De nouvelles violences au nord de la République centrafricaine génèrent d'autres déplacements de populations et de la peur

Points de presse, 20 septembre 2013

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Adrian Edwards à qui toute citation peut être attribuée lors de la conférence de presse du 20 septembre 2013 au Palais des Nations à Genève.

De récents affrontements ont généré de nouveaux déplacements de populations cette semaine dans le nord-ouest de la République centrafricaine

De violents combats ont été signalés entre samedi dernier et mardi entre des groupes armés non identifiés dans et autour des villes de Bossangoa et Bossembele, respectivement à 150 kilomètres et 300 kilomètres au nord-ouest de la capitale Bangui. A ce jour, les affrontements semblent avoir cessé dans la région, mais la situation reste très tendue.

Jeudi, des employés du HCR sont arrivés à Bossangoa dans le cadre d'une mission interinstitutions des agences sœurs des Nations unies et de plusieurs ONG dans le but d'évaluer l'ampleur des déplacements de populations, ainsi que les besoins humanitaires des populations affectées dans la région. Les habitants qu'ils y ont rencontrés ont témoigné de multiples exactions commises par les deux parties au conflit, y compris des assassinats, des viols et de la torture.

Plus au nord, à Paoua, dans la préfecture d'Ouham-Pendé, les employés du HCR, sur le terrain depuis lundi, ont vu de nouveaux déplacements de populations et ont entendu de nouveaux témoignages sur des violations des droits humains. Des personnes fuyaient depuis un village voisin (Benamkouna) suite à des rumeurs sur une attaque en représailles après la mort d'une personnalité locale. Selon les collègues, les personnes vivent également dans la crainte à Paoua où, la semaine dernière, la ville s'est vidée après des rumeurs sur l'imminence d'une attaque.

Les habitants nous expliquent que les personnes qui sont retournées dans leurs villages ont dû fuir à nouveau. Ils ont témoigné d'arrestations arbitraires, d'enlèvements, d'extorsion et de taxation illégale par des hommes armés.

Dans le village de Korozian, à 35 kilomètres de Paoua, les employés du HCR sur le terrain ont entendu que les proches des personnes qui avaient été arrêtées ont été contraints de payer des rançons pour obtenir leur libération. Cinq enfants, qui s'étaient cachés dans la brousse sans abri pendant la saison des pluies, ont été déclarés morts de froid et du paludisme.

Malgré la situation instable, le HCR continue d'aider les personnes déplacées à Paoua, que ce soit directement ou par l'intermédiaire des agences humanitaires partenaires. Nous fournissons des kits d'aide comprenant des bâches, des couvertures, des nattes de couchage, des ustensiles de cuisine, des jerrycans, des seaux, du savon et des kits d'hygiène pour toutes les femmes et les jeunes filles. Notre distribution a commencé hier et elle bénéficiera à quelque 3 000 personnes récemment déracinées.

Le HCR réitère son appel d'urgence à toutes les parties armées engagées dans les combats en République centrafricaine à mettre en œuvre des mesures plus efficaces pour protéger les civils ainsi qu'empêcher les attaques aveugles et disproportionnées.

La violence en République centrafricaine depuis décembre 2012 a déraciné environ 227 000 personnes et en a contraint à l'exil quelque 60 800 autres, principalement des femmes et des enfants qui se trouvent dans des pays voisins.

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Edwige fait face à la perte en s'activant et en aidant les autres dans le camp de Mole

Edwige Kpomako est une femme pressée; mais cette énergie aide également cette réfugiée originaire de République centrafricaine (RCA) à faire face à la tragédie qui l'a forcée à fuir vers le nord de la République démocratique du Congo (RDC) en 2013. Avant que la violence ne ravage de nouveau son pays en 2012, la jeune femme de 25 ans étudiait en Master de littérature américaine à Bangui, et sa vie était tournée vers l'avenir. « J'ai commencé ma thèse sur l'oeuvre d'Arthur Miller mais, à cause de la situation en RCA…. », explique-t-elle, sans pouvoir terminer sa phrase. A la place, elle a dû fuir précipitamment en RDC avec un frère plus jeune, mais son fiancé et un fils de 10 ans ont été tués dans les violences intercommunautaires en RCA.

