Des centres de réception bondés en Bulgarie, un point d'entrée des réfugiés syriens en Europe

Articles d'actualité, 17 septembre 2013

© HCR/D.Kashavelov
Des demandeurs d'asile syriens attendent d'être enregistrés par des gardes-frontières à Elhovo, en Bulgarie près de la frontière avec la Turquie.

SOFIA, Bulgarie, 17 septembre (HCR) Des Syriens fuyant les violences dans leur pays d'origine se dirigent en nombre croissant vers la Bulgarie. Ils arrivent dans des centres de réception bondés et « insalubres », alors que ce pays localisé aux frontières de l'Union européenne fait son possible pour gérer l'afflux.

Cette année, la Bulgarie a déjà reçu environ 3 000 demandes d'asile, déposées par des personnes originaires principalement du Moyen-Orient et de l'Afrique. C'est trois fois la moyenne annuelle observée durant la dernière décennie. Le mois d'août a vu une forte hausse d'environ 50 nouveaux arrivants par jour (principalement des familles syriennes) en comparaison de quatre par mois il y a un an.

« Bien que les chiffres soient relativement bas par rapport à d'autres pays européens, le système d'asile en Bulgarie ne peut répondre au rythme des nouvelles arrivées », a indiqué mardi Melissa Fleming, porte-parole en chef du HCR, en ajoutant que les trois centres d'hébergement existants gérés par le gouvernement sont surpeuplés, dangereux et insalubres.

Elle a ajouté que le HCR avait reçu l'assurance des autorités bulgares sur une action rapide visant à améliorer les conditions d'accueil des demandeurs d'asile syriens et d'autres nationalités. La Représentante régionale du HCR pour l'Europe centrale Montserrat Feixas Vihe a rencontré vendredi dernier le Premier Ministre Plamen Oresharski et d'autres hauts représentants pour discuter du besoin de nouveaux centres d'hébergement afin de soulager les conditions de surpeuplement et pour que les demandeurs d'asile placés en détention soient remis en liberté.

Dans les centres gérés par l'Agence gouvernementale bulgare pour les réfugiés, les résidents dorment dans les couloirs et cuisinent sur des réchauds de fortune au milieu de dortoirs bondés. « Tous les espaces libres ont été convertis en dortoirs depuis les salles de TV et internet aux espaces de jeux pour les enfants. Les toilettes et les douches sont en nombre insuffisant par rapport au rythme des arrivées », a indiqué Roland Weil, Représentant du HCR en Bulgarie, ajoutant que jusqu'à 100 personnes se partagent une douche. Les activités d'éducation et récréationnelles sont rares. Plusieurs centaines d'enfants sont complètement déscolarisés.

Les conditions de surpeuplement provoquent des tensions entre les demandeurs d'asile, qui doivent subvenir à leurs besoins avec l'équivalent d'un peu plus d'un euro par jour pour la nourriture, les vêtements, les médicaments et d'autres produits de première nécessité.

« Nous voulons juste être respectés [par la direction] », a indiqué une Syrienne, mère de deux enfants et qui vit dans le centre de Pastrogor. La famille avait fui Hassakeh, dans l'est de la Syrie, en juin dernier et elle partage désormais une ancienne salle de télévision avec six autres familles. « Les sanitaires les plus proches sont à l'étage en-dessous », explique-t-elle.

De longs délais pour le traitement de la procédure d'asile exacerbent la situation. Les personnes restent habituellement dans des centres de réception pendant un an, le temps que les demandes d'asile soient examinées, et ce bien que la loi bulgare détermine un délai de six mois pour cette procédure.

« Le gouvernement a besoin d'une nouvelle alternative pour l'hébergement dès que possible, même temporaire, afin de soulager la pression portée sur les centres existants et de pouvoir libérer les demandeurs d'asile actuellement retenus en détention », a indiqué Roland Weil du HCR.

Pour répondre à la pénurie de centres d'hébergement, les autorités bulgares utilisent aujourd'hui deux centres de détention prévus pour héberger des migrants clandestins en attente d'expulsion. A Lyubimets, près de la frontière turque, et à Busmantsi, dans la banlieue de Sofia, des demandeurs d'asile se retrouvent ainsi derrière les barreaux pendant plus de trois mois, en attendant que les autorités ne les transfèrent vers un centre ouvert. Ces centres de détention ont dépassé leur capacité d'accueil initiale.

Lors de la réunion de vendredi, le HCR a offert d'accroître l'appui technique à la Bulgarie sous forme de formations et de soutien à toutes les étapes de la procédure d'asile depuis l'enregistrement jusqu'à la décision rendue sur les demandes d'asile.

La Bulgarie a reçu environ 2 000 Syriens depuis le début du conflit en Syrie il y a deux ans et demi. Environ 47 000 Syriens ont cherché asile à travers l'Union européenne durant la même période.

