'asile en détention d'ici cinq ans ? » a indiqué Volker Türk au quatrième jour de cette réunion d'une semaine.

Pour améliorer la procédure de détermination du statut de réfugié, Volker Türk a demandé aux pays d'assumer une plus grande responsabilité, avec le soutien du HCR. L'année dernière, le HCR était seul responsable de cette procédure dans près de 50 pays.

Le HCR est l'agence internationale responsable de la protection des réfugiés et des apatrides, ainsi que le partenaire clé pour celle assurée aux déplacés qui restent dans leur pays. Le haut responsable du HCR en charge de la protection a indiqué que s'il était important d'aider les personnes dans des situations de réfugiés prolongées pour qu'elles deviennent davantage autosuffisantes, le but ultime du HCR était toutefois de leur trouver des solutions.

« Le principal objectif de notre travail pour protéger et assister les réfugiés, ainsi que les personnes déplacées internes, est de trouver une solution à leur sort », a-t-il indiqué. Ceci inclut le retour des réfugiés dans leur pays d'origine quand il est sûr c'est ce qu'ils souhaitent le plus ardemment ainsi que d'autres façons de faire cesser leur statut de réfugié comme l'intégration locale dans le pays hôte ou la réinstallation des réfugiés dans des pays tiers.

« A la fin 2012, près de 6,5 millions de personnes, soit plus de la moitié de la population réfugiée relevant de la compétence du HCR, demeuraient prises au piège en situation d'exil depuis cinq ans ou plus. Des situations de réfugiés prolongées existent dans 25 pays, et dans toutes les régions où opère le HCR. Le nombre de situations entraînant des déplacements internes de populations croît également », a-t-il indiqué.

« Efforçons-nous de réduire le nombre des réfugiés et des personnes déplacées vivant dans des situations prolongées au cours des trois prochaines années grâce à une large gamme de solutions créatives », a déclaré Volker Türk.

Le haut responsable du HCR a également appelé à davantage d'efforts pour mettre fin au problème des apatrides, dont l'absence de nationalité peut nuire à l'exercice de leurs droits fondamentaux. Malgré les progrès accomplis depuis que le HCR a lancé une campagne il y a plus de deux ans 350 000 anciens apatrides ont acquis une nationalité et 19 États ont adhéré à des conventions internationales Volker Türk a déclaré qu'il restait des défis à relever.

« Il est absurde que, dans un monde où tout peut être surveillé et suivi, nous ayons encore quelque 10 millions de personnes pour lesquelles aucun Etat n'a officialisé un quelconque lien juridique de nationalité », a déclaré Volker Türk. « Ne serait-ce pas être une grande réussite si, dans une dizaine d'années, l'apatridie n'était plus qu'un vague souvenir d'une époque révolue et que notre mandat était devenu redondant ? »

Selon Volker Türk, la protection assure la stabilité indispensable aux personnes que le HCR doit aider. Mais il lui faut aussi une action constante, des remises à niveau et de la créativité « pour rester fidèle à ses idées fondatrices d'égalité et de justice. »

Par Jack Redden à Genève

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