Après avoir franchi le fleuve Oubangui vers la RDC, Edwige a été transférée vers Mole, un camp qui héberge plus de 13 000 réfugiés. Tentant désespérément d'avancer dans la vie et de rester active, elle a commencé à aider les autres, à assumer un rôle de direction et à participer à des activités communautaires, notamment la capoeira, un art martial brésilien. Elle dirige le comité des femmes, s'engage dans des activités visant à combattre la violence sexuelle et agit comme officier de liaison au centre de santé. Elle donne aussi des cours et tient un petit commerce en vendant des crèmes pour le visage. « J'ai découvert que je n'étais pas faible », déclare Edwige, en restant optimiste. Elle est certaine que son pays va sortir de son cauchemar et se reconstruire et qu'elle deviendra un jour une avocate spécialisée dans la défense des droits humains au service des réfugiés.

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Joie en demi-teinte pour les retrouvailles d'une famille de réfugiés centrafricains

La violence et les conflits en République centrafricaine ont forcé des centaines de milliers de personnes à fuir leurs foyers depuis la mi-décembre. Beaucoup ont trouvé refuge dans les pays voisins, y compris 80 000 personnes au Cameroun. Avec le traumatisme et la confusion causés par les déplacements de populations, des familles sont séparées. Les réfugiés font face à de nombreux dangers sur le chemin de la sécurité, et leur voyage peut durer plusieurs semaines. Ramatou, une mère de 11 enfants âgée de 45 ans, a été séparée de trois de ses fils et de son mari quand des miliciens ont attaqué son village en janvier. Elle est partie en courant avec huit enfants et elle a fini par rejoindre le Cameroun avec l'aide des troupes de l'Union africaine pour le maintien de la paix. Son mari et ses trois fils ont couru dans une autre direction. Ils ont enduré de nombreuses épreuves dans la brousse, et ont été séparés à nouveau. Plus tôt ce mois-ci, Ramatou a retrouvé ses deux cadets dans le camp de réfugiés de Mbile au Cameroun. Elle était ravie, mais aussi consternée de les voir non accompagnés. Elle espère revoir bientôt son mari et son fils aîné. Le photographe Fred Noy a assisté à leurs retrouvailles émouvantes.

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Les enfants réfugiés centrafricains tout juste arrivés au Cameroun souffrent de malnutrition

Les réfugiés centrafricains arrivent au Cameroun en nombre croissant, dans un état de grande faiblesse physique. Ils passent des semaines voire des mois cachés dans la brousse, où il leur était difficile de trouver de la nourriture et de l'eau. Ils dorment en plein air. Ils ne peuvent pas retourner chez eux. Parmi ces réfugiés, les plus vulnérables sont les enfants âgés de moins de cinq ans. Rencontrer ces enfants émaciés est bouleversant. Ils ont besoin d'une aide alimentaire d'urgence après s'être nourris de racines et de feuilles. Selon les estimations, environ 40% des enfants récemment arrivés souffrent de malnutrition. Pour certains, le voyage est de trop. Le HCR aide à sauver des vies dans l'est du Cameroun. Avec Médecins Sans Frontières, le HCR appuie un centre d'aide nutritionnelle à Batouri. MSF y envoie des enfants depuis son dispensaire de la ville frontalière de Gbiti, où se trouvent environ 20 000 sur les 80 000 réfugiés centrafricains arrivés au Cameroun. Le dispensaire de Gbiti est débordé. Les partenaires étendent la capacité du centre d'aide nutritionnelle, qui traite environ 100 enfants. Davantage encore arrivent chaque jour et le HCR a monté des tentes pour y abriter les enfants et leurs Mamans. Le photographe Frédéric Noy s'est rendu la semaine dernière à Gbiti et Batouri. Il y a capturé la série suivante d'images saisissantes et évocatrices.

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Lors d'une mission en République centrafricaine, le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés António Guterres a décrit la violence et le déplacement forcé survenant dans le pays comme étant une tragédie silencieuse.
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La guerre se déroulant en République centrafricaine a reçu peu d'attention de la part des médias, en comparaison avec le conflit du Darfour, alors que ses effets sont semblables. Plus de 17 000 Centrafricains ont traversé la frontière vers le Tchad depuis janvier 2009, portant ainsi le total des réfugiés centrafricains à près de 70 000 dans ce pays.