Par Boris Cheshirkov à Sofia, Bulgarie

• FAITES UN DON •

 

• COMMENT NOUS AIDER • • RESTEZ INFORMÉS •

Crise en République arabe syrienne : Appel urgent

Vous pouvez sauver la vie de milliers de réfugiés.

Donnez pour cette crise

La rentrée scolaire des enfants iraquiens en Syrie

L'UNHCR a pour objectif d'aider 25 000 enfants réfugiés à retourner à l'école en Syrie, en soutenant financièrement leurs familles et en leur fournissant des uniformes et du matériel scolaire. Environ 1,4 million d'Iraquiens sont réfugiés en Syrie ; la plupart ont fui l'extrême violence sectaire déclenchée par le bombardement de la Mosquée d'Or de Samarra en 2006.

Pour de nombreux parents réfugiés iraquiens, l'éducation est une priorité d'une importance équivalente à celle de la sécurité. En Iraq, à cause de la violence et des déplacements forcés, les enfants iraquiens n'allaient pas régulièrement à l'école et nombre d'enfants réfugiés ont manqué une bonne partie de leur scolarité. Bien que l'éducation soit gratuite en Syrie, des frais pour l'achat de fournitures, d'uniformes et les frais de transport ne permettent pas d'accéder à l'éducation. Par ailleurs, de nombreux enfants réfugiés sont contraints de travailler plutôt que de fréquenter l'école, pour subvenir aux besoins de leur famille.

Afin d'encourager les familles iraquiennes défavorisées à inscrire leurs enfants à l'école, l'UNHCR prévoit d'aider financièrement au moins 25 000 enfants en âge d'être scolarisés et de fournir des uniformes, des livres et des fournitures scolaires aux réfugiés iraquiens enregistrés auprès de l'agence. L'UNHCR va également informer les réfugiés sur leur droit d'envoyer leurs enfants à l'école, et soutiendra les programmes d'ONG en faveur des enfants qui travaillent.

La rentrée scolaire des enfants iraquiens en Syrie

Les Libanais de retour reçoivent de l'aide

Les équipes de l'UNHCR ont commencé dès la deuxième quinzaine d'août 2006 à distribuer de l'aide humanitaire dans les villages meurtris du sud du Liban. Des tentes, des bâches en plastique et des couvertures sont distribuées aux personnes les plus vulnérables. Le matériel de l'UNHCR provient des entrepôts de Beyrouth, Saïda et Tyr, et continue d'arriver au Liban par voie aérienne, maritime et par camion.

Bien que 90 pour cent des personnes déplacées soient rentrées chez elles dans les premiers jours qui ont suivi le cessez-le-feu du 14 août, de nombreux Libanais n'ont pas pu regagner leur foyer et sont hébergés chez des proches ou dans des abris publics, tandis que quelques milliers sont restés en Syrie.

Depuis le début de la crise à la mi-juillet, l'UNHCR a acheminé 1 553 tonnes de matériel de secours en Syrie et au Liban pour venir en aide aux victimes du conflit. Cela représente environ 15 000 tentes, 154 510 couvertures, 53 633 matelas et 13 474 kits de cuisine. L'agence pour les réfugiés a également importé 5 camions et 15 autres sont en route.

Les Libanais de retour reçoivent de l'aide

Réfugiés iraquiens en Syrie

L'agence des Nations Unies pour les réfugiés est de plus en plus préoccupée par la violence en Iraq et par l'absence d'une réponse humanitaire internationale face au nombre très important de personnes déplacées. Suite à une mission d'évaluation effectuée en novembre 2006, des responsables de l'UNHCR ont signalé que l'agence faisait face à une crise humanitaire de plus grande ampleur que celle prévue pour 2002-2003. Cependant l'UNHCR et les autres organisations manquent cruellement de fonds pour venir en aide aux personnes déplacées en nombre croissant. Pour combler ce manque de financement, l'UNHCR a donc publié en janvier 2007 un appel de 60 millions de dollars pour financer ses programmes d'assistance aux réfugiés iraquiens en Syrie, en Jordanie, au Liban, en Egypte et en Turquie, ainsi qu'aux réfugiés non iraquiens et aux déplacés internes au sein de l'Iraq déchiré par la guerre.

Plus le conflit durera en Iraq, plus la situation deviendra difficile pour des centaines de milliers de déplacés ainsi que les communautés qui tentent de les aider - à l'intérieur et à l'extérieur de l'Iraq. Le fardeau pour les gouvernements et les communautés d'accueil de la région est important, il est donc essentiel que la communauté internationale soutienne les efforts humanitaires.

Réfugiés iraquiens en Syrie

Jordanie : Angelina Jolie à la frontière syriennePlay video

Jordanie : Angelina Jolie à la frontière syrienne

L'Emissaire spéciale du HCR Angelina Jolie et le chef de l'agence pour les réfugiés António Guterres rencontrent des réfugiés syriens en Jordanie et écoutent leurs témoignages déchirants.